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Nabal
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet Westphal Bost

Homme très-riche, mais très-brutal et très-peu sensé, de la tribu de Juda et de la race de Caleb, dont la demeure ordinaire était apparemment à Maon, ville des plus méridionales de Juda, et qui avait un grand nombre de troupeaux au Carmel, qui n’était pas loin de Maon. Ce Carmel est différent d’un autre mont Carmel, situé sur la Méditerranée, entre Dora et Ptolémaïde. David durant sa disgrâce sous Saül (1 Samuel 25.2-3), ayant été obligé de se retirer dans le désert de Pharan, et aux environs du Carmel, eut toujours un très-grand soin que ses gens non-seulement ne fissent aucun tort à ce qui appartenait à Nabal, mais même qu’ils aidassent ses pasteurs en tout ce qu’ils pourraient. Ayant donc appris que Nabal était venu pour tondre ses troupeaux, il lui envoya dix jeunes hommes de sa compagnie, pour lui faire civilité, et lui demander honnêtement quelque chose pour sa troupe. Mais Nabal répondit : Qui est David, et qui est le fils d’Isaï? On ne voit autre chose aujourd’hui que des serviteurs qui fuient leurs maîtres. J’irai donc prendre la chair de mes moutons, et les provisions que j’ai faites pour mes gens, et je les donnerai à des inconnus ? Les hommes que David avait envoyés, vinrent lui rendre compte des dispositions de Nabal, et lui racontèrent tout ce qu’il avait dit.

Alors David, outré de colère, fit armer quatre cents hommes de ses gens, et partit dans la résolution de passer au fil de l’épée et Nabal et toute sa famille. Dans cet intervalle, un des serviteurs de Nabal avertit Abigaïl, femme de son maître, laquelle était fort sage et fart prudente, de tout ce qui s’était passé. Il lui dit que les gens de David leur avaient été d’un très-grand secours dans le temps qu’ils étaient avec eux dans les déserts de Pharan, et qu’ils méritaient bien qu’au moins Nabal ne les outrageât point de paroles ; et qu’il était à craindre que David, qui avait la force en main, ne s’en vengeât bientôt. Abigaïl incontinent prépara des provisions et des rafraîchissements qu’elle envoya à David ; et montant elle-même sur un âne, alla en diligence, à l’insu de Nabal, pour faire ses excuses à David. Elle le rencontra qui venait avec ses gens armés, en résolution de faire main-basse sur la maison de Nabal ; et elle sut si bien le fléchir par ses discours, que David rendit grâces à Dieu de ce qu’il l’avait envoyée pour désarmer sa colère.

Abigaïl retourna ensuite vers Nabal, et le trouva qui faisait en sa maison comme un festin de roi. Son cœur nageait dans la joie, et il avait tant bu qu’il était ivre : Abigaïl ne lui parla de rien jusqu’au matin ; mais le lendemain, lorsqu’il eut dormi, sa femme lui fit rapport de bout ce qui s’était passé ; et cette nouvelle le frappa tellement qu’il devint immobile comme une pierre ; et son cœur fut tellement saisi de frayeur que dix jours après il mourut. David ayant appris sa mort.

Dit : Béni soit le Seigneur, qui m’a vengé de la manière outrageuse dont Nabal m’avait traité, et qui n’a pas permis que je tirasse moi-même vengeance de l’injure qu’il m’avait faite.

Quelques jours après, il envoya demander Abigaïl en mariage et l’épousa. Nabal signifie un fou un insensé.