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Zacharie 5
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Zacharie 5

À un sacerdoce purifié, à un gouvernement agissant dans la force de Dieu, devait s’ajouter un peuple nouveau, affranchi des péchés qui avaient amené sa ruine. C’est ce que rappellent énergiquement aux Juifs revenus de l’exil les deux visions qui suivent. On a voulu parfois les réunir en une seule ; mais une scène nouvelle commence évidemment avec le verset 5.

1 Je levai de nouveau les yeux, et je vis ; et voici un rouleau qui volait.
1 à 4 Sixième vision

Le rouleau volant.

Elle rappelle au peuple la sainteté de la loi de Dieu et les conséquences terribles qu’entraînerait sa violation pour les individus qui s’en rendraient coupables.

Un rouleau qui volait. Une bande de papyrus ou de parchemin planant dans les airs. Sur la forme de rouleau, qui était alors celle des livres, voir Jérémie 36.12, note.

2 Et il me dit : Que vois-tu ? Et je dis je vois un rouleau qui vole, long de vingt coudées et large de dix.

Long de vingt coudées…, large de dix : ainsi d’environ de dix mètres sur 5. Ces dimensions sont énormes ; chose remarquable, elles sont précisément les mêmes que celles du Lieu saint dans le tabernacle. Cette circonstance paraît indiquer que ce rouleau est comme l’incarnation de la sainteté de celui qui habite dans le sanctuaire et dont les menaces ne manqueront pas d’avoir tout leur effet.

3 Et il me dit : C’est l’exécration qui se déploie sur la face de tout le pays ; car, en vertu d’elle, quiconque dérobe est balayé d’ici, et en vertu d’elle quiconque jure est balayé d’ici.

L’exécration qui se déploie. Le terme hébreu employé ici (âla) ne se trouve pas dans la loi du Sinai, mais seulement dans les chapitres 29 et 30 du Deutéronome. Il désigne ce qu’il y a de plus terrible, la malédiction accompagnée de serment, c’est-à-dire irrévocable. Comme Moïse, dans ces chapitres, mettait le peuple en garde contre le péché au moment où il allait prendre possession de Canaan, Dieu l’avertit de nouveau, par la bouche de Zacharie, au moment où Israël vient d’y faire sa rentrée.

Quiconque dérobe quiconque jure… Les deux péchés indiqués ici, le vol et le parjure, sont évidemment choisis pour représenter l’un la seconde, l’autre la première table du décalogue. Ces deux péchés sont ceux auxquels est le plus exposé un peuple commerçant, tel que l’était de plus en plus devenu Israël durant. son séjour en Babylonie.

Quiconque jure… Ce mot s’explique d’après le verset 4 : par mon nom, en mentant.

Balayé d’ici. Non pas que Dieu menace les deux catégories de pécheurs d’une mort subite. Canaan est envisagé ici comme le lieu où se réalisera le bonheur messianique, et l’éloignement de cette terre signifie, par conséquent, l’exclusion de ce bonheur.

On pourrait cependant traduire le mot d’ici, répété deux fois, dans le sens où il est pris très fréquemment : d’un côté, de l’autre, et l’appliquer aux deux faces du rouleau qui aurait été écrit des deux côtés. Comparez Ézéchiel 2.10 ; Apocalypse 5.1.

Pour l’application du terme employé ici, voir Josué 8.33 ; Nombres 22.21.

4 Je la déploie, dit l’Éternel des armées, et elle arrive à la maison du voleur et à la maison de celui qui jure par mon nom en mentant ; elle se loge dans cette maison et la consume, bois et pierres.

Je la déploie. Dieu exercera cette malédiction, de même qu’il déploie ce rouleau sur tout le pays. Elle se répartira de telle manière qu’elle pénétrera dans chaque maison souillée de ces crimes et s’y logera comme un principe de ruine totale.

5 Et l’ange qui parlait avec moi parut et me dit : Lève les yeux, et vois ce qui apparaît là. Et je dis : Qu’est-ce ?
5 à 11 Septième vision

L’épha.

Ce n’est pas assez de menacer l’individu ; le peuple entier doit comprendre que, si de tels péchés reprennent le dessus chez lui, l’exécration divine le condamnera à une ruine nouvelle.

6 Et il dit : C’est l’épha qui apparaît. Et il dit : C’est à cela qu’ils regardent dans tout le pays.

L’épha. Mesure de capacité pour les matières sèches, d’environ 20 litres, à ce qu’on suppose.

C’est à cela qu’ils regardent. L’épha représentant la vente dans le commerce, ces mots veulent dire : ils ne sont préoccupés que de leurs affaires, n’ont d’yeux que pour les objets qui se rapportent à leur commerce.

7 Et voici, un disque de plomb était soulevé, et cela était fait par une seule femme assise au milieu de l’épha.

Un disque de plomb. C’était un poids de 50 kilogrammes environ, qui servait à peser, ce qui fait qu’on peut traduire un talent ou un quintal. Comme l’épha rappelle les péchés qui se commettent en vendant, ce poids rappelle les tromperies dans le payement. On comprendra tout à l’heure pourquoi nous conservons le nom de disque ou de plaque arrondie.

Il était soulevé… Il faut se rappeler ici qu’il s’agit d’une vision et que l’épha avait, par conséquent, aussi bien que le rouleau dans la vision précédente, une dimension gigantesque, de telle sorte que la femme pouvait être assise dedans, tandis que le disque de plomb en fermait l’ouverture comme un couvercle. L’épha était ainsi pour elle comme une prison, et c’est pourquoi elle soulevait le disque qui le fermait ; sans cela, le prophète n’aurait pu savoir ce que renfermait l’épha.

8 Et il dit : Cette femme est l’Improbité. Et il la repoussa au milieu de l’épha et il rejeta le poids de plomb sur l’ouverture.

La femme est appelée l’improbité, le péché qui s’attache le plus aisément aux transactions commerciales, qui avait été si sévèrement reproché par les anciens prophètes aux Israélites avant le temps de l’exil et qui avait contribué à attirer sur eux ce grand châtiment. Comparez Amos 7.5 et suivants ; Michée 6.10-14 ; 8.2-4 ; Osée 12.8-9. Cette femme, l’improbité personnifiée, représente le péché identifié avec le peuple qui s’y livre.

Il la repoussa. La femme coupable doit rester enfermée dans sa prison en vue du châtiment qui va suivre (verset 9), c’est pourquoi l’ange la repousse dans sa position première et referme l’épha au moyen du disque. On s’est parfois figuré que le mot la bouche, qui désigne l’ouverture de l’épha, devait être pris au sens propre et désignait la bouche de la femme ; mais une telle image serait trop brutale.

9 Et je levai les yeux, et je vis, et voici deux femmes qui paraissaient ; et le vent soufflait dans leurs ailes ; elles avaient, des ailes comme des ailes de cigogne et elles enlevèrent l’épha entre la terre et le ciel.

Deux femmes. Ces deux femmes aux ailes de cigogne (oiseau de passage) n’ont pas de signification particulière ; elles sont simplement le symbole des moyens par lesquels Dieu exécutera le châtiment de l’émigration dont il menace le peuple.

10 Et je dis à l’ange qui me parlait : Où emportent-elles l’épha ?

Le but de l’émigration est la plaine de Sinéar. Ce nom, connu par Genèse 10.10 ; 11.2, comme le nom le plus ancien de la Babylonie, est ici le symbole de la terre d’exil. Comme, avant la captivité de Babylone, Dieu disait au peuple, pour le menacer d’un nouvel esclavage : Je vous renverrai en Égypte (comparez Osée 8.13), ainsi, après l’exil de Babylone, c’est ce dernier pays qui devient l’emblème d’une captivité nouvelle.

Lui bâtir une maison. Cette image indique un établissement ferme et durable, une captivité permanente, bien plus longue que les soixante-dix années de l’exil. Le sens général de la vision est donc que non seulement les pécheurs, individuellement, seront châtiés, mais que, si le peuple vient à se laisser envahir tout entier par l’esprit de cupidité et d’improbité qui s’attache si aisément à l’activité commerciale, un jugement de Dieu le privera de nouveau de son habitation en Canaan et le dispersera au loin dans la terre des Gentils, représentée par la Babylonie.

Cette interprétation nous paraît préférable à celle qui voit dans la femme, non le peuple identifié avec son péché. mais le péché lui-même, uniquement, et trouve ainsi dans la vision une promesse de purification. Assurément, ce tableau ne fait point l’effet d’une promesse, pas plus que le précédent, et il est difficile de comprendre pourquoi l’improbité, dans ce cas, serait envoyée avec un si grand appareil en Babylone, au lieu d’être purement et simplement détruite.

11 Et il me dit : Elles l’emportent pour lui bâtir une maison au pays de Sinéar, et quand elle aura été fondée, on le placera là, sur sa base.