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Salathiel
Dictionnaire Biblique Bost Westphal Calmet

Un des ancêtres de notre Seigneur, nommé dans les deux généalogies de Joseph et de Marie, fils de Jéchonias selon Matthieu 1.12, et descendant de David par Salomon ; fils de Néri, selon Luc 3.27, et descendant de David par Nathan. D’après la manière dont nos versions traduisent ce passage (1 Chroniques 3.17), ne présente pas de difficultés ; mais les mots « qui fut emmené en captivité (en hébreu assir), ne peuvent pas être considérés comme un qualificatif de Jéchonias, parce que assir n’est pas lié par l’article au nom propre qui le précède ; assir doit être pris comme nom propre, et la tradition des rabbins confirme cette traduction, verset 17 : « Et les fils de Jéconias : Assir ; Shealthiel, son fils ; (verset 18) et Malkiram », etc. Assir formerait donc un chaînon de plus dans la généalogie. Une autre raison qui milite en faveur de cette explication (Jérémie 22.30), qui annonce à Jéchonias qu’il n’aura point d’enfants ; or, s’il avait eu plusieurs fils, cette prophétie aurait été fausse, tandis qu’elle peut être véritable en lui reconnaissant un seul fils : Jéchonias fut emmené captif dans sa dix-huitième année, avant d’avoir des enfants (2 Rois 24.15) ; il resta en prison pendant trente-sept ans, et mourut sans laisser de postérité. Mais ne peut-on pas supposer qu’un de ses parents, Néri de la branche de Nathan, en épousant une de ses femmes, lui ait engendré un fils qui serait Assir, père de Salathiel ? Cette hypothèse, si conforme à l’esprit du judaïsme (cf. Deutéronome 25.6), cadrerait parfaitement avec le caractère des deux généalogies, et concilierait leur divergence en ce point, Matthieu attribuant toujours le fils à son père légal, même Jésus à Joseph, comme il le fallait pour convaincre les Hébreux, et Luc donnant au fils son père réel. Le nom de Salathiel qui se trouve encore (Esdras 3.2 ; Néhémie 12.1 ; Aggée 1.1), parcourt toute la période de la captivité, depuis Jéchonias avec qui elle commença, jusqu’à Zorobabel sous qui elle finit, et sert à combler le vide que son absence aurait laissé dans les généalogies.