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Psaumes 24
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Psaumes 24

La venue du Roi de gloire

Ce psaume rappelle un moment très important dans l’histoire religieuse d’Israël, celui où l’arche de l’alliance, après être restée plus d’un demi-siècle comme étrangère à la vie du peuple de Dieu, fut solennellement ramenée à la place d’honneur et introduite sur la colline de Sion, près de la demeure royale (2 Samuel 6.12). La pensée qui remplit notre psaume, ainsi que le psaume 15, composé, semble-t il, à la même occasion, est celle de la pureté de cœur et de conduite nécessaire à ceux qui veulent approcher de l’Éternel. Le formalisme du peuple et la couduite criminelle des sacrificateurs avaient eu pour châtiment l’éloignement de l’arche (1 Samuel 4.11). La leçon divine a été comprise de l’élite d’Israël, représentée par David.

Le psaume comprend deux parties. La première pourrait être intitulée : l’approche de l’Éternel (versets 1 à 6) ; la seconde : l’entrée de l’Éternel dans sa résidence (versets 7 à 10).

1 Psaume de David. La terre est à l’Éternel, et tout ce qu’elle contient,
La terre habitable et ceux qui la peuplent.

1 à 6 L’arche s’approche

L’Éternel, dont elle est le trône, est le Dieu de toute la terre (versets 1 et 2). L’homme pur dans ses actions et ses intentions est seul digne d’habiter auprès de lui (versets 3 à 6).

La terre…, la terre habitable : deux expressions différentes désignant, la première, tout l’ensemble de la création terrestre, la seconde, la surface terrestre, comme habitation de l’homme.

La terre est à l’Éternel : (Exode 19.5 ; Deutéronome 10.11 ; Psaumes 50.12 ; Psaumes 89.12, etc.).

Il fallait aux Israélites éclairés qui se rendaient quelque peu compte de la petitesse de leur pays, en face du monde idolâtre, une foi ferme, pour persister à croire que l’Éternel était le maître de toute la terre. Saint Paul cite cette parole, pour rappeler que le chrétien peut user de tout aliment utile (1 Corinthiens 10.26) ; et l’enfant de Dieu de tous les temps voit dans le fait qu’il ne saurait sortir du domaine de son Père céleste un motif de confiance, de reconnaissance et de fidélité dans l’emploi de toutes choses.

2 Car c’est lui qui l’a fondée sur les mers,
Et qui l’a affermie sur les courants d’eaux.

Sur les mers. Le psalmiste trouve une preuve permanente de la toute-puissance de Dieu dans le fait que la terre peut subsister inébranlable sur un fondement mouvant. La science actuelle s’exprime autrement, mais le prodige qu’elle nous fait constater, en nous montrant le globe terrestre suspendu dans l’espace, n’est pas moins grand.

Les courants d’eau désignent les courants marins et non les fleuves terrestres.

3 Qui pourra monter à la montagne de l’Éternel ?
Et qui subsistera dans le lieu de sa sainteté ?

Qui pourra monter ? C’est la question que s’adresse le fidèle qui sent son indignité et sa faiblesse.

4 Celui qui a les mains nettes et le cœur pur, Qui ne porte pas son âme vers la vanité
Et ne jure pas pour tromper.

Les mains…, le cœur… Il faut que les mains qui apportent des offrandes à l’Éternel soient pures de toute mauvaise action et que le cœur ait renoncé à tout mauvais sentiment (Matthieu 5.23).

La vanité : ce qui est vide, les faux biens, les faux dieux, la fausseté, les affections déréglées. Tout cela est incompatible avec le service de l’Éternel.

5 Il emportera la bénédiction d’auprès de l’Éternel
Et la justice de la part du Dieu de son salut.

Il emportera la bénédiction. Son adoration ne sera pas stérile.

Et la justice. Il l’emportera d’auprès de Dieu, qui la lui donne. Celui qui a les mains nettes et le cœur pur semble devoir apporter à Dieu sa propre justice, comme le pharisien de la parabole (Luc 18.11-14). Mais non, il sent que, malgré tout son bon désir et toute sa sincérité, il manque encore beaucoup à sa justice et qu’il a besoin d’en recevoir de Dieu une plus parfaite, que Dieu lui-même puisse accepter en plein (Philippiens 3.8-10).

6 Telle est la race de ceux qui le cherchent,
De ceux qui recherchent ta face ; [tel est] Jacob !
(Jeu d’instruments).

Ta face. Insensiblement le discours se change en prière et le psalmiste, qui vient de parler de Dieu, s’adresse à Dieu.

[Tel est] Jacob. La véritable race de Jacob n’est pas celle qui descend du patriarche selon la chair, mais celle qui sait, comme lui, lutter avec Dieu dans une prière ardente et sincère. Comparez Romains 9.6. L’emploi du nom de Jacob fait mieux comprendre que celui d’Israël l’allusion à la personne de l’ancêtre du peuple. Les mots tel est, mis entre crochets dans notre traduction, ne sont pas dans le texte, mais c’est là le seul sens possible, à moins que l’on n’admette avec les Septante et autres traductions, la leçon suivante qui ajoute un mot au texte hébreu : Telle est la race de ceux qui recherchent ta face, ô Dieu de Jacob !

7 Portes, élevez vos têtes, Haussez-vous, portes éternelles !
Et le Roi de gloire entrera.

7 à 10 L’arche est maintenant en vue

L’Éternel va entrer en possession de sa résidence ; tout le peuple éclate en un chant de triomphe.

Portes éternelles. Ce sont les portes de la forteresse de Sion. Le psalmiste les personnifie et les invite à se mettre à la hauteur de l’honneur qui leur est fait. En devenant la résidence du Souverain, Sion revêt un caractère de durée éternelle.

8 Qui est-il, ce Roi de gloire ? C’est l’Éternel, le fort et le puissant, L’Éternel, puissant dans les combats.

Qui est-il ? On peut se représenter cette question prononcée ou chantée par une voix seule, tandis que le chœur répond : C’est l’Éternel…

Le puissant, littéralement : le héros, le redoutable guerrier, ainsi que l’exprime plus complètement le stiche suivant.

9 Portes, élevez vos têtes, Élevez-les, portes éternelles !
Et le Roi de gloire entrera. 10 Qui est-il, ce Roi de gloire ? C’est l’Éternel des armées, C’est lui, le Roi de gloire.
(Jeu d’instruments).

La question se renouvelle. L’événement est si grand, l’honneur fait à Sion si extraordinaire, qu’on a peine à y croire ; il faut interroger à nouveau et entendre encore une fois le nom du Roi qui fait son entrée.

L’Éternel des armées. Ce n’est plus seulement comme un grand guerrier qu’est désigné l’Éternel, mais comme celui qui dirige toutes les armées célestes, anges et astres (Psaumes 103.21 ; Ésaïe 40.26) et qui régit en maître souverain tout l’ensemble des créatures.

Si David a eu un sentiment si profond de l’honneur qui lui était fait de recevoir en Sion le symbole de la présence de Dieu, n’éprouverons-nous pas, à notre tour, les sentiments exprimés dans ce psaume, en pensant à la venue réelle du Seigneur sur la terre, comme Fils de l’homme, à son entrée dans nos cœurs par le Saint-Esprit et à son avènement à venir en gloire ?