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Eunuque
Dictionnaire Biblique Bost Westphal

Signifie littéralement un homme qui a la garde du lit, et cette expression qui marque un homme mutilé, soit naturellement, soit par la main des hommes, se prend aussi dans un sens beaucoup plus général pour désigner un officier de cour quelconque, servant dans l’intérieur du palais, comme Potiphar, eunuque de Pharaon, qui avait femme et enfants (Genèse 39.17). C’est dans ce sens qu’il faut entendre (à moins qu’ils ne fussent étrangers) les eunuques nombreux que les rois d’Israël et de Juda avaient à leur cour (1 Samuel 8.11 ; 1 Rois 22.9 ; 2 Rois 9.32 ; 24.12-15 ; 1 Chroniques 28.1), car la loi de Moïse avait défendu expressément à son peuple de faire des eunuques, et même de mutiler des animaux (Lev. 22.24 ; Deutéronome 23.1) ; ceux qui étaient ainsi mutilés étaient exclus de l’assemblée du Seigneur. Cette défense avait d’abord un grand but d’humanité, elle maintenait à chaque homme le droit d’être ce qu’il est, et ne de point devoir se dire : Voici, je suis un arbre sec (Ésaïe 56.3). Elle tendait ensuite à entraver la polygamie, à la rendre de fait plus difficile, à empêcher l’établissement des sérails par l’impossibilité de se procurer des hommes sûrs. C’est dans le même sens encore qu’il faut entendre l’eunuque de la cour de Candace, seigneur commis sur les richesses de la reine d’Éthiopie, prosélyte juif qui fut converti au christianisme par Philippe (Actes 8.27). Le passage de Matthieu 19.12, se rapporte aux ascètes qui se faisaient eunuques pour gagner le ciel, exemple qui fut suivi par Origène dans une intention moins prétentieuse, et pour se délivrer seulement des tentations charnelles ; on peut aussi prendre ce verset comme indiquant le simple renoncement au mariage et aux plaisirs de la chair, sans opération corporelle ; ce serait le cas de Paul, et les promesses d’Apocalypse 14.4, seraient faites pour eux.