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Entête 27.30
André Chouraqui


Des mets comme j’aimais

1 Et c’est, quand Is’hac est vieux, ses yeux se ternissent de voir. Il crie vers ’Éssav, son fils, le grand, et lui dit : « Mon fils. » Il lui dit : « Me voici. »
2 Il dit : « Voici donc, j’ai vieilli et ne connais pas le jour de ma mort.
3 Maintenant, porte donc tes objets, ta trousse et ton arc. Sors au champ. Chasse pour moi de la chasse.
4 Fais-moi des mets, comme j’aimais. Fais-les venir pour moi : je mangerai pour que mon être te bénisse, avant que je ne meure. »
5 Mais Ribca entend quand Is’hac parle à ’Éssav son fils. ’Éssav va au champ chasser, une chasse pour la faire venir…
6 Ribca a dit à Ia’acob son fils pour dire : « Voici : j’ai entendu ton père parler à ’Éssav ton frère pour dire :
7 Fais venir pour moi la venaison et fais-moi des mets : je mangerai et te bénirai, face à IHVH-Adonaï, face à ma mort. ›
8 Maintenant, mon fils, entends ma voix en ce que moi je t’ordonne.
9 Va donc vers les ovins. Prends-moi de là deux bons biquets de caprins. Je les fais en mets pour ton père, comme il aime.
10 Tu les fais venir à ton père et il mange, pour qu’il te bénisse, face à sa mort. »
11 Ia’acob dit à Ribca sa mère : « Voici, ’Éssav, mon frère, est un homme hirsute et moi-même, un homme glabre.
12 Peut-être mon père me palpera-t-il ? Je serai à ses yeux comme un trompeur et ferai venir sur moi la malédiction, non la bénédiction. »
13 Sa mère lui dit : « À moi ta malédiction, mon fils ! Mais entends ma voix, prends pour moi. »
14 Il va, prend et fait venir à sa mère. Sa mère fait des mets comme son père aime.
15 Ribca prend les vêtements d’’Éssav, son fils, le grand, les convoitables qui sont avec elle dans la maison. Elle en habille Ia’acob, son fils, le petit.
16 Les peaux des biquets de caprins, elle en a vêtu ses mains et le lisse de son cou.
17 Elle donne les mets et le pain qu’elle a faits, en main de Ia’acob, son fils.
18 Il vient vers son père et dit : « Mon père. » Il dit : « Me voici. Qui es-tu mon fils ? »
19 Ia’acob dit à son père : « Moi-même, ’Éssav, ton aîné. J’ai fait comme tu m’as parlé. Lève-toi donc, assieds-toi et mange de ma venaison, pour que ton être me bénisse. »
20 Is’hac dit à son fils : « Qu’est-ce ? Tu t’es hâté à trouver, mon fils » ! Il dit : « Oui, IHVH-Adonaï, ton Elohîms, l’a fait survenir en face de moi. »
21 Is’hac dit à Ia’acob : « Avance donc, que je te palpe, mon fils. Es-tu mon fils ’Éssav ou non ? »
22 Ia’acob s’avance vers Is’hac, son père. Il le palpe et dit : « La voix, la voix de Ia’acob, les mains, les mains d’’Éssav. »
23 Mais il ne l’avait pas reconnu : oui, ses mains étaient comme les mains d’’Éssav, son frère, hirsutes. Et il le bénit.
24 Il dit : « Est-ce toi, mon fils, ’Éssav ? Il dit :  »Moi. »
25 Il dit : « Avance-la pour moi : je mange de la venaison, mon fils, pour que mon être te bénisse. » Il la lui avance et il en mange. Il lui donne du vin et il boit.

Is’hac bénit Ia’acob

26 Is’hac, son père, lui dit : « Avance donc et baise-moi, mon fils. »
27 Il avance et le baise. Il sent l’odeur de ses habits. Il le bénit et dit : « Vois, l’odeur de mon fils est comme l’odeur d’un champ que IHVH-Adonaï a béni.
28 Que l’Elohîms te donne la rosée des ciels, les huiles de la terre, une multitude de céréales et de moût.
29 Des peuples te serviront, des patries se prosterneront devant toi. Sois le patron de tes frères. Les fils de ta mère se prosterneront devant toi : qui te honnit sera honni et béni qui te bénit. »
30 Et c’est quand Is’hac a achevé de bénir Ia’acob, et c’est quand Ia’acob est sorti, sorti, en face d’Is’hac, son père, ’Éssav, son frère, vient de sa chasse !
31 Il fait, lui aussi, des mets et les fait venir à son père. Il dit à son père : « Que mon père se lève, qu’il mange de la chasse de son fils, pour que son être me bénisse. »
32 Is’hac, son père, lui dit : « Toi, qui es-tu ? Il dit :  »Moi, ton fils, ton aîné, ’Éssav. »
33 Is’hac tressaille d’un grand tressaillement, très fort. Il dit : « Qui ? d’où était le chasseur de chasse qui m’en a fait venir ? J’ai mangé de tout avant que tu ne viennes et je l’ai béni ! Aussi, il sera béni. »

Vociférations d’’Éssav

34 Quand ’Éssav entend les paroles de son père, il vocifère une vocifération grande et amère, très fort. Il dit à son père : « Bénis-moi aussi, mon père » !
35 Il dit : « Ton frère est venu par duperie : il a pris ta bénédiction. »
36 Il dit : « Ainsi, il avait crié son nom Ia’acob, et il me talonne voilà deux fois ! Il a pris mon aînesse et voici maintenant il prend ma bénédiction. » Il dit : « N’as-tu donc pas réservé pour moi une bénédiction ? »
37 Is’hac répond et dit à ’Éssav : « Oui, je l’ai mis pour toi en patron, je lui ai donné tous ses frères pour serviteurs, je l’ai soutenu de céréales et de moût, et pour toi, alors, que ferai-je, mon fils ? »
38 ’Éssav dit à son père : « N’as-tu qu’une bénédiction, mon père ? Bénis-moi, moi aussi, mon père » ! ’Éssav élève la voix et pleure.
39 Is’hac, son père, répond et lui dit : « Voici : ton habitat sera aux huiles de la terre, à la rosée des ciels, au-dessus.
40 Tu vivras sur ton épée et tu serviras ton frère. Et c’est quand tu trimarderas, tu démonteras son joug sur ton cou  » !
41 ’Éssav déteste Ia’acob pour la bénédiction dont l’a béni son père. ’Éssav dit en son cœur : « Les jours du deuil de mon père approchent : je tuerai Ia’acob, mon frère » !
42 Les paroles d’’Éssav, son fils, le grand, sont rapportées à Ribca. Elle envoie crier Ia’acob, son fils, le petit. Elle lui dit : « Voici ’Éssav, ton frère : il se réconforte pour toi, à te tuer.
43 Maintenant, mon fils, entends ma voix : lève-toi ! Enfuis-toi chez Labân, mon frère, à Harân.
44 Habite avec lui quelques jours, jusqu’à ce que se retourne la fièvre de ton frère,
45 jusqu’à ce que la narine de ton frère se détourne de toi, et qu’il ait oublié ce que tu lui as fait. Je t’enverrai prendre de là. Pourquoi serai-je désenfantée de vous deux aussi en un jour ?
46 Ribca dit à Is’hac : « Je suis dégoûtée de ma vie en face des filles de Hét. Si Ia’acob prend une femme des filles de Hét, comme celles-là, des filles de la terre, pourquoi vivrais-je ? »

Texte de la Version André Chouraqui
Copyright © Édition du Cerf