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Gad
Dictionnaire Biblique Westphal Calmet

1.

Septième fils de Jacob. Sa naissance rappelle, comme celle d’Asser et de Dan, la vieille coutume du lévirat. Mais il ne s’agit ici pour Léa que d’augmenter l’importance de sa descendance. À cet effet, elle s’efface devant Zilpa sa servante. L’enfant qui naquit de Jacob et de Zilpa reçut de Léa le nom de Gad, qui signifie en hébreu : « le bonheur [est venu] » (Genèse 30.9, J ; Genèse 35.26, P). D’après Ésaïe 65.11, Gad est assimilé à une divinité païenne ; on serait donc tenté de l’assimiler à une sorte de « Fortune » en honneur chez les anciens. L’emprunt n’est nullement impossible : il est courant dans le choix des noms propres (voir Asser). Genèse 49.19 célèbre, les vertus militaires des Gadites, en rattachant leur nom à une autre racine signifiant : attaquer. La Bénédiction de Moïse compare Gad à une lionne qui déchire bras et tête (Deutéronome 33.20) ; les Chroniques caractérisent de même les qualités guerrières de ces gens : soldats « semblables à des lions », qui excellent aussi dans les combats en pays montagneux parce que « prompts comme des gazelles », héroïques jusqu’au sublime, « le plus petit pouvait s’attaquer à cent hommes et le plus grand à mille » (1 Chroniques 12.8 14).

Le cantique de Débora ne donne pas le moindre souvenir de la collaboration des Gadites ; par contre la stèle de Mésa, roi de Moab, mentionne cette tribu. Faut-il en conclure que ce clan ne vint se joindre aux fils de Léa et de Rachel que longtemps après la conquête, ce qui ne diminuerait en rien ses qualités morales ? L’assimilation du nom de Gad a une divinité étrangère, cananéenne, comme c’est aussi le cas pour Asser, Dan et Nephthali, tous fils d’esclaves (Bilha et Zilpa), donne à penser qu’à leur origine il se glissa des éléments étrangers à l’idéal monothéiste ; ce qui a amené l’ethnographie à conclure à la présence de clans non-israélites lors de la marche vers Canaan ou lors de l’occupation du pays.

La liste des familles gadites figure dans Genèse 46.16 avec six noms propres ; Nombres 26.15 en mentionne sept, si l’on tient compte qu’Ozni remplacerait Etsbon dans la première généalogie ; dans celle de 1 Chroniques 5.11 ; 1 Chroniques 5.17, la confusion est complète. D’après les chiffres de recensements, fortement sujets à caution, dans les passages sacerdotaux, la population de la tribu aurait représenté environ les 6 ou 7 pour cent d’Israël, non compris Lévi (Nombres 1.24 ; Nombres 26.18). Les Gadites construisirent huit villes fortes pourvues de parcs à bestiaux (Nombres 32.34 ; Nombres 32.36) ; leur territoire se trouvait à l’est du Jourdain, borné au nord par Manassé et au sud par Ruben (Josué 13.24-28 etc.).

Ils n’y conservèrent pas longtemps leur indépendance : ils subirent le joug des Ammonites jusqu’à ce que le célèbre Jephté les en délivrât ; ils purent exercer plus tard leurs vertus militaires dans la guerre civile déchaînée contre les Éphraïmites, et c’est à cette occasion qu’ils forgèrent le mot de passe : schibboleth (Juges 12.6). Lors du conflit entre David et Saül (1 Chroniques 12.8-15), ils prirent fait et cause pour le premier, mais accomplirent une action héroïque pour soustraire le corps de Saül au déshonneur (1 Samuel 31.11-13). Le roi Mésa (stèle moabite, 1. 10) eut également maille à partir avec les Gadites, ainsi que les Hagaréniens (1 Chroniques 4.18-22) ; et par Jérémie l’on apprend que les Ammonites occupèrent à nouveau le territoire de ces voisins belliqueux (Jérémie 48.1). Lorsqu’en 734 Tiglath-Piléser III traita le roi Achaz en ennemi, malgré son tribut volontaire, d’après les inscriptions assyriennes les territoires situés à l’est du Jourdain tombèrent au pouvoir du potentat de Ninive et il déporta une partie des habitants (cf. 2 Rois 16 ; 2 Chroniques 2 Samuel 16 à 2 Samuel 27). Il n’est plus question des Gadites au retour de l’exil. Voir Tribus d’Israël. P. W.

2.

Prophète appelé « le Voyant » (1 Chroniques 29.29), « le Voyant de David » ou « du roi » (1 Chroniques 21.9 ; 1 Chroniques 21.2 ; Chroniques 20 26 ; 2 Samuel 24.11), ou « le Prophète » (1 Samuel 22.5 ; 2 Samuel 24.11) ; conseiller de David quand celui-ci fuyait Saül (1 Samuel 22.5) ; lui annonça le châtiment de Dieu pour avoir fait le recensement du peuple et l’engagea à construire un autel pour arrêter la peste (2 Samuel 24.11 ; 2 Samuel 24.25 1 Chroniques 21.9 ; 1 Chroniques 21.27). D’après 1 Chroniques 29.29, il écrivit une relation de l’histoire de David, et avec Nathan l’aida à régler le service musical des Lévites (2 Chroniques 29.25).


Numérisation : Yves Petrakian