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Psaumes 71
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Psaumes 71

Ne m’abandonne pas au temps de ma vieillesse

Bien que ce psaume ne soit pas, comme le précédent, un fragment d’un autre psaume, nous y trouvons de nombreuses réminiscences de cantiques plus anciens. Le psalmiste, surtout dans la première strophe, reproduit librement, et comme exprimant ses propres pensées, les paroles que peut-être il a jadis chantées avec le peuple. L’auteur, un vieillard dans une position élevée (versets 18, 21), a derrière lui une vie agitée, mais remplie de délivrances merveilleuses (verset 7). Exposé à de nouvelles luttes, à l’âge ou les forces commencent à lui faire défaut, il a besoin plus que jamais du secours de Dieu. Le nous, qu’il emploie au verset 20, montre que sa cause est celle de son peuple ou du moins d’un groupe de fidèles. Les Septante donnent au psaume la suscription suivante : De David (ou plutôt : À David ; ils désignent par là l’auteur présumé). Puis ils ajoutent la notice suivante : Des fils de Jonadab et des premiers captifs, indiquant par là, semble-t-il, les hommes auxquels appartenait plus spécialement ce cantique. On ne comprend guère la mention de David, dont le langage vif et imagé ne se retrouve pas dans ce cantique ; elle est d’ailleurs contredite par la seconde indication, concernant les fils de Jonadab, indication qui ne peut avoir été inventée et doit reposer sur une ancienne tradition. Jonadab était le père des Récabites que Jérémie donne en exemple au peuple (Jérémie 35.1). Le psaume remonterait donc à l’époque de ce prophète et des premières déportations à Babylone. Certains exégètes partant de cette donnée, l’attribuent, ainsi que le Psaume 69, avec lequel il offre plus d’une ressemblance, à Jérémie lui-même. Il se peut qu’il ait été conservé dans la famille des Récabites jusqu’au retour de la captivité.

Il se compose de quatre strophes, de six versets chacune. Le psalmiste est rempli du désir de louer Dieu, mais les dangers qui l’entourent, semblent de nature à faire croire qu’il n’a plus aucun sujet de louange. Cependant, de strophe en strophe, la certitude de la délivrance s’accentue ; elle finit par triompher de toute crainte.

1 Ô Éternel, je me réfugie vers toi. Que je ne sois jamais confus !
1 à 6 L’Éternel, refuge du fidèle

Comme pour s’encourager à prier, le psalmiste s’approprie les requêtes d’autres hommes de Dieu. Le commencement de la strophe (versets 1 à 3) est emprunté au Psaume 31, la fin (verset 6) au Psaume 22.

2 Délivre-moi et fais-moi échapper par ta justice, Incline vers moi ton oreille et sauve-moi, 3 Sois pour moi un rocher où je me réfugie, Où je puisse aller continuellement ! Tu as donné l’ordre que je fusse sauvé, Car tu es mon rocher et ma forteresse.

Où je puisse aller continuellement, aussi souvent que l’on va dans sa propre maison. Au lieu de ces mots, qui sont propres à notre psalmiste, les Septante conservent ici le texte du Psaumes 31.3 : un lieu fort, où je puisse me sauver.

Tu as donné l’ordre que je fusse sauvé : parole précieuse pour le fidèle qui se l’applique ! Comparez Psaumes 78.12.

4 Mon Dieu ! Fais-moi échapper à la main du méchant, À la main de l’homme inique et violent ; 5 Car tu es mon espérance, Seigneur Éternel, Ma confiance dès ma jeunesse.

Seigneur Éternel. Nom significatif, l’objet de l’espérance, du croyant n’est rien moins que le Maître de l’univers, l’Être qui seul existe par lui-même.

6 C’est sur toi que j’ai reposé dès le sein maternel, C’est toi qui m’as tiré des entrailles de ma mère, Tu es sans cesse le sujet de mes louanges.

J’ai reposé, littéralement : j’ai été déposé, expression qui fait ressortir toute la passivité de l’enfant. À ce moment de la naissance, où l’être humain n’a pas encore conscience de lui-même il est confié, sans le savoir, à un appui inébranlable.

Le sujet de mes louanges. Dès que la connaissance est venue, l’âme pieuse a trouvé dans les bienfaits reçus d’innombrables sujets de louange.

7 Je suis pour beaucoup de gens comme un prodige. Mais le lieu fort de mon refuge, c’est toi !
7 à 12 Prière

Je suis comme un prodige. Les événements de sa vie, épreuves et délivrances, dépassent la mesure des phénomènes ordinaires et naturels. Mais le secret de la conservation d’un homme si fortement éprouvé est dans le fait que Dieu a toujours été son refuge.

8 Que ma bouche soit remplie de ta louange Et de ta magnificence, chaque jour. 9 Ne me rejette pas au temps de la vieillesse ; Maintenant que ma force s’épuise, ne m’abandonne pas

Ne me rejette pas… C’est à cette requête qu’aboutit tout ce qui précède.

10 Car mes ennemis parlent de moi Et ceux qui épient ma vie se concertent ensemble, 11 Disant : Dieu l’a abandonné, Poursuivez, saisissez-le ; il n’y a personne pour le délivrer !

Dieu l’a abandonné.

Les méchants estiment que tous ceux que Dieu fait passer par l’affliction sont méprisés, délaissés et rejetés de lui. Étant ainsi persuadés, ils s’exhortent l’un l’autre à leur nuire de toute manière, comme à ceux qui n’auront personne pour les venger
— Calvin

Comparez Ésaïe 53.3.

12 Ô Dieu, ne t’éloigne pas de moi ; Mon Dieu, hâte-toi de venir à mon secours ! 13 Qu’ils soient confus, anéantis, les ennemis de mon âme ; Qu’ils soient couverts de honte et d’opprobre, Ceux qui cherchent ma perte !
13 à 18 Prière et louange

Qu’ils soient confus… Qu’ils le soient par le fait même de ton intervention (verset 12), puisqu’au lieu d’avoir affaire à un homme impuissant, ils se trouveront en face de Dieu.

14 Mais moi, j’espérerai toujours, Et je te louerai de plus en plus ; 15 Ma bouche racontera ta justice, ta délivrance chaque jour, Car je n’en connais pas les bornes.

Je n’en connais pas les bornes. C’est pourquoi la louange pourra recommencer sans cesse.

16 Je parlerai des hauts faits du Seigneur, l’Éternel ! Je rappellerai ta justice, la tienne seule.

La tienne seule. À côté de la justice de Dieu, aucune autre justice, n’est digne d’être mentionnée (Psaumes 115.1 ; Éphésiens 2.8).

17 Ô Dieu, tu m’as enseigné dès ma jeunesse, Et jusqu’à présent j’annonce tes merveilles.

Tu m’as enseigné à reconnaître les signes de ton intervention dans ma vie et dans le monde.

18 Qu’ainsi, ô Dieu, jusqu’à la vieillesse, À la blanche vieillesse, tu ne m’abandonnes pas, Afin que j’annonce la force de ton bras à cette génération, Tes hauts faits à tous ceux qui naîtront ! 19 Ta justice, ô Dieu, atteint jusqu’au ciel ; Tu as fait de grandes choses, ô Dieu ! Qui est semblable à toi ?
19 à 24 Louange triomphante

Ta justice atteint jusqu’au ciel… C’est peut-être ici une réminiscence de Psaumes 36.6.

20 Après nous avoir fait voir des détresses Et des maux en grand nombre, Tu nous feras revenir à la vie Et remonter des abîmes de la terre.

Après nous avoir fait voir… Le psalmiste ne regarde pas seulement à ses expériences personnelles. Au reste tout le psaume est pénétré de la pensée qu’un lien intime unit le fidèle à l’ensemble des croyants et que ses épreuves doivent faire éclater aux yeux de tous la gloire de Dieu. Comparez Psaumes 22.24-31.

Remonter des abîmes de la terre. Cette image, destinée à représenter la plus extrême détresse, suivie de la plus grande des délivrances, trouve un accomplissement littéral dans la résurrection du Sauveur et dans celle qui, par lui, sera la part des rachetés. Comparez Psaumes 68.21.

21 Tu accroîtras ma grandeur, Et tu te tourneras vers moi, pour me consoler.

Tu accroîtras ma grandeur. Les délivrances divines ne rétablissent pas seulement le fidèle ou le peuple de Dieu en son ancien état, elles l’élèvent plus haut ; mais le fidèle à son tour ne voit dans cette haute position qu’une occasion plus riche de louer Dieu avec tous les moyens mis à sa portée (versets 22 à 24).

22 Et moi, je te louerai au son du luth ; Ô Dieu, je chanterai sur la harpe ta fidélité, Ô Saint d’Israël ! 23 La joie sera sur mes lèvres, Car je veux psalmodier à ton honneur, Et dans mon âme, que tu as rachetée. 24 Ma langue aussi racontera chaque jour ta justice, Car ils seront honteux, car ils rougiront, Ceux qui cherchent ma perte.