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Mariage Dictionnaire Biblique Bôst Westphal

Chez les Hébreux, comme en général chez les Orientaux, et de nos jours encore, c’étaient les pères, et, à leur défaut, les mères, qui arrangeaient seuls les mariages de leurs enfants, de sorte qu’il arrivait souvent que ceux-ci étaient fiancés avant de s’être jamais vus. Ordinairement la famille du fils faisait les premières démarches, et offrait une dot pour le prix de la jeune fille, vieille et universelle coutume toujours justifiée par les circonstances, que l’on retrouve chez les Grecs de l’antiquité, chez les Germains, les Babyloniens, les Assyriens, et maintenant encore en Arabie et dans le Kurdistan, ainsi que chez presque tous les peuples de l’Asie. Cette dot variait naturellement suivant la fortune et la condition des familles : un minimum de 50 pièces d’argent est indiqué (Deutéronome 22.29), et n’a pas même toujours été donné (Osée 3.2). D’autres fois l’époux devait, par son travail, mériter sa fiancée ; d’autres fois encore, celle-ci apportait elle-même quelque portion de bien que son père lui donnait. Qu’une femme eût à s’occuper de la recherche d’un mari, c’était considéré, par les Orientaux, comme une véritable calamité, et c’est dans ce sens qu’on peut comprendre Ésaïe 4.1. Le consentement des frères, notamment du frère aîné, paraît avoir été aussi requis pour le mariage de leurs sœurs. Le contrat était passé verbalement entre les parents en présence de témoins ; quelquefois le serment intervenait (Malachie 2.14) ; ce ne fut que plus tard, après les jours de l’exil, que les contrats par écrit furent connus. On trouvera ces détails sur le mariage chez les Hébreux (Genèse 21 ; 24 ; 29 ; 34 ; 38 ; Exode 22 ; Deutéronome 22 ; Josué 15 ; Juges 1 ; 14 ; 1 Samuel 18 ; 2 Samuel 3 ; 1 Rois 2 ; 3).

Il était, jusqu’à certain point, permis à un homme d’avoir plusieurs femmes, voir Concubines, et Polygamie.

Les mariages étaient défendus, d’abord entre les Israélites eux-mêmes, dans certains cas de proche parenté, par consanguinité ou par alliance (Lévitique 18 ; 20 ; Deutéronome 27) ; et cette prohibition avait pour sanction, quelquefois la peine de mort, d’autres fois une simple peine théocratique, la privation d’enfants, soit qu’on doive l’entendre d’un simple vœu de malédiction prononcé par le législateur, soit que Dieu rendît tout inceste stérile, soit enfin que la loi refusât de reconnaître ces enfants comme légitimes.

Une pareille défense reposait sur le besoin de garantir les familles qui eussent été trop facilement envahies par l’impureté, de protéger les filles et les sœurs contre des passions qu’un contact habituel, intime et familier, eût embrassées facilement si le mal n’eût été coupé d’avance dans sa racine, et si les esprits n’eussent été détournés par une loi positive, de nourrir avec complaisance un amour plutôt sensuel et voluptueux que conjugal ; c’était, en outre, une barrière de plus, élevée entre le peuple juif et les nations qui l’entouraient, depuis l’Égypte jusqu’à la Syrie, où les mariages entre les plus proches parents n’étaient pas rares ; la Grèce et l’Italie avaient déjà, sous ce rapport, des mœurs moins relâchées.

On ne peut guère s’expliquer comment la princesse Tamar peut parler de la possibilité d’une union entre elle et son beau-frère Amnon (2 Samuel 13.13), ce n’était peut-être, dans sa bouche, qu’un moyen de chercher à se soustraire à ses violences. On voit, du reste, par Ézéchiel 22.11, que les Israélites ne respectèrent pas toujours cette loi morale, et cela n’a rien d’étonnant lorsqu’on songe à tous les autres crimes auxquels les poussa leur sensualité orientale. Les Hérodes, en particulier, ne se firent pas faute d’alliances défendues, et l’on en voit un, épouser la fille de son frère (Matthieu 14.4).

On se montra lâchement tolérant avec les prosélytes, et, sous prétexte que pour eux les liens du sang avaient été rompus par leur conversion, on leur permit des alliances monstrueuses (cf. 1 Corinthiens 5.1). Sur les conditions relatives au mariage des prêtres, voir cet article. Les tribus pouvaient s’allier l’une à l’autre ; il n’y a qu’une seule restriction à cet égard, relative aux héritières, qui devaient se marier dans leur tribu pour maintenir intacte la division des propriétés et des territoires (Nombres 36.6). Une disposition semblable existait chez les Athéniens. On remarque enfin que, dans l’antiquité juive, comme de nos jours encore en Orient, les familles aimaient à maintenir leur unité par des mariages contractés entre parents aux degrés autorisés (Genèse 24.4-48 ; 26.34 ; 28.1-8 ; 29.19) ; pour les patriarches, un motif religieux se joignait aux motifs d’affection ; ils tenaient et devaient tenir à ce que la vérité divine, qui leur avait été confiée, ne fût pas altérée par le contact de femmes païennes et idolâtres ; la même chose se voit encore en France ou des familles protestantes, dispersées dans un grand nombre de villages, sont presque toutes parentes entre elles, et ne forment guère d’alliances au-dehors.

Les mariages entre les Israélites et les Cananéens étaient de même formellement prohibés, quoique les premiers pussent épouser des femmes étrangères ; les Cananéennes seules étaient exclues, et les autres devaient en outre être naturalisées (Exode 34 ; Deutéronome 7 ; 21 ; Genèse 24.3 ; 28.1 ; Ruth 1.4 ; 4.13 ; Nombres 12 ; 1 Chroniques 2.17 ; 1 Rois 3.1 ; 14.21 ; etc. ; cf. Juges 3.6 ; 14.1 ; 1 Rois 11.1 ; 16.31). Mais après l’exil, un rigorisme nouveau et légitime s’introduisit dans les mœurs ; on comprit que ces alliances étrangères, quoique permises, tendaient à compromettre la foi et le monothéisme ; les prophètes, les législateurs, le peuple se prononcèrent énergiquement dans ce sens (Esdras 9.2 ; 10.3 ; Néhémie 13.23 ; cf. Juges 3.6).

Sur un cas de mariage voulu par la loi, voir Lévirat.

De secondes noces n’étaient pas réputées très honorables chez les Grecs et chez les Romains, surtout de la part des femmes. Les Juifs pensaient de même, cependant ils étaient moins prononcés, et les pharisiens eux-mêmes avaient quelque tolérance sous ce rapport ; le prêtre Josèphe, après avoir renvoyé sa première femme, procéda sans scrupule à un second mariage ; mais on regardait cependant comme plus conforme à la sainteté de la vie et au respect dû à la femme de ne pas se remarier (cf. Luc 2.36 ; 1 Corinthiens 7.8). Cette question a été l’objet de vifs débats dans l’Église primitive ; elle a fini par être résolue dans le sens naturel, l’Écriture ne renfermant aucune prescription positive à cet égard : les premières noces étaient appelées lex (la règle), les secondes jus (le droit), les troisièmes avaient obtenu moins de faveur.

Les esséniens se distinguèrent par leur mépris pour le mariage, et c’était se distinguer, en effet, au milieu d’un peuple qui regardait la vie de famille, non seulement comme honorable, mais comme ordonnée de Dieu (Genèse 1.28 ; cf. 1 Timothée 4.3). L’âge de dix-huit ans était fixé par les rabbins pour le mariage d’un homme ; une femme pouvait se marier depuis douze à treize ans, et devait le faire au plus tôt.

Quelques récits ou paraboles du Nouveau Testament renferment des allusions aux coutumes pratiquées par les Juifs dans les noces et dans les fiançailles (ainsi Luc 14, Jean 2, Matthieu 22 ; 25 ; cf. Psaumes 45 ; Juges 14 ; Ézéchiel 16.12 ; etc.). Voir encore les articles Adultère, Divorce, Laban, Ève, Femme, etc.