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Iob 7.8
André Chouraqui


Suis-je mer ou dragon ?

1 N’est-ce pas une corvée, pour l’homme, sur terre ? Et ses jours ne sont-ils pas comme les jours d’un salarié ?
2 Comme le serf aspire à l’ombre, comme le salarié espère son travail,
3 ainsi suis-je mis en possession de lunes vaines ; des nuits de tourment me sont imparties.
4 Si je me couche, je dis : « Quand me lèverai-je ? Et le soir dépasse la mesure. Je me rassasie d’errance jusqu’au crépuscule.
5 Ma chair s’est vêtue de putréfaction, de croûte, de poussière ; ma peau, sidérée, suppure.
6 Mes jours sont plus légers que la navette ; ils s’achèvent sans nul espoir.
7 Souviens-toi de ce que ma vie est un souffle ; mon œil ne retourne pas voir le bien.
8 L’œil de qui me voit ne me fixe plus ; tes yeux sont sur moi, mais je ne suis plus !
9 La nuée s’achève et va ; ainsi le gisant du Shéol n’en remonte pas.
10 Il ne retourne plus vers sa maison ; son lieu ne le reconnaît plus.
11 Moi aussi je n’épargnerai pas ma bouche ; je parlerai dans la détresse de mon souffle, je m’épancherai dans l’amertume de mon être.
12 Moi, suis-je mer ou dragon, pour que tu mettes contre moi une muselière ?
13 Oui, j’ai dit : « Mon grabat me réconfortera ; ma couche portera mon épanchement. »
14 Mais tu m’effares par des rêves ; tu me paniques par des visions.
15 Mon être choisit l’étranglement ; la mort, plutôt que mes os !
16 Je l’ai rejetée, je ne vivrai plus en pérennité ! Cesse avec moi ! Oui, fumée, mes jours !
17 Qu’est-il, l’homme, que tu le grandisses, que tu places sur lui ton cœur,
18 le sanctionnes les matins, l’examines à tout instant ?
19 Jusqu’à quand, loin de moi, ne me verras-tu pas, ne me lâcheras-tu pas, que je puisse avaler ma salive ?
20 J’ai fauté ! Que ferai-je pour toi ? Détenteur de l’humain, pourquoi m’as-tu mis en cible pour toi ? Je suis à moi une charge.
21 Pourquoi ne portes-tu pas ma carence, passant outre à mon tort ? Oui, maintenant je me couche dans la poussière. Tu es en quête de moi, mais je ne suis plus.

Texte de la Version André Chouraqui
Copyright © Édition du Cerf