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Iesha‘yahou 47
André Chouraqui


Complainte sur Babèl

1 Descends, assieds-toi sur la poussière, vierge, fille de Babèl ; assieds-toi à terre, sans siège, fille de Kasdîm. Non, tu ne continueras pas à être criée : « Tendre, délicieuse. »
2 Prends la double meule, mouds la mouture, découvre ton litham, retrousse ta traîne, découvre ton jarret, passe les fleuves.
3 Ton sexe sera découvert, ton outrage aussi sera vu. Je prendrai vengeance, je ne rencontrerai pas d’humain.
4 Notre racheteur, IHVH-Adonaï Sebaot ! Son nom, le sacré d’Israël !
5 Assieds-toi, silencieuse ; viens dans la ténèbre, fille de Kasdîm. Non, tu ne continueras pas à être criée patronne des royaumes.
6 J’ai écumé contre mon peuple, j’ai profané ma possession ; je les ai donnés en ta main. Tu ne leur as pas mis de matrices ; sur l’ancien, tu as fort alourdi ton joug.
7 Et tu disais : « En pérennité je serai la patronne. » Tant que tu ne prenais pas cela à cœur, tu ne te souvenais pas de son après.
8 Et maintenant, entends ceci, délicate, habitante de la sécurité, qui dit en son cœur : « Moi et nulle autre ! Non, je n’habiterai pas en veuve, je ne connaîtrai pas le désenfantement ! »
9 Ces deux-là en un instant viennent sur toi : en un jour, le désenfantement et le veuvage, comme dans leur intégrité, sont venus sur toi, dans la multiplicité de tes sorcelleries, dans la vigueur de tes fascinations, fort.
10 Tu t’assurais en ta malfaisance ; tu disais : « Nul ne me voit. » Ta sagesse, ta connaissance, voilà ton rejet. Et tu disais en ton cœur : « Moi et nulle autre ! »
11 Le malheur est venu contre toi ; tu ne sauras pas l’exorciser. Sur toi, soudain la tourmente est tombée ; tu ne pourras pas l’absoudre.
12 Tiens-toi donc en tes fascinations, dans la multiplicité de tes sorcelleries, dans ce dont tu étais lasse depuis ta jeunesse. Peut-être pourras-tu être utile ; peut-être seras-tu terrifiante ?
13 Tu es excédée par la multiplicité de tes conseils. Qu’ils se dressent donc et te sauvent, les répartiteurs des ciels, les contemplatifs d’étoiles, les connaisseurs de ce qui viendra sur toi aux lunaisons !
14 Voici, ils seront comme de la paille, un feu les incinérera, ils ne secourront pas leur être de la main de la flamme. Ce n’est pas de la braise pour les réchauffer, une lueur pour siéger devant elle !
15 Ainsi étaient-ils pour toi, qui étais lasse, tes transitaires, depuis ta jeunesse. Chacun vague de son côté, nul ne te sauve.

Texte de la Version André Chouraqui
Copyright © Édition du Cerf