Jean 0.0 comparé dans 29 versions de la Bible.
Les « Louis Segond » | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Les Bibles d'étude | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Les « autres versions » | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Lemaîtstre de Sacy (1701) | Jean 0.0 (SAC) | ÉVANGILE SELON SAINT JEANLe quatrième et dernier des évangélistes, selon l’ordre chronologique, est l’apôtre saint Jean, surnommé le disciple bien-aimé. Il était de Bethsaïde, ville de la Galilée, et fils de Zébédée et de Salomé, et ainsi frère de l’apôtre saint Jacques, appelé Le Majeur, qui eut la tête tranchée quelque temps après la mort de Jésus-Christ, sous Hérode Agrippa, dit le Tétrarque. Il écrivit son Évangile à Éphèse, âgé de quatre-vingt-dix ans, l’an 96 de l’ère vulgaire, soixante-trois ans après la mort de Jésus-Christ, étant de retour de l’île de Patmos, où il avait été exilé sous l’empereur Domitien. Saint Jérôme dit qu’il n’entreprit cet ouvrage qu’à la sollicitation de plusieurs de ses amis et aux instantes prières des évêques d’Asie ; et le même Père ajoute, dans la préface de son Commentaire sur saint Matthieu, que saint Jean n’y consentit qu’à condition que les Églises se disposeraient par un jeûne public à lui attirer du ciel les grâces dont il avait besoin pour y réussir. Saint Clément d’Alexandrie, au rapport d’Eusèbe, dit que le motif qui l’engagea à y travailler fut qu’il s’était aperçu que les trois premiers évangélistes n’avaient proprement parlé que des deux dernières années de la prédication de Jésus-Christ, et qu’ainsi il jugea qu’il était nécessaire d’y suppléer la première, qu’ils avaient omise ; et saint Jérôme prétend que saint Jean y ajouta ce qui regarde la naissance divine et éternelle de Jésus-Christ, afin d’y réfuter tacitement l’hérésie de Cérinthe et d’Ébion, qui niaient sa divinité. On ne doute point qu’ayant eu pour objet d’instruire les Églises d’Asie, il n’ait écrit en grec ; mais comme il était Hébreu, son style tient un peu de cette langue ; ainsi il n’est pas étonnant qu’on y trouve des phrases et des expressions toutes syriaques, et des hébraïsmes très-fréquents, qui rendent son élocution moins pure et moins élégante que celle de saint Luc. Il a rapporté beaucoup de faits et de circonstances de la vie de Jésus-Christ, qui ont été omis par les autres évangélistes ; entre lesquels on peut remarquer le miracle que Jésus-Christ fit aux noces de Cana, son entretien avec Nicodème, celui qu’il eut avec la Samaritaine, l’histoire de la femme adultère, son discours avec les Capharnaïtes touchant sa chair qu’il devait donner à manger ; la résurrection de Lazare, les instructions que Jésus-Christ donna à ses disciples après la Cène la veille de sa mort, et plusieurs autres particularités qui nous auraient été absolument inconnues, sil n’avait eu soin de nous les laisser par écrit. Aussi cet Évangile est-il l’un des plus considérables et des plus célèbres, non-seulement par ses additions, mais encore par la sublimité des vérités et instructions qu’il renferme ; ce qui l’a fait appeler par saint Clément d’Alexandrie l’Évangile spirituel. Plusieurs ont cru que l’histoire de la femme adultère, rapportée au ch. VIII, v. 1, jusqu’au v. 12 inclusivement, y avait été ajoutée par quelque main postérieure, parce qu’elle ne se trouve point citée par les premiers Pères de l’Église, ni rapportée par saint Jean Chrysostome et saint Cyrille, dans les Commentaires qu’ils ont faits sur cet évangéliste, ni par Eusèbe, dans les canons évangéliques ; mais saint Jérôme, qui dit qu’elle ne se trouvait pas dans son exemplaire, avoue cependant qu’elle était de son temps dans un grand nombre d’autres. Ammonius et l’auteur de la Synopse attribuée à saint Athanase, Tatien, dans son Abrégé des quatre Évangiles, saint Augustin et saint Ambroise, en font mention, et elle se trouve dans la version syriaque des Polyglottes d’Angleterre, dans le manuscrit de Cambridge et dans tous les anciens exemplaires latins. Quelques savants ont prétendu que saint Jean avait terminé son Évangile par les deux derniers versets de son chapitre XX, et que le chapitre XXI avait été ajouté par l’Église d’Éphèse, ce qu’ils appuient sur cette double répétition de ces paroles, Jésus a fait, etc. rapportée au v. 30 du chap. XX, et au v. 25 du chap. XXI ; mais ils n’ont pas pris garde qu’il n’y a rien de plus ordinaire aux écrivains sacrés, et surtout aux Hébreux, que ces répétitions, de même que de parler de soi à la troisième personne, comme fait ici saint Jean, chap. XXI, v. 24. Saint Épiphane rapporte que les Alogiens attribuaient à Cérinthe cet ouvrage de l’apôtre saint Jean ; mais ce Père les réfute, en soutenant qu’il n’est pas raisonnable de le donner à cet hérétique, puisque rien ne lui était plus opposé, et ne combattait plus directement les erreurs qu’il enseignait. Saint Jérôme dit que saint Jean fut appelé fort jeune à l’apostolat, et qu’il a gardé toute sa vie le célibat et la virginité. Il a vécu jusqu’à la troisième année du règne de l’empereur Trajan, et est mort âgé de près de cent ans, la cent unième année de l’ère vulgaire, soixante-huit ans après la mort de Jésus-Christ. Saint Irénée, Tertullien, Eusèbe, et presque tous les anciens Pères, disent qu’il est enterré à Éphèse. (Voyez saint Augustin, Traité 124, sur saint Jean.) | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Grande Bible de Tours (1866) | Jean 0.0 (GBT) | LE SAINT ÉVANGILE | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Darby (1885) | Jean 0.0 (DBY) | Introduction à Jean21 chapitres1. Son auteur et sa dateDans l’évangile selon Jean, comme dans les trois évangiles synoptiques, le nom de l’auteur n’est pas indiqué. L’écrivain donne la première place au message de Dieu. Pourtant, comme il le dit lui-même, il a assisté personnellement aux événements qu’il rapporte (Jean 1.14 ; 19.35). En fait, seul un témoin oculaire était à même de donner des détails aussi précis, tels que : « c’était environ la dixième heure » (Jean 1.39), « six vaisseaux de pierre » (chap. 2.6) et « cent cinquante-trois gros poissons » (chap. 21.11). L’auteur de cet évangile s’appelle cinq fois : « le disciple que Jésus aimait » (comp. Jean 21.24, avec chap. 13.23 ; 19.26 ; 20.2 ; 21.7, 20), et plusieurs fois « l’autre disciple » (Jean 18.15 ; 20.2, 3, 8). Remarquons en outre que parmi les trois disciples les plus proches du Seigneur Jésus, Pierre, Jacques et Jean, le dernier cité n’est jamais désigné par son nom dans cet évangile ; une telle retenue confirme la tradition de l’église primitive selon laquelle Jean, le disciple du Seigneur, est l’auteur de cet évangile. Irénée (env. 140-202 apr. J.C.), un disciple de Polycarpe de Smyrne (qui a connu personnellement Jean) l’atteste. Théophile d’Antioche, vers 180 apr. J.C., cite le premier verset de cet évangile et indique Jean comme en étant l’auteur. Certes d’autres suppositions ont été avancées, dans le passé et plus récemment. Ainsi, l’auteur de l’évangile ne serait pas l’apôtre Jean, mais un « ancien » du même nom. Il n’existe cependant aucune preuve solide qui permettrait d’affirmer que l’apôtre Jean n’est pas le rédacteur de ce texte. Nous possédons plus de détails biographiques sur Jean que sur les autres évangélistes. Il était l’un des deux fils de Zébédée, un pêcheur apparemment aisé qui travaillait sur le lac de Génésareth, et employait des hommes à gages (Marc 1.19, 20). La mère de Jean et de Jacques s’appelait Salomé (Matt. 27.55, 56 ; Marc 15.40). Elle intercéda pour ses fils, demandant au Seigneur de les faire asseoir auprès de lui, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche, dans le royaume (Matt. 20.20). L’appel de Jean à devenir un disciple du Seigneur est décrit dans les évangiles synoptiques (Matt. 4.21, 22 ; Marc 1.19, 20 ; Luc 5.10, 11). Jean et son frère Jacques manifestaient un grand zèle pour le Seigneur Jésus, d’où leur surnom « Boanergès » (de l’araméen bne-hargem : « fils de tonnerre », Marc 3.17). Luc rapporte deux occasions qui montrent des excès de zèle chez Jean (Luc 9.49, 54). Avec Jacques son frère et Pierre, Jean formait le cercle le plus intime des apôtres. Seuls ces trois hommes ont eu le privilège d’être avec le Seigneur lors de la résurrection de la fille de Jaïrus, sur la montagne au moment de la transfiguration de Jésus et dans le jardin de Gethsémané (Luc 8.51 ; 9.28 ; Matt. 26.37 ; Marc 13.3). Pierre et Jean ont été envoyés pour apprêter la dernière pâque (Luc 22.8) ; ils sont aussi les deux premiers disciples que Marie de Magdala a rencontrés le jour de la résurrection du Seigneur : ils ont vu alors le sépulcre vide (Jean 20.2-10). Lors de la dernière rencontre dans la chambre haute à Jérusalem, Jean était placé le plus près du Seigneur. Et il se trouvait seul au pied de la croix près de son Seigneur (Jean 13.23-25 ; 19.26, 27). Enfin, le premier, Jean a reconnu le Seigneur quand il est apparu aux disciples sur le rivage du lac de Génésareth (Jean 21.7). Nous retrouvons Jean dans le livre des Actes, après l’ascension du Seigneur : le disciple rend témoignage de son maître avec Pierre (chap. 3 et 4), puis Jean est évoqué une nouvelle fois quand il est envoyé par les apôtres en Samarie (chap. 8. 14). Selon Galates 2.9, lors de sa deuxième visite à Jérusalem, Paul a rencontré Jean. Par la suite, Jean s’est vraisemblablement établi en Asie mineure (Éphèse), où il est demeuré jusqu’au moment de sa mort, survenue à un âge avancé, vers 100 apr. J.C. Ce séjour a toutefois été interrompu à l’époque du bannissement de l’apôtre sur l’île méditerranéenne de Patmos (Apoc. 1.9). Selon toute vraisemblance, Jean a rédigé un des textes les plus tardifs de la Bible. Le contenu et la structure de cet évangile donnent à penser que le lecteur connaît les trois synoptiques. D’après la tradition ancienne, la rédaction de cet écrit très particulier date probablement de la fin du 1er siècle apr.J.C. 2. Son sujet et son butAucun des quatre évangélistes n’a eu l’intention d’écrire, selon les normes humaines, une biographie complète de Christ. Mais alors que les trois premiers ont brossé, dans les grandes lignes, un tableau concordant de la venue et de l’activité de Christ, depuis son baptême au Jourdain jusqu’à sa résurrection et à son ascension d’où l’appellation de « synoptiques » utilisée pour désigner les textes en question dans l’évangile selon Jean, l’intention du Saint Esprit est différente. De la trentaine de miracles décrits dans les synoptiques, Jean ne parle que d’un seul (la multiplication des pains pour les cinq mille, au chapitre 5), mais en revanche, l’évangéliste mentionne six autres faits surnaturels que l’on ne retrouve pas ailleurs; il rapporte ainsi sept miracles: le chiffre suffisant de la perfection divine. En outre, pour l’apôtre ce sont des « signes » plutôt que des miracles*. Il s’en explique au chapitre 20.30, 31 : « Jésus donc fit aussi devant ses disciples beaucoup d’autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ces choses sont écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie par son nom. »[Dans notre version française, le mot « miracle » est employé, mais une note indique : littéralement : signes. (Note du trad.)] Par cette déclaration, l’évangéliste définit à la fois le sujet et le but de son écrit : le Seigneur Jésus est le Fils de Dieu. Jean lui donne vingt-neuf fois ce titre de «Fils», dont dix fois «Fils de Dieu». Dans un langage d’une simplicité presque enfantine son vocabulaire se limite à quelque sept cents mots, il nous communique dans son évangile la vérité extraordinaire que la Parole, le Fils éternel de Dieu, est devenue chair. C’est pourquoi Jean ne donne pas la généalogie du Seigneur Jésus, ni ne parle de sa naissance et de son enfance, mais, dès le premier verset, il fait remonter le lecteur dans l’éternité passée : « Au commencement était la Parole. » La préexistence éternelle du Fils de Dieu est encore indiquée dans les chapitres 8.58 et 17.5, 24. Jean mentionne peu de miracles accomplis par le Seigneur Jésus pendant sa vie ici-bas ; il en parle simplement comme de « signes » (chap. 2.11 ; 4.54), qui ne sont là que pour manifester la toute-puissance divine du Seigneur. L’homme Christ Jésus est en même temps le Dieu éternel, celui qui peut dire de lui, comme l’Éternel (« Jahve » ou « Jéhovah ») dans l’Ancien Testament : « Je suis celui qui suis » (Ex. 3.14). Lorsque les soldats se saisissent du Seigneur, ils reculent et tombent par terre en l’entendant déclarer : « C’est moi » (Jean 18.5). Christ est le seul à pouvoir dire : « Moi, je suis le pain de vie (Jean 6.35 ; 8.12 ; 10.7, 11 ; 11.25 ; 14.6). Jean répète à plusieurs reprises que le Seigneur Jésus a laissé volontairement sa vie (Jean 10.17 ; 18.11 ; 19.30). Par conséquent, la scène de la prière dans le jardin de Gethsémané n’est pas décrite dans cet évangile. Le Fils de Dieu avait le pouvoir de laisser sa vie et le pouvoir de la reprendre. Les quelques événements particuliers rapportés par Jean suivent, pour autant que nous puissions en juger, l’ordre chronologique comme dans l’évangile selon Marc. Jean est le seul évangéliste qui mentionne, dans son écrit, trois pâques différentes. Ce fait essentiel nous permet d’établir que le service officiel du Seigneur Jésus a duré environ trois ans (voir Jean 2.13 ; 6.4 ; 13.1). 3. Ses particularitésa) Différences entre Jean et les synoptiquesLe caractère particulier de l’évangile selon Jean tient notamment à la présentation des rapports du Fils de Dieu avec le peuple juif. Contrairement à ce que nous trouvons dans les autres évangiles, le Seigneur Jésus est montré ici dès le début comme le méprisé, le rejeté (Jean 1.11). Les « Juifs », c’est-à-dire les conducteurs du peuple, sont de plus en plus distingués de la « foule ». Ils se manifestent toujours comme étant les adversaires du Seigneur. Pourtant, Jean est le seul à décrire le service de Christ en Judée (Jean 1.29 à 3.36). En fait, ce ministère a précédé celui qu’il a accompli en Galilée. Jean mentionne également quatre fois la présence de Jésus à Jérusalem (chap. 2.13 ; 5.1, 7, 14 ; 12.12). Les autres évangiles n’ont jamais montré le Seigneur rencontrant un manque d’intelligence et une incompréhension comparables à ce que nous découvrons dans l’évangile selon Jean : les Juifs pensent au temple de Jérusalem alors que le Christ parle du temple de son corps (chap. 2.20, 21) ; Nicodème ne saisit pas ce que le Seigneur entend par la nouvelle naissance (chap. 3.3-5) ; la femme à Sichar ne sait pas ce que signifie l’eau de la vie (chap. 4.10-15) ; la foule ne comprend pas ce qu’est le pain venant du ciel (chap. 6.34), etc. Tous ces faits manifestent l’opposition absolue (impossible à surmonter pour les hommes) entre les ténèbres et la lumière, la mort et la vie, le monde et Dieu. Il a fallu que Dieu le Fils devienne Homme et accomplisse l’œuvre de la rédemption à la croix, pour que l’accès à Dieu par la foi soit ouvert aux hommes. b) Le plus ancien témoignage du Nouveau TestamentLe témoignage le plus ancien, connu et admis, du Nouveau Testament est un fragment de papyrus trouvé en Égypte, déchiffré par le savant anglais C.H. Roberts en 1934. D’un côté, cette pièce comporte le texte grec de Jean 18.31-33 et de l’autre, celui de Jean 18.37, 38. Une évaluation chronologique relativement précise permet de situer la date de ce document aux alentours des années 125 à 130 apr. J.C. Si à cette époque en Égypte des copies de l’évangile selon Jean étaient déjà disponibles, l’original doit avoir été composé lors d’une période encore plus ancienne. La découverte exceptionnelle dont nous venons de parler confirme la supposition selon laquelle la rédaction de cet évangile aurait été antérieure à l’an 100. Conservé à la Bibliothèque John Ryland à Manchester, ce papyrus est enregistré sous la désignation de P 52*.[Récemment certains érudits ont reconnu comme étant le plus ancien document du Nouveau Testament un fragment de papyrus plus petit encore (7 Q 5) trouvé dans une des grottes de Qumran, au bord de la mer Morte. Ce document ne comporte qu’une vingtaine de lettres, illisibles pour la plupart. Vraisemblablement tiré de l’évangile selon Marc, chapitre 6.52, 53, le texte daterait de 68 apr. J.C. au plus tard.] c) Le texte de Jean 7.53 à 8.11Comme pour la fin de l’évangile selon Marc (voir ce point), cette portion des chapitres 7 et 8 de Jean constitue le seul passage de quelque importance du Nouveau Testament dont l’originalité soit mise en doute par un grand nombre de spécialistes. Ces douze versets manquent dans les manuscrits grecs les plus anciens que nous connaissions et dans certaines vieilles traductions. En revanche, Jérôme (env. 345-419) témoigne que ce passage se trouvait dans de nombreux manuscrits grecs et latins. De son côté, Augustin (354-430) soutient que ce paragraphe a été écarté du texte par des gens ayant peu de foi ou par des ennemis de la vraie foi. Certains copistes auraient craint un mauvais usage de ces versets. Toutefois, il n’est guère possible de trouver une autre circonstance de la vie du Seigneur Jésus qui illustre d’une façon aussi frappante la déclaration du chapitre 8.12 : « Je suis la lumière du monde ». Une telle affirmation vient confirmer que cette portion de l’Ecriture (chap. 7.53 à 8.11) fait partie du texte inspiré de l’évangile selon Jean, tant du point de vue de son contenu que d’après le contexte. 4. Analyse succincte de son contenu
Tableau comparatif des quatre évangiles
Tiré de « Vue d’ensemble du Nouveau Testament », | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Amiot & Tamisier (1950) | Jean 0.0 (AMI) | ÉVANGILE SELON SAINT JEANAu début du IIIe siècle, Clément d’Alexandrie qualifiait le quatrième Évangile d’un mot admirablement choisi et qui a fait fortune : l’Évangile spirituel. L’appellation est justifiée, tant par la profondeur doctrinale que par un choix de paroles et de miracles qui font pressentir la nature de l’œuvre invisible du Christ : lumière du monde (guérison de l’aveugle-né), source de vie et de résurrection (Lazare), pain vivant descendu du ciel (multiplication des pains). Il s’agit donc d’une œuvre bien différente des Évangiles synoptiques ; saint Jean ne se rencontre avec eux que pour un petit nombre d’épisodes c’est à dessein qu’il évite de les répéter, mais il les éclaire et les complète par de nombreuses précisions chronologiques, historiques, géographiques, et par un enseignement plus élevé sur la vie intime de Dieu, le mystère de l’Incarnation et la mission du Christ, la communication de sa lumière et de sa vie aux croyants par la grâce et les sacrements, dans le cadre de l’Église gouvernée par Pierre. Malgré ce caractère si particulier, le quatrième Évangile s’est imposé, comme les trois premiers, aux chrétientés anciennes. Des papyrus récemment découverts prouvent qu’il était utilisé en Égypte dès le début du IIe siècle, et les témoignages invoqués en faveur des synoptiques montrent pareillement qu’il était reçu partout aux environs de l’an 200. Ce fait ne peut s’expliquer que si les Églises si attentives à discerner et à rejeter les récits apocryphes y ont reconnu l’œuvre et l’autorité d’un apôtre. Le livre porte en effet une signature discrète : il se donne comme l’œuvre du disciple bien-aimé qui reposa à la dernière Cène sur la poitrine du Sauveur (XIX, 26, 35, à rapprocher de XXI, 20, 24). Divers recoupements amènent à reconnaître en lui l’un des Douze, uni à Pierre par une étroite intimité, et finalement Jean (I, 35 suiv. ; XII, 23 ; XVIII, 15 ; XX, 2, 4 suiv. ; XXI, 7). L’examen interne confirme ces données ; tout dénote un auteur d’origine juive par la langue, le style, la connaissance approfondie de la Palestine contemporaine de Jésus. Saint Jean écrit après la ruine de Jérusalem ; il suppose que tout est changé en Palestine, que la réprobation des Juifs et la vocation des Gentils sont des faits accomplis. On admet généralement que l’Apocalypse, contemporaine de la persécution de Domitien (95 ou 96), a été rédigée auparavant ; on peut donc placer l’Évangile entre 96 et 100. Il a été composé en Asie, à Éphèse précise saint Irénée, probablement à l’instigation des évêques et des fidèles. Après tous les autres, le disciple bien-aimé apporte au Christ son témoignage. Son but est de prouver que Jésus est le Messie, Fils de Dieu, et de conduire ses lecteurs à la vie éternelle par la foi en lui : XX, 31. Probablement aussi entend-il combattre les erreurs naissantes qui mettaient en doute l’unité du Christ et la réalité de sa nature humaine, en attendant d’aboutir au siècle suivant au dangereux courant hérétique qui a reçu le nom de gnosticisme. Certaines différences de style entre l’Apocalypse et l’Évangile ont fait supposer que, dans la rédaction de ce dernier, l’apôtre aurait eu recours à l’aide d’un disciple. Il était parvenu à un âge très avancé ; les souvenirs qu’il rapporte sont le fruit de longues prédications et méditations, auxquelles il a donné une forme très personnelle. La critique rationaliste en a tiré argument contre l’historicité de son livre, et des batailles acharnées se sont livrées à ce sujet. En réalité, nul ne donne plus que Jean l’impression d’un témoin oculaire ; ses récits dépassent parfois ceux de saint Marc par leur caractère concret et vécu. (Voir par exemple l’appel des premiers disciples : I, 35-51 ; et l’apparition au bord du lac de Tibériade : XXI, 1-23). Pour les discours, il est incontestable que la forme est de l’Évangéliste dans une large mesure ; mais on ne saurait le suspecter en aucune manière d’avoir altéré la pensée du Sauveur. De plus, certaines sentences simples, frappantes, faciles à retenir (je suis le pain de vie ; je suis le bon pasteur ; je suis la voie, la vérité et la vie, etc.) sont sans doute la reproduction littérale des paroles du Sauveur. L’antiquité aimait à appeler le vieil apôtre Jean le Théologien ; sa théologie est l’écho authentique et fidèle de l’enseignement du Maître. « Osons proclamer disait au IIIe siècle Origène que la fleur de toutes les Écritures, ce sont les Évangiles, mais la fleur des Évangiles c’est l’Évangile livré par Jean, et personne ne peut en percevoir le sens qui n’a pas reposé sur le cœur de Jésus ou qui n’a pas reçu de Jésus Marie pour mère. » | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Langues étrangères | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||