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Euphrate

Fleuve fameux qui a sa source dans les montagnes d’Arménie, et qui arrose les frontières de la Cappadoce, de la Syrie, de l’Arabie déserte, de la Chaldée, et de la Mésopotamie, et de là va tomber dans le golfe Persique. Aujourd’hui il se dégorge dans cette mer par un canal qui lui est commun avec le Tigre ; mais autrefois il avait son canal particulier : et du temps de Pline on voyait encore des vestiges de cet ancien canal. Moïse (Genèse 2.14) dit que l’Euphrate est le quatrième des fleuves qui avaient leur source dans le Paradis terrestre. L’Écriture l’appelle souvent le grand fleuve, et elle le donne pour limite, du côté de l’Orient, au pays promis de Dieu aux Hébreux (Deutéronome 1.7 ; Josué 1.4). Les auteurs profanes nous apprennent que l’Euphrate se déborde pendant l’été, comme le Nil, lorsque les neiges des montagnes d’Arménie viennent à fondre. L’auteur de l’Ecclésiastique semble dire la même chose (Ecclésiaste 24.36).

L’Euphrate a sa source dans les montagnes d’Arménie, de même que le Tigre. Quelques anciens ont cru que ces deux fleuves avaient une source commune :

Quaque capot rapido tollit cura Tigride magnus

Euphrates, quos non diversis fontibus édit. Persis…

Et Boèce, dans sa Consolation de la philosophie :

Tiris et Euphrates uno se fonte resolvunt, Et mox abjunctis dissociantur aquis.

Mais on sait à présent le contraire, et que ces deux fameuses rivières ont leur source à une assez grande distance l’une de l’autre. Pline et Strabon mettent sa source dans le mont Abu, ou Aba en Arménie ; mais dans presque tout le reste, ces deux auteurs se contredisent. Strabon dit que ce fleuve sort du côté septentrional du mont Taurus, et qu’il coule d’abord vers l’Occident, et ensuite vers le Midi. Pline au contraire dit, après des témoins qui avaient été sur les lieux, que l’Euphrate va du septentrion au midi, et puis retourne au couchant.

Les Arabes divisent l’Euphrate en grand et petit ; le grand est celui qui, prenant sa source dans les monts Gordiens, se décharge dans le Tigre près d’Anbar et de Pelongiah. Le petit, dont le canal est souvent plus gros que celui du grand, prend son cours vers la Chaldée, passe par Coufah, et va se décharger dans le Tigre, entre Vassith et Naharvan, en un lieu nommé aujourd’hui cerna, c’est-à-dire, Corne, parce qu’en effet il est la corne, ou le confluent du grand et du petit Euphrate…

Du petit Euphrate l’on passe dans le grand, par un canal que Trajan fit creuser. C’est la Fosse Regia ou le Basilius fluvius des Grecs et.des Romains, que les Syriens ont appelé Nahar-Malca, par où l’empereur Sévère passa pour aller assièger la ville de Ctésiphon sur le Tigre. La violence du golfe Persique cause un reflux à l’Euphrate jusqu’à plus de trente lieues au dessus de son embouchure. Les Arabes sont persuadés que les eaux de l’Euphrate sont salutaires, et qu’elles ont la vertu de guérir toutes sortes de maux [L’origine du mot Euphrate n’est pas certaine (dit Moscati dans une notice sur un Mémoire de sir W.Ouseley, intitulé : Observations on the river Euphrates (Observations sur l’Euphrate), lu à ta Société royale de littérature de Londres, le 24 février 1824). Quelques-uns le dérivent de la racine hébraïque phara, produire ; mais cette étymologie est arbitraire. Sir W. Ouseley s’est efforcé de découvrir la véritable. Dans ses recherches sur la source de ce fleuve, il a tâché de reconnaître quel était le nom qu’il portait dans le pays. Il l’a trouvé cité dans l’histoire d’Arménie par Moïse de Chorène, qui vivait dans le cinquième siècle ; il l’appelle Ephrat. Maintenant les Arméniens et les Turcs qui vivent sur ses bords, le nomment Frai ou Fora, et, avec un accent plus doux, Foiad. » Mais cela ne nous apprend pas quelle est la véritable étymologie du mot Euphrate].

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