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Psaumes 44
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Plan du commentaire biblique de Psaumes 44

Autrefois et maintenant

Dieu a jadis accompli de grandes œuvres en faveur d’Israël (versets 1 à 9). Maintenant ce peuple est la proie de ses ennemis (versets 10 à 17). Ce n’est point à cause de sa désobéissance qu’il souffre à cette heure ; c’est au contraire pour sa fidélité à Jéhova (versets 18 à 23). Aussi se sent-il le droit d’en appeler à Dieu (versets 24 à 27).

À quelle époque convient une situation semblable ? Les défaites mentionnées versets 10 à 12 ne s’appliquent pas, ainsi qu’on l’a cru, aux guerres des Maccabées, qui furent victorieuses dès le début ; ce qui est dit de la fidélité du peuple ne convient pas non plus à cette époque, signalée par la défection de nombreux Israélites. Il faut remonter jusqu’au temps de David, pour trouver un moment où Israël, exempt dans son ensemble d’idolâtrie, a pourtant été victime de dévastations et de massacres. Tandis que David combattait contre les Syriens et poussait ses expéditions jusqu’à l’Euphrate, les Édomites semblent avoir envahi le midi de Juda (2 Samuel 8.13, note). Les massacres qu’ils y commirent ne sont nulle part expressément racontés, mais ils motivèrent sans doute la vengeance terrible que Joab exerça sur eux au retour de la guerre de Syrie (1 Rois 11.15).

Cette supposition est confirmée par le Psaume 60, qui se rapproche fort de celui-ci et qui fait spécialement allusion à la conquête d’Édom.

1 Au maître chantre. Des fils de Koré. Méditation.

Méditation : voir Psaumes 32.1, note.

2 Ô Dieu, de nos oreilles nous l’avons entendu, Nos pères nous l’ont raconté : Tu as accompli une œuvre en leurs jours, Aux jours d’autrefois.
2 à 9 Les victoires passées, gage des victoires à venir

De nos oreilles : il s’agit, non d’un rêve de l’imagination, mais d’un témoignage certain.

3 De ta main, tu chassas des nations, et eux, tu les as plantés ; Tu détruisis des peuples pour leur faire place, 4 Car ce n’est pas avec leur épée qu’ils se sont emparés du pays ; Leur bras ne les a point sauvés ; Non, c’est ta droite, c’est ton bras, c’est la lumière de ta face, Parce que tu les aimais.

Ce n’estpas…, c’est… Tel est le trait distinctif de l’histoire du peuple de Dieu : l’œuvre humaine s’efface devant celle de Dieu.

Ta droite… ton bras…, ta face : l’intervention divine, toujours plus manifeste, aboutit à la pleine manifestation de la puissance de Dieu, soit pour détruire, soit pour sauver.

Tu les aimais : c’est la raison première et dernière de l’intervention divine. Comparez Romains 9.16.

5 Toi, ô Dieu, tu es mon roi : Ordonne la délivrance de Jacob !

Toi, ô Dieu… Dans ce regard jeté sur le passé, la foi puise la certitude de ce qui doit se produire à l’avenir, si le croyant continue à tout attendre de son Dieu.

Ordonne : en vertu de ce que tu es roi. Pas de délivrance, sans un ordre divin.

6 Par toi nous renverserons nos ennemis, Avec ton nom nous écraserons ceux qui s’élèvent contre nous. 7 Car ce n’est point en mon arc que je me confie, Ce n’est point mon épée qui me sauvera ; 8 Mais c’est toi qui nous sauves de nos ennemis, Et qui couvres de confusion ceux qui nous haïssent. 9 En Dieu nous nous glorifierons sans cesse, Et nous célébrerons à jamais ton nom. (Jeu d’instruments.)

En Dieu nous nous glorifierons… Puisque tout vient de Dieu, toute gloire lui appartient, et le croyant n’a pas d’autre sujet de gloire que le fait d’appartenir à un tel Dieu (Psaumes 3.4).

10 Cependant tu nous as repoussés, tu nous as couverts de honte, Tu as cessé de sortir avec nos armées,
10 à 17 La réalité présente

Tandis que la foi triomphe, formulant ce qui doit être (versets 5 à 9), conformément à ce qui a été (versets 2 à 4), la réalité est là, donnant un complet démenti à de telles espérances. Dieu n’est plus avec nous (verset 10), nos armées sont battues (verset 11), l’ennemi emmène des prisonniers (verset 12) qui sont vendus à vil prix (verset 13), de sorte qu’Israël, risée des autres peuples (versets 14 et 15), a honte de lui-même (versets 16 et 17). Que de fois ces défaites et cette confusion n’ont-elles pas été celles de l’Église !

Nos armées. Il s’agit sans doute des troupes levées à la hâte pour combattre les Édomites, l’élite des soldats de David étant encore en Syrie.

11 Tu nous as fait reculer devant l’ennemi, Et ceux qui nous haïssent emportent leur butin. 12 Tu nous a livrés comme des brebis à dévorer, Et parmi les nations tu nous as dispersés ;

Comme des brebis à dévorer… Les uns sont massacrés, les autres vendus sur des marchés d’esclaves. Amos 1.11 et Abdias 1.10-14 reprochent à Édom des crimes semblables. Si l’homme est l’instrument de ces maux, ils n’en procèdent pas, moins de Dieu (tu as cessé…, tu as livré… etc.).

13 Tu vends ton peuple pour rien, Tu le mets à vil prix. 14 Tu fais de nous un proverbe pour nos voisins, La risée et le jouet de nos alentours ; 15 Tu fais de nous la fable des nations ; À notre nom, les peuples hochent la tête. 16 Mon opprobre est toujours devant moi, Et la confusion me couvre le visage, 17 À la voix de celui qui m’insulte et m’outrage, À la vue de l’ennemi et du vindicatif.

L’ennemi et le vindicatif : deux termes déjà réunis Psaumes 8.3, pour désigner un ennemi irréconciliable, s’il s’agit des hommes, obstinément rebelle, s’il s’agit de Dieu.

18 Tout cela nous arrive sans que nous t’ayons oublié, Sans que nous ayons violé ton alliance.
18 à 23

De tels désastres sont d’autant plus inexplicables qu’ils n’ont pas pour cause l’infidélité d’Israël (versets 18 à 22) ; c’est bien plutôt le fait d’appartenir au vrai Dieu qui excite la jalousie et la haine des ennemis (verset 23).

19 Notre cœur ne s’est point détourné, Nos pas ne se sont point écartés de ton sentier,

Détourné : ce serait la révolte intérieure ; écartés : ce seraient les transgressions dans la vie ; voilà ce qui aurait pu attirer justement sur Israël les calamités dont il souffre. Bien que l’homme ne puisse jamais se justifier lui-même, il est des cas où sa conscience ne lui reproche rien de spécialement criminel.

20 Pour que tu nous aies refoulés là où demeurent les chacals Et couverts de l’ombre de la mort.

Où demeurent les chacals : le désert dans le désert ; image de la misère la plus affreuse.

21 Si nous avions oublié le nom de notre Dieu, Et étendu nos mains vers un Dieu étranger,

Le nom, et tout ce que ce nom renferme.

étendu nos mains, dans l’attitude de la prière. Voir Psaumes 28.2, note.

22 Dieu n’en serait-il pas informé, Lui qui connaît les secrets du cœur ?

Dieu n’en serait-il pas informé ? Le psalmiste, parlant à Dieu, prend Dieu lui-même à témoin de la vérité de ce qu’il dit. Comparez Job 31.4.

23 Mais c’est à cause de toi que nous sommes égorgés tous les jours, Qu’on nous regarde comme des brebis de boucherie.

À cause de toi. Ce verset est cité par saint Paul, comme une description anticipée des persécutions auxquelles est exposé le peuple de la nouvelle alliance (Romains 8.36). Et c’est bien ici le trait le plus remarquable du psaume. Il y a eu des moments où Israël a compris qu’il avait à souffrir à cause de son Dieu. Seulement le psalmiste s’en étonne, tandis que saint Paul se réjouit d’entrer par là plus profondément dans la communion des souffrances de Christ (Philippiens 3.10).

24 Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ? Réveille-toi ! Ne nous repousse pas à jamais !
24 à 27 Un état de choses aussi anormal ne peut durer

Réveille-toi. Dieu semble dormir, quand il n’agit pas.

25 Pourquoi caches-tu ta face ? Pourquoi oublies-tu notre misère et notre oppression ? 26 Car notre âme est abattue dans la poussière, Notre corps est attaché à la terre.

Notre âme : ton souffle en nous ; notre corps, littéralement : notre ventre, ce qu’il y a de plus terrestre en nous.

27 Lève-toi ! Viens-nous en aide ! Délivre-nous à cause de ta bonté !

À cause de ta bonté. Même quand il se sent innocent, Israël n’a aucun droit à faire valoir ; la grâce de Dieu reste libre, et c’est en vertu de son amour que Dieu agit.