×

Appuyez sur Entrée pour rechercher ou ESC pour annuler.

Psaumes 65
Bible Annotée (interlinéaire) Bible annotée simple colonne Bible annotée double colonne

Plan du commentaire biblique de Psaumes 65

Les bienfaits de Dieu dans l’histoire et dans la nature

Ce psaume de louange célèbre en trois strophes trois des aspects sous lesquels nous apparaissent la puissance et la bonté de Dieu. La première strophe (versets 2 à 5) parle des bienfaits spirituels, spécialement du pardon et de la joie que trouvent auprès de Dieu ceux qui l’adorent. La seconde (versets 6 à 9) célèbre la puissance qui maintient l’univers physique et moral au milieu des tempêtes qui semblent devoir le détruire. Après ce coup d’œil général, le psalmiste, dans une troisième strophe (versets 10 à 14), arrête son regard sur les campagnes verdoyantes qui l’entourent, et il décrit le soin avec lequel Dieu les couronne de richesses et les revêt de beauté. Les biens dont Dieu comble l’homme dans le domaine de la nature sont l’image et le gage des bénédictions qu’il répand sur lui dans le cours de l’histoire. Comparez Actes 14.1-17.

Nous ne pouvons déterminer l’époque à laquelle remonte ce psaume. La suscription, qui l’attribue à David, n’a pas empêché d’anciennes traductions d’ajouter au nom du roi-prophète ceux de Jérémie et d’Ézéchiel, ce qui prouve l’incertitude dans laquelle on s’est trouvé de tout temps à l’égard de l’auteur.

1 Au maître chantre. Psaume de David. Cantique. 2 Vers toi, ô Dieu, monte en silence dans Sion la louange ; À toi les vœux seront rendus.
2 à 5 Le Dieu qui exauce, qui pardonne et bénit

Monte en silence, plus littéralement : Vers toi monte le silence comme une louange. Il s’agit du silence religieux d’une âme ou de tout un peuple qui, dans une adoration muette, élève vers Dieu un regard de confiance et d’amour. Dans ces moments d’adoration, le croyant forme des vœux que Dieu exauce, et il revient plus tard s’acquitter des engagements contractés (verset 2).

3 Tu entends les prières : À toi viendra toute chair !

Toute chair. Le terme de chair désigne l’homme dans son état de faiblesse et de dépendance. Comparez Jean 1.14. La portée universaliste de cette parole est propre à nous surprendre ; mais c’est un des caractères distinctifs de ce psaume d’affirmer le lien qui existe entre le vrai Dieu et tous les êtres qu’il a créés.

4 Les iniquités ont prévalu sur moi, Mais toi, tu fais la propitiation de nos transgressions.

Les iniquités semblaient devoir rompre cette relation du croyant avec son Dieu. Mais Dieu s’est chargé lui-même d’en opérer la propitiation. Le psalmiste pense sans doute ici aux sacrifices que Dieu a institués en Israël et qui révèlent ses intentions miséricordieuses envers le pécheur.

5 Heureux celui que tu choisis et que tu fais approcher de toi, Pour qu’il habite en tes parvis ! Nous serons rassasiés des biens de ta maison, Du sanctuaire de ton palais.

Celui que tu choisis : le peuple de Dieu dans son ensemble, élu au milieu de toute chair (verset 3), puis, au sein de ce peuple même, les hommes que Dieu par un libre choix, attire particulièrement à lui (Psaume 15).

6 Tu nous réponds par les œuvres terribles de ta justice, Ô Dieu de notre délivrance, Toi qui es la confiance de toutes les extrémités de la terre Et des mers les plus lointaines !
6 à 9 Le Dieu qui protège et délivre

Tu nous réponds, à nous, que tu as élus. Les réponses divines sont des actes, souvent terribles, mais toujours selon sa justice.

Les extrémités de la terre… On a beau habiter les contrées les plus reculées, au-delà des mers ou dans les îles les plus éloignées, rien n’empêche Dieu de secourir et de délivrer.

7 Il rend fermes les montagnes par sa force, Environné qu’il est de puissance ;

Ce qui le prouve, c’est le fait que les montagnes elles-mêmes ne subsistent que par sa force.

8 Il apaise le bruit de la mer, le bruit des vagues Et l’émotion des peuples.

Cette mention des montagnes, qui restent inébranlables sous le choc des vagues, fournit au psalmiste une image frappante de la sécurité que Dieu procure à son peuple, au milieu des nations soulevées contre lui. Non seulement ce peuple résiste à tous les assauts, mais l’agitation même de la mer, comme celle des peuples, cesse au commandement de Dieu. Comparez Marc 4.39. L’analogie entre les peuples soulevés et la mer agitée revient fréquemment dans la prophétie (Ésaïe 17.12-13 ; Daniel 7.3 ; Apocalypse 13.1).

9 Ceux qui habitent aux extrémités de la terre Craignent, à la vue de tes prodiges ; Tu fais chanter de joie les lieux D’où sortent l’aube et le crépuscule.

Les lieux d’où sortent l’aube…, littéralement : les lieux de sortie du matin et du soir, ceux où la lumière sort des ténèbres ou y rentre. Ici, comme au verset 6, les contrées, personnifiées, représentent les populations qui les habitent.

10 Tu visites la terre, et tu l’arroses abondamment, Tu la combles de ta richesse ; Le ruisseau de Dieu déborde d’eau ; Tu fais pousser le froment, après l’avoir ainsi préparée.
10 à 14 Le Dieu qui couvre la terre de richesses

Des extrémités du monde, le regard du psalmiste revient aux campagnes de Canaan, qui, elles aussi, témoignent à leur manière de la puissance et de la bonté de Dieu.

Tu visites la terre. Au moment où parle le psalmiste, les diverses cultures sont en plein développement (versets 13 et 14), grâce aux pluies du printemps qui ont été abondantes. Ces pluies, desquelles dépend en Canaan le produit de l’année entière, ont été, après la saison morte, comme une visitation miséricordieuse de Dieu. Comparez Deutéronome 11.11-15.

Le ruisseau de Dieu : la source céleste d’où émane la pluie.

Tu fais pousser le froment

C’est toi qui es le véritable cultivateur, bien plus que le laboureur, qui ne fait que mener la charrue et répandre la semence. C’est Dieu qui dispense la pluie et la chaleur, qui fait croître et mûrir, pendant que l’homme dort et se repose
— Luther
11 Inondant ses sillons, aplanissant ses rayons, Tu l’amollis par la pluie menue, et tu bénis son germe.

Aplanissant ses rayons. Les inégalités du terrain, labouré par la charrue, ont disparu sous l’abondance de la pluie.

12 Tu couronnes l’année de tes biens, Et la graisse distille sur les traces de ton char ;

Tu couronnes l’année de tes biens, plus littéralement : de ta bonté. Les moissons qui mûrissent apparaissent ici comme une couronne dont Dieu orne sa création et par laquelle il nous donne un signe visible de sa bonté.

Sur les traces de ton char. Partout où Dieu a passé, on voit surgir l’abondance, même sur les coteaux habituellement arides du désert.

13 Elle distille dans les pâturages du désert, Et les coteaux sont parés de joie.

Elles en triomphent. La riche végétation qui vient d’être comparée à un vêtement de joie, est représentée ici comme un langage et même comme un chant par lequel la vie répandue dans la nature célèbre son triomphe. Si toute la création soupire (Romains 8.19-22), elle fait entendre pourtant aussi un hymne de louange.

14 Les campagnes sont revêtues de troupeaux, Et les vallées sont couvertes de froment. Elles en triomphent, et elles en chantent.