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Exode 9
Bible Annotée (interlinéaire)

Verset à verset  Double colonne 

1 Et l’Éternel dit à Moïse : Rends-toi vers Pharaon et parle-lui ainsi : Ainsi a dit l’Éternel, Dieu des Hébreux : Laisse aller mon peuple, et qu’il me serve !

Versets 1 à 7 — Cinquième plaie : La peste du bétail

2 Car, si tu refuses de le laisser aller et que tu le retiennes encore, 3 la main de l’Éternel va être sur ton bétail qui est dans les champs, sur les chevaux, sur les ânes, sur les chameaux, sur les bœufs et les moutons : ce sera une peste terrible.

La main de l’Éternel : expression désignant ici la mortalité, comme Deutéronome 2.15 ; 2 Samuel 24.14

4 Et l’Éternel fera une distinction entre le bétail d’Israël et le bétail des Égyptiens : il ne périra rien de ce qui appartient aux fils d’Israël. 5 Et l’Éternel fixa le moment en disant : Demain l’Éternel fera cela dans le pays. 6 Et l’Éternel fit cela dès le lendemain ; tout bétail des Égyptiens périt, mais des bestiaux des fils d’Israël il n’en périt pas un seul.

Tout bétail des Égyptiens. L’Égypte est encore aujourd’hui exposée à de fréquentes épizooties, telles que celle de 1786, qui extermina presque tout le bétail et la peste bovine de 1842. Ici il ne s’agit pas seulement du gros et menu bétail, mais encore des chevaux, des ânes et des chameaux. Le caractère miraculeux de la plaie ressort aussi de la préservation d’Israël.

On voit par ce qui suit (versets 9, 10, 19, etc.) que l’expression tout bétail (littéralement) signifie non : tout le bétail, mais du bétail de toute espèce et en tous lieux.

7 Et Pharaon envoya voir et il se trouva que des bestiaux des fils d’Israël il n’en avait pas même péri un seul. Et le cœur de Pharaon s’appesantit, et il ne laissa pas aller le peuple. 8 Et l’Éternel dit à Moïse et à Aaron : Prenez plein vos mains de cendre de forge, et que Moïse jette cette cendre vers le ciel, sous les yeux de Pharaon.

Versets 8 à 12 — Sixième plaie : Les pustules

Versets 8 à 9

Dans le Deutéronome (Exode 28.27), il est parlé de l’ulcère d’Égypte. C’est probablement l’anthrax ou charbon, tumeur inflammatoire qui affecte l’homme et les animaux. L’acte symbolique par lequel Moïse et Aaron font éclater cette plaie a un caractère sinistre et menaçant. Il a pour but de faire comprendre clairement aux Égyptiens de qui provient cette fois le fléau, qui leur est connu comme plaie naturelle.

Le roi ne paraît pas avoir été atteint par cette plaie dont étaient frappés ses magiciens eux-mêmes. Cette tolérance de Dieu est peut-être ce qui l’encourage à une nouvelle résistance.

9 Et qu’elle devienne une fine poussière sur tout le pays d’Égypte, et qu’elle forme sur les gens et sur les bêtes des tumeurs bourgeonnant en pustules, dans tout le pays d’Égypte. 10 Et ils, prirent la cendre de forge et se tinrent devant Pharaon, et Moïse la jeta vers le ciel. Et il y eut des tumeurs bourgeonnant en pustules sur les gens et sur les bêtes. 11 Et les enchanteurs ne purent se tenir devant Moïse à cause des tumeurs, car les tumeurs étaient sur les enchanteurs et sur tous les Égyptiens. 12 Et l’Éternel endurcit le cœur de Pharaon, et il ne les écouta point, selon que l’Éternel l’avait dit à Moïse. 13 Et l’Éternel dit à Moïse : Va de bon matin te placer devant Pharaon et dis-lui : Ainsi a dit l’Éternel, Dieu des Hébreux : Laisse aller mon peuple, et qu’il me serve !

Versets 13 à 35 — Septième plaie : La grêle

L’annonce générale des trois dernières plaies (13 à17) précède l’annonce spéciale de la septième (18 à 22). Chacune des plaies de cette dernière série amène un changement dans les dispositions de Pharaon ; mais ce changement n’est que momentané.

De bon matin ; comparez Exode 7.15 et Exode 8.20

14 Car cette fois-ci je déchaînerai tous mes fléaux contre ton cœur et sur tes serviteurs et sur ton peuple, afin que tu saches que nul n’est pareil à moi par toute la terre. 15 Que maintenant j’étende la main et que je te frappe de la peste, toi et ton peuple : tu seras effacé de la terre !

Et que je te frappe de la peste. Les deux plaies précédentes avaient frappé de mort le bétail et fait souffrir les hommes, mais sans les tuer. On s’attendrait, après cela, à ce que, selon une progression naturelle, les plaies suivantes consistassent en une mortalité qui frappât les hommes et Pharaon lui-même. Et pourtant, il n’en est rien. Dieu lui-même déclare ici que c’est bien ce qui aurait eu lieu, s’il n’avait un motif de faire subsister encore Pharaon, non plus par pitié pour lui (car il est déjà condamné), mais afin de faire éclater sa propre puissance.

16 Mais non ; voici pourquoi je te laisse subsister : c’est pour que tu fasses éclater ma puissance et que l’on célèbre mon nom par toute la terre. 17 Tu te mets encore comme une barrière devant mon peuple pour ne pas le laisser aller ! 18 Je vais demain, à cette heure même, faire tomber une grêle très forte, telle qu’il n’y en a pas eu en Égypte depuis qu’elle existe jusqu’à ce jour.

Telle qu’il n’y en a pas eu en Égypte. La grêle est rarement considérable dans ce pays-là. Elle est inconnue dans la Haute-Égypte. L’Égypte moyenne et le Delta en sont parfois atteintes pendant les mois d’hiver.

19 Maintenant fais mettre à l’abri ton bétail et tout ce que tu as aux champs. Tout ce qui, hommes ou bêtes, se trouvera aux champs et ne rentrera pas, sera frappé de la grêle et périra. 20 Ceux des serviteurs de Pharaon qui craignirent la parole de l’Éternel firent retirer dans leurs maisons leurs serviteurs et leur bétail. 21 Et ceux qui ne firent pas attention à la parole de l’Éternel laissèrent leurs serviteurs et leur bétail dans les champs. 22 Et l’Éternel dit à Moïse : Étends ta main vers le ciel et qu’il grêle, dans tout le pays d’Égypte, sur les hommes, sur le bétail et sur toutes les plantes de la campagne, dans le pays d’Égypte. 23 Et Moïse étendit son bâton vers le ciel et l’Éternel fit tonner et grêler et il tomba du feu sur la terre. L’Éternel fit tomber de la grêle sur le pays d’Égypte, 24 et il y eut de la grêle et du feu mêlé à la grêle, et elle fut si forte qu’il n’y en avait jamais eu comme celle-là dans tout le pays d’Égypte depuis que la nation y existait. 25 Et la grêle frappa dans tout le pays d’Égypte tout ce qui était aux champs, tant hommes que bestiaux. La grêle avait frappé toutes les plantes des champs ; 26 il n’y avait que la terre de Gossen, qu’habitaient les fils d’Israël, où il n’y eût pas eu de grêle. 27 Alors Pharaon fit appeler Moïse et Aaron et leur dit : Cette fois-ci, j’ai péché. C’est l’Éternel qui a raison, et moi et mon peuple qui avons tort !

C’est l’Éternel qui a raison. Ces mots signalent un progrès. Pharaon n’a cédé jusqu’ici qu’au droit du plus fort ; il reconnaît maintenant que la justice aussi est du côté de Dieu. Mais ce progrès dans la connaissance, n’étant pas accompagné d’un repentir sérieux, ne fera que rendre plus incurable l’endurcissement qui le suivra.

28 Faites des prières à l’Éternel, et qu’il n’y ait plus de tonnerre et de grêle, et je vous laisserai aller, sans que vous ayez à attendre davantage.

Tonnerre. L’hébreu dit : Voix de Dieu. C’est dans cette langue le terme propre pour désigner le tonnerre.

29 Et Moïse lui dit : En sortant de la ville, j’étendrai mes mains vers l’Éternel, et le tonnerre cessera, et il n’y aura plus de grêle, afin que tu saches que la terre est à l’Éternel. 30 Quant à toi et à tes serviteurs, je sais que vous n’aurez pas encore de crainte devant l’Éternel Dieu. 31 Or le lin et l’orge avaient été frappés, car l’orge était en épis et le lin en fleurs ;

En Égypte l’orge se moissonne en mars ; l’on était donc à la fin de janvier ou au commencement de février, ce qui concorde avec les versets 19 et 20, puisque c’est de janvier à avril que le bétail reste à la campagne.

L’état beaucoup moins avancé du blé et de l’épeautre, qui les préserva de la grêle, fait comprendre comment les sauterelles, dans la plaie suivante, trouvèrent encore quelque chose à ravager.

32 mais le froment et l’épeautre n’avaient pas été frappés, parce qu’ils sont tardifs. 33 Et Moïse, quittant Pharaon, sortit de la ville et étendit ses mains vers l’Éternel, et le tonnerre et la grêle cessèrent et la pluie ne tomba plus. 34 Et Pharaon vit que la pluie, la grêle et le tonnerre avaient cessé, et il recommença à pécher et il appesantit son cœur, tant lui que ses serviteurs.

À la fin de la plaie précédente, verset 12, était rapporté pour la première fois l’acte de l’Éternel par lequel il endurcit Pharaon (voir note Exode 4.21). On voit par ce qui est dit au verset 34 que cet endurcissement provenant de Dieu n’avait pas encore ôté toute liberté à Pharaon, puisque lui-même appesantit encore son cœur ; il étouffe la dernière lueur de sagesse qui restait en lui.

35 Et le cœur de Pharaon s’endurcit, et il ne laissa pas aller les fils d’Israël, selon que l’Éternel l’avait annoncé par Moïse.