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Abia
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet Westphal Bost

[Abia est nommé(e) Abija dans certaines versions]

Abia (1)

Second fils de Samuel, et frère de Joël. Samuel leur ayant confié le soin de rendre la justice, et ayant partagé avec eux le gouvernement du peuple, ils s’en acquittèrent si mal, qu’ils obligèrent le peuple de demander un roi à Samuel 1 Rois 8 l’an du monde 2909 ; avant Jésus-Christ 1191 ; avant l’ère vulgaire 1195.

Abia [ou Abiam] (2)

Fils de Jéroboam premier roi des dix tribus. Ce jeune prince fut frappé d’une dangereuse maladie, et sa mère [Voyez Anne ou Anno], s’étant déguisée pour aller demander au prophète Ahias s’il relèverait de sa maladie, Ahias lui répondit qu’il mourrait et qu’il serait le seul de sa famille qui recevrait les honneurs de la sépulture et qui serait pleuré de tout Israël 1 Rois 14 ; mais que tous les autres descendants de Jéroboam seraient, ou mangés des chiens, ou dévorés des oiseaux en punition de l’impiété et de l’ingratitude de Jéroboam. Abia, au retour de sa mère, mourut l’an du monde 3046 ; avant Jésus-Christ 954 ; avant l’ère vulgaire 958.

Abia [ou Abiam] (3)

Roi de Juda, successeur de Roboam. Sa mère se nommait Haacha ou Michaie, fille d’Urie, autrement Abessalom. Roboam avait dix-huit femmes et soixante concubines ; mais Maacha fut celle pour qui il eut plus d’affection, et il éleva son fils Abia au-dessus de tous les fils qu’il avait eus de ce grand nombre de femmes. Abia succéda à son père l’an du monde 3046 ; avant Jésus-Christ 954 ; avant l’ère vulgaire 958. Il régna trois ans et imita la mauvaise conduite et l’impiété de son père. Il mourut l’an du monde 3049 ; avant Jésus-Christ 951 ; avant l’ère vulgaire 955. Il y eut guerre entre Abia, roi de Juda, et Jéroboam I, roi d’Israël. Abia ayant assemblé une armée de quatre cent mille hommes de Juda et de Benjamin, alla se camper sur la montagne de Soméron, où l’on bâtit depuis Samarie. Jéroboam marcha contre lui à la tête de huit cent mille hommes assemblés de tous ses États. Abia voulut haranguer l’armée ennemie pour essayer de la faire rentrer sous l’obéissance de la maison de David et la faire revenir au culte du Seigneur, mais pendant qu’il parlait, Jéroboam faisait défiler une partie de ses troupes, sans qu’on s’en aperçût, par derrière la montagne, pour envelopper l’armée d’Abia qui était beaucoup inférieure en forces. Abia et ses gens, s’en aperçurent, ils commencèrent à crier au Seigneur et à implorer son assistance. Les prêtres sonnèrent des trompettes saintes. Dieu jeta la frayeur dans le cœur des ennemis. L’armée de Juda les attaqua avec tant de furie qu’elle tua la place cinq cent mille hommes. Abia, poursuivant sa victoire, prit plusieurs villes sur Jéroboam, entre autres, Béthel Jésana et Ephron, et Israël fut tellement humilié sous la main de Juda qu’il n’osa plus rien entreprendre contre lui. Les rabbins accusent Abia de n’avoir pas ruiné l’autel profane que Jéroboam avait érigé à Béthel et de n’y avoir pas aboli le culte des veaux d’or. Il avait épousé quatorze femmes dont il eut vingt-deux fils et seize filles. Il eut pour successeur Asa, l’an du monde 3049 ; avant Jésus-Christ 951 ; avant l’ère vulgaire 955 [Bien que le roi Roboam eût pour Maacha plus d’affection que pour ses autres femmes, ce ne fut pas cette raison, comme D. Calmet le laisse entendre, qui l’engagea à choisir Abia pour son successeur. Cependant il ne serait pas fort extraordinaire qu’elle eût contribué à ce choix ; mais l’Écriture nous fait entendre, elle, que, de tous les enfants de Roboam, Abia était le seul qui paraissait né pour porter la couronne de David. Elle dit que son père le choisit pour lui succéder, parce qu’il était plus sage et plus puissant que tous ses autres enfants. Il faut dire toutefois, d’après le verset 22, que cette sagesse et cette puissance étaient, en partie, l’ouvrage du père ; mais, si Roboam s’appliqua particulièrement à faire du fils de Maacha un homme supérieur, c’est qu’il avait remarqué en lui des dispositions que n’avaient pas les enfants de ses autres femmes : Roboam dut donc le préparer au trône préférablement à celui de ses frères auquel on pourrait dire que le trône appartenait de droit. Dans le triste état où se trouvait le royaume de Juda, il fallait à la tête des affaires un homme doué de qualités dont les aînés sont quelquefois privés. Roboam, les ayant aperçues en germe dans Abia, se fit un devoir de les développer et de les agrandir. Supposant que ce monarque se laissait entraîner par une prévention née de sa grande affection pour Maacha, on doit l’accuser d’injustice quand on le voit éloigner de sa cour tous ses antres fils, les dispersant dans son petit royaume ; mais le bien de l’État commandait cette mesure, on le comprend assez pour qu’il me suffise d’en faire la remarque. On voit aussi que Roboam n’était pas, toujours au-dessous de la politique d’un roi sage et habile.

Dieu avait défendu à Roboam de faire la guerre à Jéroboam, mais cet ordre fut levé à cause des prévarications du roi d’Israël. Entre les malédictions prononcées contre Jéroboam et sa maison, se trouve celle-ci : Le Seigneur s’est établi sur Israël un roi qui ruinera la maison de Jéroboam, et cela en ce même temps (où nous vivons). Abia, qui montait alors sur le trône, put s’appliquer ce qu’il voyait de favorable dans cette parole prophétique ; mais si elle ne le regardait pas, elle dut exciter sa foi et son courage dans sa guerre avec Jéroboam. Le roi que Dieu devait s’établir sur Israël était Baasa.

On cite la harangue d’Abia pour ses beautés littéraires. Elle offre encore des beautés d’un autre ordre : on y découvre une habileté qui honore son cœur et son esprit, et que ne savent pas montrer, en nos jours, plusieurs politiques, qui se glorifient du rôle qu’ils jouent et qui prétendent à la célébrité. Deux questions embrassent le discours d’Abia : l’une politique, l’autre religieuse. Je me suis un peu étendu, dans mon Histoire déjà citée, sur ce remarquable morceau d’éloquence. Voyez, dans ce même ouvrage, à propos d’Abia, diverses questions d’apologétique, de critique historique, etc., résolues].

Abia (4)

Femme d’Achaz et mère d’Ézéchias, rois de Juda. On croit qu’elle était fille de Zacharie [souverain pontife], qui fut tué par le commandement de Joas entre le temple et l’autel 2 Chroniques 24.21. [Elle s’appelait aussi Abi. Voyez ce nom].

Abia (5)

Un des descendants d’Eléazar fils d’Aaron, se trouva chef d’une des vingt-quatre bandes des prêtres, lorsque David en fit la distribution en vingt-quatre classes 1 Chroniques 24.10. Zacharie, père de Jean-Baptiste, était de la classe d’Abia Luc 1.5, qui était la huitième entre les vingt-quatre. [Le nom d’Abia est honorablement rappelé par Néhemie].

Abia (6)

Roi des Parthes, qui fit la guerre à Izate, roi des Adiabéniens, à la sollicitation des grands du royaume d’Izate, qui s’étaient soulevés contre lui, parce qu’il avait embrassé le judaïsme. Abia fut vaincu et contraint de s’enfermer dans un château où il se vit serré de si près qu’il se tua de désespoir, de peur de tomber entre les mains de son ennemi (Josèphe Ant. I. 20).

Abia (7)

Fils de Béchor, qui l’était de Benjamin, est nommé 1 Chroniques 7.8.

Abia (8)

Femme d’Hesron, de laquelle il eut Ashur qui fut père de Thécua. 1 Chroniques 11.24.