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Job 3
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Job 3

Chapitre 3

Le silence des amis finit par irriter Job. Il pressent quelque chose d’hostile dans ce mutisme. De là l’amertume que nous remarquons dans cette première explosion de la plainte de Job. Il voudrait n’être jamais né (versets 3 à 10), ou du moins être mort en naissant (versets 11 à 19) ; il souhaite la mort (versets 20 à 26). Il semble s’apaiser un peu, à mesure qu’il décharge son cœur, car la troisième strophe est plus courte que la seconde (quatorze vers contre dix-huit) et la seconde plus courte que la première (dix-huit vers contre vingt).

Les versets sont composés de deux ou de trois vers parallèles, qui souvent expriment une même pensée, soit sous la forme d’un contraste, soit sous celle d’une gradation.

1 Après cela Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance. 2 Et Job prit la parole et dit : 3 Périsse le jour où je suis né, Et la nuit qui a dit : Un homme est conçu !

Job, dans son langage poétique, traite la nuit où il est né comme une personne à laquelle il souhaite les plus grands malheurs. Si l’on pouvait appliquer à l’hébreu notre terminologie, on dirait que les deux premiers chapitres sont de la poésie épique ; avec le chapitre 3, nous entrons dans un genre passionné, qui tient à la fois du lyrisme et du drame.

La nuit qui a dit… La nuit sait ce qui se passe en elle.

4 Ce jour-là, qu’il soit ténèbres, Que Dieu, d’en haut, ne s’en informe pas, Que la lumière ne resplendisse pas sur lui !

Que Dieu ne s’en informe pas : pour lui fournir sa lumière.

5 Que les ténèbres et l’obscurité le réclament, Qu’une nuée repose sur lui, Que des éclipses l’épouvantent !

Des éclipses, littéralements : des obscurcissements de jour, c’est-à-dire tout ce qui peut rendre un jour sombre et triste : éclipse, orages, sables volants.

6 Cette nuit-là, qu’une sombre brume s’en empare, Qu’elle ne compte pas dans les jours de l’année, Qu’elle n’entre pas au nombre des mois !

Qu’elle ne compte pas, littéralement : Qu’elle ne se réjouisse pas, qu’elle n’ait plus désormais la satisfaction de figurer à son rang parmi les autres subdivisions de l’année.

7 Voici, que cette nuit-là soit stérile, Que l’allégresse en soit bannie !

Soit stérile. Cette nuit néfaste ne doit plus présider à la conception de personne.

8 Qu’ils la marquent d’un signe, ceux qui maudissent les jours, Ceux qui sont experts à exciter le Léviathan !

Job réclame l’appui efficace des magiciens, que l’on croyait capables de provoquer, par l’entremise du Léviathan, de grandes perturbations dans le ciel.

Le léviathan. Ce mot, selon l’étymologie, désigne un animal flexible qui s’attache à sa proie en l’entourant de ses replis, puis en général un monstre marin, tel que le crocodile (Job 40.20 et suivants). Ici il s’agit probablement d’un animal légendaire, d’une sorte de dragon qu’on pensait retrouver dans la constellation (Job 26.13) de ce nom, voisine de la Grande Ourse. Le grand serpent avait, pensait-on, le pouvoir d’envelopper les astres et de produire ainsi les éclipses.

9 Que les astres de son matin s’obscurcissent, Qu’elle s’attende à la lumière et qu’il n’en vienne pas, Et qu’elle ne voie pas les paupières de l’aurore,

Les paupières de l’aurore. Le soleil est l’œil de la nature.

10 Puisqu’elle n’a pas fermé les portes du sein qui m’a porté, Et qu’elle n’a pas dérobé le malheur à mes yeux. 11 Pourquoi ne suis-je pas mort dès les entrailles de ma mère ? Pourquoi n’ai-je pas expiré en sortant de son sein ?
11 à 19

Ne pouvant faire qu’il ne soit pas né, Job voudrait du moins être mort en naissant, ou bientôt après, faute de soins.

12 Pourquoi des genoux m’ont-ils reçu ? Pourquoi des mamelles, pour m’allaiter ? 13 Car maintenant, je serais couché et je serais tranquille ; Je dormirais, et alors j’aurais du repos, 14 Avec les rois et les arbitres du monde, Qui se sont bâti des ruines ;

Avec les rois… Ces mots prouvent qu’il s’agit ici, non pas du repos de la tombe, puisque tous ne sont pas enterrés dans le même lieu, mais du repos de l’âme dans les lieux infernaux, le schéol.

Des ruines : des palais, qui bientôt devaient tomber en ruines ; ou bien des solitudes, de vastes mausolées où règne un silence profond.

15 Ou avec les princes à qui l’or appartenait, Qui remplissaient leurs maisons d’argent ; 16 Ou bien, comme l’avorton caché, je n’aurais pas vécu, Comme les petits enfants qui n’ont pas vu la lumière.

Comme l’avorton. Aux hommes qui ont le plus fait parler d’eux et qui ont brillé à la tête des plus fructueuses entreprises, il oppose ces êtres ignorés que l’on n’a montrés à personne et qui n’ont point eu de carrière. Dans la mort, même silence pour les uns et pour les autres.

17 Là, les méchants cessent de tourmenter, Là se reposent ceux qui sont privés de force ;

Début du verset : oppresseurs ; fin : opprimés.

18 Les captifs sont réunis en sécurité ; Ils n’entendent pas la voix de l’exacteur. 19 Petits et grands s’y confondent, L’esclave y est libre de son maître. 20 Pourquoi donner la lumière aux malheureux, Et la vie à ceux qui ont l’amertume dans l’âme ;
20 à 26

Job vit. Mais pourquoi ne pas lui envoyer la mort ?

Pourquoi donner…? Job ne prend pas encore directement Dieu à partie.

21 Qui souhaitent la mort, et elle ne vient pas, Et qui la recherchent plus ardemment que des trésors ;

Et qui la recherchent, littéralement : Qui creusent pour l’obtenir.

22 Qui se réjouiraient jusqu’à l’allégresse, Tressailleraient de joie, s’ils trouvaient le tombeau ; 23 À l’homme dont la route est obscure, Et que Dieu enferme de toutes parts ?

À l’homme. Ces mots dépendent de : Pourquoi donner la lumière… ? (verset 20) Cet homme, c’est Job.

Que Dieu enferme de toutes parts : non plus pour le préserver du malheur (Job 1.10), mais pour l’empêcher d’y échapper.

24 Car mes gémissements me tiennent lieu de pain, Mes rugissements se répandent comme les eaux ; 25 Car, dès que je crains un mal, il m’atteint, Et ce que je redoute m’arrive.
25 et 26

Après la perte de mes troupeaux, je disais : Pourvu que mes enfants, me restent ! Et ils étaient frappés. Et ainsi de suite…

26 Avant que j’aie pu trouver trêve, paix et repos, Viennent de nouveaux tourments !