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Esaïe 28
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Esaïe 28

Chapitres 28 à 35 Israël et l’Assyrie au temps d’Ézéchias ; le jugement des nations et la gloire d’Israël

Les chapitres 28 à 35 enferment deux groupes distincts de prophéties : le premier (chapitres 28 à 33) se compose de six discours qui se rapportent spécialement aux relations d’Israël avec l’Assyrie au temps d’Ézéchias. Le second (chapitres 34 et 35) nous présente dans deux tableaux le jugement des nations et le retour d’Israël dans son pays. Ces deux derniers morceaux forment la clôture de la série de prophéties qui précède immédiatement aussi bien que de toute la première partie du livre d’Ésaïe (chapitres 1 à 35).

Chacun des six discours, chapitres 28 à 33, commence par le mot malheur (comparez les six malheur du chapitre 5). Ils sont destinés à préparer le peuple à la crise, tant de fois annoncée déjà dans les chapitres 2 à 12 et de plus en plus imminente, de l’invasion assyrienne en Juda. Effrayer les pécheurs, troubler les mondains, faire taire les moqueurs, tout en rassurant les humbles ; promettre aux croyants la délivrance certaine et miraculeuse de Jérusalem, sans encourager les méchants dans leur sécurité ; opérer, en un mot, une réforme intérieure correspondante à la réforme extérieure accomplie dans les premières années du règne d’Ézéchias : telle fut la grande et difficile tâche qui s’imposa en ce moment à Ésaïe et qu’il remplit par ces discours. Les chapitres 28 à 33 nous montrent que son activité fut pleinement à la hauteur de cette mission. Ils nous font connaître en même temps l’état du peuple à cette époque, comme les chapitres 2 à 12 nous avaient révélé l’état des choses au temps d’Achaz. Ce dernier, lorsqu’il était menacé par l’invasion syro-éphraïmitique, avait commis la faute de se jeter dans les bras de l’Assyrie. Nous avons vu les conséquences désastreuses de cette démarche (chapitre 7). En face d’un péril plus grand encore, le pieux Ézéchias cède à un parti puissant à Jérusalem et recherche l’alliance de l’Égypte, qui paraissait aux incrédules de Juda le seul moyen de salut dans cette situation (2 Rois 18.21). Cet acte de faiblesse fut la grande faute d’Ézéchias. À cette confiance dans les hommes, qui n’est que méfiance à l’égard de Dieu, Ésaïe oppose la confiance au secours de Dieu. La menace domine d’abord dans ses discours. On y suit, comme pas à pas, les progrès de l’alliance projetée dont il montre énergiquement l’impiété et l’inutilité. Mais, à mesure que les temps avancent, la promesse l’emporte de plus en plus sur la menace. Il déploie aux yeux. du peuple fidèle la perspective de la délivrance des mains d’Assur qui va lui être accordée, et cette attente se confond dans ses prophéties avec celle des temps messianiques.

Le chapitre 28 dénonce le jugement terrible de la sécurité charnelle, de la vie dissolue, de l’esprit de révolte et d’incrédulité qui règne, soit à Samarie, soit à Jérusalem. Ce discours doit avoir été prononcé avant la prise de Samarie, ainsi tout au commencement du règne d’Ézéchias.

Dans le second morceau, Ésaïe 29.1-14, Ésaïe décrit le châtiment prochain et la délivrance miraculeuse de Jérusalem. Suivent trois discours dirigés contre l’alliance égyptienne : dans le premier (Ésaïe 29.15-24) il stigmatise à mots couverts le complot encore tenu secret ; le chapitre 30 dévoile ouvertement le projet déjà en voie d’exécution ; le discours chapitres 31 et 32 achève de condamner cette fausse politique. Dans le chapitre 33, enfin, le malheur ! Jusqu’ici dirigé contre Jérusalem, se retourne contre l’Assyrie, et la prophétie devient une magnifique promesse du salut.

1 Malheur à l’orgueilleux diadème des buveurs d’Éphraïm, à la fleur qui se fane, ornement de leur parure, qui couronne la grasse vallée des hommes ivres de vin !
1 à 29 le jugement de Samarie et de Jérusalem

Ce discours a été prononcé avant le commencement du siège de Samarie par Salmanasar (versets 1 à 4), donc en 726 ou 725 ; car ce siège dura trois ans, jusqu’en 722.

Samarie va être détruite, Jérusalem châtiée. Le traitement différent qu’elles subiront procède de la sagesse de celui qui est admirable en conseil et magnifique en moyens (verset 29). Le prophète fait ressortir le contraste entre la ruine de Samarie et la gloire promise au peuple fidèle (versets 1 à 6) ; mais les chefs à Jérusalem ne sont ni moins frivoles ni moins impies que ceux de Samarie (versets 7 à 13) ; ils périront donc, tandis que les croyants seront sauvés, quand l’Éternel se lèvera pour juger son peuple (versets 14 à 21) ; le discours se termine par une application sous forme de parabole, dont le sens est : Convertissez-vous, car Dieu châtie son peuple, non pour le détruire, mais dans le but de former ce reste qui doit participer au salut (versets 22 à 29).

1 à 6

L’orgueilleuse Samarie va tomber ; mais de son jugement naîtront les temps promis où l’Éternel sera la gloire et la force du reste de son peuple.

L’orgueilleux diadème : Samarie. Cette ville, bâtie par Omri au sommet d’une montagne, tout entourée d’une fertile vallée, occupait une position vraiment royale (Comparez Ésaïe 17.3, note ; Amos 6.1). Elle est comparée ici à une couronne placée, comme dit littéralement Ésaïe, sur la tête de la vallée ; elle domine en effet toute la contrée. Rivale de Jérusalem, elle faisait l’orgueil des Éphraïmites. Aussi, par une nouvelle image qui se combine avec la précédente, le prophète la compare-t-il en même temps à une guirlande de fleurs dont les buveurs d’Éphraïm ont orné leur tête. Mais cette couronne se fane déjà ; elle va tomber et être foulée aux pieds.

Les buveurs d’Éphraïm. L’intempérance parait avoir été un vice dominant dans le royaume des dix tribus. Voir Amos 4.4 ; Amos 6.4-6 ; Osée 7.5.

Leur parure. Il y a en hébreu sa parure qui se rapporte à Éphraïm ; nous avons dit leur pour prévenir toute équivoque.

La grasse vallée. Les environs de Samarie sont aussi fertiles que ceux de Jérusalem ; ceux de la Judée, en général, le sont peu.

2 Voici, un ennemi fort et puissant vient de la part du Seigneur, comme un orage de grêle, comme un ouragan destructeur ; pareil à une averse de grosses eaux qui débordent, il la jettera par terre de la main.

L’ennemi est le roi d’Assyrie, Salmanasar, puis son successeur Sargon. Voir l’accomplissement 2 Rois 17.5-6.

Orage de grêle, ouragan… Voir les mêmes images versets 15, 17, 19 ; Ésaïe 7.7-8 ; Ésaïe 25.4.

De la main : sans autre instrument que la main ; donc le plus facilement du monde.

3 On foulera aux pieds l’orgueilleux diadème des buveurs d’Éphraïm ; 4 et il en sera de la fleur qui se fane, ornement de leur parure, qui couronne la grasse vallée, comme d’une figue mûrie avant l’été ; on la voit, et à peine l’a-t-on dans la main, qu’on l’avale.

Une figue précoce est un objet de convoitise (Michée 7.4). Elle tombe facilement de l’arbre (Nahum 3.12), et aussitôt dans la main elle est avalée. Image à la fois simple et terrible de la prise de la fière cité. Ainsi disparut en peu d’années pour jamais le royaume d’Éphraïm.

5 En ce jour-là, l’Éternel des armées sera un diadème de gloire et une couronne d’honneur pour le reste de son peuple ;

Ce que Samarie était pour le royaume des dix tribus, son ornement et sa gloire, Jéhova le sera pour son vrai peuple. Comparez Ésaïe 4.2, où la gloire du Seigneur prend, comme ici, la place de la fausse gloire anéantie par le jugement (Ésaïe 3.16 à 4.1).

Le reste de son peuple : du peuple dans son ensemble, d’Éphraïm aussi bien que de Juda.

6 il sera un esprit de droiture pour celui qui siège rendant justice et de vaillance pour ceux qui repoussent l’ennemi jusqu’à ses portes.

Comparez Ésaïe 11.2-5.

La droiture chez les juges et la vaillance chez les guerriers : deux traits qui contrastent avec l’injustice qui règne maintenant dans le peuple (voir par exemple Ésaïe 10.2-3) et avec les humiliations de la captivité qui l’attendent (Ésaïe 10.3-4).

7 Ceux-ci aussi chancellent dans le vin et sont troublés par la cervoise ; prêtre et prophète chancellent par la cervoise ; ils sont noyés dans le vin, troublés par la cervoise ; ils chancellent en prophétisant ; ils vacillent en jugeant.
7 à 13

Les grands de Jérusalem, et parmi eux ceux qui devraient les premiers donner l’exemple de l’obéissance à Dieu, les prêtres et les prophètes, ne sont pas moins endurcis que les buveurs d’Éphraïm : ils se moquent de la parole de Dieu, parodient les discours du prophète. C’est pourquoi Dieu leur parlera un langage qu’ils seront bien forcés d’écouter, celui de ses jugements.

Le prophète a commencé son discours par une menace à l’adresse de Samarie, qui ne devait pas trop déplaire à ses auditeurs de Jérusalem. Puis soudain, dès qu’ils prêtent attention, sa censure se tourne contre eux.

Comparez avec verset 7 ; Ésaïe 5.11-12, 22-23 ; Michée 2.11. La loi défendait aux prêtres de boire du vin avant d’entrer dans le tabernacle (Lévitique 10.9).

En jugeant. Les prêtres jugeaient certaines causes en dernière instance (Deutéronome 17.8 et suivants). Le prophète les représente mal assurés sur leurs sièges en rendant justice, tandis que les faux prophètes chancellent en prophétisant.

8 Car toutes les tables sont couvertes de vomissements dégoûtants ; il n’y a plus de place. 9 À qui veut-il enseigner la sagesse, et à qui faire la leçon ? À des enfants à peine sevrés, arrachés à la mamelle ?

Ce sont les buveurs qui parlent : ils se moquent des paroles du prophète, qui ne sont à leurs yeux qu’un bavardage bon pour des enfants.

10 Car c’est ordre sur ordre, ordre sur ordre, règle sur règle, règle sur règle, tantôt ceci, tantôt cela !

Ordre sur ordre…, règle sur règle… : en hébreu tsav latsav, tsar latsar, kav lakav, hav lakav. Ces mots, propres à imiter le langage d’un homme qui bégaie, ridiculisent le prophète et ses exhortations incessantes. Il a toujours quelque exigence nouvelle à ajouter aux précédentes et quelque nouveau reproche a leur adresser.

11 Aussi est-ce par des gens qui bégaient et dans une langue étrangère qu’il parlera à ce peuple,

Puisqu’ils traitent la parole prophétique de balbutiement inintelligible, Dieu leur parlera dans une autre langue, par le peuple barbare qui les envahira ; ils seront bien alors forcés d’écouter. Comparez Deutéronome 28.49 ; Ésaïe 33.19 (1 Corinthiens 14.21).

Le terme de barbare, par lequel les Grecs désignaient les étrangers, signifiait proprement : un homme qui balbutie.

12 auquel il avait dit : Voici le lieu du repos ; laissez reposer celui qui est las ; voici le soulagement ! Mais ils n’ont pas voulu écouter.

La loi divine, bien loin de leur imposer des exigences excessives, ne visait qu’à assurer leur repos dans la terre bénie de Canaan (Jérémie 6.16).

Celui qui est las : les petits, que l’accomplissement de la loi de la part des grands aurait préservés de l’oppression au-dedans et des désastres attirés du dehors sur le peuple par l’infidélité envers Dieu ; ou bien Israël lui-même, à qui Dieu avait donné Canaan comme lieu de repos après les fatigues du désert (Deutéronome 3.20 ; Josué 1.13).

13 La parole de l’Éternel sera donc pour eux ordre sur ordre, ordre sur ordre, règle sur règle, règle sur règle, tantôt ceci, tantôt cela, afin qu’ils aillent et qu’ils tombent à la renverse et se brisent et soient enlacés et soient pris !

On ne se moque pas impunément de Dieu : le prophète rétorque ironiquement aux moqueurs leur discours impie. Dieu va réellement leur donner ordre sur ordre, règle sur règle, en les livrant à un ennemi cruel, dont les ordres multipliés et les sévères exigences leur feront regretter cette loi de l’Éternel qu’ils rejetaient comme trop pénible. Le jugement aboutira à la captivité. Comparez Ésaïe 8.14-15.

14 C’est pourquoi, écoutez la parole de l’Éternel, hommes moqueurs, chefs de ce peuple qui est à Jérusalem !
14 à 21

Les impies se croient à l’abri du danger ; mais Dieu lui-même déjouera leurs plans ; c’est lui qui interviendra pour sauver les siens, tout en détruisant les méchants.

Moqueurs. Comparez verset 22 ; Ésaïe 5.19.

15 Car vous dites : Nous avons fait un pacte avec la mort, et nous avons conclu une alliance avec le sépulcre ; quand le fléau débordant passera, il ne nous atteindra pas ; car nous avons fait du mensonge notre refuge et de la fraude notre abri !

Vous dites… Ils ne parlent pas ainsi ouvertement. Ésaïe interprète et dévoile leurs secrètes pensées, que Dieu connaît.

Nous avons fait un pacte… Ils se flattent d’échapper à l’ennemi aussi sûrement que s’ils eussent un contrat en forme avec la mort elle-même.

Le fléau débordant : l’Assyrien envahissant, comme Ésaïe 8.7-8.

Passera. Si même l’ennemi vient à traverser la Palestine, ils comptent lui échapper encore, comme jusqu’ici. Ce verset fait peut-être allusion au pacte conclu jadis par Achaz avec l’Assyrie, par lequel Jérusalem espérait éviter le sort de Samarie, ou plus probablement à l’alliance que Juda se préparait à conclure secrètement avec l’Égypte contre l’Assyrie, dont il était tributaire. C’est à cette politique tortueuse que s’appliquent les termes de mensonge et de fraude. Tout en les faisant parler, Ésaïe appelle les choses par leur vrai nom. Mais toutes ces ruses ne les sauveront pas. Comparez Ésaïe 29.15 ; Ésaïe 30.12.

16 C’est pourquoi, ainsi a dit le Seigneur, l’Éternel : Voici, c’est moi qui ai mis pour fondement en Sion une pierre, pierre éprouvée, angulaire, de prix, solidement fondée ; celui qui s’y appuiera, n’aura pas à fuir.

Il y a un seul refuge assuré devant le fléau menaçant, celui que l’Éternel prépare pour les croyants en Sion.

Une pierre éprouvée… Il ne faut entendre par la pierre ni Sion, ni le temple, ni la maison de David, ni la loi, sens qui ont tous été proposés. Dans Ésaïe 8.14, la pierre était l’Éternel lui-même, le rocher d’Israël, l’asile inviolable des fidèles. Ici l’image est différente : Dieu pose la pierre comme fondement d’un édifice qu’il bâtit pour remplacer celui qui va s’écrouler par les effets de leur injustice, le royaume fondé en David. Cette pierre est certainement le Messie, cet Emmanuel qu’Ésaïe a présenté au chapitre 7 et au chapitre 8 comme le gage du salut de son peuple. Croire à ce Messie promis, c’est déjà, dans l’ancienne alliance, avoir part au salut (comparez Ésaïe 7.9 ; Habakuk 2.4). Aussi le Nouveu Testament applique-t-il sans hésiter cette image de la pierre angulaire à Christ : Luc 20.17-18 ; Romains 9.33 ; 1 Pierre 2.4 et suivants. Il y a un grand rapport entre ce passage d’Ésaïe et la parole de Jésus : Abattez ce temple, et je le relèverai dans trois jours (Jean 2.19). Comparez aussi Psaumes 118.22.

17 Et je prendrai le droit pour règle et la justice pour niveau ; et la grêle balayera le refuge de mensonge, et les eaux emporteront votre abri.

Vos manœuvres ne serviront de rien ; l’édifice que Dieu fonde sur le droit et la justice (voir Ésaïe 9.6, note) sera une maison sainte ; dans sa structure n’entreront que des matériaux éprouvés par lui ; les méchants en seront exclus. Comparez 1 Pierre 2.4-9.

La grêle, les eaux : le même fléau qui a emporté Samarie (verset 2) vous emportera aussi. Alors vous ne rirez plus !

18 Votre pacte avec la mort sera annulé, et votre alliance avec le sépulcre ne subsistera pas ; quand le fléau débordant passera, il vous foulera ;

Votre pacte… Vos mesures n’empêcheront pas le fléau de vous atteindre.

Il vous foulera : comme Samarie (verset 3). Comparez Ésaïe 10.6.

19 aussi souvent qu’il passera, il vous saisira ; car demain et demain encore il passera, de jour et de nuit ; la terreur seule fera la leçon !

Demain et demain encore… Il y a ici l’idée de plusieurs jugements successifs (comme Ésaïe 6.11-13). Le prophète n’a donc pas en vue seulement l’invasion de Sanchérib, mais d’autres invasions subséquentes, et au terme la captivité.

La terreur seule fera la leçon : traduction très littérale et qui donne un sens d’une grande vivacité. C’est une allusion évidente au discours des moqueurs, verset 9 (comparez l’expression faire la leçon et verset 13) : cette leçon de la parole prophétique qu’ils trouvaient fatigante, c’est par la terreur qu’ils éprouveront sous les coups redoublés de l’ennemi, qu’elle leur sera inculquée.

20 Car le lit est trop court pour s’y étendre, et la couverture trop étroite pour s’en envelopper.

Expressions proverbiales : Le lit qu’ils se sont préparé pour dormir tranquilles, est de toute manière insuffisant. Image de l’impuissance des moyens sur lesquels ils avaient compté. C’est que Jéhova, leur force, au lieu d’être pour eux, sera contre eux.

21 Car l’Éternel se lèvera comme à la montagne de Pératsim ; il grondera comme dans la vallée de Gabaon, pour faire son œuvre, œuvre singulière, et pour faire sa besogne, besogne étrange !

L’Éternel lui-même se lèvera pour combattre contre son peuple, comme il combattit jadis contre ses ennemis.

Pératsim, ou Baal-Pératsim : non loin de Jérusalem, dans la vallée des Réphaïm.

Gabaon : ville bien connue par la victoire de Josué (Josué 10), située à 8 kilomètres au nord de Jérusalem. Ésaïe fait allusion aux deux victoires de David sur les Philistins, rapportées 2 Samuel 5.20 et suivants ; 1 Chroniques 14.11 et suivants

Œuvre singulière, besogne étrange. L’extraordinaire, dans ce cas, c’est que l’Éternel combatte contre Israël et non plus pour lui ; comparez Ésaïe 29.14. Il n’est pas seulement le Dieu d’Israël, il est le Saint d’Israël, qui ne pactise pas avec le péché de son peuple.

22 Maintenant donc, cessez de vous moquer, de peur que vos liens ne se resserrent ; car j’ai entendu que la destruction est résolue par le Seigneur l’Éternel des armées contre toute la terre.
22 à 29

À ces menaces terribles succèdent les plus tendres encouragements : Dieu châtie son peuple, mais comme le laboureur cultive la terre, avec sagesse et mesure, non pour détruire, mais pour purifier et féconder. C’est à la fois un appel aux méchants : Convertissez-vous au lieu de vous moquer ; et une consolation pour les justes : Il ne vous foulera pas à toujours !

Vos liens : les châtiments déjà assez durs qu’il vient de prédire et qu’ils ne doivent pas forcer Dieu à rendre plus durs encore.

Destruction… résolue. La sentence a été prononcée par le juge ; elle est irrévocable. Comparez Ésaïe 10.22-23.

23 Prêtez l’oreille, et écoutez ma voix ; soyez attentifs, et écoutez ma parole :

Prêtez l’oreille… Cette invitation annonce quelque chose d’important et de difficile à comprendre. Ces prétendus sages sauront-ils découvrir l’application qu’ils doivent se faire à eux-mêmes de la comparaison suivante ?

24 Le laboureur est-il toujours à labourer pour semer, à ouvrir et à herser le sol ?
24 à 26

Comme on ne laboure pas seulement pour labourer, et que, cette opération faite, on passe à une autre toute différente, les semailles, pour lesquelles le labour préparait le sol, ainsi Dieu ne punit pas pour punir, mais pour préparer son peuple au salut et à des bénédictions nouvelles. Et comme le laboureur fait chacune de ces opérations en son temps, il y a de même pour Dieu un temps pour punir et un temps pour bénir. Le châtiment ne durera donc pas à toujours.

Le prophète fait en outre remarquer au verset 25 que dans l’opération des semailles chaque plante est différemment traitée ; ainsi Dieu adapte au caractère de chacun le traitement qu’il lui fait subir. L’agriculteur, dans la méthode qu’il suit, ne fait qu’obéir aux lois de Dieu révélées dans la nature (verset 26) ; et le Créateur, qui lui inspire cette sagesse, ne serait pas sage lui-même dans ses procédés éducatifs à l’égard de son peuple !

25 Quand il en a aplani la surface, n’y jette-t-il pas l’aneth ; n’y sème-t-il pas le cumin ; ne met-il pas le froment en lignes, l’orge à une place réservée, et l’épeautre sur les bords ? 26 C’est son Dieu qui l’instruit de ces règles et qui l’enseigne. 27 Car ce n’est pas avec le rouleau qu’on foule l’aneth, et la roue du chariot ne passe point sur le cumin ; mais on bat l’aneth avec le bâton et le cumin avec la verge.
27 et 28

Enfin, lorsque les semences sont arrivées à maturité, on ne procède pas, avec les divers fruits, exactement de la même manière.

Le rouleau est une sorte de traîneau attelé de bœufs, dont on se sert pour fouler le grain. Mais on n’emploie pas ce moyen avec les plantes délicates. On frappe celles-ci à la main avec le bâton (verset 27). Et quant au grain lui-même, qu’on foule avec le rouleau, on ne le foule pourtant pas de manière à l’écraser entièrement. Ainsi Juda ne sera pas traité exactement comme Éphraïm, et en Juda même les moqueurs ne seront pas traités comme les fidèles. Ces derniers passeront bien par le jugement, mais ils seront les objets des ménagements divins.

Il y aura un fruit, le reste sauvé. Dieu cherche ce fruit par tous les traitements divers et infiniment variés qu’il applique à son peuple ; il le fera mûrir et saura bien le dégager de son enveloppe, l’Israël charnel. Voir la même image Ésaïe 21.10 ; comparez Ésaïe 27.12.

28 On broie le grain ; pourtant, ce n’est pas indéfiniment qu’on le foule et qu’on y pousse la roue du chariot, et le pied des chevaux ne l’écrase pas. 29 Cela aussi vient de l’Éternel des armées, qui est admirable en conseil, magnifique en moyens.

Ésaïe revient à la pensée déjà exprimée au verset 26. Ce discernement délicat, le cultivateur l’a appris à l’école de la sagesse divine, toujours admirable en ses desseins et inépuisable en moyens pour les réaliser.

Ce morceau, aussi élevé quant à la pensée que simple et familier dans la forme, rappelle à plus d’un égard les enseignements et particulièrement les paraboles du Sauveur.