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Isaac
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet Westphal Bost

Fils d’Abraham et de Sara. Son nom signifie le ris (rire) et Sara le lui donna à cause que quand l’ange lui promit qu’elle deviendrait mère, quoiqu’elle ne fût plus en âge d’avoir des enfants, elle sourit secrètement (Genèse 18.10-12). Et quand l’enfant fut né, elle dit (Genèse 21.6, An du monde 2108, Avant. Jésus-Christ 1892, Avant l’ère vulgaire 1896) : Le Seigneur m’a donné un sujet de ris et de joie ; et quiconque le saura s’en réjouira et en rira avec moi. Elle le nourrit de son lait, et ne voulut pas qu’Ismaël, qu’Abraham avait eu d’Agar, sa servante, héritât avec lui. Un jour même ayant vu Ismaël qui jouait avec Isaac, apparemment d’une manière railleuse et trop rude, elle obtint d’Abraham qu’il serait chassé de la maison avec Agar, sa mère (An du monde 2113, Avant. Jésus-Christ 1887, Avant l’ère vulgaire 1891). Lorsque Isaac eut atteint l’âge d’environ vingt-cinq ans (Genèse 22.1-3), le Seigneur mit à l’épreuve Abraham, et lui commanda de lui immoler son fils Isaac. Abraham prit donc Isaac et se mit en chemin avec deux de ses serviteurs, pour aller au lieu que le Seigneur lui devait montrer. Le troisième jour, ayant vu de loin ce lieu, il dit à ses serviteurs : Attendez-nous ici, nous ne ferons qu’aller jusque-là moi et mon fils ; et après avoir adoré, nous reviendrons à vous. Il prit le bois destiné pour brûler l’holocauste, le mit sur son fils Isaac, et prit dans ses mains le feu et le couteau. Comme ils marchaient ensemble, Isaac dit à son père : Voilà le feu et le bois, mais où est la victime pour l’holocauste ? Abraham, sans s’ouvrir davantage, lui répondit : Dieu y pourvoira, mon fils.

Étant arrivé au lieu marqué, qui est, à ce qu’on croit, la montagne de Moria, où depuis on bâtit le temple de Jérusalem (les Samaritains croient que c’est le mont Garizim, nommé aussi, selon eux, Moré, ou Morah), il est certain que Moré était au voisinage de Sichem (Genèse 12.6) [Voyez Jérusalem et Salem] , alors Abraham disposa le bois, lia Isaac pour servir de victime, et, prenant le couteau, il étendit la main pour égorger son fils. Mais l’ange du Seigneur lui cria : N’étendez pas votre main pour frapper l’enfant ; je connais maintenant que vous craignez Dieu, puisque, pour m’obéir, vous n’avez pas épargné votre propre fils. Il délia donc Isaac, et immola en sa place un bélier qui se trouva là auprès pris par ses cornes dans un buisson (Les païens ont transplanté dans leurs fables l’histoire de ce sacrifice. « Pausanias, dans ses Béotiques nous enseigne, dit Delort de Lavaur, qu’auprès de Thèbes il y avait un temple de Bacchus surnommé Ægobolus (qui jette un chevreau), en mémoire de ce que Dieu y avait envoyé et fait trouver un chevreau, au lieu d’un enfant qu’on était sur le point d’y sacrifier ; ce qui ne peut être qu’un reste de tradition du bélier que Dieu envoya pour être immolé au lieu du jeune Isaac. » Il y a d’autres imitations de ce sacrifice. Voyez Josué, addition). Après cela, l’ange du Seigneur lui dit : J’ai juré par moi-même, dit le Seigneur, que, puisque vous avez fait cette action, je vous bénirai et multiplierai votre race comme les étoiles du ciel, et toutes les nations seront bénies dans celui qui sortira de vous.

Isaac étant âgé de quarante ans (An du monde 2148, Avant. Jésus-Christ 1852, Avant l’ère vulgaire 1856), Abraham songea à lui donner une femme ; et ne voulant pas qu’il en épousât du nombre des Chananéennes, il envoya Eliézer, intendant de sa maison (Genèse 24), dans la Mésopotamie, pour en amener à Isaac une femme qui fût de la famille de Laban, son beau-frère. Eliézer réussit dans ce voyage, et ramena Rébecca à Isaac. Isaac l’épousa et l’introduisit dans l’appartement de sa mère, qui était morte quelques années auparavant (An du monde 2145). Comme Rébecca était stérile (Genèse 25.21-22), Isaac pria pour elle, et Dieu lui accorda la grâce de concevoir. Elle conçut et enfanta deux jumeaux (An du monde 2168, Avant. Jésus-Christ 1832, Avant l’ère vulgaire 1836), Ésaü et Jacob. Isaac avait plus d’inclination pour Ésaü, et Rébecca pour Jacob. Or quelques années après (An du monde 2187, Avant. Jésus-Christ 1813, Avant l’ère vulgaire 1817) il arriva une grande famine qui obligea Isaac de se retirer à Gérare, où régnait Abimélech (Genèse 26.1-3) ; il dit aux habitants du lieu que Rébecca était sa sœur ; et bientôt elle fut enlevée, à cause de sa rare beauté, pour être la femme du roi. Mais, Abimélech ayant remarqué qu’Isaac en usait avec Rébecca autrement qu’il n’aurait fait avec sa sœur, il la lui rendit. Cependant Isaac s’enrichissait beaucoup, et le nombre de ses troupeaux se multipliait de jour en jour ; les Philistins, habitants de Gérare, en conçurent tant de jalousie, qu’ils comblèrent tous les puits qu’avaient faits à la campagne les serviteurs d’Isaac. Abimélech lui-même lui dit de se retirer, parce qu’il était trop puissant.

Il se retira dans la vallée et sur le torrent de Gérare, où il fit creuser de nouveaux puits, sur lesquels il survint encore quelques difficultés ; enfin il revint à Bersabée, où il fixa sa demeure (Genèse 26.23-24). Le Seigneur lui apparut et lui renouvela les promesses qu’il lui avait déjà faites de le bénir et de multiplier sa race. Abimélech, roi de Gérare, vint aussi l’y trouver pour faire alliance avec lui (vers l’An du monde 2240, Avant. Jésus-Christ 1760, Avant l’ère vulgaire 1764). Or Isaac devenu vieux (il avait cent trente-sept ans, An du monde 2245, Avant. Jésus-Christ 1755, Avant l’ère vulgaire 1759), et sa vue s’étant extrêmement affaiblie, appela Ésaü, son fils aîné, et lui dit (Genèse 27.1-2) : Vous voyez que je suis vieux et que j’ignore le jour de ma mort ; prenez donc vos armes, allez à la chasse, et lorsque vous aurez pris quelque chose, faites m’en cuire un mets comme vous savez que je l’aime et apportez-le-moi, afin que je vous bénisse avant que je meure. Mais, pendant qu’Ésaü était allé à la chasse, Jacob surprit la bénédiction d’Isaac, ainsi que nous l’avons rapporté sous l’article de Jacob et d’Ésaü. Ainsi lorsque Ésaü se présenta pour recevoir la bénédiction, il trouva qu’il avait été prévenu par son frère Jacob.

Isaac vécut encore assez longtemps après cela. Il envoya Jacob en Mésopotamie (Genèse 27.1-3), afin qu’il y prit une femme de sa race, et qu’il ne s’alliât pas avec les chananéens, ainsi qu’avait fait Ésaü. Lorsque Jacob revint de ce pays au bout de vingt ans (Genèse 31, An du monde 2265, Avant. Jésus-Christ 1735, Avant l’ère vulgaire 1739), Isaac était encore en vie, et il vécut encore vingt-trois ans, étant mort âgé de cent quatre-vingt-huit ans (Genèse 35.28-29), l’an du monde 2283, avant Jésus-Christ 1712, avant l’ère vulgaire 1716, et il fut enterré avec Abraham par Ésaü et Jacob, ses fils. Les Hébreux disent qu’Isaac eut pour maîtres dans l’étude de la loi de Dieu les patriarches Sem et Héber, qui vivaient alors ; et que quand Abraham partit dans le dessein d’aller immoler Isaac il dit à Sara qu’il menait son fils à l’école de Sem. Ils croient aussi qu’Abraham composa les prières qu’ils ont accoutumé de réciter le matin, Isaac celles de midi, et Jacob celles du soir [Isaac est une figure expressive de Jésus-Christ. M. l’abbé Caron, curé d’Ailly-le-Haut Clocher, a publié, il y a vingt ans environs un excellent ouvrage où il établit les rapports entre ce saint patriarche et nôtre divin Sauveur].