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Psaumes 124
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Psaumes 124

Échappé du filet de l’oiseleur

Le soupir du Psaume 123 n’aboutit point au découragement. Loin de là ; les pèlerins, arrivés sans doute sur la terrasse du temple et contemplant de là Jérusalem rebâtie, expriment, dans les trois Psaumes 124 à 126, les sentiments de reconnaissance, de confiance et d’espoir qui remplissent leurs cœurs ; reconnaissance pour la délivrance obtenue (124), confiance pour l’avenir de Jérusalem (125), espérance d’un rétablissement plus complet encore (126).

La délivrance mentionnée par le psaume 124 est celle de la captivité de Babylone. Mais les termes employés rappellent en même temps celle qui reste le type de toutes les autres, la sortie d’Égypte.

La vivacité de pensée et la richesse d’images du psaume rappellent le genre de David. C’est peut-être à cette ressemblance qu’est due la note qui mentionne ce nom dans le titre, note qui du reste fait défaut dans trois manuscrits hébreux, ainsi que dans les Septante et les versions arabe et syriaque.

1 Cantique des pèlerinages. De David. Sans l’Éternel, qui a été pour nous…
1 à 5 Danger de mort
2 Qu’Israël le dise : Sans l’Éternel, qui a été pour nous, Quand les hommes s’élevèrent contre nous,

Qu’Israël le dise. Les chantres sacrés invitent solennellement le peuple à entonner avec eux le cantique. Peut-être chacune des trois phrases commençant par le mot alors (versets 3, 4, 5), devait-elle être prononcée par une des trois classes de fidèles : sacrificateurs, Israélites et prosélytes. Peut-être aussi les trois mêmes classes reprenaient-elles, avec une alternance analogue, les versets 6, 7 et 8. Notre psaume offrirait ainsi, quant à son arrangement liturgique, une certaine ressemblance avec le Psaume 118.

Les hommes, littéralement : l’homme, au singulier. Il s’agit ici, non de la quantité, mais de la qualité, l’homme d’un côté, Dieu de l’autre (Bovet).

3 Alors ils nous eussent engloutis vivants, Quand leur colère s’enflamma contre nous ;

Ils nous eussent engloutis vivants : expression employée ailleurs, en parlant de la mort et du Schéol (Nombres 16.30 ; Psaumes 55.16 ; Proverbes 1.12).

4 Alors les eaux nous eussent submergés, Un torrent eût passé sur notre âme ;

Notre âme : nos vies, nos personnes. En général, le mot néphesch (âme) désigne essentiellement la partie sensible de l’homme, ce qui en lui souffre, jouit, craint, aime, désire (Bovet).

5 Alors elles eussent passé sur notre âme, Les eaux orgueilleuses.

Les eaux orgueilleuses, proprement : bouillonnantes. Cet adjectif a pris, par l’usage, le sens moral que nous rendons par orgueilleux. Dans l’image de ce verset, qui fait peut-être allusion à la mer Rouge, l’image physique et son application morale se confondent.

6 Béni soit l’Éternel, Qui ne nous a pas donnés en proie à leurs dents !

En proie à leurs dents. Comparez Psaumes 7.3 ; Psaumes 22.14.

7 Notre âme est comme un passereau Echappé du filet des oiseleurs : Le filet a été rompu, Et nous !… nous voilà échappés !

Le filet a été rompu. L’hébreu est d’une concision expressive : Filet rompu, et nous échappés ! Image exprimant tout ce qu’il y a d’inattendu et de miraculeux dans la délivrance.

8 Notre secours est dans le nom de l’Éternel, Qui a fait les cieux et la terre.

Dans le nom de l’Éternel : en l’Éternel lui-même, tel qu’il se révèle par son nom.

Ce psaume, chanté à Genève au culte du dimanche qui suivit la nuit de l’Escalade, fut dès lors, pour l’Église de cette ville, inséparable du souvenir de cette délivrance.