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Veau
Dictionnaire Biblique Bost Westphal

Voir Bœuf.

Le veau d’or, adoré par les Israélites, au pied même du Sinaï, et peu de jours après la promulgation de la loi (Exode 32.4 ; Deutéronome 9.21 ; cf. Néhémie 9.18 ; Psaumes 106.19 ; Actes 7.41), et dont le culte fut renouvelé par Jéroboam après son retour d’Égypte et son avènement au trône d’Israël (1 Rois 12.28-32 ; 2 Rois 10.29 ; cf. 17.16 ; Osée 8.5 ; 10.5), fut véritablement une importation égyptienne, une imitation du bœuf Apis, symbole d’Osiris, ou du bœuf Mnévis, symbole du soleil, dont l’un était adoré à Memphis, l’autre à Héliopolis. Ce fut sans doute l’image d’un de ces bœufs, probablement celle d’Apis, qui servit de modèle au veau d’or, quoique Philon estime, par des raisons théologiques plutôt qu’historiques, que le veau représentait le Typhon égyptien. On a fait de vains efforts pour disculper Aaron de sa participation à ce dieu de fonte ; on a dit qu’il avait voulu faire l’image (théocratique) des chérubins, et que le peuple, se méprenant à cette ressemblance, crut retrouver ses souvenirs d’Égypte et l’adora ; d’autres estiment qu’Aaron, ayant voulu fondre en lingot l’or apporté par les Israélites, ce lingot se trouve accidentellement avoir une forme de veau, que le peuple y vit un miracle, et adora ; d’autres encore disent qu’Aaron, voyant le peuple entraîné par ses souvenirs, réclamer le culte d’Apis, le trompa en lui faisant de fausses concessions, qu’il lui donna une apparence de veau, mais qu’il prit soin de bien rappeler que c’était l’Éternel qu’il fallait adorer. Concession ou non, ce qui est sûr, c’est qu’Aaron fut coupable, et que cette idolâtrie, qui poussait l’impudence jusqu’à s’étaler devant le Sinaï, fut, non seulement blâmée, mais sévèrement punie par la mort de 3000 hommes ; Aaron lui-même reconnut son crime, et n’échappa que par l’intercession de Moïse, à cette juste exécution.

La plus grande difficulté de toute cette histoire se trouve (Exode 32.20), dans la pulvérisation du veau d’or (massif), qui fut brûlé au feu, moulu jusqu’à ce qu’il fût réduit en poudre, puis cette poudre répandue dans de l’eau, et donnée à boire au peuple. On ne peut guère s’expliquer ce fait qu’en supposant à Moïse des connaissances chimiques très étendues, qu’il pouvait avoir puisé dans l’étude des mystères et des sciences de l’Égypte. On connaît, en effet, plusieurs moyens d’obtenir ce résultat, soit la calcination de l’or par le natron, soit sa dissolution par trois parties de sel de tartre et deux parties de soufre, soit sa fusion qui s’obtient à 32° du pyromètre de Wedgwood, soit sa dissolution provoquée par du chlore dissous dans de l’eau. On peut le dissoudre encore en versant dans un matras deux parties d’acide hydrochlorique et une partie d’acide azotique, et en plongeant de l’or solide dans le produit ainsi obtenu ; la présence du métal détermine aussitôt un dégagement d’oxyde d’azote, et le produit de la réaction est un chlorure d’or ou la liquéfaction du métal (Berzélius). Selon M. Orfila, 8 parties d’acide hydrochlorique à 22° de concentration, et 2 parties d’acide azotique à 4°, ajoutées l’une à l’autre, peuvent dissoudre, à l’aide d’une légère chaleur, 1,9 partie d’or. L’or, rendu potable par le soufre ou le natron, est détestable au goût, et, en faisant boire aux coupables ces débris du veau d’or, Moïse associait, en quelque sorte, à la condamnation de l’idolâtrie des souvenirs désagréables qui, par liaison d’idées, devaient rendre odieuse toute réminiscence de ce culte. L’amère libation couronnait dignement des fêtes impies.

Le culte du veau d’or est fréquemment rappelé dans Osée, et sous différentes formes (8.5-6 ; 10.5 ; 13.2 ; 14.2 ; etc.). Plusieurs de ces passages ont même exercé la sagacité des interprètes, qui y ont vu des sens nouveaux et des choses nouvelles, voir les Commentaires.

Jérémie 34.18-19, renferme une allusion à un usage dont nous trouvons déjà les traces en Genèse 15.9-17. En passant par les deux moitiés des victimes placées l’une vis-à-vis de l’autre, les parties contractantes déclaraient leur intention de perdre la vie comme la victime, si elles violaient leur foi. Voir Alliance. On ne sait quand fut jurée l’alliance dont il est parlé dans ce passage ; mais elle n’était pas fort ancienne, puisque ceux qui l’avaient contractée étaient encore vivants.