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Coupe
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet Westphal Bost

On peut voir ce que nous avons dit sur le mot Calice. La coupe de bénédiction est celle que l’on bénissait dans les repas de cérémonie et dans laquelle on buvait à la ronde. C’est ainsi que dans la dernière cène (Luc 22.20 1 Corinthiens 11.25), Jésus-Christ bénit le calice de son sang après le souper et le fit boire à tous ses apôtres. La coupe de salut, dont il est parlé dans les Psaumes (Psaumes 115.13), est une coupe d’actions de grâces, que l’on buvait en bénissant le Seigneur et én lui rendant grâces de ses miséricordes. On en voit encore la pratique dans le troisième livre des Machabées, où les Juifs d’Égypte, dans les festins qu’ils firent pour leur délivrance, offrirent des coupes de salut (3 Machabées 6.27).

Les Juifs ont encore aujourd’hui de ces coupes d’actions de grâces, que l’on bénit dans les cérémonies de leurs mariages et dans les repas qu’ils font pour la circoncision de leurs enfants. Quelques commentateurs croient que la coupe de salut n’est autre chose que le vin que l’on répandait sur les victimes d’actions de grâces, suivant la loi de Moïse (Psaumes 15.5).

La coupe, dans le style de l’Écriture, marque aussi quelquefois le partage (Genèse 44.5), parce que dans les repas on donnait à chacun sa coupe que l’on remplissait de vin autant de fois qu’il en avait besoin ; ou bien le prophète parle de ces coupes que l’on buvait en cérémonie et chacun à son tour. Dieu est mon héritage et ma coupe : je ne veux avoir aucune part à l’héritage, aux festins, aux sacrifices, au partagé, à la société des méchants ; Dieu seul me suffit, il est mon partage et ma coupe : je n’en désire pas davantage.

La coupe de Joseph dont parle l’Écriture, et que l’on cacha dans le sac de Benjamin, le plus jeune des frères de ce patriarche, est le sujet de plusieurs différentes conjectures fondées sur les paroles des officiers de Joseph : La coupe que vous avez volée est celle dans laquelle mon seigneur boit et dont il se sert pour prédire l’avenir.

On demande si en effet Joseph se servait de la coupe pour prédire l’avenir, ou si ses gens le croyaient ainsi, ou s’ils disent cela suivant l’opinion commune des Égyptiens, qui tenaient Joseph pour un grand magicien ; ou s’ils le disent pour intimider les frères de Joseph, leur faisant accroire que Joseph, qu’ils ne connaissaient pas encore pour leur frère, était un homme très-expert dans l’art de deviner, qui avait connu par la vertu de son art le vol qu’ils lui avaient fait.

Tous ces sentiments ont leurs défenseurs. Il est Certain que les anciens avaient une sorte de divination par la coupe. Les Orientaux disent que l’ancien roi Giamschid, qui est le Salomon des Perses, et Alexandre le Grand, avaient des coupes par le moyen desquelles ils connaissaient toutes les choses naturelles et quelquefois même les surnaturelles. Les anciens parlent de certaines coupes divinatoires pleines de vin ou d’autres liqueurs, que l’on répandait en cérémonie du côté de l’anse et dont on tirait des présages pour l’avenir. Pline parle des divinations par le moyen des eaux et des bassins. Or, voici de quelle manière on devinait par le gobelet. On y jetait de petites lames d’or ou d’argent, ou quelques pierres précieuses, sur lesquelles étaient gravés certains caractères ; après quelques invocations et cérémonies superstitieuses, on consultait le démon. Il répondait en plusieurs façons : quelquefois par des sons articulés ; quelquefois il faisait paraître sur la superficie de l’eau les caractères qui étaient dans le gobelet et formait sa réponse par leur arrangement : quelquefois il traçait l’image de la personne au sujet de laquelle on l’avait interrogé.

D’autres fois on attachait un anneau à un fil qu’on tenait suspendu sur l’eau qui était dans la coupe l’anneau marquait par ses différentes percussions les choses qu’on voulait savoir. Quelquefois aussi on jetait dans l’eau qui était contenue dans le gobelet, des gouttes de cire fondue, qui s’arrangeaient avec art et formaient les réponses aux questions qu’on avait faites.

Nous ne prétendons nullement prouver par là que Joseph se soit servi de la coupe pour deviner : il était certainement très-habile dans la science de prédire l’avenir ; mais ce n’était pas une science acquise, ni un art curieux et diabolique : c’était une vertu surnaturelle que Dieu lui avait communiquée et qui lui avait attiré cette haute considération où il était dans l’Égypte. Il n’est pas incroyable que les Égyptiens et peut-être une partie de ses gens le crussent vraiment magicien et qu’ils en aient parlé suivant cette prévention, mais il ne s’ensuit pas qu’il ait usé de la coupe pour deviner.

Le texte hébreu même de la Genèse peut avoir un autre sens : N’est-ce pas la coupe dans laquelle mon seigneur boit et qu’il cherche avec beaucoup de soin ? Ou bien : N’est-ce pas la coupe dans laquelle mon seigneue boit et par laquelle il vous a éprouvés. Il va éprouver si vous êtes aussi reconnaissants que volis devez être des bontés qu’il a eues pour vous. Cette coupe servira à donner une preuve de votre ingratitude et de votre infidélité.