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Iob 31
André Chouraqui


Distinguer la vierge

1 J’avais tranché un pacte pour mes yeux, afin de ne pas distinguer la vierge.
2 Mais quelle est la part d’Eloha en haut ? la possession de Shadaï dans les hauteurs ?
3 N’est-ce pas la calamité du félon, l’aliénation des ouvriers de fraude ?
4 Ne voit-il pas mes routes ? Ne compte-t-il pas tous mes pas ?
5 Allais-je avec le vaurien, mon pied s’activant pour la duperie ?
6 Qu’il me pèse aux balances de justice : Eloha connaîtrait mon intégrité !
7 Si ma marche déviait de la route, si mon cœur allait derrière mes yeux, si une tare collait à ma paume,
8 que je sème, et qu’un autre mange ; que mes rejetons soient déracinés !
9 Si mon cœur était séduit par une femme, si je m’embusquais devant la porte de mon compagnon,
10 que ma femme fasse la mouture d’un autre ; que, sur elle, d’autres s’agenouillent !
11 Oui, ce serait là une préméditation, un tort criminel.
12 Oui, un feu, cela, jusqu’en Abadôn : il mangerait et déracinerait toute ma récolte !

Les yeux de la veuve

13 Si je rejetais le droit de mon serviteur, de ma servante, dans leur revendication contre moi,
14 que ferai-je quand Él se lèvera ? Quand il sanctionnera, que lui répondrai-je ?
15 N’est-ce pas dans un ventre que mon auteur l’a fait aussi, préparé dans une matrice unique ?
16 Ai-je refusé le désir des miséreux, épuisé les yeux de la veuve,
17 mangeant seul une miche sans que l’orphelin n’en mange ?
18 Oui, depuis ma jeunesse je l’ai élevé comme un père, guidé depuis le ventre de ma mère.
19 Si je voyais un homme perdu sans vêtement, un pauvre sans couverture,
20 ses lombes me bénissaient, de la toison de mes moutons se réchauffant.
21 Si j’agitais ma main contre l’orphelin, quand je voyais, à la porte, une aide pour moi,
22 que mon épaule me tombe du torse, que mon bras se brise à la clavicule !
23 Oui, à moi le tremblement, le désastre d’Él ! Le supporter, je ne le pouvais.
24 Ai-je mis mon expectative dans l’or, et dit au vermeil : « Ma sécurité ? »
25 Me suis-je réjoui de mes richesses immenses, et de ce que ma main ait atteint la grandeur ?
26 Si je voyais la lumière s’auréoler et la lune précieuse s’en aller,
27 mon cœur en était-il séduit en cachette, et ma bouche la baisait-elle de ma main ?
28 Cela aussi aurait été un tort criminel : oui, j’aurais renié l’Él d’en haut

L’orge et l’ivraie

29 Me suis-je réjoui de l’échec de mon haineux, m’éveillant quand le malheur le trouvait ?
30 Ai-je donné à mon palais de fauter, pour requérir l’imprécation contre son être ?
31 Les hommes de ma tente ne disaient pas : « Qui donnera que de sa chair nous nous rassasiions ?
32 Le métèque ne nuitait pas dehors : j’ouvrais mes portails à l’hôte.
33 Si j’ai couvert comme un humain mes carences, pour enfouir mon tort dans mon intégrité,
34 redoutant le tumulte multiple, effaré par le mépris des clans, je ferais silence, je ne sortirais pas à la porte.
35 Qui me donnera un auditeur ? Voici ma griffe : que Shadaï me réponde ; que l’homme qui me combat écrive l’acte !
36 Sur mon épaule je le porterais, et le nouerais en nimbe sur moi.
37 Je lui rapporterais le nombre de mes pas ; je l’accueillerais comme un guide.
38 Si ma terre clame contre moi, et ses sillons pleurent ensemble,
39 si j’ai mangé ses produits sans payer, soufflant la vie de ses maîtres,
40 qu’au lieu de blé sorte l’épine ; au lieu de l’orge, l’ivraie ! S’achèvent les paroles de Iob.

Cette Bible est dans le domaine public.