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Polyglotte

Ce terme, à la lettre, signifie plusieurs langues. On donne ce nom aux Bibles imprimées en plusieurs langues, c’est-à-dire, au moins en trois langues, dont les textes sont rangés en diverses colonnes. Les unes de ces Polyglottes contiennent tous les livres de la Bible ; les autres n’en contiennent qu’une partie. Voici les principales Polyglottes qui ont paru jusqu’ici :

I. La Bible de François Ximenès de Cisneros, cardinal de l’ordre de Saint François, fut imprimée en 1517, en quatre langues : en hébreu, en chaldéen, en grec et en latin.

II. La Bible de Justiniani, évêque de Nébio, et de l’ordre de Saint-Dominique, parut en 1518, en cinq langues : en hébreu, en chaldéen, en grec, en latin et en arabe. Il n’y eut que le Psautier d’imprimé : le reste est demeuré manuscrit.

III. Jean Potken, prévôt de l’église collégiale de Saint-Georges, à Cologne, fit imprimer, en 1546, le Psautier en quatre langues ; en hébreu, en grec, en chaldéen, ou plutôt en éthiopien et en latin.

IV. Les Juifs de Constantinople firent imprimer, en 1546, dans la même ville, le Pentateuque en hébreu, en chaldéen, en persan et en arabe, avec les commentaires de Salomon Jarchi.

V. Les mêmes Juifs firent aussi imprimer à Constantinople, en 1541, le Pentateuque en quatre langues : en hébreu, en chaldéen, en grec vulgaire et en espagnol.

VI. Jean Dracovitz, de Carlostad, en Franconie, donna, en 1565, le Psautier, les Proverbes de Salomon, les prophètes Michée et Joël en cinq langues : en hébreu, eu chaldéen, en grec, en latin et en allemand. La mort de l’auteur l’empêcha d’achever l’impression de son ouvrage.

VII. Benoît Arias Montanus présida à l’édition de la Bible Polyglotte, exécutée par Christophe Plantin, par les ordres de Philippe II roi d’Espagne. Cette Bible est en huit volumes [commencée en 1569, à Anvers], elle fut achevée en 1572. Elle est en hébreu, en chaldéen, en grec et en latin, avec la version syriaque du Nouveau Testament. Ce n’est proprement qu’une copie de celle de Ximenès. [Elle a encore de plus des annotations].

VIII. Il parut à Heidelberg, en 1586, une édition des livres de l’Ancien Testament en hébreu et en grec, avec deux versions latines, l’une de saint Jérôme, et l’autre de Santés Pagnin, rangées sur quatre colonnes, au bas desquelles se trouvent les notes attribuées à Valable. Ce qui a fait qu’on lui a donné le nom de Bible polyglotte de Valable.

IX. David Wolder, ministre luthérien, fit imprimer en 1596, à Hambourg, par Jacques Lucias, une bible en trois langues : en grec, en latin et en allemand.

X. Élie Hutter, Allemand, a fait imprimer plusieurs Polyglottes. La première est une Bible en six langues, imprimée à Nuremberg en 1599. Il n’y a eu d’imprimé que le Pentateuque, les livres de Josué, des Juges et de Ruth. On y voit l’hébreu, le chaldéen, le grec, le latin, l’allemand de Luther ; et pour la sixième langue les exemplaires varient selon les nations auxquelles ils sont destinés. Les uns ont la version sclavonne de l’édition de Vittemberg ; les autres, la française de Genève ; les troisièmes, l’italienne aussi de Genève ; les quatrièmes, la version saxonne faite sur l’allemande de Luther.

Cet auteur a aussi donné le psautier et le Nouveau Testament en hébreu, en grec, en latin et en allemand : mais son principal ouvrage est le Nouveau Testament en douze langues : en syriaque, en grec, en hébreu, en italien, en espagnol en français, en latin, en allemand, en bohémien, en anglais, en danois, en polonais. Cette Polyglotte, en deux volumes in-folio ou en quatre volumes in-quarto, a été imprimée à Nuremberg en 1599.

XI. La Bible de M. le Jay, en sept langues, fut imprimée à Paris par Antoine Vitré en 1645. Elle contient l’hébreu, le samaritain, le chaldéen, le grec, le syriaque, le latin et l’arabe. L’on y a suivi la version grecque imprimée à Anvers ; comme aussi le chaldéen et le latin. Rien n’est plus magnifique que le papier et les caractères de cette impression : mais on se plaint qu’il y a plusieurs fautes. [Elle fut commencée à imprimer en 1628, et finie en 1643]

XII. Aussitôt que la polyglotte de M. le Jay eut paru en Angleterre, les savants de ce pays-là entreprirent d’en donner une nouvelle édition plus correcte, plus ample et plus parfaite. Ils exécutèrent ce projet depuis 1653 jusque en 1657, et l’on vit paraître en cinq volumes une nouvelle Polyglotte, avec des prolégomènes et différents autres traités, dans le premier tome, plusieurs nouvelles versions orientales dans les quatrième et cinquième, et un fort ample recueil de variétés de leçons dans le sixième. Brian Walton est celui qui en entreprit l’édition, et qui l’acheva en 1637. D’où vient qu’on donna à cette Bible le nom de Polyglotte de Walton. Ceux qui seront curieux de savoir plus à fond l’histoire des Polyglottes pourront consulter le R. P. le Long de l’Oratoire, dans son ouvrage intitulé : Discours historique sur les principales éditions des Bibles polyglottes. À Paris, chez Pralard, 1713.

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