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Thammuz
Dictionnaire Biblique Bost Westphal

Ce mot ne se trouve que Ézéchiel 8.14. Au milieu des visions qui lui montrent l’idolâtrie ravageant le pays et souillant l’autel du Seigneur, le prophète voit des femmes assises qui pleurent Thammuz. C’était le dieu du deuil, une divinité qu’adoraient les femmes dans les larmes de leur douleur, l’Adonis des Phéniciens ; tous les commentateurs sont d’accord à cet égard. Son culte principal se célébrait à Byblos ; il était aussi adoré en Syrie et en Chypre, et de bonne heure, quoiqu’avec des modifications, ce culte passa en Grèce. L’Adonis de nos mythologies ne doit donc pas être confondu avec l’Adonis de l’Orient. Chez les Phéniciens, la fête d’Adonis se célébrait au mois de juin, qui fut peut-être, à cause de cela, nommé Thammuz par les Israélites après le retour de l’exil ; elle commençait par le deuil, et finissait par la joie. Les femmes poussaient des cris plaintifs, se rasaient la tête, et allaient jusqu’à offrir leur virginité dans le temple en l’honneur du dieu qu’elles avaient perdu ; l’on enterrait ensuite solennellement l’idole, avec toutes les cérémonies en usage. Alors venait la seconde partie de la fête : le dieu était retrouvé, ressuscité, et des réjouissances sans nombre succédaient aux lamentations et au désespoir.

Le sens de cette fête était clair et simple. Adonis était le symbole du soleil, tour à tour perdu et retrouvé, et, sous ce rapport, il n’est autre que l’Osiris des Égyptiens. Il résulte de la vision d’Ézéchiel que cette idolâtrie avait aussi ses sectateurs à Jérusalem ; mais on se demande d’où vient ce nom de Thammuz qui, nulle part ailleurs, n’est employé dans ce sens. Haevernick est peut-être le seul commentateur qui ait convenablement résolu cette question ; selon lui, le prophète évite de prononcer le nom d’Adonis, qui a trop de rapport avec le nom de l’Éternel, Adonaï, et il le remplace par un mot appellatif composé, qui rappelle l’idole d’une manière assez claire pour être comprise. Thammuz qui, selon saint Jérôme, signifie abstrus, caché, conviendrait assez au secret dont on enveloppait les mystères de ce dieu ; mais une autre étymologie, développée par Hsevernick, semble meilleure encore : Thammuz serait une contraction de Tham’sus ou de Thanmuz, qui signifie celui qui s’en va, qui s’évanouit, qui meurt.