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Deutéronome 23
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1 Nul ne prendra la femme de son père et ne soulèvera la couverture de son père.

Inceste, voir Lévitique 18.8, note.

La femme de son père. Ce cas d’inceste est le seul ici rappelé, sans doute parce que c’est le plus grave (1 Corinthiens 5.1).

2 Celui dont les organes ont été broyés ou coupés n’entrera pas dans l’assemblée de l’Éternel.
2 à 26

De la pureté de la famille le législateur passe à celle de la communauté en général. Ce sont des mesures d’un ordre tout extérieur, comme les précédentes, mais propres à graver dans le cœur du peuple la pensée qu’une parfaite pureté morale doit régner dans son sein :

  • personnes qui doivent être exclues de l’assemblée, versets 2 à 9
  • maintien de la décence dans le camp, versets 10 à 15
  • conduite à tenir envers les esclaves fugitifs d’une part, versets 16 et 17
  • envers les Israélites impudiques de l’autre, versets 18 et 19
  • générosité, envers les frères ; fidélité dans l’accomplissement des vœux, versets 20 à 26.
2 à 9 personnes à exclure de l’assemblée

Cette loi peut paraître sévère envers les individus qu’elle concerne, mais elle n’en a pas moins un but d’humanité en ce qu’elle est destinée à réprimer un usage cruel fort répandu chez les peuples de l’Orient. Elle ne concerne que l’ancienne alliance ; Ésaïe 46.3-6 annonce expressément son abolition dans la nouvelle ; comparez. Actes 8.27. Voir Lévitique 22.24.

3 Celui qui est issu d’une union illicite n’entrera pas dans l’assemblée de l’Éternel ; même sa dixième génération n’entrera pas dans l’assemblée de l’Éternel.

D’une union illicite. Le terme hébreu désigne non un enfant naturel, mais le produit d’un inceste ou d’un adultère.

Dixième génération. Le nombre dix est le nombre de la consommation : l’exclusion ne cessera pas même au moment où il semble qu’elle eût pu prendre fin. Le verset 4 prouve que cette expression signifie : à jamais. L’idée de la réprobation divine doit rester attachée à l’acte contre nature d’où est procédée une telle race.

4 L’Ammonite et le Moabite n’entreront pas dans l’assemblée de l’Éternel ; même leur dixième génération n’entrera pas dans l’assemblée de l’Éternel ; ils n’y entreront jamais,

L’Ammonite et le Moabite. Ces deux peuples voisins et parents d’Israël ne peuvent être admis dans la communauté israélite parce qu’ils sont tous deux issus d’un inceste (Genèse 19.30 et suivants). Si un autre motif est donné, verset 3, c’est sans doute qu’ils auraient pu, par une conduite bienveillante envers Israël, laver la tache de leur origine. Mais ils n’ont fait au contraire que l’aggraver.

5 parce qu’ils ne sont pas venus au-devant de vous avec du pain et de l’eau sur le chemin, quand vous sortiez d’Égypte, et parce qu’ils ont fait venir à prix d’argent contre toi Balaam, fils de Béor, de Péthor en Mésopotamie, pour qu’il te maudit.

Moab a sans doute vendu des vivres aux Israélites (Deutéronome 2.29) ; mais il ne l’a fait que, dans un esprit mercantile, tandis qu’il aurait dû venir avec empressement au-devant des besoins d’un peuple frère. On ne peut donc lui en tenir compte. De plus, c’est lui qui a appelé Balaam.

6 Mais l’Éternel ton Dieu n’a pas voulu écouter Balaam, et l’Éternel ton Dieu a changé pour toi la malédiction en bénédiction, car l’Éternel ton Dieu t’aime. 7 Tu ne chercheras ni leur paix, ni leur bien, tant que tu vivras, à perpétuité.

Ces peuples étaient si foncièrement corrompus qu’Israël, tout en s’abstenant de les détruire comme les Cananéens, ne devait entrer avec eux en aucune relation fraternelle. L’exemple de Ruth, la Moabite, n’est pas contraire à ce précepte, puisque par son mariage elle était entrée dans la communauté israélite.

8 Tu n’auras pas en abomination l’Édomite, car il est ton frère ; tu n’auras point en abomination l’Égyptien, car tu as séjourné dans son pays.

Il est ton frère : parent beaucoup plus rapproché d’Israël que les précédents et exempt de la tache attachée à l’origine de ceux-ci. Au temps des Rois il serait difficile de comprendre une pareille manière de s’exprimer sur les Édomites, car ils s’étaient montrés pleins de haine en toute occasion contre Israël (voir le prophète Abdias et Jérémie 49), et Israël les avait traités maintes fois en ennemis. Comment à cette époque aurait-on inventé une loi qui devait mettre Ésaü à l’abri de ce traitement ?

À l’égard des Égyptiens, dont Israël avait reçu à la fois et beaucoup de bien et beaucoup de mal, il ne doit se souvenir que du bien. Il a été accueilli chez eux en un temps de détresse.

9 Les fils qui leur naîtront à la troisième génération entreront dans l’assemblée de l’Éternel.

Troisième génération. Trois générations sont nécessaires pour effacer la marque de l’origine étrangère.

10 Quand tu sortiras et camperas contre tes ennemis, tu te garderas de toute chose mauvaise.
10 à 15 Décence dans le camp

Toute chose mauvaise. Terme déterminé par ce qui suit (versets 11 à 14). Même dans la guerre, où l’on se croit tout permis, les règles de la décence et du bon ordre doivent être respectées.

11 S’il y a chez toi un homme qui ne soit pas pur à cause d’un accident nocturne, il sortira du camp ; il ne rentrera point dans le camp ;

Accident nocturne : comparez Lévitique 15.1-18.

12 sur le soir il se plongera dans l’eau, et au coucher du soleil il rentrera dans le camp. 13 Tu auras un lieu à part en dehors du camp, et c’est là que tu sortiras, 14 et tu auras une pelle dans ton équipement, et quand tu iras t’asseoir à l’écart, tu creuseras avec cet instrument, et, en partant, tu recouvriras tes excréments. 15 Car l’Éternel ton Dieu marche au milieu de ton camp pour te couvrir de son ombre et pour te livrer tes ennemis ; ton camp sera saint ; et il ne verra chez toi rien de malséant qui l’oblige à se retirer de toi.

Au milieu de ton camp. On peut se demander si cette expression fait allusion à la présence de l’arche et de la nuée au milieu du camp dans les expéditions militaires ; il s’agit en effet, ici, non du camp du désert, mais des guerres futures du peuple. Mais rien ne prouve que ç’ait été l’usage de conduire l’arche avec les armées, contre l’ennemi. Le récit même, d’où on croit pouvoir le conclure (1 Samuel 4.3), prouve le contraire, puisque ce n’est qu’après une première défaite que l’on songea à faire venir l’arche. Quant à la nuée à laquelle pourrait faire penser l’expression : pour te couvrir de son ombre, elle ne s’est plus montrée après l’établissement en Canaan, que dans des cas extraordinaires (l’inauguration du temple, 1 Rois 8.10-11). Il n’est donc question ici ni de l’arche ni de la nuée. Que signifierait d’ailleurs l’expression : Rien de malséant qui oblige l’Éternel à se retirer de toi ? Serait-ce un ordre d’emporter l’arche si quelque chose de pareil venait à se passer ? Il faut donc admettre que la présence de l’Éternel et sa protection sont prises ici dans un sens purement spirituel, et que l’idée superstitieuse de rattacher à l’arche la présence de Dieu a été attribuée à tort aux écrivains sacrés. Le séjour au désert a été sous ce rapport un moment exceptionnel.

16 Tu ne livreras pas à son maître un esclave qui se sera sauvé chez toi d’auprès de son maître ;
16 à 19

Il semble qu’il y ait entre ces deux préceptes un contraste. Tandis qu’un esclave étranger, qui se réfugie au pays d’Israël, doit être accueilli avec bienveillance, on ne doit point y tolérer des personnes d’origine israélite, vivant du salaire de l’impureté, ni accepter pour le sanctuaire un argent provenant du prix de la prostitution, fût-il même offert pour l’accomplissement d’un vœu.

17 il demeurera avec toi au milieu de ton pays, dans le lieu qu’il choisira, dans celle de tes villes où il se trouvera bien ; tu ne l’opprimeras point. 18 Il n’y aura point de prostituée parmi les filles d’Israël, et il n’y aura point de prostitué parmi les fils d’Israël.

De prostituée, littéralement de consacrée. La prostitution faisait chez les Cananéens partie du culte d’Astarté.

19 Tu n’apporteras pas le salaire d’une courtisane ou le prix de vente d’un chien dans la maison de l’Éternel ton Dieu pour l’accomplissement de quelque vœu que ce soit ; car l’un et l’autre sont en abomination à l’Éternel ton Dieu.

Vente d’un chien. Ce mot est pris ici dans le sens figuré pour désigner ce qu’il y a de plus infâme en fait d’impureté de la part d’un homme (Romains 1.27 ; 1 Corinthiens 6.9 ; Apocalypse 22.15). Une inscription égyptienne donne le nom de chiens aux prostitués officiels entretenus dans les sanctuaires. Movers rapporte que les dons votifs provenant du salaire de la prostitution officielle dans les temples, étaient chez les Phéniciens une source importante de revenus pour les sanctuaires.

Maison de l’Éternel. Cette expression ne se trouve qu’ici dans le Deutéronome. Elle est peut-être l’indice de l’origine postérieure de cette ordonnance, ou bien elle s’explique par l’antithèse des temples païens où ces offrandes étaient acceptées.

20 Tu n’exigeras de ton frère aucun intérêt, ni pour argent, ni pour denrée, ni pour rien de ce qui se prête à intérêt.
20 à 26 Préceptes divers

Aucun intérêt : disposition plus complète encore que celles de Exode 22.25 et Lévitique 25.36.

21 De l’étranger tu peux exiger un intérêt, mais de ton frère tu n’en exigeras point, afin que l’Éternel ton Dieu te bénisse dans tout ce que tu entreprendras dans le pays où tu vas entrer pour en prendre possession.

Autorisation analogue à celle de Deutéronome 15.3 et justifiée par le fait que ces étrangers eux-mêmes se prêtaient à intérêt les uns aux autres.

Afin que… cette bénédiction et la prospérité qui en résultera seront comme la compensation du sacrifice demandé.

22 Quand tu auras fait un vœu à l’Éternel ton Dieu, tu ne différeras point de l’accomplir, car l’Éternel ton Dieu ne manquerait pas de t’en demander compte, et tu serais trouvé coupable.
22 à 24

Pour les vœux en général, voir Lévitique 27 et Nombres 30.2 et suivants.

23 Si tu t’abstiens de faire des vœux, tu ne seras pas coupable pour cela. 24 Mais la parole sortie de tes lèvres, tu dois la tenir et l’accomplir, conformément au vœu que tu auras fait librement à l’Éternel ton Dieu et que tu auras prononcé de ta bouche. 25 Quand tu entreras dans la vigne de ton prochain, tu mangeras des raisins selon ton appétit et t’en rassasieras, mais tu n’en mettras pas dans ton panier.

Ce même usage existe encore maintenant chez les Arabes. Robinson (Palestine, II, page 419) raconte que près d’Enguédi les Arabes qui le conduisaient arrachaient des épis et en mangeaient les grains et que, à la question qu’il leur adressa à ce sujet, ils répondirent que c’était là un ancien usage et que personne ne s’y opposerait parce qu’on supposerait bien qu’ils avaient faim. Nous avons vu plus tard, ajoute-t-il, beaucoup d’exemples de ce genre. Comparez Luc 6.1.

26 Quand tu entreras dans les blés de ton prochain, tu arracheras des épis avec la main, mais tu ne porteras pas la faucille sur les blés de ton prochain.