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Psaumes 21
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Psaumes 21

Actions de grâces pour la délivrance accordée au roi

Une parenté étroite rapproche les psaumes 20 et 21. Tous deux expriment la sollicitude du peuple pour son roi, le premier sous forme de prière, le second sous forme d’action de grâces. On a supposé que ce dernier faisait allusion à une grande victoire. Si tel était le cas, les termes de la première partie, consacrée à l’action de grâces, parleraient d’une manière plus précise des succès remportés. D’ailleurs il ressort de la seconde partie que les ennemis sont encore debout. Si le psaume a été composé à l’époque de David (et rien ne contredit cette supposition), les bénédictions excellentes qu’il rappelle, (verset 4) peuvent s’entendre des dispensations divines qui avaient élevé David au trône. Peut-être le verset 5 fait-il allusion à une maladie dont le roi aurait été guéri. Dans ce cas, la situation qui cadrerait le mieux avec les Psaumes 20 et 21 serait celle qui est décrite 2 Samuel 12.26 et suivants. David a traversé la plus sombre période de sa vie. Son double crime envers Urie l’a conduit aux portes du tombeau (Psaumes 51.10 ; Psaumes 32.4). Cependant il a reçu l’assurance de son pardon ; la santé lui est revenue, il se dispose, à l’appel de Joab, à rejoindre l’armée, pour prendre Rabba, la capitale des Ammonites. Il serait touchant de constater qu’à ce moment-là ses plus fidèles sujets ont désiré contribuer à son affermissement en intercédant publiquement pour lui (Psaume 20) et en se réjouissant avec lui des témoignages par lesquels l’Éternel l’assurait du retour de sa faveur (Psaume 21).

Nos deux psaumes sont-ils de David lui-même ? Dans la supposition que nous venons de faire, cela ne serait guère admissible. Les termes dans lesquels est décrite au Psaume 21 la gloire du roi (versets 4 et 6), semblent désigner comme auteur quelque ami de David, plutôt que lui-même. Delitzsch, dont nous suivons ici la manière de voir, signale dans ces psaumes certaines expressions que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans les psaumes de David, ni même dans tout l’Ancien Testament. Il faut se rappeler que les suscriptions ne font pas partie du texte même. Elles peuvent avoir été inscrites comme annotations par des hommes qui, sachant qu’ils appartenaient à l’époque de David, les ont attribués au grand psalmiste lui-même.

Après une introduction suivie d’un jeu d’instruments, nous trouvons dans le Psaume 21 deux parties, dont l’une exprime l’action de grâces envers l’Éternel (versets 4 à 8), tandis que la seconde, s’adressant au roi, lui annonce les succès qu’il va remporter (versets 9 à 13). Une invocation termine le psaume.

1 Au maître chantre. Psaume de David. 2 Éternel ! Le roi se réjouit en ta force. Combien la délivrance le remplit d’allégresse !
2 et 3 Introduction

Ta délivrance. Dans la supposition exposée plus haut, il s’agirait de la guérison du roi.

3 Tu lui as accordé le désir de son cœur ; Tu ne lui as point refusé la demande de ses lèvres. (Jeux d’instruments.)

Jeu d’instruments : comme au Psaume 20. Cette indication ne se trouve qu’une seule fois, au commencement du psaume. Le jeu d’instruments qui, dans le psaume précédent, accompagnait l’holocauste, est sans doute destiné ici à rappeler la prière du roi montant jusqu’à l’Éternel.

4 Car tu es venu au-devant de lui avec des bénédictions excellentes, Tu as mis sur sa tête une couronne d’or.
4 à 8 Un roi béni devenant bénédiction
5 Il t’a demandé la vie, tu la lui as donnée, Une vie longue, permanente, pour toujours.

Il t’a demandé la vie. Allusion au relèvement du roi. Les termes employés ici : vie longue, permanente, rappellent les formules de salutation employées en Orient envers les monarques (1 Rois 1.31) ; mais ce qui, ailleurs, n’était qu’un hommage fortement hyperbolique est pour David et sa race une promesse positive. Comparez 2 Samuel 7.16.

6 Grande est sa gloire par ta délivrance ; Tu as posé sur lui la splendeur et la magnificence. 7 Car tu l’as placé pour être bénédiction à toujours ; Tu le combles de joie en ta présence.

Pour être bénédiction. On ne peut méconnaître ici l’allusion à la promesse faite à Abraham (Genèse 12.2).

8 Car le roi se confie en l’Éternel, Et par la grâce du Très-Haut il ne sera point ébranlé. 9 Ta main atteindra tous tes ennemis, Ta droite atteindra ceux qui te haïssent.
9 à 13

Le peuple, qui jusqu’ici s’est adressé à l’Éternel, se tourne maintenant vers le roi, pour exprimer, non pas des vœux, mais l’assurance des victoires qu’il va remporter.

Ta main atteindra tous tes ennemis. Non seulement le roi ne sera point ébranlé (verset 8), comme on avait pu le craindre récemment, mais aucun de ses ennemis ne lui échappera.

10 Tu les rendras pareils à une fournaise ardente, quand se montrera ta face, L’Éternel les engloutira en sa colère, et le feu les dévorera.

À la pensée des ennemis implacables qui sont encore là, l’émotion du psalmiste vibre dans ces vers. Les deux stiches de ce verset prennent le rythme que nous avons déjà remarqué Psaumes 19.8-15.

Quand se montrera ta face. Cette expression solennelle ne se dit généralement que de l’apparition soudaine et terrible de l’Éternel, auquel il suffit de se montrer, pour que ses, ennemis soient consumés (Psaumes 34.17 ; Psaumes 68.1-3, etc).. Mais la seconde ligne du verset 10, où il est parlé de l’Éternel à la troisième personne, montre que le tu désigne ici le roi, comme aux versets 9, 11 et 13. Son intervention est ici confondue volontairement avec celle de l’Éternel, puisque, comme roi d’Israël, il représente la cause de son tout puissant allié. Ce détail confirme la supposition que nous avons admise relativement à la place historique à assigner à ce psaume. David n’eut qu’à apparaître pour que Rabbath-Ammon tombât entre ses mains, et l’expression de fournaise ardente s’applique bien au sort des habitants de cette ville (2 Samuel 12.31).

11 Tu feras périr leur fruit de dessus la terre, Et leur postérité d’entre les fils des hommes. 12 Car ils ont projeté du mal contre toi, Ils ont médité de mauvais desseins ; ils seront impuissants.

Ils ont projeté du mal, hébreu : Ils ont étendu du mal au-dessus de toi, pour qu’il retombât sur toi. C’est là ce qui justifie le traitement sévère qui les attend.

13 Car tu leur feras tourner le dos, Tu dirigeras ton arc contre leurs faces.

Quoi qu’ils fassent, ils n’échapperont pas, car dans leur fuite ils trouveront encore leurs vainqueurs devant eux ; ils seront enveloppés de toutes parts.

14 Lève-toi, Éternel, dans ta force ! Nous voulons chanter et célébrer tes hauts faits.

Invocation finale.

Tes hauts faits. Le terme hébreu désigne des actes de vaillance accomplis à la guerre. Voir Psaumes 20.7, note.

De nombreux interprètes anciens et modernes ont vu dans le psaume 21 une prophétie messianique. Le rabbin Jarchi s’exprime naïvement en ces termes : Nos docteurs rapportent ce cantique au roi Messie ; mais à cause des chrétiens, qui en font un usage fâcheux, il vaut mieux le rapporter à David.

Il est impossible en effet de ne pas remarquer à quel point ce cantique, dans son ensemble comme dans ses détails, convient à la personne du Christ relevé du tombeau (verset 2), revêtu de la suprême royauté (versets 4 à 6) devenu bénédiction à toujours, atteignant du sein de sa gloire ses ennemis, pour les sauver ou les détruire (verset 9), se préparant à consumer par l’éclat de son avènement (verset 10) ceux qui auront persisté dans leur hostilité contre Dieu (comparez 2 Thessaloniciens 2.8). Même certains détails qui ne trouvent en David qu’un accomplissement incomplet se trouvent pleinement réalisés en la personne du Messie. Il a reçu du Père une vie longue, permanente, éternelle (verset 5). Son apparition au dernier jour se confondra avec celle de Dieu même (verset 10).

Comment se fait-il qu’un psaume composé en vue de circonstances spéciales du règne de David décrive à l’avance la gloire d’un autre roi, venu dix siècles plus tard ? Le fait que la carrière de David est elle-même comme une esquisse prophétique de celle du Sauveur, peut jusqu’à un certain point résoudre le problème. Mais il faut en outre que le même Esprit divin qui a fait de David un type du Messie ait dirigé les pensées du psalmiste et jusqu’à ses expressions de manière à ce que l’Église pût reconnaître plus tard dans ce psaume la gloire de son Roi. Ce psaume, dit Calvin, renferme des actions de grâces publiques au sujet de l’heureux état du royaume. Mais l’Esprit Saint a voulu principalement porter la pensée des fidèles sur Jésus-Christ, qui est la fin et la consommation de ce règne.