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Hammon
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet Westphal

Jupiter Hammon. C’est un sentiment presque généralement reçu parmi les critiques, que Jupiter Ammon, adoré dans l’Égypte, est le même que Cham maudit par Noé, son père. La conformité des noms et plusieurs autres circonstances tirées de la Fable et de l’Histoire ont donné grand cours à cette opinion l’Égypte est nommée la terre de Cham, en plus d’un endroit de l’Écriture (Psaumes 78.51). On remarque encore des vestiges de son nom dans Pso-Chemmis, et Psitachemmis, qui sont des cantons de l’Égypte. Plutarque parle du nom de Chémia, qu’on donnait a ce pays. Il est certain qu’il a été peuplé par Mezraïm, un de ses fils (Genèse 10.6), et que les pays voisins ont été possédés par les descendants de ses autres fils, Chus, Phuth et Chanaan.

Si Noé est le Saturne des païens, Cham, le cadet de ses enfants, doit être leur Jupiter. Ce que les poètes disent de Jupiter et de la violence qu’il fit à son père, a beaucoup de rapport à l’action de Cham. Jupiter coupa son père ; Cham ne couvrit pas la nudité de Noé ; le texte hébreu même peut marquer il a coupé, au lieu de, il annonça, en changeant la ponctuation, qui est d’une invention nouvelle. Saturne partagea tout le monde à ses trois fils : il donna à Jupiter le ciel, la mer à Neptune, les enfers à Pluton. Noé donne l’Afrique à Cham, l’Asie à Sem, l’Europe à Japhet l’Afrique passe pour le pays le plus élevé et le plus près du ciel.

On croit que Cham introduisit l’idolâtrie dans l’Égypte et qu’il y reçut lui-même les honneurs divins. On croit aussi qu’originairement on n’adora que les astres, et qu’ensuite on rendit le même culte aux hommes illustres et aux rois. Ammon est le même que le Soleil, selon les anciens théologiens du paganisme. Saint Clément d’Alexandrie parle d’un Apollon, fils d’Ammon. On sait qu’Apollon est le Soleil ; on donne aussi pour fils à Ammon Bauhen l’Indien, qu’il eut de la nymphe Amalthée, et qui fut l’inventeur des pressoirs.

Les Égyptiens, avant la domination d’Alexandre le Grand dans l’Asie et dans l’Égypte, ne connaissaient point le culte du Jupiter des Grecs ; mais ceux-ci ayant introduit leur religion, avec leur langue et leurs mœurs, dans l’Égypte, les Égyptiens, les plus superstitieux de tous les peuples, adoptèrent aisément le faux culte des Grecs, et le joignant à leurs anciennes traditions, en composèrent un mélange monstrueux des divinités grecques et égyptiennes. Les Grecs voulurent trouver leurs dieux dans ceux des Égyptiens, et les Égyptiens, sur quelque léger caractère de ressemblance, firent passer leurs dieux sous le nom de ceux des Grecs. On fit, par exemple, d’Isis, Diane, la Lune, Vénus, Cérès, etc. ; d’Osiris, on fit Apollon et Adonis, etc. ; d’Ammon, ou fit Jupiter, le Soleil, le plus grand et le premier des dieux.

Le temple de Jupiter Ammon passait pour un des plus anciens du monde : on n’en saurait montrer l’origine. Il était situé au milieu d’un bois consacré à cette divinité, et il servait de forteresse aux peuples des environs. Trois grands murs formaient son enceinte : dans la première enceinte, on voyait un ancien palais, qui avait servi autrefois de demeure aux rois du pays. Dans la seconde enceinte étaient les appartements des femmes et des enfants de ces rois ; et dans cette même enceinte étaient le temple et l’oracle d’Ammon ; enfin la dernière cour contenait les logements des gardes et des soldats du prince. Quinte-Curce, de qui nous tenons cette description, dit que les prêtres de Jupiter Ammon, portaient cette divinité dans un navire, d’où pendaient des deux côtés grand nombre de plats d’argent. Ammon était représenté et adoré sous la forme d’un bélier, ou du moins avec une tête d’homme armée de cornes de bélier. On peut voir ci-devant l’article Ammon.