×

Appuyez sur Entrée pour rechercher ou ESC pour annuler.


A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


Abel Dictionnaire Biblique Bôst Westphal

Le second fils du premier couple humain (Genèse 4), naquit probablement la 2e ou 3e année du monde ; d’autres disent la 15e et même la 30e année ; on ne possède aucune donnée sur ces dates. Certains commentateurs ont examiné la question de savoir si Caïn et Abel étaient frères jumeaux (c’est entre autres l’opinion de Calvin), ou si étant nés en des années différentes, ils ont eu chacun une sœur jumelle, questions qui n’ont évidemment aucune importance. Ses parents le nommèrent Abel (hêbr. habél), c’est-à-dire vanité, peut-être pour marquer leur conviction que depuis la chute toutes les jouissances terrestres n’étaient que passagères. Entre « les diverses manières dont Dieu a parlé à nos pères par les prophètes » (Hébreux 1.1), les noms prophétiques donnés à certains hommes par inspiration ne sont pas une des moins remarquables. Abel fut le premier sur lequel s’exécuta cette sentence de malédiction : « Tu es poussière, et tu retourneras à la poussière » ; il est aussi le premier que l’on puisse citer à l’appui de la déclaration du Psalmiste : « Certainement l’homme se promène parmi ce qui n’a que l’apparence ; ce n’est que pure vanité de tout homme, quoiqu’il soit debout » (Psaumes 39.5-6).

Abel était berger et Caïn laboureur ; c’était l’accomplissement de cette autre partie de la malédiction : « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton visage ». Bien qu’héritiers de l’empire du monde, ils devaient gagner leur subsistance par le travail. – L’auteur inspiré décrit en peu de mots, mais d’une manière bien propre à fixer l’attention, le culte qu’ils rendaient à l’Éternel. « Or, il arriva qu’au bout de quelque temps… Abel offrit des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse ». Ce passage, rapproché d’Hébreux 11.4, montre en quoi consistait l’adoration des premiers temps Plein de foi dans le Messie promis, dans cette postérité de la femme qui devait détruire les œuvres du diable, Abel offrit son oblation. Ces deux circonstances, le choix qu’il fit dans son troupeau (les premiers-nés), et la partie de l’animal dont il composa surtout son offrande, montrent l’idée relevée qu’il se faisait de celui auquel il regardait par la foi ; ce sacrifice offert à Dieu était l’ombre ou la représentation des souffrances et de la mort de Christ pour les coupables. Dieu eut égard à Abel et à son offrande. Pourquoi ? Quelques commentateurs ont mis en avant diverses conjectures, et ont vu soit dans la composition, soit dans la nature même des sacrifices, le motif de la différence que Dieu fit entre celui d’Abel et celui de Caïn. La meilleure réponse à cette question se trouve dans le passage déjà cité (Hébreux 11.4). L’offrande d’Abel fut plus agréable que celle de Caïn, parce qu’il l’offrit avec foi. La manière dont Dieu manifesta sa préférence pour Abel n’est pas indiquée ; on ne sait pas si le feu du ciel consuma son offrande, s’il y eut vision ou simple révélation intérieure. Quoi qu’il en soit, Caïn, jaloux et irrité, fut rempli de cette haine que l’Apôtre décrit avec tant de force (Jean 8.44 ; et 1 Jean 3.12). Abel fut le premier martyr de sa foi, et cette histoire des premiers frères ennemis est demeurée dans tous les âges comme un exemple terrible des résultats auxquels peuvent conduire l’envie et la colère.

Abel, quoique mort, parle encore ; il est mis au nombre de ceux qui obtinrent un bon témoignage par la foi, de ceux dont nous devons imiter la foi et la patience. Il est mort victime du malin, et type de celui qui a souffert par excellence. Le sang de l’aspersion prononce de meilleures choses que celui d’Abel (Hébreux 12.24) ; celui-ci criait vengeance, celui de Christ apporte la paix ; mais si le sang d’Abel fut vengé jusqu’à sept fois sur Caïn, combien le sang de Christ ne pèsera-t-il pas avec plus de force sur ceux qui le crucifièrent ? Et si le sang d’Abel le juste a été redemandé à la génération qui rejeta le Seigneur (Matthieu 23.34-38), quels terribles châtiments ne sont pas réservés à ceux qui ont immolé tant de martyrs à leur haine pour le Juste (Jacques 5.6) Jésus, l’antitype d’Abel, le chef et le sauveur des martyrs (cf. Apocalypse 1.5, etc.).