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Léopard

pardus, animal cruel et farouche, dont la peau est parsemée de diverses couleurs. Il a les yeux petits et blancs, l’ouverture de la gueule grande, les dents aiguës, les oreilles rondes, une grande queue, les pieds de devant garnis de cinq griffes, mais ceux de derrière n’en ont que quatre. Il est, à ce qu’on dit, extrémement ennemi de l’homme. Son nom de léopard marque qu’il tient du lion et du pard ; et on veut même qu’il soit engendré, d’un pard et d’une lionne, ou d’un lion et d’une panthère. Le nom de léopard ne se trouve dans les auteurs latins que depuis le quatrième siècle. Les anciens lisent pardus en latin, et pardalis ou panther en grec. L’auteur de la Vulgate met toujours perdus, et jamais leopardus.

Saint Ignace, évêque d’Antioche, dans son Épître aux Romains, met le nom de léopard : ce qui a fait dire à Bochart que cette Epltre était supposée et n’avait été composée qu’au quatrième siècle. Mais Péarson et Vossius reconnaissent cette Épître pour véritable, et rejettent la remarque de ceux qui soutiennent que le nom de léopard n’a pas été connu avant Spartien, qui s’en sert dans la vie de Géta.

Les Orientaux appellent quelquefois le léopard pars ; les Arabes le nomment beber ; les Tures, ios ; les Cathaiens, iem ; les anciens Grecs, ios, que les Latins ont quelquefois traduit par lynx ou lupus cerviarius. Les Persans, les Turcs et les Indiens se servent du léopard pour faire la chasse aux gazelles et aux lièvres. On dit que Thamurath, roi de la première dynastie des Perses, fut le premier qui apprivoisa cet animal et qui le fit instruire à la chasse des gazelles. Togrul-Ben-Arslan, sultan de la race des Seljoukides, nourrissait quatre cents de ces animaux pour la chasse, ayant tous des chaînes d’or et des couvertures d’écarlate.

Il paraît, par l’Écriture, que cet animal ne devait pas être rare dans la Palestine. On y trouve une ville nommée (Nombres 32.3-36 Isaïe 15.6) Beth-Nemrah, ou simplement Nemrah, ou Nemrin, demeure de la léoparde, ou simplement Léoparde, ou Léopards. Isaïe (Isaïe 13.17), décrivant l’heureux règne du Messie, dit que le léopard demeurera avec le chevreau, et le lion avec l’agneau. Jérémie (Jérémie 13.23) dit que le léopard est en embuscade près les villes des méchants ; que tous ceux qui en sortiront seront pris par cet animal, Et Osée (Osée 13.17), que le Seigneur sera comme une lionne et comme un léopard en embuscade sur le chemin des Assyriens, pour dévorer tous ceux qui passeront par là.

L’hébreu nemor, qui signifie un léopard, marque, selon la lettre, ce qui est tacheté de diverses couleurs. Jérémie (Jérémie 13.23) parle des taches du léopard L’Éthiopien changera-t-il sa couleur, et le léopard ses taches ? L’Écriture joint souvent le léopard et le lion, comme des animaux d’une égale férocité. Habacuc (Habakuk 1.8) dit que les chevaux des Chaldéens vont plus vite que les léopards. L’Épouse du Cantique (Cantique 4.8) parle de la montagne des Léopards ; c’est-à-dire des montagnes remplies de bêtes sauvages, comme le Liban, le mont Sanir, le mont Hermon. Brocard dit que la montagne nommée des Léopards est à deux lieues de Tripoli, vers le nord, et à une lieue du Liban. J’ai de la peine à croire que Salomon, dans le Cantique, ait eu en vue cette montagne particulière. Sur le léopard, on peut voir Bochart, de Animalib sacr., livre 3 e.7, p.785 et seq.

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