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Psaumes 57
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Psaumes 57

À l’ombre des ailes du Dieu vivant

Dans ce Mictham, comme dans le précédent (Psaume 56), nous remarquons des répétitions nombreuses et voulues (versets 2, 4, 8, 9) et surtout un refrain qui divise le poème en deux strophes. Par les pensées qu’il exprime, aussi bien que par la forme dont il les revêt, ce cantique se rapproche du psaume 56. C’est la même confiance en Dieu, au milieu de graves dangers. L’élan lyrique du psaume, l’énergie de la foi qui y fait jour, les images pittoresques, les ressemblances nombreuses de son style avec celui d’autres psaumes de David, nous portent à admettre la donnée du titre, qui l’attribue au roi-prophète. On a trouvé le verset 10 incompatible avec cette supposition. Mais la pensée de glorifier Dieu devant tous les peuples est familière à David (Psaumes 18.50 ; Psaumes 22.28).

Nous supposons que la caverne dont parle le titre est la première de celles que choisit David comme lieu de refuge, celle d’Adullam, où il semble avoir séjourné un certain temps et qui devint le lieu de rassemblement des quatre cents hommes qui se groupèrent autour de lui. Après ses angoisses de Gath, il devait se sentir relativement en sécurité dans cette retraite et sous ces voûtes, qui évoquaient dans son esprit l’idée des ailes puissantes de Dieu lui-même (verset 2).

La mélodie sur laquelle ce psaume et les deux suivants devaient être chantés, était empruntée à un cantique commençant par les mots : Ne détruis pas.

1 Au maître chantre. Ne détruis pas. Écrit de David, quand il s’enfuit de devant Saül dans la caverne. 2 Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi, Car mon âme s’est réfugiée vers toi, Et c’est à l’ombre de tes ailes que je prendrai mon refuge, Jusqu’à ce que les calamités soient passées.
2 à 6

Le psalmiste se réfugie auprès de Dieu, avec l’assurance de sa protection (versets 2 à 4). Il n’ignore pas les dangers de sa position (verset 5), mais ces dangers donneront à Dieu l’occasion de manifester toute sa gloire (verset 6).

Mon âme s’est réfugiée. Le temps passé du verbe rappelle les expériences déjà faites, en vertu desquelles David s’affermit dans sa décision de chercher toujours en Dieu son refuge.

3 Je crierai au Dieu Très-Haut, Au Dieu qui agit en ma faveur.

Au Dieu Très-Haut. L’idée de la grandeur incomparable de Dieu domine le psaume entier (versets 6, 11, 12). C’est à cette certitude, jointe à celle de la bienveillance d’un tel Dieu, que s’attache la foi du psalmiste.

4 Il enverra du ciel et me sauvera, En dépit des blasphèmes de celui qui cherche à m’engloutir. (Jeu d’instruments.)

Il enverra… Le verbe reste sans complément, mais on comprend que Dieu enverra du ciel ce que le ciel contient et ce dont la terre a besoin en ce moment : des forces, des lumières, des secours efficaces. Au reste, après l’interruption du vers suivant, la pensée est reprise, et toutes les interventions divines sont rangées sous les deux noms de grâce et de fidélité (ou vérité) (Psaumes 24.10).

En dépit des blasphèmes, ou : tandis que blasphème… Le sens littéral est : Il blasphème, mon engloutisseur ! Ce court tronçon de phrase est jeté brusquement au milieu de l’expression sereine de la foi du psalmiste. Aussi comprend-on qu’un jeu d’instruments vienne, même au milieu d’un verset, compléter ce qu’a d’inachevé cette courte parenthèse et ramener insensiblement la pensée des auditeurs aux communications célestes dont il vient d’être parlé.

5 Dieu enverra sa grâce et sa fidélité. Mon âme est au milieu des lions ; Je suis couché au milieu d’ennemis dévorants, D’hommes dont les dents sont des lances et des flèches, Et dont la langue est un glaive tranchant.

Les miracles de la grâce et de la fidélité divines sont bien nécessaires au milieu, des dangers extraordinaires que court le psalmiste.

Au milieu des lions : image fréquente dans le langage de David (Psaumes 7.3 ; Psaumes 17.12 ; Psaumes 22.14). Les lions, nombreux dans le désert de Juda, et auxquels David devait sans doute parfois disputer les retraites reculées qu’il prenait pour asile, sont pour lui l’image d’ennemis plus terribles encore et plus avides de son sang.

La langue… Comparez Psaumes 5.10 ; Psaumes 10.7 ; Psaumes 12.4, etc.

6 Élève-toi au-dessus des cieux, ô Dieu ! Que ta gloire soit sur toute la terre !

Élève-toi : Manifeste toute ta grandeur et toute ta gloire, en me sauvant, dans de pareils dangers, et en jugeant les méchants (Psaumes 7.7-10).

7 Ils avaient tendu un filet sous mes pas, Mon âme succombait ; Ils avaient creusé une fosse devant moi, Ils y sont tombés ! (Jeu d’instruments.)
7 à 12 L’accent du psalmiste devient triomphant

Il sait que partout des filets sont tendus sous ses pas, mais il voit à l’avance ses ennemis pris dans les pièges qu’ils ont dressés (verset 7), et il ne lui reste plus qu’à faire entendre un joyeux chant de délivrance (versets 8 à 12).

Mon âme succombait, hébreu : se courbait, fléchissait, perdant courage.

8 Mon cœur est rassuré, ô Dieu, mon cœur est rassuré ; Je veux chanter et psalmodier.

Mon cœur est rassuré, hébreu : redressé. L’âme, qui fléchissait jusqu’à se briser, s’est relevée. C’est ici que le psaume devient un chant vibrant, où les répétitions abondent tout naturellement.

9 Réveille-toi, ma gloire, réveille-toi, luth et harpe ! J’éveillerai l’aurore.

Ma gloire. Ce terme, désignant l’âme, semble, dans ce sens spécial, appartenir au style particulier de David (Psaumes 7.6 ; Psaumes 16.9 ; Psaumes 30.13).

Réveille-toi, luth… Dans un bel élan poétique, le psalmiste personnifie ses instruments et les invite à rompre le silence, pour s’associer à sa joie. Avec eux, il veut réveiller l’aurore, la prévenir, l’appeler, pour qu’elle aussi participe à son triomphe. David a passé la nuit en prière (je suis couché, verset 5). L’aurore est pour lui l’emblème des jours paisibles où, délivré de ses ennemis, il pourra faire parvenir la louange de son Dieu jusqu’aux nations étrangères.

10 Je te louerai parmi les peuples, ô Seigneur ! Je te psalmodierai parmi les nations, 11 Car ta grâce atteint jusqu’aux cieux Et ta fidélité jusqu’aux nues.

Car ta grâce atteint jusqu’aux cieux. Elle est infinie, sans limites ; par conséquent aucune frontière ne l’empêchera d’être annoncée à toutes les nations (verset 10). Ces pensées universalistes, si souvent exprimées par David, sont la réponse humaine à la promesse divine faite à Abraham (Genèse 22.18).

Le verset 11 se retrouve textuellement Psaumes 36.6.

12 Élève-toi au-dessus des cieux, ô Dieu ! Que ta gloire soit sur toute la terre !

Élève-toi. Ce refrain couronne tout le développement précédent et clôt en même temps d’une manière admirable le psaume entier.