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1 Timothée 4
Bible Annotée (interlinéaire)

Verset à verset  Double colonne 

Plan du commentaire biblique de 1 Timothée 4

Avertissements contre les erreurs du temps

Ces erreurs, annoncées par l’Esprit, fatales à la foi de quelques-uns, propagées par des séducteurs hypocrites et sans conscience, consisteront dans un ascétisme qui interdit le mariage et certains aliments que Dieu a créés pour l’usage de tout fidèle (1-3).

Tout ce que Dieu a créé est bon pour ceux qui en usent avec reconnaissance et le sanctifient par la prière : en prêchant ces vérités, Timothée fera l’œuvre d’un vrai serviteur de Jésus-Christ (4-6).

Mais il doit rejeter les fables profanes et inutiles et s’exercer à la piété, qui a les promesses de Dieu pour le temps et l’éternité (7, 8).

Ces vérités sont certaines, c’est pourquoi Paul endure peines et opprobres, ayant mis son espérance en Dieu seul : voilà ce qu’il faut annoncer (9-11).

1 Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns se détourneront de la foi, s’attachant à des esprits séducteurs, et à des doctrines de démons ;

Versets 1 à 11 — Avertissements contre les erreurs du temps

L’Esprit de Dieu, soit dans l’apôtre même, soit dans les membres des Églises qui avaient le don de prophétie. Les erreurs que l’Esprit annonçait (voir l’introduction 4), étaient en opposition directe avec le « grand mystère de piété » dont l’apôtre vient de parler (1 Timothée 3.16) ; c’est pourquoi il passe à la description de ces fausses doctrines par une particule adversative : mais

Grec : « dans les temps postérieurs » (2 Timothée 3.1). Les erreurs que l’apôtre combat n’étaient alors qu’à leurs premiers commencements ; plus tard, elle formeront tout un corps de doctrine dans les divers systèmes gnostiques ; enfin, plusieurs de ces fausses doctrines, celles par exemple que signalent les versets 1 Timothée 4.3 ; 1 Timothée 4.8, seront adoptées par l’Église elle-même, en sorte que c’est à bon droit que nos réformateurs virent dans l’Église romaine l’accomplissement de ce que l’Esprit avait annoncé dès les temps apostoliques (1 Timothée 4.1).

Ces erreurs pourront revêtir d’autres formes encore dans les temps postérieurs qui ne sont pas tous accomplis (2 Thessaloniciens 2.3-12, note) ; mais, sous toutes leurs formes, dans tous les âges, elles doivent être jugées d’après cette Parole divine qui les a signalées à l’avance par l’Esprit de Dieu.

Grec : « Apostasieront de la foi », s’en sépareront.

Comme la vérité vient de Dieu, le mensonge vient de la puissance des ténèbres. C’est ainsi que Paul appelle le culte des idoles, le culte des démons (1 Corinthiens 10.20 ; 1 Corinthiens 10.21, note).

2 par l’hypocrisie de docteurs de mensonges, ayant leur propre conscience cautérisée ;

Il faut remarquer que ces mots par l’hypocrisie indiquent la cause pour laquelle « quelques-uns se détourneront de la foi, s’attachant, etc. », mais que cette hypocrisie est attribuée, non à eux, mais aux docteurs de mensonge, auxquels s’applique aussi tout ce qui suit (1 Timothée 4.2 ; 1 Timothée 4.3) ; le jugement sévère de l’apôtre tombe, non sur les séduits, mais sur les séducteurs (1 Timothée 4.1).

La version d’Ostervald donne un sens tout opposé.

Docteurs de mensonge est un terme qui ne se trouve qu’ici : il est l’équivalent de « faux docteurs » (2 Pierre 2.1) ou de faux prophètes (1 Jean 4.1).

C’est à ceux que l’apôtre attribue cette conscience cautérisée, c’est-à-dire brûlée par un fer chaud, comme les criminels à qui l’on appliquait la marque de leur délit, afin qu’ils fussent reconnus de tout le monde.

Ainsi, veut dire l’apôtre, ces hommes portent dans leur conscience le sceau indubitable du mensonge et de la condamnation. Quelques interprètes ont voulu voir dans ce mot l’image de l’insensibilité, de l’endurcissement de la conscience. Ce sens est moins probable que le premier.

3 défendant de se marier, commandant de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés, afin que les fidèles et ceux qui ont connu la vérité en usent avec actions de grâces ;

Après avoir caractérisé par quelques traits généraux ces « esprits séducteurs » qui tenteront de substituer leurs propres doctrines à celles de l’Évangile, Paul signale, en particulier, leur fausse tendance ascétique poursuivant une sainteté imaginaire ; on la reconnaît à ces deux traits, presque toujours réunis : la proscription du mariage et l’interdiction de certains aliments.

À peu près toutes les religions humaines ont placé de tels préceptes à la base de leur morale et c’est par là aussi que se distinguèrent plusieurs sectes chrétiennes, immédiatement après le temps des apôtres. Séduit par l’idée fausse que le péché a son siège surtout dans la chair et non dans la disposition la plus intime de la volonté, l’homme en conclut que la sainteté doit consister à mortifier son corps, oubliant que toutes les macérations extérieures peuvent laisser intactes les convoitises qui le séparent de Dieu, l’orgueil, l’égoïsme.

Il se fait ainsi une loi arbitraire qui n’a rien de commun avec la loi de Dieu ; et au lieu d’une humble obéissance à la volonté du Seigneur révélée dans sa parole, il s’impose de puériles observances, qui, en nourrissant sa propre justice, l’éloignent toujours plus du Sauveur et du salut par sa grâce.

On peut voir aujourd’hui encore, dans une grande partie la chrétienté, les funestes effets de ces erreurs, qui ne justifient que trop la sollicitude avec laquelle l’apôtre croyait devoir les combattre.

Les fidèles et ceux qui connaissent la vérité ne doivent nullement chercher un degré supérieur de sainteté dans l’abstention des choses que Dieu a créées ; l’apôtre déclare au contraire que Dieu les a créées afin qu’ils en usent ; ils peuvent le faire en toute liberté pourvu que ce soit avec actions de grâces, dans sa crainte et dans son amour (voir la note suivante).

4 parce que tout ce que Dieu a créé est bon, et rien n’est à rejeter, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces ; 5 car c’est sanctifié par la Parole de Dieu et par la prière.

Ainsi, d’une part, Paul déclare que, puisque tout ce que Dieu a créé (grec : « toute créature de Dieu ») est bon (Genèse 1.31), c’est le nier et faire injure au Créateur que d’en interdire à l’homme le légitime usage ; mais, d’autre part, cet usage n’est légitime que lorsque les dons de Dieu sont sanctifiés par la Parole de Dieu et par la prière.

Que signifient ces mots ? D’abord, la Parole de Dieu sanctifie pour nous ses dons, quand nous nous souvenons, avec reconnaissance et adoration, que Dieu les a tous créés par cette Parole (Hébreux 11.3) ; elle les sanctifie plus encore, en tant qu’elle seule crée en nous la reconnaissance des enfants de Dieu ; en purifiant et ne régénérant nos cœurs (1 Pierre 1.23), elle nous apprend qu’aucun des bienfaits de Dieu ne nous est dû, que tout es grâce de sa part ; elle nous arrache à ce grossier oubli du Créateur dans lequel vit l’homme irrégénéré, qui souille toutes ses jouissances par son ingratitude.

D’autres pensent que la Parole de Dieu est nommée ici avec la prière parce qu’elle inspire celle-ci et lui fournit dans l’Écriture sainte, dans les Psaumes en particulier les formules dans lesquelles elle s’exprime.

Quant à la prière, il est bien évident qu’elle sanctifie pour nous les dons du Seigneur. Jésus lui-même, en nous apprenant à demander à Dieu notre pain quotidien, nous a rappelé que nous le recevons chaque jour de sa main ; et ainsi il a préparé en nous cette reconnaissance qui s’exprime par l’action de grâce.

6 En exposant ces choses aux frères, tu seras un bon serviteur de Jésus-Christ, nourri des paroles de la foi, et de la bonne doctrine que tu as suivie avec soin.

Paul applique à Timothée et à son ministère les vérités qu’il vient de rappeler (1 Timothée 4.4 ; 1 Timothée 4.5).

En exposant ces choses à ses frères, il fera l’œuvre du bon serviteur de Jésus-Christ (grec : « diaconos »), à qui est confiée la diaconie, le service (2 Timothée 4.5).

Timothée a été dès son enfance nourri des paroles de la foi (2 Timothée 3.15 ; 2 Timothée 1.5) ; mais ici l’apôtre met ce verbe au présent ; car son disciple puise continuellement à cette source et par là, il suit avec soin la bonne doctrine (1 Timothée 1.10 ; comparez 2 Timothée 1.5).

7 Mais rejette les fables profanes et de vieilles femmes, et exerce-toi à la piété.

L’apôtre emploie à dessein des termes de mépris pour désigner ces fables absurdes dont les faux docteurs s’occupaient avec prédilection. Quant à ce qu’étaient proprement ces fables, voir 1 Timothée 1.4, note. Comparer 2 Timothée 2.16-23 ; 2 Timothée 4.4 ; 2 Timothée 1.14 ; 2 Timothée 3.9.

La vrai piété, qui consiste dans la communion du cœur avec Dieu, voilà où tend pour nous le christianisme tout entier. Ce qui n’y contribue pas ne sert à rien et toute doctrine, ou toute pratique, qui nous en détourne pour porter notre attention au dehors, doit être rejetée (1 Timothée 4.8).

8 Car l’exercice corporel est utile à peu de chose ; mais la piété est utile à toutes choses, ayant la promesse de la vie présente, et de celle qui est à venir.

L’exercice corporel ce sont ces macérations du corps qu’enseignaient les faux docteurs (1 Timothée 4.3, note). Non seulement elles servent à peu de chose, parce qu’elles ne changent pas le cœur, d’où tout dépend dans la vie chrétienne, mais elles peuvent devenir très pernicieuses dès qu’elles nourrissent la propre justice et éloignent les âmes de la justification par la foi, du salut par grâce.

Il en est tout autrement de certains renoncements nécessaires, dictés par une vraie piété. Paul lui-même nous enseigne, par son exemple, à « traiter durement le corps » (1 Corinthiens 9.27).

Mais ce ne sont là que des moyens qui n’ont aucune valeur en eux-mêmes ; le but est le développement de cette piété (1 Timothée 4.7) qui renferme tout pour le chrétien, puisqu’elle est pour lui, dès cette vie, la source de la paix avec Dieu et dans la vie à venir, d’un bonheur parfait (Comparer, sur l’ensemble de ce passage, Romains 14.17).

9 Cette parole est certaine, et digne de toute acceptation ; 10 car c’est pour cela que nous prenons de la peine et endurons des outrages, parce que nous avons mis notre espérance dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des fidèles.

Cette parole certaine (1 Timothée 4.9 ; comparez 1 Timothée 1.15, note ; 1 Timothée 3.1), c’est la vérité exprimée à 1 Timothée 4.8 concernant la vrai piété et cette vérité est confirmée par 1 Timothée 4.10.

En effet, si le fidèle endure ici-bas tant de travaux ou même d’outrages, c’est parce qu’il a mis sa confiance dans le Dieu vivant, en d’autres termes, parce qu’il est soutenu par une vraie piété (1 Timothée 4.7 ; 1 Timothée 4.8).

Cette piété est l’âme de sa vie, l’espérance de sa délivrance finale, sur laquelle Paul jette ici un regard, en appelant le Dieu vivant son Sauveur.

Dieu, dans un sens, est bien le Sauveur de tous les hommes, puisque Christ est mort pour tous, que Dieu veut le salut de tous (1 Timothée 2.4) et qu’il leur donne ici-bas le temps de sa patience pour se convertir. Mais il est, dans un sens tout spécial, le Sauveur des croyants, qui, par la foi, ont embrassé déjà son salut et attendent de lui leur entière rédemption.

11 Annonce ces choses et les enseigne. 12 Que personne ne méprise ta jeunesse ; mais sois le modèle des fidèles, en parole, en conduite, en charité, en foi, en pureté.

Malgré sa jeunesse, Timothée doit être le modèle des fidèles, s’appliquer à son œuvre, ne point négliger le don de Dieu qui est en lui (12-14).

Être tout entier à ses devoirs, y faire des progrès manifestes ; veiller à sa propre vie religieuse et à l’enseignement, afin de sauver et lui-même et les autres (15, 16).

Versets 12 à 16 — Conseils à Timothée sur son ministère

C’est-à-dire : ne donne lieu à personne de la mépriser par ta faute ; que la maturité de ta vie chrétienne supplée à ta jeunesse.

Timothée n’était plus très jeune ; il avait, par de longues années de travaux, rendu témoignage à sa fidélité dans l’œuvre du Seigneur (Actes 16.1). Toutefois, en comparaison de l’apôtre Paul, qui aimait à l’appeler son fils ; en comparaison des veuves et des anciens, auprès desquels il devait exécuter les recommandations de l’apôtre ; même en comparaison de tels faux docteurs auxquels il devait s’opposer énergiquement, il était assez jeune encore pour que cet avertissement ne fût point déplacé (voir l’Introduction V, paragraphe 2).

Tous les conseils apostoliques qui remplissent la fin de ce chapitre s’adressent à lui ; et c’est ainsi que Paul le prépare à remplir auprès des membres les plus considérables des Églises les saints et difficiles devoirs de son ministère (1 Timothée 5).

Paul ne demande rien moins à un conducteur spirituel des Églises que d’être le modèle des fidèles dans ses discours, dans toute sa conduite, par son amour, par la fermeté d’une foi vivante, par la pureté de ses mœurs ! C’est beaucoup mais c’est indispensable dans une telle vocation.

Entre les termes de charité et de foi, le texte reçu ajoute ces mots : « en esprit », qui ne sont pas authentiques. Et aussi ne conviennent-ils point à cette exhortation toute morale, ne pouvant être un modèle « en esprit », à moins de prendre ce mot dans un sens peu usité.

13 Jusqu’à ce que je vienne, applique-toi à la lecture, à l’exhortation, à l’enseignement.

1 Timothée 3.14 ; 1 Timothée 3.15, note.

Les trois termes de cette recommandation s’appliquent aux fonctions publiques de Timothée ; ainsi, par la lecture Paul entend évidemment la lecture des saintes Écritures dans les assemblées, comme source et fondement de l’exhortation et de l’enseignement (comparer Actes 13.15 ; 2 Corinthiens 3.14, où se retrouve le même terme).

On voit par le livre des Actes aussi bien que par les épîtres, que les apôtres eux-mêmes fondaient leur prédication sur l’Ancien Testament, auquel ils en appellent sans cesse.

14 Ne néglige point le don qui est en toi, qui t’a été donné par prophétie, avec l’imposition des mains de l’assemblée des anciens.

Comparer 1 Timothée 1.18, note.

Grec : « du presbytère » ou corps des presbytres, c’est-à-dire des anciens. Ce mot n’est employé dans ce sens en aucun autre passage. Ailleurs il signifie le sanhédrin juif (Luc 22.66 ; Actes 22.5).

C’était Paul lui-même qui avait choisi Timothée pour son compagnon d’œuvre, qui l’avait introduit dans sa charge (Actes 16.1-3). Et cependant il avait voulu que cette charge fût confirmée par l’imposition des mains des anciens, probablement à Lystre même d’où partit le jeune disciple.

La tradition désigne toutefois Éphèse comme le lieu où s’accomplit cette cérémonie. Il faudrait la placer alors plus tard, quand Timothée, remplaçant Paul, fut appelé à occuper une position plus indépendante. Les représentants de l’Église, se joignant à l’apôtre (2 Timothée 1.6), consacrèrent Timothée au service du Seigneur et implorèrent sur lui, par ce même acte, la bénédiction de Dieu.

Paul lui-même, appelé directement par le Seigneur, avait reçu à Antioche l’imposition des mains pour sa première mission parmi les païens (Actes 13.3).

D’où il résulte clairement que, si l’institution du ministère évangélique repose sur l’autorité de Jésus-Christ qui l’a établi (Éphésiens 4.11), et si les dons qui y rendent propre viennent de Dieu seul, la charge en est conférée par l’Église. Le Nouveau Testament entier prouve jusqu’à l’évidence que tout gouvernement et toute autorité au sein de l’Église sont dans les mains de l’Église elle-même.

15 Pense à ces choses, et sois-en toujours occupé, afin que tes progrès soient évidents à tous.

Grec : « donne ta sollicitude à ces choses, sois-y (tout entier) ». Ce n’est que par un exercice constant, assidu, que les dons de la grâce s’augmentent.

À tous est la vraie leçon. Le texte reçu porte « en toutes choses ».

Les progrès mêmes de Timothée devaient servir à l’avancement de tous, en leur devant évidents.

La médiation et l’étude d’un pasteur ne doivent pas être stériles, ni le fruit en être caché ; son travail et son exemple sont à son troupeau, puisqu’il est l’homme de son troupeau.
— Quesnel
16 Prends garde à toi et à l’enseignement ; persévère dans ces choses ; car en faisant cela tu sauveras et toi-même et ceux qui t’écoutent.

Les travaux et les soins d’un fidèle serviteur de Jésus-Christ doivent le ramener sans cesse à lui-même ; car les bénédictions accordées à son ministère sont toujours en proportion exacte avec ce qu’il est lui-même dans sa vie intérieure.

Comment peut-on prétendre d’établir le royaume de Dieu dans les autres si on néglige de l’établir en soi-même ? Et, au contraire, que ne doit point espérer pour son salut celui qui se sacrifie par la charité pour le salut des autres ?
— Quesnel