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Dent
Dictionnaire Biblique Westphal Calmet

(héb. chén, de la racine chânan = aiguiser ; grec odous, de la racine édô = manger).

I Dents d’hommes

1.

Sens propre. Les dents humaines sont mentionnées en diverses circonstances (Genèse 49.12 ; Nombres 11.33 ; Lamentations 3.16) ; elles sont un élément de beauté (Cantique 4.2 ; Cantique 6.6) ; le rire d’un homme, c’est « le rire de ses dents » ( Siracide 19.30). Au contraire le grincement des dents, qui peut être l’effet de crises nerveuses attribuées aux démons (Marc 9.18), est une manifestation, commune en Orient, de haine violente, soit dans le triomphe de la méchanceté (Job 16.9 ; Psaumes 35.16 ; Psaumes 37.12 ; Lamentations 2.16 ; Siracide 51.3 dans LXX), soit dans la rage envieuse ou folle (Psaumes 112.10 ; Actes 7.54), soit dans la désolation sans remède, dans l’impuissance devant le malheur, que le Seigneur décrit comme l’état d’esprit des réprouvés (six fois dans Matthieu 8.12, etc. ; Luc 13.28). Quant à l’expression pénale : « dent pour dent », voir (Exode 21.24 ; Matthieu 5.38 etc.) Talion.

2.

Sens figurés. « Donner la pureté des dents », ou faire les dents nettes (Amos 4.6), c’est priver de nourriture. « Prendre sa chair entre ses dents » (Job 13.14), c’est défendre sa vie, comme un animal la proie qu’enserrent ses mâchoires. N’avoir plus que « la peau des dents » (Job 19.20), c’est avoir tout perdu (note de Version Synodale) ; mais d’autres interprètent : seules les gencives de Job n’ont pas été atteintes par la sorte de lèpre qui l’a frappé. La dent qui se casse est une image du perfide (Proverbes 25.19). L’effet des acides sur les dents représente des désagréments (Proverbes 10.26 ; Siracide 30.10), en particulier dans le célèbre passage où les deux grands prophètes de l’époque de l’exil proclament la responsabilité individuelle du pécheur et protestent contre le proverbe qui dénonçait des maux héréditaires : « Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées ! » (Jérémie 31.29 ; Ézéchiel 18.2).

II Dents d’animaux

1. Sens propre

Sont mentionnées : les dents du lionceau (Job 4.10), du crocodile (Job 41.5), des sauterelles, comparées à des lions (Joël 1.6 ; Apocalypse 9.8), des serpents venimeux (Sagesse 16.10), des bêtes sauvages en général (Deutéronome 32.24), nommées ailleurs « bêtes à dents » (Siracide 39.30). Dans Psaumes 22.21, Version Synodale traduit par « la dent des chiens » l’hébreu yâd = la main, au sens de : leur « pouvoir » (Segond). Pour les dents ou défenses d’ivoire, voir (Ézéchiel 27.15) ce dernier mot.

2. Sens figurés

Les dents des animaux sont toujours l’image d’une puissance hostile aux fidèles et que Dieu doit vaincre tôt ou tard : faux prophètes qui dévorent le peuple (Michée 3.5), oppresseur impitoyable (Job 29.17), ennemi sanguinaire (Zacharie 9.7), les méchants en général (Psaumes 3.8 ; Psaumes 58.7 ; Psaumes 124.6), leurs armes mêmes (Psaumes 57.5 ; Proverbes 30.14). L’apocalypse de Daniel (7.5,7) les dénonce dans les animaux aux dents redoutables, aux grandes dents de fer. Le Siracide (21.2) compare les effets du péché à la morsure du serpent ou du lion.

III Dents d’objets

Il est question d’une fourchette à trois dents (1 Samuel 2.13), et de deux dents de rocher (1 Samuel 14.4 et suivant) qui sont des cimes aiguës, comme dans Job 39.28, où l’expression littérale est « dents de la pierre » (Crampon).

Jean Laroche


Numérisation : Yves Petrakian