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Joas
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet Westphal Bost

Joas (1)

Père de Gédéon (Juges 6.11).

Joas (2)

Fils d’Amélech, qui détint en prison le prophète Michée, par le commandement du roi Achab (1 Rois 22.26).

Joas (3)

Un des descendants de Sela, fils de Juda. Voyez l’hébreu (1 Chroniques 4.22). Il est nommé dans la Vulgate Securus, le Certain.

Joas (4)

Fils d’Ochozias, roi de Juda. Lorsque l’impie Athalie eut appris que Jéhu avait mis à mort Ochozias et tous ceux de la famille royale de Juda qu’il avait rencontrés (2 Chroniques 22.8-10 ; 2 Rois 11.1-10), elle entreprit d’éteindre entièrement la race des rois, afin de s’assurer la couronne (An du monde 3120, Avant. Jésus-Christ 880, Avant l’ère vulgaire 884). Elle fit donc mettre à mort tous les princes ses petits-fils ; car elle était mère d’Ochozias, qui venait d’être massacré par Jéhu, et régna quelque temps à Jérusalem. Toutefois Dieu ne permit pas qu’elle réussit entièrement dans son ambitieux dessein. Josaba, ou Josabeth, fille du roi Joram, sœur d’Ochozias et épouse du grand prêtre Joïada, sut adroitement dérober le jeune Joas, qui n’était encore qu’un enfant, à la cruauté d’Athalie, et le mit dans le temple avec sa nourrice en un lieu si caché, qu’Athalie n’en eut aucune connaissance. Il y demeura pendant six ans ; mais la septième année (An du monde 3126, Avant. Jésus-Christ 874, Avant l’ère vulgaire 878), Joïada le fit secrètement reconnaître pour roi par les principaux officiers de la garde du temple, lesquels assemblèrent sans bruit le plus qu’ils purent de prêtres et de lévites dans le temple, au jour du sabbat, lorsque les ministres du Seigneur entraient en semaine pendant que les autres en sortaient. Joïada prit des mesures si justes, et donna à ses gens des ordres si bien concertés, que le jeune Joas fut placé sur le trône et salué roi dans le temple avant que la reine en eût vent. Dès qu’elle ouït les acclamations du peuple, elle y accourut ; mais le grand prêtre la fit arrêter, et on la tua hors du temple.

Joas reçut de la main de Joïada le diadème et le rouleau de la loi ; et le grand prêtre fit au nom du jeune roi une alliance entre le Seigneur, le roi et le peuple, afin que le peuple gardât à l’avenir une exacte fidélité au Seigneur. Il fit aussi rendre au roi le serment de fidélité et d’obéissance de la part du peuple. Après quoi, Joas fut conduit au palais royal, et placé sur le trône de ses pères. Alors le peuple accourut au temple de Baal, qui était la divinité d’Athalie ; il brisa et mit en pièces la statue du dieu, et on tua son prêtre au pied de son autel. Joas n’avait que sept ans lorsqu’il commença à régner, et il régna quarante ans à Jérusalem (2 Rois 12.1-2, Depuis l’An du monde 3126, jusqu’en 3166). Sa mère s’appelait Sébia de Béersabé : Il gouverna son peuple dans la justice, et se rendit agréable au Seigneur, tandis qu’il fut conduit par le pontife Joïada. Il n’abolit pas néanmoins les hauts lieux, et le peuple y immolait encore, et y offrait de l’encens.

Joïada avait donné ses ordres, sous la minorité du prince, que l’on ramassât les offrandes qui se faisaient volontairement au lieu saint pour travailler aux réparations du temple : mais ses ordres furent mal exécutés jusqu’à la vingtième année de Joas (An du monde 3146, Avant. Jésus-Christ 854, Avant l’ère vulgaire 858). Alors ce prince fit faire des troncs à l’entrée du temple, et se fit rendre compte de l’argent qu’on y jetait, afin qu’il fût fidèlement employé aux réparations de la maison du Seigneur (2 Rois 12.6-9 ; 2 Chroniques 24.5-7).

Joïada étant mort âgé de cent trente ans (vers l’an 3160, av Jésus-Christ 840, av l’ère vulgaire 844), Joas se laissa aller aux mauvais conseils des courtisans et des flatteurs, qui avaient jusqu’alors été retenus par l’autorité du grand prêtre. Ils commencèrent à abandonner le temple du Seigneur, et à s’attacher au culte des idoles et des bois consacrés aux faux dieux, ou plutôt à Astarté, déesse des bois, ce qui attira la colère du Seigneur sur Juda et sur Jérusalem.

Alors l’Esprit de Dieu remplit le grand prêtre Zacharie, fils de Joïada, et il dit au peuple : Voici ce que dit le Seigneur : Pourquoi violez-vous les préceptes de votre Dieu, et pourquoi l’avez-vous abandonné ? Vous allez attirer sur vous une foule de malheurs, et le Seigneur à son tour vous abandonnera. À ces mots, ceux qui l’écoutaient se jetèrent sur lui, et le lapidèrent, suivant l’ordre qu’ils en avaient reçu du roi (An du monde 3164, Avant. Jésus-Christ 836, Avant l’ère vulgaire 840). Zacharie en mourant dit ces paroles : Que le Seigneur voie le traitement que vous me faites, et qu’il venge ma mort. Dieu ne différa pas de faire sentir à Joas la juste peine de son ingratitude envers Joïada, dont il venait de lapider le fils. Hazael, roi de Syrie, vint mettre le siège devant Geth, qui appartenait aux rois de Juda ; et l’ayant prise, il marcha coutre Jérusalem. Pour se racheter du siège et du pillage, Joas prit tout l’argent qu’il put trouver dans le temple, et qui y avait été offert et consacré par Ochozias, son père, par Joram, son aïeul, et par lui-même, avec ce qu’il en avait dans le trésor royal, et il le donna à Hazael pour l’obliger à se retirer.

On croit que l’année suivante (2 Chroniques 24.23-25, An du monde 3165, Avant. Jésus-Christ 835, Avant l’ère vulgaire 839) l’armée des Syriens vint de nouveau sur les terres de Juda : mais Hazael n’y était pas en personne. Elle fit le dégât dans le pays, battit les troupes de Joas, entra dans Jérusalem, fit mourir les princes de Juda, et envoya un grand butin au roi de Syrie à Damas. Et il est remarquable que les Syriens étaient en très-petit nombre, lorsqu’ils défirent l’armée d’Israël, qui était infiniment plus forte. Ils traitèrent même Joas avec la dernière ignominie ; ils l’accusèrent et le convainquirent apparemment de mauvaise foi, et de n’avoir pas exécuté ses promesses (2 Chroniques 24.24 ; 2 Rois 25.6). Ils se retirèrent ensuite, et le laissèrent dans d’extrêmes langueurs ; et ses serviteurs mêmes s’élevèrent contre lui, et le tuèrent dans son lit, pour venger le sang du grand prêtre Zacharie. Il fut enterré dans la ville de Jérusalem, mais non pas dans le tombeau des rois (An du monde 3166, Avant. Jésus-Christ 834, Avant l’ère vulgaire 838). Amasias, son fils, régna en sa place [Il est des hommes qui seuls ne font rien, et ne peuvent se passer de guides qui les conduisent ou de séducteurs qui les égarent ; Joas parait avoir été de ce caractère. Ces hommes sont perdus, dès qu’ils ne distinguent plus les bons et les mauvais conseils, et suivent d’ordinaire les derniers qu’on leur donne. Il est presque honteux de n’être bon qu’à l’aide d’autrui, et l’impiété, la méchanceté la plus forte et la plus vile, est celle qu’inspirent des instigations étrangères. Cette faiblesse va toujours croissant ; Joas a fini par sacrifier à ses courtisans le fils de ses bienfaiteurs ; il a rendu la mort pour la couronne et la vie. Aucun exemple d’ingratitude n’est plus infâme ; mais pour celui qui a connu le vrai Dieu, l’idolâtrie est une ingratitude, et celle-là rend capable de toute autre. On ne voit personne à qui s’applique plus justement qu’à ce prince la terrible parole de l’Apôtre (2 Pierre 2.21) : Il vaut mieux n’avoir pas connu la voie de la justice, que de l’avoir connue et de s’en être détourné].

Joas (5)

Roi d’Israël, fils et successeur de Joachas. Il avait été déclaré roi du vivant de son père, dès l’an du monde 3163, et il régna seul en l’an 3165, avant Jésus-Christ 835, avant l’ère vulgaire 839. Il régna pendant seize ans dans Samarie (2 Rois 13.10-12), y compris les deux ans qu’il avait régné avec son père. Il fit le mal devant le Seigneur, et imita Jéroboam, fils de Nabat, qui avait fait pécher Israël. Nous ne savons pas beaucoup de particularités de son règne ; niais nous savons que le Seigneur l’avait destiné pour rétablir les affaires du royaume d’Israël, qui avaient été très-dérangées sous Joachas, son Père (2 Rois 13.5)

Élisée étant tombé malade de la maladie dont il mourut (An du monde 3165, Avant. Jésus-Christ 835, Avant l’ère vulgaire 839), Joas le vint voir (2 Rois 13.14-15) ; et il pleurait devant ce prophète, en disant : Mon père, mon père, vous êtes le char d’Israël, et celui qui le conduit. Élisée lui dit : Apportez-moi un arc et des flèches ; et lorsqu’on les eut apportées, il lui dit : Mettez les mains sur l’arc ; et en même temps Élisée porta ses mains sur celles du roi, comme pour le diriger dans les coups qu’il devait tirer. Il lui dit donc : Ouvrez la fenêtre, et tirez l’arc. Il ouvrit, et tira. Élisée dit : C’est la flèche du salut du Seigneur ; c’est la flèche contre la Syrie. Vous remporterez la victoire contre la Syrie à Apech, jusqu’à l’exterminer entièrement. Il lui dit encore : Prenez des flèches, et tirez contre la terre. Il en prit, et tira. Il frappa trois fois la terre, puis s’arrêta. Alors l’homme de Dieu se mit en colère contre lui, et lui dit : Si vous eussiez frappé la terre jusqu’à cinq, ou six, ou sept fois, vous eussiez battu la Syrie, jusqu’à la ruiner entièrement ; mais vous ne la battrez que trois fois. Après cela Élisée mourut ; et Joas reconquit sur Benadad, roi de Syrie, fils et successeur d’Hazael, toutes les villes qu’Hazael avait prises sur Joachas, père de Joas. Joas battit Benadad dans trois combats (An du monde 3168, Avant. Jésus-Christ 832, Avant l’ère vulgaire 836), et il réunit au royaume d’Israël les villes que les rois de Syrie en avaient usurpées et démembrées (2 Rois 13.25).

Joas, après cela, régna en paix assez longtemps. Amasias, roi de Juda, ayant remporté une grande victoire sur les Iduméens, envoya défier Joas (An du monde 3178, Avant. Jésus-Christ 822, Avant l’ère vulgaire 826), et lui fit dire : Venez, et voyons-nous ensemble (2 Chroniques 24.17-18). Joas lui fit faire cette réponse par ses ambassadeurs : Le chardon qui est sur le Liban envoya vers le cèdre du Liban, et lui dit : Donnez votre fille en mariage à mon fils. Mais en même temps les bêtes de la forêt du Liban passèrent, et foulèrent aux pieds le chardon. Vous avez défait Édom, et votre cœur s’est enflé d’orgueil. Demeurez en paix dans votre maison. Pourquoi cherchez-vous votre malheur et celui de votre peuple ? Mais Amasias ne voulut point l’écouter. Joas se mit donc en campagne. Amasias fut battu, et pris dans le combat. Joas entra dans Jérusalem, et fit abattre quatre cents coudées des murailles de cette ville, depuis la porte d’Éphraïm jusqu’à la porte de l’Angle. Il prit tous les trésors du temple et du palais royal, et s’en revint triomphant à Samarie. Il y mourut en paix peu de temps après cette victoire (An du monde 3179, Avant. Jésus-Christ 821, Avant l’ère vulgaire 825), et eut pour successeur Jéroboam II (2 Rois 13.13).

Joas (6)

Deuxième fils de Béchor, et petit-fils de Benjamin (1 Chroniques 7.8).

Joas (7)

Voyez Ahiézer.

Joas (8)

Intendant des magasins d’huile, sous David (1 Chroniques 27.28).