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Psaumes 119
Bible Annotée (interlinéaire)

Verset à verset  Double colonne 

Plan du commentaire biblique de Psaumes 119

Ce qu’est la Parole de Dieu pour le fidèle

Ce psaume étonne le lecteur, non seulement par sa longueur, mais par son uniformité. D’un bout à l’autre de ses 176 versets, il fait l’éloge de la loi divine. Il n’est qu’un seul verset, le 122, qui ne mentionne en aucune façon les préceptes, statuts ou commandements de cette loi. Cet éloge est entremêlé de prières, de supplications, d’actions de grâces, mais sans que l’on puisse reconnaître une marche bien accentuée de la pensée dans une direction déterminée.

Cette monotonie, cependant, n’est pas sans offrir un caractère de grandeur, qui devient évident à qui se rend compte de l’intention qui a présidé à la composition de ce cantique. L’insistance extraordinaire, avec laquelle l’auteur célèbre la loi de l’Éternel, donne lieu de penser qu’il écrivait au moment où Esdras travaillait à recueillir les écrits sacrés d’Israël et à mettre en particulier la loi en pleine lumière. On sait combien était critique, à cette époque, la situation du peuple de Dieu, de quel œil jaloux et méchant le regardaient les peuplades voisines (Néhémie 4.7), avec quelle facilité certains rois de Perse avaient prêté l’oreille aux accusations portées contre les Juifs par les gouverneurs samaritains ou ammonites (Esdras chapitre 4). Israël lui-même était loin d’être un seul cœur et une seule âme dans son attachement à l’Éternel. Sans l’intervention énergique d’Esdras et de Néhémie, il aurait bientôt renouvelé les errements de ses pères, en adoptant les mœurs et les pratiques religieuses de ses voisins (Esdras chapitre 9 ; Néhémie chapitres 5 et 13). En de telles circonstances, la partie fidèle de la nation comprit avec Esdras que sa seule sauvegarde était son attachement à la loi de l’Éternel. Ce psaume nous révèle l’effort de foi que dut faire, à cette époque-là, cette poignée de croyants, pour conserver, en face de tant d’ennemis extérieurs et de difficultés intérieures, son caractère de peuple de Dieu. Fais-moi vivre !, tel est le cri que fait entendre dans ce psaume l’élite de la nation (versets 37, 40, 88, etc.) et pour elle la vie ne se trouve que dans l’attachement à la parole divine. En face du mépris, des complots, des persécutions, cette parole est la consolation d’Israël, sa joie et sa force.

Cet attachement à la parole divine ne doit pas être le fait d’une génération seulement ; il doit distinguer l’Israël de tous les temps. Aussi le psaume 119, tout en étant une touchante profession de foi, a-t-il un but éducatif. On l’a appelé avec raison l’abécédaire où les jeunes Israélites apprenaient à connaître, avec les éléments mêmes de leur langue et de leur écriture, les grands principes de leur foi et s’imprégnaient des sentiments de respect et d’amour pour la loi de Dieu, qui devaient les diriger dans toute leur carrière. Les vingt-deux strophes du psaume correspondent aux vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu ; chacune d’elles comprend huit versets, commençant tous par la lettre à laquelle correspond la strophe ; ainsi tous les versets de la première strophe commencent par A (Aleph), tous ceux de la deuxième strophe par B (Beth) et ainsi de suite. Nous avons ici le plus complet des psaumes alphabétiques (voir Introduction). Bien que cet ordre alphabétique, destiné à faciliter la mémorisation, n’ait pas pu être reproduit dans les traductions françaises, nos Églises réformées ont longtemps conservé à ce psaume une place dans l’éducation religieuse de la jeunesse ; dans certaines Églises suisses, le Psaume 119 était, il y a à peine un demi-siècle, le seul que l’on fit chanter aux enfants dans les catéchismes du dimanche.

Malgré l’absence de divisions bien arrêtées dans le psaume, nous pouvons envisager les quatre premières strophes comme formant une introduction, où sont indiquées déjà les diverses pensées qui seront développées dans la suite (versets 1 à 32). Le corps du psaume est formé de quatorze strophes, dont les sept premières expriment surtout le besoin qu’éprouve Israël du secours divin, les sept suivantes la joie que le fidèle trouve en Dieu et en sa parole (versets 33 à 144). Les quatre dernières strophes sont la conclusion de tout le psaume (versets 145 à 176).

1 Aleph.
Heureux ceux qui sont intègres dans leur voie,
Qui marchent selon la loi de l’Éternel !

1 à 32 Introduction

Heureux celui qui dès sa jeunesse, fait de la loi de l’Éternel son guide et son trésor, de manière à être non seulement préservé de toute chute et de toute défection, mais mis au large, même à travers les plus profondes détresses.

1 à 8

Première strophe : Heureux ceux qui vivent selon la loi de l’Éternel !

Selon la loi, littéralement : dans la loi. Cette loi est l’élément dans lequel ils vivent et se meuvent. Le terme de loi, déterminé au verset suivant par celui de témoignages, est pris ici dans son sens le plus général et doit s’entendre de tout l’ensemble des révélations divines. Comparez Psaumes 1.1 ; Psaumes 19.8.

2 Heureux ceux qui gardent ses témoignages,
Et le cherchent de tout leur cœur ;

Et le cherchent. L’amour pour la loi divine n’a de valeur que si c’est l’Éternel lui-même que le fidèle cherche dans ses témoignages et si, de plus (versets 3 et 4), il met en pratique ce qu’il connaît de la vérité.

Dans la seconde partie de la strophe, le psalmiste s’applique à lui-même ce qu’il a dit dans la première moitié.

3 Qui ne commettent pas d’iniquité,
Mais marchent dans ses voies ! 4 Tu as donné tes commandements
Pour qu’on les garde soigneusement. 5 Oh ! Que mes voies soient réglées
De manière à ce que j’observe tes statuts ! 6 Alors, je n’aurai point à rougir,
Si je regarde à tous tes commandements. 7 Je te louerai dans la droiture de mon cœur,
En apprenant les décrets de ta justice.

Les décrets. Nous rendons ainsi le mot mischpathim, qui signifie proprement : sentences judiciaires. Il s’agit ici des décisions divines dont la loi est l’expression.

8 Je veux garder tes statuts,
Ne m’abandonne pas entièrement.

Ne m’abandonne pas entièrement.

Le prophète ne refuse pas en tout et partout que sa vie ne soit éprouvée ; mais il craint de défaillir, si la tentation dure trop longtemps
— Calvin
9 Beth
Comment le jeune homme rendra-t-il pure sa conduite ?
C’est en y prenant garde selon ta parole.

9 à 16

Deuxième strophe : Dès sa jeunesse, le fidèle se dirige d’après la parole de Dieu ; il continuera à le faire.

Sa conduite, littéralement : son sentier.

Selon ta parole et non selon sa propre sagesse ou celle des hommes.

10 Je te cherche de tout mon cœur ;
Ne permets pas que je m’égare
Loin de tes commandements !

Ne permets pas que je m’égare. C’est ici le langage de l’humilité, à la vue des innombrables voies mauvaises qui s’ouvrent à l’entrée de la vie.

11 J’ai serré ta parole dans mon cœur,
Afin de ne pas pécher contre toi.

J’ai serré, proprement : J’ai caché, comme un trésor que l’on craint de perdre (Luc 8.15).

12 Béni sois-tu, Éternel ! Enseigne-moi tes statuts.

Béni sois-tu ! Cri de louange inspiré au psalmiste par la pensée du grand prix de cette parole divine qu’il possède en son cœur et qu’il désire connaître toujours mieux (enseigne-moi… ).

13 Je répète de mes lèvres
Tous les jugements de ta bouche. 14 Je me réjouis dans la voie de tes témoignages,
Comme si j’avais tous les trésors du monde.

Comme si j’avais tous les trésors. Comparez Psaumes 4.8.

15 Je veux méditer tes commandements.
Et regarder à tes sentiers. 16 Je prendrai plaisir à tes statuts,
Et je n’oublierai point tes paroles. 17 Guimel.
Fais ce bien à ton serviteur que je vive,
Et que je garde ta parole.

17 à 24

Troisième strophe : Dans l’isolement et le mépris auxquels est exposé le fidèle, sa seule joie est de connaître les témoignages de Dieu.

Que je vive et que je garde, ou: Que je vive pour garder ta parole.

18 Dessille mes yeux,
Afin que je voie les merveilles de ta loi.

Dessille mes yeux. Comparez Éphésiens 1.17-18.

Les merveilles de ta loi : les pensées d’amour et de sainteté que révèle cette loi, mais que l’homme, remis à lui-même, ne sait pas voir.

19 Je suis étranger sur la terre ;
Ne me cache pas tes commandements !

Je suis étranger, en passage et méprisé (verset 22), sur cette terre, où je n’ai rien qui m’appartienne en propre. Revenus de Babylone, les Israélites fidèles se sentaient étrangers dans leur propre pays, dont on leur disputait la possession et où on leur contestait le droit de servir fidèlement l’Éternel (Esdras chapitre 4).

20 Mon âme se consume à désirer
Les sentences de ta justice, en tout temps.

Mon âme se consume, littéralement : Mon âme est brisée. Le fidèle, auquel rien n’est plus précieux que la parole divine, attend dans une véritable souffrance morale que les arrêts de Dieu, ses décrets éternels (voir verset 7, note), aient force de loi. Ainsi compris, ce verset fraie la voie au verset 21.

21 Tu as tancé les orgueilleux,
Gens maudits, qui s’égarent loin de tes commandements.

Tu as tancé. Ce passé fait allusion aux jugements exercés jadis sur les ennemis de Dieu. Ce que l’Éternel a fait, il le fera encore.

Gens maudits, qui s’égarent : allusion à Deutéronome 27.26.

22 Ôte de dessus moi l’opprobre et le mépris,
Car je garde tes témoignages.

Ôte l’opprobre. Le véritable opprobre repose sur ceux qui méprisent la loi de Dieu (verset 24) ; il ne saurait demeurer sur le fidèle.

23 Des princes ont beau s’asseoir et parler contre moi,
Ton serviteur médite tes statuts,

Des princes ont beau s’asseoir. Il y a ici opposition entre ce conseil des princes et celui que le fidèle tient avec les témoignages de l’Éternel, qu’il appelle les gens de mon conseil (verset 24). Le verset 23 semble avoir trait à ce que le peuple, revenu de l’exil, eut à souffrir de la part des chefs des peuplades voisines.

24 Tes témoignages n’en sont pas moins mes délices,
Les gens de mon conseil. 25 Daleth
Mon âme est attachée à la poudre ;
Fais-moi revivre, selon ta parole !

25 à 32 Quatrième strophe : La parole de Dieu est la consolation du fidèle

Mon âme est attachée à la poudre : elle touche à la mort (Psaumes 44.26).

Selon ta parole : conformément aux promesses de vie que tu as faites à ceux qui observent ta loi (Lévitique 18.5).

Nous ne devons jamais prier, sans avoir à la main la clé des promesses
— Calvin
26 J’ai raconté mes voies, et tu m’as répondu ;
Enseigne-moi tes statuts. 27 Fais-moi connaitre la voie de tes commandements,
Et je méditerai tes merveilles. 28 Mon âme pleure de chagrin ;
Relève-moi selon ta parole. 29 Éloigne-moi de la voie du mensonge
Et accorde-moi la grâce d’observer ta loi.

La voie du mensonge : celle de l’infidélité, par opposition à celle qui est indiquée au verset 30.

30 J’ai choisi la voie de la fidélité ;
J’ai placé tes décrets sous mes yeux. 31 Je me tiens attaché à tes témoignages ;
Éternel, ne me rends pas confus ! 32 Je courrai dans la voie de tes commandements,
Quand tu auras mis mon cœur au large. 33 .
Enseigne-moi, Éternel, la voie de tes statuts,
Et je la suivrai jusqu’à la fin.

33 à 144

Corps du psaume, composé de quatorze strophes, dont les sept premières ont plutôt le caractère de la supplication et les sept dernières celui de l’action de grâces.

33 à 88 Besoin du secours divin

33 à 40

Cinquième strophe : Garde-moi dans la fidélité !

Enseigne-moi… Cette demande, comme celle des versets suivants : Donne-moi l’intelligence…, incline mon cœur…, détourne mes yeux…, est inspirée par un esprit bien différent du légalisme pharisaïque ; le fidèle sent que ses bons désirs eux-mêmes sont l’œuvre de Dieu.

34 Donne-moi l’intelligence, pour que je garde ta loi,
Et l’observe de tout mon cœur. 35 Fais-moi marcher dans le sentier de tes commandements,
Car j’y prends plaisir. 36 Incline mon cœur vers tes témoignages,
Et non vers le gain.

Et-non vers le gain. Comparez Matthieu 6.33 ; 1 Timothée 6.10.

37 Détourne mes yeux de regarder à la vanité ;
Fais-moi vivre dans ta voie !

La vanité : ce qui n’a aucune valeur réelle et trompe ceux qui s’y confient.

38 Confirme à ton serviteur ta parole,
Que tu as donnée pour que l’on te craigne.

Confirme ta parole… : en accordant le secours et la protection qu’elle promet.

Pour que l’on te craigne. L’accomplissement des promesses divines augmente la crainte de Dieu dans le cœur de ses serviteurs (Psaumes 40.4 ; Psaumes 130.4).

39 Détourne de moi l’opprobre que je redoute,
Car tes jugements sont bons.

L’opprobre que je redoute. D’après l’ensemble de la strophe, il semble que l’opprobre redouté du fidèle est celui qui résulterait du péché lui-même, s’il s’y livrait. Il craint par-dessus tout d’y tomber, parce qu’il trouve bons les jugements que Dieu prononce contre le mal.

40 Voici, je soupire après tes ordonnances !
Fais-moi vivre par ta justice !

Fais-moi vivre. Vivre, pour le psalmiste, c’est observer les commandements de Dieu. Il est conforme à la justice de Dieu qu’un tel désir soit exaucé.

41 Vav.
Et que ta grâce soit sur moi, ô Éternel !
Et ton salut, selon ta parole ;

41 à 48

Sixième strophe : Le fidèle implore la grâce de pouvoir confesser sa foi sans crainte et avec joie.

42 Et j’aurai de quoi répondre à celui qui m’outrage,
Car je me confie en ta parole. 43 N’ôte pas entièrement de ma bouche la parole de vérité,
Car je m’attends à tes décrets,

N’ôte pas de ma bouche… Si aucun signe de la faveur divine n’apparaissait envers lui (verset 41), le fidèle aurait la bouche fermée, en face des impies (verset 42).

44 Et je garderai ta loi constamment,
À toujours et à perpétuité. 45 Je marcherai au large
Parce que j’ai recherché tes ordonnances.

Je marcherai au large. Il s’agit ici de la liberté et de l’assurance intérieures qui accompagnent l’obéissance.

46 Je parlerai de tes témoignages devant les rois,
Et je n’aurai point de honte.

Je parlerai de tes témoignages devant les rois. La Confession d’Augsbourg a fait de cette parole sa devise.

47 Je ferai mes délices de tes commandements,
Que j’aime ; 48 J’élèverai mes mains vers tes commandements,
Que j’aime,
Et je méditerai tes statuts.

J’élèverai mes mains : témoignant ainsi que tous mes désirs se rapportent à tes commandements.

49 Zaïn.
Souviens-toi de la parole donnée à ton serviteur,
Sur laquelle tu as fondé mon espérance.

49 à 56

Septième strophe : En face du mépris des hommes, la parole de Dieu est la consolation du fidèle.

50 C’est ici ma consolation dans mon affliction,
Que ta parole me rend la vie. 51 Des orgueilleux me couvrent de railleries ;
Je ne me détourne point de ta loi. 52 Je me souviens de tes jugements d’autrefois, Éternel,
Et j’en suis consolé. 53 Une colère ardente me saisit à la vue des méchants,
Qui abandonnent ta loi. 54 Tes statuts sont mes cantiques
Dans la maison où je séjourne comme un passant.

Mes cantiques. Il y a opposition entre ce mot, qui, dans le texte hébreu, est en tête du verset et le premier mot du verset 53. Quand une ardente colère me saisit, ta parole est pour moi comme un cantique qui me réjouit.

Où je séjourne comme un passant, ou comme un étranger. David déjà disait, en parlant de la vie terrestre : Nous sommes des étrangers devant ta face et des voyageurs, comme nos pères (1 Chroniques 29.15). Les Hébreux, molestés et persécutés dans leur propre pays, après le retour de l’exil, pouvaient, à plus forte raison, tenir un langage semblable. Comparez verset 19.

55 Je me souviens la nuit de ton nom, ô Éternel,
Et je garde ta loi.

La nuit. Comparez verset 62 ; Psaumes 42.9 ; Psaumes 63.7.

Et je garde ta loi. Le résultat des méditations du psalmiste est de graver plus profondément dans son cœur la loi de Dieu.

56 C’est là ma part,
D’observer tes commandements.

C’est là ma part, hébreu : C’est là ce qui est à moi, ce qui m’appartient en propre (Psaumes 4.7 ; Luc 10.42). Cette pensée, indiquée déjà, quoique moins expressément, au verset 19, est développée dans la huitième strophe.

57 Heth.
Tu es ma part, ô Éternel !
Je l’ai déclaré : je garderai ta parole.

57 à 64

Huitième strophe : La bonne part du fidèle.

Tu es ma part. Comparez Psaumes 16.5 ; Psaumes 73.26.

58 Je t’ai imploré de tout mon cœur :
Aie pitié de moi, selon ta parole ! 59 J’ai fait le compte de mes voies,
Et j’ai tourné mes pas vers tes témoignages.

J’ai fait le compte de mes voies : C’est après une sérieuse délibération avec lui-même qu’il s’est tourné résolument vers Dieu et sa parole. Mais plus cette décision a été réfléchie, plus l’obéissance qui l’a suivie a été prompte (Je me suis hâté, verset 60) et persévérante (verset 61).

60 Je me suis hâté, je n’ai point différé
De garder tes commandements. 61 Les pièges des méchants m’ont environné,
Je n’ai point oublié ta loi. 62 Au milieu de la nuit, je me lève pour te louer
Des arrêts de ta justice. 63 Je m’associe à tous ceux qui te craignent
Et qui gardent tes commandements.

Je m’associe… Le vrai croyant ne peut rester isolé dans sa piété.

64 Ta bonté, ô Éternel, remplit la terre ;
Enseigne-moi tes statuts.

Ta bonté remplit la terre (Psaumes 33.5). L’homme qui sait reconnaître cela n’en éprouve qu’un désir plus vif de pénétrer dans les enseignements de la parole de Dieu (fin du verset).

65 Teth.
Tu as agi avec bonté envers ton serviteur,
Ô Éternel ! Selon ta parole.

65 à 72

Neuvième strophe : C’est sur la voie de l’humilité et parfois de l’affliction que l’on arrive à la vraie connaissance de la parole de l’Éternel.

Tu as agi avec bonté, même quand tu m’as humilié (verset 67).

66 Enseigne-moi à juger avec sens et intelligence,
Car j’ai foi à tes commandements. 67 Avant d’avoir été humilié, je m’égarais,
Mais maintenant j’observe ta parole.

Avant d’avoir été humilié, ou affligé ; le verbe hébreu offre ces deux sens. Comparez Hébreux 12.5-11.

68 Tu es bon et bienfaisant ;
Enseigne-moi tes statuts ! 69 Des orgueilleux ont forgé contre moi des mensonges ;
Moi, de tout mon cœur, je garde tes commandements.

Moi, de tout mon cœur… Les calomnies n’ont pour effet que de porter le fidèle à une piété toujours plus sincère et obéissante.

70 Leur cœur est figé comme de la graisse ;
Moi, je fais mes délices de ta loi.

Leur cœur est figé : insensible et incapable de discerner ce qu’il y a de divin dans la loi. Comparez Psaumes 17.10 ; Ésaïe 6.10.

71 Il m’est bon d’avoir été humilié,
Afin d’apprendre tes statuts. 72 Mieux vaut pour moi la loi de ta bouche
Que des milliers de pièces d’or et d’argent. 73 Iod.
Tes mains m’ont fait et m’ont formé ;
Rends-moi intelligent pour apprendre tes ordonnances !

73 à 80

Dixième strophe : Dieu humilie, mais il témoigne aussi à son peuple sa compassion, de manière à confondre les impies.

Tes mains m’ont fait. C’est là, pour le fidèle, un motif de confiance. Le Dieu qui l’a formé lui donnera aussi l’intelligence nécessaire pour comprendre sa volonté.

74 Ceux qui te craignent me verront et se réjouiront,
Car je m’attends à ta parole.

Ceux qui te craignent… se réjouiront : en voyant la bénédiction qui repose sur un homme que Dieu protège. C’est là une pensée qui revient souvent dans les Psaumes (Psaumes 34.3 ; Psaumes 35.27 ; Psaumes 107.42, etc.).

75 Je sais, ô Éternel, que tes décrets ne sont que justice,
Et que c’est en ta fidélité que tu m’as humilié. 76 Oh ! que ta bonté soit ma consolation,
Comme tu l’as promis à ton serviteur.

Que ta bonté soit ma consolation. Une telle requête peut être présentée avec confiance par l’homme qui comprend que cette bonté ne s’est en réalité jamais éloignée de lui, que même c’est elle qui l’a frappé et humilié (versets 65, 68, 75). Cette même grâce divine ne tardera pas à vivifier le fidèle, après l’avoir fait souffrir (verset 77).

77 Que tes compassions viennent sur moi, pour que je vive ;
Car ta loi fait mon plaisir. 78 Que les orgueilleux soient confus
De ce qu’ils m’oppriment sans cause.
Pour moi, je méditerai tes commandements.

Que les orgueilleux soient confus. Ils le seront, en constatant la bénédiction accordée au fidèle ; ainsi une même cause remplira de joie les uns (verset 74) et de confusion les autres (verset 78).

79 Que ceux qui te craignent reviennent à moi,
Et qu’ils connaissent tes témoignages !

Que… reviennent à moi : Qu’ils reprennent confiance en moi. Les épreuves dont est frappé le fidèle peuvent, comme celles de Job, éloigner momentanément de lui bien des hommes craignant Dieu, mais encore vacillants dans leur foi.

80 Que mon cœur soit intègre dans tes statuts,
Afin que je ne sois pas confus. 81 Kaph.
Mon âme languit après ta délivrance ;
Je m’attends à ta parole.

81 à 88

Onzième strophe : Angoisse redoublée et nouvel effort de foi.

82 Mes yeux languissent après ta promesse ;
Je dis : Quand me consoleras-tu ?

Mes yeux languissent, fatigués de regarder vers la délivrance promise, sans qu’elle vienne.

83 Car je suis comme une outre enfumée,
Bien que je n’aie pas oublié tes statuts.

Une outre enfumée. L’usage existait dans l’antiquité de suspendre au-dessus des foyers des outres pleines de vin, pour hâter la maturation de ce dernier. Il faut se représenter ici une outre tellement calcinée et racornie qu’elle ne sert plus à rien.

84 Que sont les jours de ton serviteur ?
Quand feras-tu justice de ceux qui me poursuivent ?

Que sont les jours… : de quelle courte durée ! (Psaumes 39.5). C’est pourquoi, hâte la délivrance !

85 Les orgueilleux m’ont creusé des fosses,
Eux qui n’agissent point selon ta loi. 86 Tous tes commandements ne sont que fidélité.
On me persécute sans cause ; aide-moi ! 87 Encore un peu, ils m’auraient fait disparaître du pays !
Mais moi, je n’ai pas abandonné tes commandements.

Du pays : de la Terre Sainte, dont les peuples voisins voyaient d’un œil jaloux Israël reprendre possession.

Je n’ai pas abandonné. La détresse aurait pu pousser Israël à faire de coupables concessions ; il a tenu bon.

88 Fais-moi vivre, dans ta bonté,
Et je garderai les témoignages de ta bouche. 89 Lamed.
Pour toujours, ô Éternel,
Ta parole subsiste dans les cieux.

89 à 144

Le fidèle trouve en la parole de Dieu assurance et consolation.

89 à 96

Douzième strophe : Cette parole subsiste éternellement.

Dans les cieux. Détournant ses regards de sa triste position, le psalmiste, comme autrefois Abraham (Genèse 15.5), les élève vers les cieux ; là règne sans conteste cette même volonté divine qui se fait entendre dans la loi donnée à Israël. Comparez Psaumes 89.3.

90 De génération en génération dure ta fidélité.
Tu as fondé la terre, et elle demeure ferme.

Tu as fondé la terre. La stabilité de la terre, de même que l’ordre qui règne dans les cieux, témoigne de la fidélité de l’Éternel.

91 C’est par tes décrets que tout subsiste aujourd’hui,
Car toutes choses te servent. 92 Si ta loi n’eût fait mes délices,
J’eusse péri dans mon affliction.

Si la loi n’eut fait mes délices… Une chose a préservé le fidèle d’un complet découragement, c’est la foi à la sagesse, à la justice et à la bonté de Dieu, qui se révèlent dans la loi. Ce même attachement à la loi est la sauvegarde d’Israël pour l’avenir (versets 93 à 95).

93 Jamais je n’oublierai tes commandements,
Car c’est par eux que tu me fais vivre. 94 Je suis à toi ; sauve-moi,
Car j’ai recherché tes ordonnances. 95 Les méchants m’ont épié pour me faire périr,
Je suis attentif à tes témoignages. 96 À tout ce qui est parfait j’ai vu une fin ;
Ton commandement est d’une immense étendue !

J’ai vu une fin. Les choses les plus excellentes sont passagères et l’esprit humain se heurte partout à des limites infranchissables ; mais il trouve dans la parole divine des horizons toujours plus vastes de lumière, de vie et de consolation.

97 Mem.
Oh ! Combien j’aime ta loi !
Tout le jour je la médite.

97 à 104

Treizième strophe : Combien est douce à l’âme fidèle la loi divine, qui donne la vraie sagesse !

98 Tu me rends plus sage que mes ennemis
Par tes commandements,
Car pour toujours ils sont mon partage.

Plus sage que mes ennemis. Quelle que soit leur intelligence, le premier principe de la sagesse, qui est la crainte de Dieu, leur fait défaut.

99 Je suis plus éclairé que tous ceux qui m’enseignent,
Car tes témoignages sont l’objet de ma méditation.

99 et 100

Plus éclairé que ceux qui m’enseignent…, que les anciens. Ni l’âge ni le savoir ne donnent, à eux seuls, la vraie sagesse ; elle ne se trouve que dans la loi de l’Éternel, le docteur suprême.

100 Je suis plus intelligent que les anciens,
Parce que j’ai gardé tes commandements. 101 J’ai détourné mes pas de tout mauvais chemin,
Afin de garder ta parole. 102 Je ne me suis point écarté de tes lois,
Car c’est toi qui m’enseignes. 103 Que tes paroles sont douces à mon palais !
Plus douces que le miel à ma bouche.

Plus que le miel. Voir Psaumes 19.11.

104 Par tes commandements je deviens intelligent,
C’est pourquoi je hais toute voie de mensonge. 105 Nun.
Ta parole est une lampe à mes pieds,
Et une, lumière sur mon sentier.

105 à 112

Quatorzième strophe : En possession d’une telle lumière, le fidèle est résolu à observer la loi de Dieu, quoi qu’il puisse lui en coûter.

Une lampe à mes pieds : une lumière qui, dans l’obscurité régnante, me met en état de poser le pied en lieu sûr. Comparez Psaumes 19.9.

106 J’ai juré, et je le tiendrai,
D’observer les ordonnances de ta justice.

J’ai juré Le peuple, dans son ensemble, l’a fait en Sinaï, lorsqu’il a conclu alliance avec Dieu ; pour le fidèle, chaque sacrifice est comme un renouvellement de cette alliance.

107 Je suis extrêmement affligé.
Éternel, fais-moi vivre selon ta parole

Selon ta parole. Voir verset 25, note.

108 Agrée, je te prie, ô Éternel,
Les offrandes volontaires de ma bouche,
Et m’enseigne tes ordonnances !

Les offrandes volontaires de ma bouche. Comparez Psaumes 50.14 ; Psaumes 19.15 ; Hébreux 13.15.

109 Ma vie est continuellement en danger,
Mais je n’oublie point ta loi.

Ma vie est en danger, littéralement dans ma main, expression qui se trouve Juges 12.3 ; 1 Samuel 19.5, dans le sens de : risquer sa vie. Ce verset pourrait donc signifier : Je suis prêt à tout risquer, pour observer ta loi ; et c’est dans ce sens que le Talmud dit : La prière de l’homme n’est pas exaucée, s’il ne prend pas sa vie dans sa main. Le verset suivant indique plutôt qu’il s’agit ici des dangers que court constamment le fidèle, il est vrai, à cause de son attachement à la parole de Dieu.

110 Les méchants m’ont tendu des pièges,
Mais je ne me suis point écarté de tes commandements. 111 Tes témoignages sont mon héritage à toujours,
Car ils sont la joie de mon cœur. 112 J’ai incliné mon cœur à pratiquer tes statuts,
À toujours, jusqu’à la fin. 113 Samech.
J’ai en haine ceux qui sont doubles de cœur,
Et j’aime ta loi.

113 à 120

Quinzième strophe : Une seule chose est à redouter, c’est le jugement qui atteindra ceux qui auront négligé la loi de l’Éternel.

Ceux qui sont doubles de cœur : ceux qui clochent des deux côtés, entre le culte de l’Éternel et celui des faux dieux. Après le retour de l’exil, les compromis avec l’idolâtrie étaient le plus grand danger que redoutassent pour le peuple de Dieu des hommes tels qu’Esdras et Néhémie. L’horreur pour de tels compromis n’est qu’une des faces de l’amour pour la loi de Dieu (fin du verset).

114 Tu es mon refuge et mon bouclier ;
Je m’attends à ta parole. 115 Retirez-vous de moi, méchants,
Que je garde les commandements de mon Dieu.

Retirez-vous. Comparez Psaumes 6.9, note.

116 Soutiens-moi, selon ta parole, afin que je vive,
Et ne confonds pas mon attente !

Soutiens-moi. Le secours continuel de Dieu est nécessaire à celui qui veut rester inébranlablement attaché à la parole divine.

117 Sois mon appui, pour que je sois sauvé,
Et que j’aie toujours les yeux sur tes statuts ! 118 Tu rejettes tous ceux qui s’écartent de tes statuts,
Car leurs séductions ne sont que mensonge.

Tu rejettes… avec mépris.

Leurs séductions, littéralement : leur tromperie, par laquelle ils se trompent eux-mêmes les premiers, les raisonnements spécieux par lesquels ils justifient leur conduite et séduisent ceux qui les écoutent.

119 Tu fais disparaître comme des scories
Tous les méchants de la terre,
C’est pourquoi j’aime tes témoignages.

119 à 120 J’aime…, je crains

L’amour pour la loi de Dieu n’inspire pas au fidèle une orgueilleuse sécurité. Plus il admire la sainteté de cette loi, plus il tremble à la pensée du jugement qui frappera les violateurs.

120 Ma chair frissonne de frayeur devant toi,
Et je crains tes jugements. 121 Aïn.
J’ai pratiqué le droit et la justice ;
Ne m’abandonne pas à mes oppresseurs !

121 à 128

Seizième strophe : Que l’Éternel vienne au secours de celui que l’on persécute pour son attachement à sa loi !

122 Prends sous ta garantie le bien de ton serviteur ;
Que les orgueilleux ne m’oppriment pas ! 123 Mes yeux languissent après ta délivrance,
Après la parole de ta justice.

Mes yeux languissent. Même expression que verset 82.

124 Agis envers ton serviteur selon ta bonté,
Et m’enseigne tes statuts.

Et m’enseigne… La délivrance que demande le psalmiste doit le faire pénétrer mieux dans la connaissance de la volonté sainte de Dieu.

125 Je suis ton serviteur ; rends-moi intelligent,
Pour que je connaisse tes témoignages. 126 Il est temps que l’Éternel agisse ;
Ils ont renversé ta loi. 127 C’est pourquoi j’aime tes commandements
Plus que l’or, même que l’or fin.

C’est pourquoi. Plus les commandements de Dieu sont oubliés, plus le fidèle en sent le prix.

Plus que l’or. Comparez Psaumes 19.11.

128 C’est pourquoi j’estime droits tous tes commandements,
Et je hais toute voie de mensonge. 129 .
Tes témoignages sont admirables ;
C’est pourquoi mon âme les a gardés.

129 à 136

Dix-septième strophe : Le fidèle est avide des enseignements divins et il s’afflige de les voir méprisés.

130 La révélation de tes paroles illumine ;
Elle donne de l’intelligence aux simples.

La révélation, littéralement : l’ouverture de ta parole. Pour trouver la lumière, il faut que l’esprit de l’homme pénètre dans le sens de l’Écriture.

131 J’ai ouvert la bouche et j’ai soupiré,
Car j’étais avide de tes commandements.

J’ai ouvert la bouche : dans le désir ardent de goûter et de savourer la parole de Dieu. Comparez Job 29.23.

132 Tourne vers moi ta face et aie pitié de moi,
Comme cela est juste à l’égard de ceux qui aiment ton nom.

Comme cela est juste, littéralement : selon le droit. Dieu veut bien accorder à ceux qui l’aiment le droit de recourir à sa grâce.

133 Affermis mes pas dans ta parole,
Et ne laisse aucune iniquité dominer sur moi ! 134 Délivre-moi de l’oppression des hommes,
Afin que je garde tes commandements. 135 Fais luire ta face sur ton serviteur,
Et m’enseigne tes statuts !

Fais luire ta face. Comparez Psaumes 80.4, Psaumes 80.8.

136 Mes yeux se fondent en ruisseaux d’eau,
Parce qu’on n’observe pas ta loi.

Ruisseaux d’eau : image empruntée sans doute à Lamentations 3.48.

137 Tsadé.
Tu es juste, ô Éternel !
Et droit dans tes jugements.

137 à 144

Dix-huitième strophe : Les témoignages de l’Éternel sont justes, et, si les méchants les oublient, ils n’en font pas moins la consolation du fidèle, en toutes ses détresses.

Tu es juste. Le psalmiste célèbre ici la justice et la fidélité de l’Éternel, comme il a célébré sa bonté (versets 65 à 72) et son éternité (versets 89 à 96).

138 Tu as prescrit tes témoignages avec justice
Et en toute vérité. 139 Mon zèle m’a consumé,
Parce que mes ennemis ont oublié tes paroles.

Mon zèle m’a consumé. Comparez Psaumes 69.10.

140 Ta parole est pure de tout alliage ;
Aussi ton serviteur l’aime.

Pure de tout alliage. Comparez Psaumes 12.7 ; Psaumes 18.31.

141 Je suis petit et méprisé ;
Mais je n’oublie pas tes ordonnances. 142 Ta justice est une justice éternelle,
Et ta loi n’est que vérité. 143 La détresse et l’angoisse m’ont atteint,
Mais tes commandements font mes délices. 144 Tes témoignages ne sont que justice à toujours ;
Rends-moi intelligent, afin que je vive ! 145 Koph.
Je crie du fond du cœur ; réponds-moi, Éternel !
Je garderai tes statuts.

145 à 176 Conclusion ; quatre strophes

145 à 152

Dix-neuvième strophe : Écoute mon ardente prière !

146 Je crie à toi, sauve-moi !
Et je garderai tes témoignages. 147 Je devance l’aurore et je crie ;
Je m’attends à tes paroles. 148 Mes yeux devancent les veilles de la nuit,
Pour méditer ta parole. 149 Écoute ma voix, selon ta bonté ;
Éternel, selon les promesses de ta justice, fais-moi vivre ! 150 Ils approchent, ceux qui courent au crime ;
Ils se tiennent loin de ta loi.

Ils approchent…, ils se tiennent loin… Plus ils s’approchent de leur but inique, plus ils s’éloignent de Dieu.

151 Tu es proche, ô Éternel !
Et tous tes commandements ne sont que vérité.

Tu es proche, plus proche encore des tiens que le méchant.

Tes commandements, qui sont l’élément dans lequel je vis, sont la vérité même, contre laquelle tous les artifices du mensonge ne peuvent rien et qui subsiste à toujours (verset 152).

152 Dès longtemps je sais par tes témoignages
Que tu les as établis pour toujours. 153 Resch.
Regarde mon affliction et me délivre ;
Car je n’ai point oublié ta loi.

153 à 160

Vingtième strophe : Fais-moi vivre !

154 Défends ma cause et me rachète ;
Fais-moi vivre, selon ta parole !

Défends ma cause, proprement : combats mon combat (Psaumes 43.1 ; Psaumes 74.22).

155 Le salut est loin des méchants,
Parce qu’ils ne recherchent point tes statuts. 156 Tes compassions sont en grand nombre, ô Éternel !
Fais-moi vivre, selon tes décrets. 157 Nombreux sont mes persécuteurs et mes adversaires ;
Mais je ne m’écarte pas de tes témoignages.

Nombreux : répétition voulue du terme qui vient d’être appliqué aux compassions divines ; le psalmiste voit d’une part une armée de méchants, d’autre part l’armée des miséricordes célestes.

158 J’ai vu les infidèles, et j’en ai horreur ;
Ils n’observent pas ta parole !

Les infidèles, ou perfides, qui violent la foi jurée. Peut-être le psalmiste a-t-il en vue les Juifs qui faisaient des concessions au paganisme (Esdras 9.13 ; Néhémie 13.4, Néhémie 13.15, Néhémie 13.23).

159 Considère que j’aime tes commandements ;
Éternel, fais-moi vivre, par ta bonté. 160 Toute ta parole est vérité,
Et tous les décrets de ta justice sont éternels 161 Schin.
Les grands m’ont persécuté sans cause ;
Mais mon cœur n’a craint que tes paroles.

161 à 168

Vingt-et-unième strophe : Au milieu des persécutions, la parole de Dieu est la joie du fidèle.

Les grands, ou des princes, des hommes puissants, tels que ceux contre lesquels eut à lutter Néhémie, soit au sein même du peuple, soit au dehors (Néhémie 2.19 ; Néhémie 5.7).

Mon cœur n’a craint… Qui craint Dieu n’a pas peur de l’homme.

162 Je me réjouis de ta parole
Comme celui qui a trouvé un grand butin. 163 Je hais le mensonge, je l’ai en abomination ;
C’est ta loi que j’aime. 164 Je te loue sept fois le jour,
Pour les décrets de ta justice.

Sept fois le jour : nombre sacré et symbolique. Le fidèle ne s’en tient pas aux heures fixées pour la prière, le matin, à midi et le soir (Psaumes 55.18 ; Daniel 6.10), mais à toute heure il éprouve le besoin de louer Dieu.

165 Grande est la paix de ceux qui aiment ta loi ;
Rien ne peut les renverser. 166 J’ai attendu ta délivrance, ô Éternel !
Et pratiqué tes commandements. 167 Mon âme a gardé tes témoignages,
Et j’ai pour eux un grand amour. 168 J’ai gardé tes commandements et tes témoignages,
Car toutes mes voies sont devant toi. 169 Thav.
Que mon cri parvienne jusqu’à toi, ô Éternel !
Rends-moi intelligent, selon ta parole.

169 à 176

Vingt-deuxième strophe : Strophe finale, qui résume le psaume entier. Que mon cri parvienne jusqu’à toi !

170 Que ma supplication arrive en ta présence ;
Délivre-moi, selon ta parole ! 171 Mes lèvres répandront ta louange,
Quand tu m’auras enseigné tes statuts. 172 Ma langue célébrera ta parole,
Car tous tes commandements sont justes.

Ma langue célébrera ta parole, littéralement : répondra à ta parole. Il y a entre l’Éternel et l’homme pieux comme un dialogue recommençant chaque fois que le fidèle entend ou lit les Écritures.

173 Que ta main me soit en aide !
Car j’ai fait choix de tes commandements. 174 Je soupire après ton salut, ô Éternel,
Et ta loi est tout mon plaisir. 175 Que mon âme vive, afin qu’elle te loue,
Et que les décrets de ta justice me soient en aide ! 176 Je suis errant comme une brebis perdue :
Cherche ton serviteur,
Car je n’ai pas oublié tes commandements.

Je suis errant. Au terme de ce psaume, qui n’est qu’une longue affirmation d’attachement à la loi de Dieu, cette parole ne peut être entendue dans le sens d’un égarement spirituel. Il doit y avoir plutôt allusion à la position du peuple, qui se sent étranger et comme perdu dans son propre pays, où le poursuit le mauvais vouloir de ses ennemis.