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Adonias

Adonias (1)

Quatrième fils de David et d’Haggith. Il naquit à Hébron (2 Samuel 3.4), dans le temps que son père y était reconnu pour roi d’une partie d’Israël, pendant que la plupart obéissaient encore à Isboseth, fils de Saül. Adonias voyant qu’Amnon et Absalom, ses frères aînés, étaient morts, ne douta pas que la couronne de Juda ne lui appartint par le privilège de sa naissance. Et comme David, son père, était tombé, sur la fin de sa vie, dans un état de faiblesse qui ne lui permettait pas de vaquer aux affaires du gouvernement, il crut qu’avant sa mort il devait tâcher de se faire reconnaître pour roi. Il se donna donc un équipage magnifique, il se fit faire des chariots (1 Rois 1.5-6), il prit des cavaliers et des coureurs qui l’accompagnaient partout. David ne le trouva nullement mauvais et ne l’en reprit point. Adonias était alors l’aîné de la famille royale, très-bien fait de sa personne, aimé du roi, et ayant un puissant parti dans la cour.

Il s’était lié principalement avec Joab, général des armées de David, et avec le grand prêtre Abiathar. C’étaient, après le roi, les deux plus puissantes personnes de l’État. Mais ni le grand-prêtre Sadoc (car alors il y avait deux grands-prêtres dans le royaume) ; ni Banaïas, fils de Joaïda, capitaine des gardes du roi, ni le prophète Nathan, ni le gros de l’armée de David, n’étaient point dans son parti. Un jour donc, Adonias ayant fait un grand festin à tous ses adhérents, auprès de la fontaine de Rogel, à l’orient de la ville et aux pieds des murs de Jérusalem, il y invita tous les fils du roi, à l’exception de Salomon, et les principaux de Juda, excepté Nathan, Sadoc et Banaïas. Son dessein était de s’y faire proclamer roi du pays, et de se mettre en possession du gouvernement avant la mort de David ; mais la chose tourna tout autrement.

Nathan ayant appris ce qui se passait, alla trouver Bethsabée, mère de Salomon, et lui dit : Savez-vous qu’Adonias veut se faire reconnaître pour roi ? et voyez-vous le danger auquel vous et votre fils Salomon allez être exposés, s’il réussit dans son dessein ? Suivez donc mon conseil, et allez trouver le roi, pour lui dire ce qui se passe, et pour le faire souvenir de la parole qu’il vous a donnée, que Salomon votre fils régnerait après lui ; et pendant que vous parlerez au roi, je surviendrai et j’appuierai ce que vous aurez dit. Bethsabée alla donc trouver le roi ; et pendant qu’elle parlait, on annonça au roi que le prophète Nathan était là. David le fit entrer ; et Nathan lui dit : 0 roi, mon seigneurl est-ce par vos ordres qu’Adonias se fait reconnaître pour roi et pour successeur de Votre Majesté ? car il a fait aujourd’hui un grand festin aux généraux de d’armée et aux grands de la cour ; et après le repas, ils l’ont tous salué, en criant : Vive le roi Adonias ! Mais ni le grand-prétre Sadoc, ni Banaïas, ni Salomon, ni moi, n’y avons pas été invités.

Alors, David, ayant fait rentrer Bethsabée, lui jura qu’il exécuterait sa promesse en faveur de Salomon ; et ayant sur le champ envoyé quérir Sadoc, Nathan et Banaïas, il leur dit : Prenez avec vous mes gardes, et faites monter Salomon sur ma mule ; menez-le à la fontaine de Gihon, qui est au couchant de la ville ; et que Sadoc et Nathan le sacrent en ce lieu-là, et le fassent reconnaître pour roi d’Israël au son des trompettes, et en criant : Vive le roi Salomon I Après quoi vous le ramènerez ici, et vous le ferez asseoir sur mon trône. Il régnera en ma place, et je lui remettrai le gouvernement d’Israël et de Juda. Tout cela fut exécuté aussitôt ; et tout le peuple étant accouru, on entendit retentir de toutes parts le son des instruments et les acclamations du peuple qui criait : Vive le roi Salomon ! Aussitôt Jonathas, fils du grand-prêtre Abiathar, vint en donner avis à Adonias, à Joab et à tous ceux de son parti, qui étaient encore dans la tente où ils avaient mangé.

Alors ils se levèrent de table tout saisis de frayeur, et se retirèrent chacun chez soi. Adonias sortit avec les autres ; et craignant que Salomon ne le fît tuer, il se retira au tabernacle, et se saisit de la corne de l’autel des holocaustes. Ce qui ayant été rapporté à Salomon, il dit : S’il se conduit en homme de bien, il ne tombera pas en terre un seul cheveu de sa tête ; mais s’il se trouve dans quelque mauvaise action, il mourra. Le roi Salomon envoya donc vers Adonias, et le fit tirer de l’autel. Et Adonias étant venu se présenter devant lui, il l’adora penché jusqu’à terre ; et Salomon lui dit : Allez-vous-en dans votre maison. Ceci arriva l’an du monde 2989, avant Jésus-Christ 1011, avant l’ère vul. 1015.

Quelque temps après (un an plus tard), David étant mort, Adonias vint trouver Bethsabée (2 Samuel 2.13), mère de Salomon. Bethsabée lui dit : Venez-vous ici avec un esprit de paix ? Adonias lui dit qu’il venait dans un esprit pacifique, et qu’il avait une grâce à lui demander. Vous savez, ajouta-t-il, que le royaume m’appartenait, et que tout Israël m’avait choisi pour être son roi ; mais le royaume est passé à mon frère, parce que le Seigneur le lui a donné. Maintenant donc, je n’ai qu’une prière à vous faire. Comme Salomon ne vous peut rien refuser, je vous prie de lui demander pour moi Abisag de Sunam, afin que je la prenne pour femme. Bethsabée lui promit d’en parler au roi ; et en effet elle lui en parla, et lui dit qu’Adonias souhaitait qu’il lui accordât pour femme Abisag, qui avait été donnée à David pour l’échauffer durant sa vieillesse. Salomon lui répondit : Pourquoi me faites-vous cette demande ? Demandez donc aussi le royaume pour Adonias (Dans les mœurs de l’orient, les femmes du du roi défunt passaient de droit à son successeur. C’est pour cela qu’Absalom, lors de sa révolte et pour prendre solennellement possession du trône, épouse publiquement les femmes de David. Voyez le mot Abisag) car il est mon frère aîné, et il a déjà pour lui le grand-prêtre Abiathar, et Joab général des troupes. Salomon jura donc par le Seigneur, et dit : Que le Seigneur me traite dans toute sa rigueur, si par cette demande, Adonias n’a parlé contre sa propre vie. Je jure par le Seigneur qu’Adonias sera mis à mort aujourd’hui. Et Banaïas, fils de Joïada, ayant été envoyé pour exécuter cet ordre, il perça Adonias, et le tua, l’an du monde 2990, avant Jésus-Christ 1010, avant l’ère vulgaire 1014 [On trouvera dans mon Histoire de l’Ancien Testament, des considérations sur les faits politiques de l’histoire d’Adonias, et la réfutation des objections auxquelles ils ont servi de prétexte. Ici, je vais rapporter les termes dans lesquels un écrivain a jugé Adonias. « Ce prince, méprisable imitateur d’Absalom, dit M. Coquerel, s’est montré moins adroit conspirateur que lui. Fils, dénaturé autant que sujet rebelle, il fait descendre avec douleur au sépulcre les cheveux blancs de son père et réveille dans le cœur du vieillard l’un des plus tristes souvenirs de sa vie. Il n’a point senti de remords, puisque après avoir échappé au supplice, il voulut donner pour la vie une ombre de légitimité à ses prétentions par la voie la plus honteuse. Le discours qu’il tient à Batsébah (Bethsabée), laisse percer cette intention ; il lui rappela que par la mort d’Amnon, d’Absalom, sans doute aussi de Kiléab (Chéléab), dont il n’est fait aucune mention, il est resté fils aîné de David. Cette tentative odieuse et folle le perdit, et s’il n’entrait dans le projet de cette union aucune arrière-pensée, Adonija (Adonias) était insensé de ne pas voir à quel soupçon il s’exposait. Sans doute il est utile en ce monde que les méchants et les rebelles soient quelquefois imprudents].

Adonias (2)

Un des lévites que Josaphat, roi de Juda, chargea d’enseigner la religion à son peuple (2 Chroniques 17.8-9). Voyez Ben-Haïl.

Adonias (3)

Un des chefs du peuple qui, au temps de Néhémie, signèrent le renouvellement de l’alliance (Néhémie 10.16).

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