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Romains 13
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Plan du commentaire biblique de Romains 13

Obligation universelle, fondée sur l’origine divine de l’autorité

Toute personne doit obéissance aux autorités, car elles viennent de Dieu et existent en fait par la volonté de Dieu ; leur résister, c’est donc résister à Dieu (1, 2)

Le rôle bienfaisant des magistrats

Institués par Dieu, ils ne sont redoutables qu’aux méchants : si tu fais le bien, tu auras leurs louanges. Ils sont serviteurs de Dieu pour noire bien ; ils exécutent les jugements de Dieu sur ceux qui font le mal. Il faut donc leur obéir, non seulement par crainte du châtiment, mais par motif de conscience (3-5)

Les impôts et les autres obligations du citoyen chrétien

C’est pour les mêmes raisons que vous payez les impôts, car les magistrats servent Dieu en s’occupant de la chose publique. Rendez à chacun d’eux ce que vous lui devez : péage, crainte, honneur (6, 7)

1 Que toute personne soit soumise aux autorités placées au-dessus de nous ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu ; et celles qui existent ont été instituées par Dieu.
Chapitre 13
1 à 7 l’obéissance aux autorités constituées

Après avoir donné au chrétien des préceptes qui sont relatifs à ses rapports avec Dieu, avec ses frères, avec ses ennemis, qui concernent, en d’autres termes sa vie religieuse et morale, l’apôtre lui prescrit son attitude vis-à-vis des autorités, sa conduite dans la vie civile : que toute personne (grec toute âme, il s’agit d’un devoir qui incombe à tout homme et non pas seulement au chrétien) soit soumise aux autorités placées au-dessus de nous.

Ces autorités étaient alors les représentants de la Rome païenne ; le maître du monde était Néron, cet empereur qui poussa la méchanceté jusqu’à la folie ; tous les magistrats relevaient de lui. Et Paul parle à des chrétiens qui avaient des raisons pour ne voir dans ces autorités que des adversaires de leur foi, et bientôt de leur liberté et de leur vie.

Plusieurs de ceux auxquels il s’adressait étaient des Juifs convertis, imbus encore des maximes de leur nation, d’après lesquelles il était contraire à la volonté de Dieu de se soumettre à des autorités païennes et de leur payer le tribut (comparez Matthieu 22.15-22).

Enfin les chrétiens pouvaient penser que, porteurs d’une vie nouvelle au sein de l’humanité, ayant pour mission de fonder le royaume de Dieu sur la terre, ils devaient prendre une position négative et hostile à l’égard des pouvoirs constitués, puisque ceux-ci incarnaient les idées de ce monde païen que l’Évangile était appelé à conquérir. Ces circonstances donnaient une haute importance aux principes que l’apôtre exprime ici.

L’Évangile ne devait pas appeler les hommes à la révolte, les pousser à renverser brusquement l’ordre établi. Il devait agir comme le levain dans la pâte, (Matthieu 13.33) pénétrer peu à peu de sa saveur et de sa force divine l’humanité entière, et s’adapter, dans sa sainte spiritualité, à toutes les formes que peut revêtir la société.

Il en résulte que la soumission aux autorités est le constant devoir du chrétien. Si les apôtres n’avaient pas prêché cette soumission, le christianisme se serait manifesté, non comme une vie venant du ciel, mais comme une puissance terrestre, il aurait cherché à triompher par des armes charnelles dans la lutte avec les autres puissances de ce monde et il aurait perdu sa nature propre ; car le Maître a dit : « Mon règne n’est pas de ce monde » (Jean 18.36).

Dans notre passage, l’apôtre ne se fonde pas sur ces considérations relatives à la nature du règne de Dieu. Il n’invoque pas non plus des raisons d’opportunité, de prudence politique. Il donne comme motif de soumission aux autorités établies une seule raison, péremptoire, absolue : l’origine et l’institution divines de toute autorité.

Car il n’y a point d’autorité (grec) si ce n’est de la part de Dieu (D, majuscules), ou (établie) par Dieu (Codex Sinaiticus, B A), et celles qui existent ont été instituées par Dieu.

On s’est demandé si cette définition s’appliquait seulement à l’autorité dont les titres sont consacrés par un long usage. Les partisans du droit divin, de la royauté par la grâce de Dieu ont prétendu fonder sur la parole de l’apôtre leurs théories absolutistes. Ils ont affirmé, en conséquence, qu’un gouvernement issu d’une révolution ne saurait être considéré comme institué par Dieu.

C’est limiter arbitrairement la portée du principe posé par l’apôtre. Paul estime que tout pouvoir qui existe est institué par Dieu. Quelles que soient ses origines, par quelques moyens qu’il se soit établi, il est un fait providentiel, que Dieu a permis et voulu, et auquel le chrétien doit se soumettre (verset 3 et suivants).

En disant qu’il n’a a point d’autorité si ce n’est par Dieu, Paul entendait certainement parler de l’empereur qui régnait alors à Rome. Or Néron était arrivé au trône par un crime et ne s’y maintenait que par une série de crimes, plus atroces les uns que les autres. Jésus s’est prononcé dans un sens analogue, en répondant aux Juifs qui lui demandaient s’ils devaient payer l’impôt : « Rendez à César ce qui est à César ». Il envisage aussi la domination de César comme un fait voulu de Dieu, que l’on peut reconnaître, tout en rendant à Dieu le service qui lui est dû ; mais il est moins affirmatif que Paul sur le droit divin de l’autorité établie (Marc 12.13-17).

On peut, à propos du principe énoncé par l’apôtre, poser deux questions :

  1. En temps de révolution, quand un pouvoir établi est renversé et remplacé par un gouvernement nouveau, plus ou moins stable, à quel moment le chrétien doit-il considérer le pouvoir naissant comme institué par Dieu ?
  2. Le chrétien doit-il observer en politique une attitude toute passive, se borner à s’incliner devant le fait accompli, subir docilement un régime qu’il a reconnu détestable, sans essayer de le modifier ?

On ne saurait trouver de réponses à ces questions dans la parole apostolique. Paul donnait ses instructions à des chrétiens qui formaient une infime minorité dans l’empire, et qui ne devaient pas de longtemps être en situation de concourir activement aux affaires publiques et de jouer un rôle politique. Il se borne à leur présenter comme un devoir religieux le respect des autorités établies et de l’ordre social existant.

2 En sorte que celui qui est rebelle à l’autorité résiste à l’ordre institué par Dieu ; or ceux qui y résistent attireront sur eux-mêmes un jugement.

L’ordre institué par Dieu (grec l’institution de Dieu), ce terme désigne, tout ensemble, l’état de droit et l’état de fait (comparez verset 1, note).

Ils attireront sur eux-mêmes un jugement. Par ce jugement, il ne faut entendre ni la condamnation définitive prononcée par Dieu, et qui entrains la perdition éternelle, ni simplement une peine infligée par l’autorité humaine lésée. Le premier sens dépasse la pensée de l’apôtre, le second est d’une vérité trop évidente pour qu’il eût estimé nécessaire de l’énoncer.

Ce jugement est donc bien une punition infligée par Dieu à ceux qui ne respectent pas l’ordre établi par lui, mais une punition qui s’accomplit dans le domaine temporel et le plus souvent par l’entremise de l’autorité humaine méconnue (Matthieu 26.62 ; Apocalypse 13.10).

Être rebelle à l’autorité, c’est s’opposer à Dieu. Le chrétien qui saisit la loi dans son esprit ne restreindra pas ce précepte à la résistance violente et armée, mais l’étendra à toute attitude hostile, à toute action qui tend à désaffectionner le peuple de ceux qui le gouvernent à toute approbation des tentatives de résistance et de révolte.

Cependant, ici comme au verset précédent, ce qui concerne l’activité politique du chrétien en tant que citoyen, son droit d’apporter des modifications au gouvernement de son pays, demeure en dehors de l’horizon de l’apôtre. Paul se borne à poser le principe de l’obéissance aux magistrats et du respect de l’ordre social.

3 Car les magistrats ne sont pas redoutables pour la bonne action, mais pour la mauvaise. Or veux-tu ne pas craindre l’autorité ? Fais le bien, et tu recevras d’elle la louange ;

Grec : Car les magistrats ne sont pas un sujet de crainte pour l’œuvre bonne, mais pour la mauvaise.

Quelques majuscules et minusc. portent : crainte des œuvres bonnes, mais des mauvaises.

L’œuvre bonne, c’est la pratique de ce qui est juste, légitime, utile à la société. L’œuvre mauvaise, c’est le contraire. La première vaut à celui qui l’accomplit la louange des autorités.

L’apôtre ne craint pas d’en appeler à l’approbation de magistrats païens. Dans 1 Pierre 2.13-14 le même rôle, réprimer le mal et encourager le bien, est attribué aux autorités.

4 car elle est au service de Dieu à ton égard pour le bien. Mais si tu fais le mal, crains, car ce n’est pas en vain qu’elle porte l’épée ; elle est, en effet, au service de Dieu, chargée de punir, pour manifester la colère divine, celui qui fait le mal.

L’apôtre, dans tout ce passage, parle au point de vue de l’institution idéale et divine de l’autorité ; il se tait sur les cas trop fréquents où les magistrats sont loin de répondre aux intentions de Dieu et de se montrer dignes de leur auguste charge.

Son silence a évidemment pour but de laisser subsister dans toute son étendue le principe de l’obéissance, alors même que ceux qui exercent l’autorité ne méritent pas personnellement le respect.

Car Si le mauvais prince est un fléau du Seigneur pour punir les péchés du peuple, reconnaissons que. c’est par notre vice que cela advient, qu’une bénédiction excellente de Dieu nous est tournée en malédiction : et pourtant ne laissons point d’avoir en révérence la bonne ordonnance de Dieu.
— Calvin

On se demande ici pourquoi Paul ne fait aucune mention du cas où l’autorité ordonne des choses qui se trouvent en opposition manifeste avec la Parole de Dieu, puisque ce fait se présentait si fréquemment au temps des apôtres et qu’eux mêmes avaient posé ce principe : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 4.19 ; Actes 5.29).

Paul ne mentionne pas ce principe, qu’il a bien su pratiquer à l’occasion, sans doute parce qu’il estime que le chrétien, consciencieusement soumis à l’autorité dans tout ce qui est du ressort de celle-ci, ne s’oppose pas réellement à elle quand il est contraint d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Il le fait en effet, à ses périls et risques, il souffre sans murmurer les conséquences de son obéissance à Dieu, la mort y comprise ; et en mourant, il priera encore pour l’autorité qui le persécute.

Les chrétiens n’ont commencé à transgresser la règle énoncée ici par l’apôtre que lorsqu’ils ont pris les armes pour défendre leur cause contre les autorités de leur pays ; mais alors aussi, ils ont « attiré sur eux un jugement » (verset 2).

L’épée que le magistrat ne porte pas en vain est le symbole du pouvoir en général, et spécialement du droit d’ôter la vie. C’est trop presser ce terme que d’en faire un argument en faveur de la peine de mort.

L’autorité est (grec) ministre de Dieu, chargée de punir, (grec) justicier (ou vengeur) en vue de la colère (de Dieu) pour celui qui fait le mal.

5 C’est pourquoi il est nécessaire de se soumettre, non seulement à cause de la colère, mais encore à cause de la conscience.

Le chrétien se soumet, non par crainte du châtiment que l’autorité courroucée pourrait lui infliger, mais parce que la conscience lui fait un devoir de respecter l’ordre établi par Dieu.

6 C’est aussi pour cela, en effet, que vous payez les impôts, car ceux qui les perçoivent sont des ministres de Dieu qui s’appliquent à cela même avec constance.

Ce verset confirme (en effet) par un fait particulier ce que l’apôtre vient de dire du rôle des autorités et de l’obligation de leur être soumis.

C’est pour cela aussi, en vertu de cette obligation, que vous payer les impôts, pratique universelle, qui ne s’expliquerait pas sans cette obligation ; en effet, ceux qui les perçoivent (mots sous-entendus dans l’original) sont ministres de Dieu.

Le mot ministre désigne celui qui exerce une fonction publique et, dans le Nouveau Testament, une fonction d’un caractère religieux (Hébreux 8.2). De la même racine provient le mot liturgie. Paul s’applique à lui-même ce terme dans Romains 15.16, note.

Les percepteurs de l’impôt sont des ministres de Dieu qui s’appliquent avec constance à cela même, à la perception de l’impôt.

Les bienfaits de l’ordre, dans une société qui, préservée des horreurs de l’anarchie, jouit de la sécurité indispensable à son développement, sont aux yeux de tout bon citoyen un motif de supporter sans murmure les charges que lui impose l’État et en particulier de s’acquitter consciencieusement des contributions publiques. On voit par les écrits des Pères de l’Église combien, dans les premiers siècles, les chrétiens mettaient de soins à remplir ces devoirs, même envers une autorité païenne qui les persécutait.

7 Rendez à tous ce que vous leur devez : l’impôt à qui vous devez l’impôt ; le péage à qui vous devez le péage ; la crainte à qui vous devez la crainte ; l’honneur à qui vous devez l’honneur.

Dans cette énumération des devoirs civiques, l’apôtre mentionne non seulement les prestations extérieures, mais les sentiments qui doivent animer le citoyen chrétien envers ceux que Dieu a investis du pouvoir.

C’est la conclusion de tout ce qui précède, bien que le donc, qui se lit dans les majuscules plus récents, soit probablement inauthentique.

Le mot que nous rendons par impôt est la contribution directe, exigée de chaque citoyen, la capitation.

Le péage désigne les contributions indirectes, prélevées sur les objets, les articles de consommation, etc.

8 Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi.
Plan
L’apôtre recommande à ses lecteurs de n’avoir de dette envers autrui que celle d’un amour réciproque. Toutes les obligations envers le prochain, telles qu’elles sont formulées dans le décalogue, se résument dans celle de l’amour (8-10)

8 à 10 l’amour du prochain, accomplissement de la loi

L’apôtre applique a nos relations avec tous nos semblables ce qu’il vient de dire (verset 7) de nos rapporte avec les représentants de l’État : n’ayez de dette envers aucun d’eux, acquittez-vous fidèlement de tous vos devoirs envers chacun.

Mais il est un devoir dont nous ne nous acquitterons jamais entièrement, c’est le devoir d’aimer nos frères ; quoi que nous fassions, une partie de notre dette envers le prochain subsistera ; elle s’accroîtra même à mesure que nous chercherons à remplir les obligations qu’elle nous impose, car ces obligations sont illimitées.

La tâche de l’amour est infinie. Plus l’amour est actif, plus il la voit grandir, car, inventif comme il l’est, il découvre incessamment de nouveaux objets à son activité.
— Godet

Plus nous nous acquittons de cette dette, plus elle augmente ; mais aussi plus nous la payons, plus nous devenons riches pour la payer encore.

L’amour que nous donnons n’est pas perdu pour nous ; Il se multiplie en se donnant.
— Augustin

Du reste, dans ce passage, Paul considère surtout l’amour comme le moyen de remplir tous les devoirs de la justice, de « ne point faire de mal au prochain » (verset 10). Il ne revient donc pas au sujet de la charité et de l’amour fraternel, qu’il a traité Romains 12.9 et suivants L’amour que l’apôtre recommande ici, c’est l’amour du prochain en général et non l’amour des chrétiens les uns pour les autres (1 Thessaloniciens 4.9 ; Jean 13.34).

Il dit : « Celui qui aime les autres a accompli la loi ». Le verbe est au passé, parce que cet amour est une sûre garantie de l’accomplissement de tous les commandements de la loi ; celle-ci peut être envisagée comme déjà tout accomplie par celui qui aime (verset 10).

9 En effet, les commandements : Tu ne commettras point adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et s’il y a quelque autre commandement, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Paul cite les commandements de la seconde table du décalogue. Il ne mentionne pas ceux de la première table, parce que les devoirs envers Dieu ne se rapportent pas directement au sujet qu’il traite.

Le commandement relatif à l’adultère est mis avant celui qui interdit le meurtre. Il en est de même dans : Marc 10.19 ; Luc 18.20 ; Jacques 2.11 et dans certains manuscrits de la version grecque de l’Ancien Testament. Paul n’a probablement pas fait cette inversion avec intention.

10 L’amour ne fait point de mal au prochain ; l’amour est donc l’accomplissement de la loi.

Comparer la note du verset 8. Les exemples fournis par l’obéissance aux commandements énumérés montrent que l’amour est l’accomplissement de la loi.

Lequel, en effet, de ces commandements peut être violé, lequel n’est pas entièrement accompli par nous, dans son esprit comme dans sa lettre, envers ceux que nous aimons de tout notre cœur ?

La citation du neuvième commandement : « Tu ne diras point de faux témoignage », qui se lit dans Codex Sinaiticus, quelques majuscules et versions, ne paraît pas authentique.

11 Et cela, faites-le, connaissant le moment présent : l’heure est venue de vous réveiller du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons cru.
Plan
L’heure du réveil

La pratique des règles de la vie chrétienne se recommande à ceux qui savent que la consommation du salut est proche. La nuit passe, le jour se lève ; il faut laisser ce qui ne peut se faire que dans les ténèbres et saisir les armes de la lumière (11, 12)

Revêtir Christ

Conduisez-vous comme il sied de se conduire de jour. Au lieu de vous abandonner aux vices et aux passions, unissez-vous étroitement à Jésus-Christ et ne cherchez pas à satisfaire les convoitises de la chair (13, 14)

11 à 14 exhortation à la vigilance et à la sanctification, fondée sur l’approche de la délivrance finale

Faites-le est sous-entendu dans l’original. Le pronom cela embrasse tous les préceptes qui viennent d’être énoncés dès le Romains 12, et en particulier le commandement de l’amour du prochain, qui résume toute la loi (versets 8-10).

Les chrétiens ont un motif pressant de les exécuter fidèlement : ils connaissent le moment présent, ils savent que le règne de Dieu vient, qu’un court délai leur est accordé encore pour achever leur sanctification.

Grec : Que c’est l’heure déjà de vous réveiller du sommeil.

Vous est la leçon de Codex Sinaiticus, B. A, C, ; les autres documents portent nous.

Nous rattachons déjà à c’est l’heure : elle est venue, elle est là. D’autres rattachent ce mot à vous réveiller, dans le sens de : enfin, une bonne fois, sans tergiverser plus longtemps.

Car maintenant le salut est plus près de nous… Par le salut, l’apôtre entend ici notre complet et définitif affranchissement du péché et de toutes ses conséquences qui sera l’effet du retour glorieux du Seigneur.

Le verbe « sauver » est employé dans le même sens, Romains 5.10 et Romains 10.10. D’après Romains 8.23-24 « nous sommes déjà sauvés », mais « en espérance », car nous attendons encore « la rédemption de notre corps ».

Avec toute l’Église primitive, Paul croyait à l’imminence du retour du Christ.

Cette parole suppose que l’apôtre n’avait pas l’idée de toute la durée du temps qui s’écoulerait jusqu’à l’avènement du Christ.
— Godet (1 Thessaloniciens 4.17 ; 1 Corinthiens 15.52)

L’attitude qu’il propose à ses lecteurs n’en est pas moins conforme à la situation du chrétien et de l’homme ici-bas, car la fin peut venir pour nous d’un moment à l’autre. Si le Seigneur ne vient pas c’est nous qui pouvons être appelés tous les jours à comparaître devant lui. Jésus invoquait souvent ce motif de vigilance (Marc 13.35 ; Luc 12.36, etc.). Les dispositions que cette attente crée et entretient dans nos cœurs sont des plus favorables aux progrès de notre sanctification.

12 La nuit est avancée, le jour est proche. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière.

La nuit, c’est le temps qui doit s’écouler encore jusqu’au retour glorieux du Christ. Ce retour est comparé au lever du soleil.

Sans doute, par la première venue du Christ, la lumière a déjà lui dans les ténèbres, mais « les ténèbres ne l’ont pas reçue » (Jean 1.5-9 ; comparez Luc 1.78-79).

L’état dans lequel l’humanité est plongée encore aujourd’hui est bien la nuit, même là où le message de l’Évangile retentit depuis longtemps Cette image, qu’il ne faut d’ailleurs pas trop presser, correspond à celle du « sommeil » (v 11) qui, elle non plus, ne doit être prise dans un sens absolu (1 Thessaloniciens 5.4-8 ; Éphésiens 5.8-14).

Et voici la conclusion pratique à tirer de cette situation : Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière.

Le péché et ses mille convoitises se trahissent comme œuvres de ténèbres déjà en ce que, littéralement ils fuient la lumière du jour (Éphésiens 5.11). D’autre part, l’approche du jour invite le soldat à revêtir ses armes pour recommencer la lutte.

Le mot que nous traduisons par armes signifie aussi « instruments ». Mais, d’après 1 Thessaloniciens 5.8 ; Éphésiens 6.10-18, Paul lui donne plutôt le premier sens.

13 Comme en plein jour, marchons honnêtement, non dans les orgies et l’ivrognerie, non dans les impuretés et la luxure, non dans les querelles et la jalousie ;

Comme en plein jour (grec comme de jour), ainsi qu’il sied à la lumière du jour. Même celui qui aime la souillure garde, de jour, les apparences de l’honnêteté.

Combien plus l’homme dont la conscience a été éclairée par Jésus-Christ doit il rejeter tout ce qui ne saurait supporter la lumière. Sur ces « œuvres des ténèbres », groupées en trois paires, comparer : 1 Corinthiens 3.3 ; 2 Corinthiens 12.20 ; Galates 5.19-20.

14 mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et ne prenez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises.

Quel contraste entre les vices grossiers qui étaient la vie habituelle de beaucoup de païens (verset 13) et cet ordre : Revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ !

Cette image est souvent employée par Paul (Galates 3.27 ; Éphésiens 4.24 ; Colossiens 3.10) ; elle est empruntée à l’Ancien Testament (Ésaïe 61.10 ; Psaumes 132.9). Christ s’unit à nous plus étroitement que le vêtement ne s’unit au corps. Il nous pénètre de son esprit ; c’est lui qui vit, pense aime, agit en nous. C’est là « revêtir l’homme nouveau, qui se renouvelle selon l’image de celui qui l’a créé » (Colossiens 3.10).

D’après Galates 3.27, le croyant a déjà revêtu Christ au moment du baptême. Mais il doit répéter tous les jours cet acte de foi, par lequel il s’unit à son Sauveur. La contre partie, la condition négative de l’union avec Christ est indiquée par cette recommandation dernière qui forme, en quelque manière transition au sujet traité dans Romains 14 : Ne prenez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises, (grec) ne faites pas le soin, ne vous livrez pas à la préoccupation de la chair pour des convoitises ou des mauvais désirs, pour les satisfaire ou les exciter, ce peut être le but de celle préoccupation de la chair ou sa conséquence inévitable.

Le soin du corps n’est point interdit par ces paroles ; l’Écriture honore le corps et nous apprend à le sanctifier, puisqu’il est destiné à la gloire (1 Thessaloniciens 5.23) ; mais il s’agit ici de la chair et de tout ce qui nourrit ses désirs impurs.

C’est sur ce passage (versets 11-14) que tombèrent les preux d’Augustin, quand une voix lui fit entendre cet ordre répété : « Prends et lis ! » Par cette exhortation de Paul fut allumée la plus vive lumière que le Seigneur ait fait luire sur la terre depuis le siècle des apôtres jusqu’à celui des Réformateurs.