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Jean 6.25
Les Évangiles de Sœur Jeanne d’Arc


Multiplication des pains pour cinq mille hommes

1 Après cela, Jésus s’en va de l’autre côté de la mer de Galilée, – de Tibériade.
2 Une foule nombreuse le suivait, parce qu’ils voyaient les signes que lui faisait sur les infirmes.
3 Jésus monte sur la montagne. Là, il s’assoit avec ses disciples.
4 La Pâque, la fête des Juifs, était proche.
5 Jésus donc lève les yeux : il voit une foule nombreuse venir à lui. Il dit à Philippe : « Où achèterons-nous des pains pour qu’ils mangent ? »
6 Il disait cela pour l’éprouver, car il savait, lui, ce qu’il allait faire.
7 Philippe lui répond : « Deux cents deniers de pain ne leur suffiraient pas pour que chacun en reçoive un petit peu ! »
8 Un des disciples lui dit – c’est André, le frère de Simon-Pierre :
9 « Il y a ici un gamin qui a cinq pains d’orge et deux alevins. Mais qu’est-ce que c’est pour tant de monde ? »
10 Jésus dit : « Faites s’allonger les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu : les hommes s’allongent donc, au nombre d’environ cinq mille.
11 Jésus prend donc les pains ; il rend grâce, et les distribue aux convives. De même des alevins, autant qu’ils voulaient.
12 Quand ils sont comblés, il dit à ses disciples : « Rassemblez les parts en surplus, que rien ne se perde. »
13 Ils rassemblent donc et remplissent douze couffins de parts des cinq pains d’orge en surplus, quand ils sont repus.
14 Les gens donc, voyant ce signe qu’il avait fait, disaient : « C’est vraiment lui le prophète qui vient dans le monde ! »
15 Jésus donc, sachant qu’ils doivent venir le ravir pour le faire roi, se retire de nouveau sur la montagne, lui, seul.
16 Comme le soir venait, ses disciples descendent à la mer.
17 Ils montent en barque pour aller de l’autre côté de la mer, à Capharnaüm. Les ténèbres déjà étaient là et Jésus n’était pas encore venu vers eux !
18 Et la mer, avec un grand vent qui soufflait, se réveillait.
19 Ils avaient donc ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marchant sur la mer : il est proche de la barque. Ils craignent.
20 Mais il leur dit : « Je suis. Ne craignez plus ! »
21 Ils veulent donc le prendre dans la barque... Et aussitôt la barque est à terre, là où ils allaient !

Jésus, le pain de vie

22 Le lendemain, la foule restée de l’autre côté de la mer voit qu’il n’y a eu là qu’une seule barque... Et Jésus n’est pas rentré dans le bateau avec ses disciples, mais seuls ses disciples s’en sont allés.
23 D’autres bateaux étaient venus de Tibériade près du lieu où ils ont mangé le pain, – après que le Seigneur a rendu grâce.
24 Quand la foule voit que Jésus n’est pas là, ni ses disciples, ils montent dans les bateaux et viennent à Capharnaüm chercher Jésus.
25 Ils le trouvent de l’autre côté de la mer. Ils lui disent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
26 Jésus répond et leur dit : « Amen, amen, je vous dis : Vous me cherchez non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été gavés.
27 Œuvrez, non pour l’aliment qui se perd, mais pour l’aliment qui demeure en vie éternelle, celle que le fils de l’homme vous donnera : car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué d’un sceau. »
28 Ils lui disent donc : « Que ferons-nous pour œuvrer les œuvres de Dieu ? »
29 Jésus répond et leur dit : « Telle est l’œuvre de Dieu : que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »
30 Ils lui disent donc : « Quel signe fais-tu donc, toi, pour que nous voyions et que nous te croyions ? Quelle œuvre ?
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, comme il est écrit : Un pain venu du ciel il leur a donné à manger. »
32 Jésus donc leur dit : « Amen, amen, je vous dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel, mais c’est mon Père qui vous donne le pain venu du ciel, le véritable.
33 Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne vie au monde. »
34 Ils lui disent donc : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain ! »
35 Jésus leur dit : « Moi, je suis le pain de la vie. Qui vient à moi n’aura pas faim, qui croit en moi n’aura pas soif, jamais !
36 Mais je vous l’ai dit : vous avez vu, et vous ne croyez pas !
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi : et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors.
38 Car je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a donné mission.
39 Or telle est la volonté de celui qui m’a donné mission : que, de tout ce qu’il m’a donné, je ne perde rien, mais que je le ressuscite au dernier jour.
40 Car telle est la volonté de mon Père : que tout homme qui voit le Fils et qui croit en lui ait la vie éternelle. Et je le ressusciterai, moi, au dernier jour. »
41 Les Juifs donc murmuraient à son sujet parce qu’il avait dit : « Je suis le pain descendu du ciel. »
42 Ils disaient : « Celui-là, n’est-ce pas Jésus, le fils de Joseph ? Nous connaissons, nous, son père et sa mère ! Comment dit-il maintenant : Du ciel, je suis descendu ? »
43 Jésus répond et leur dit : « Ne murmurez pas entre vous !
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a donné mission ne le tire. Et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
45 Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés par Dieu. Tout homme qui a entendu ce qui vient du Père, et apprend, vient à moi.
46 Non que personne ait vu le Père, sinon celui qui est auprès de Dieu : lui, il a vu le Père.
47 Amen, amen, je vous dis : celui qui croit a vie éternelle.
48 Moi, je suis le pain de la vie.
49 Vos pères ont mangé dans le désert la manne, et ils sont morts.
50 Tel est le pain descendant du ciel : qui en mange ne meurt pas !
51 Moi, je suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour l’éternité.
52 Le pain que moi je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » Les Juifs donc se querellent entre eux en disant : « Comment peut-il, celui-là, nous donner sa chair à manger ? »
53 Jésus leur dit donc : « Amen, amen, je vous dis : si vous ne mangez la chair du fils de l’homme et ne buvez son sang vous n’avez pas de vie en vous.
54 Qui consomme ma chair, et boit mon sang, a vie éternelle. Et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
55 Car ma chair est vrai aliment, et mon sang est vraie boisson.
56 Qui consomme ma chair, et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui.
57 Comme le Père, le vivant, m’a envoyé et comme moi, je vis par le Père, ainsi qui me consomme, celui-là aussi vivra par moi.
58 Tel est le pain descendu du ciel : non pas comme ont mangé les pères, et ils sont morts. Qui consomme ce pain vivra pour l’éternité. »
59 Il dit ces choses dans une synagogue, en enseignant, à Capharnaüm.
60 Beaucoup de ceux qui l’ont entendu parmi ses disciples disent donc : « Cette parole est dure ! Qui peut l’entendre ? »
61 Mais Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmurent à ce sujet, leur dit : « Cela vous choque ?
62 Et quand vous verrez le fils de l’homme monter là où il était auparavant !...
63 C’est l’esprit qui vivifie, la chair n’est d’aucune utilité. Les mots que je vous ai dits sont esprit et sont vie.
64 Mais il en est parmi vous certains qui ne croient pas. » Car Jésus savait dès le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait.
65 Et il disait : « Aussi je vous ai dit : nul ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père. »
66 Depuis cela, beaucoup de ses disciples s’en vont en arrière : ils ne marchaient plus avec lui.
67 Jésus donc dit aux douze : « Vous aussi, vous voulez vous en aller ? »
68 Simon-Pierre lui répond : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des mots de vie éternelle.
69 Et nous, nous croyons, et nous connaissons que tu es le saint de Dieu. »
70 Jésus leur répond : « N’est-ce pas moi qui vous ai élus, vous, les douze ? Et l’un de vous est un diable ! »
71 Il le dit de Judas, fils de Simon Iscariote, car c’est lui qui devait le livrer, l’un des douze…

Cette Bible est dans le domaine public.