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Psaumes 11
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Plan du commentaire biblique de Psaumes 11

Les conseils de la peur

Dans une situation menaçante, au milieu d’une crise politique très grave, on conseille au croyant de s’enfuir, pour se mettre à l’abri. Il s’étonne d’un tel avis, lui qui a pour asile l’Éternel.

Plusieurs fois David s’est trouvé dans des situations semblables. Il généralise ici ses expériences et parle comme le représentant de l’Israël croyant, ainsi que le montre le passage du singulier au pluriel, verset 1 : Fuyez dans vos montagnes.

Deux strophes, de trois versets chacune, sont suivies d’une courte parole, qui est la conclusion du psaume.

1 Au maître chantre. De David. Je me suis réfugié vers l’Éternel. Comment pouvez-vous dire à mon âme : Fuyez dans vos montagnes, comme l’oiseau,
1 à 3 Les conseils d’amis craintifs

Ceux qui donnent ces avis sont des croyants, mais leur piété timide les a moins exposés que d’autres à la haine des impies. Ils ne se sont pas compromis.

À mon âme. Ce n’est pas ici un simple synonyme du pronom me. Ce conseil d’une prudence toute terrestre a touché au vif l’âme du psalmiste, de manière à provoquer la réponse qui suivra. Comparez Psaumes 3.3.

Dans vos montagnes : ces montagnes de Juda, dans les retraites desquelles David et ses amis avaient jadis trouvé asile.

Comme l’oiseau. Cette comparaison, qui serait ironique dans la bouche des conseillers, doit être envisagée, comme venant du psalmiste.

2 Car voici, les méchants bandent l’arc, Ils ajustent leur flèche sur la corde, Pour tirer dans l’ombre sur ceux dont le cœur est droit.

Dans l’ombre. Les troubles n’ont donc pas encore éclaté ouvertement, mais des attentats se préparent.

3 Quand les fondements sont renversés, Que ferait le juste ?

Les fondements sont renversés : les lois les plus essentielles de la société sont violées. Il semble donc aux gens craintifs qu’il n’y a, pour le juste, plus rien à faire.

4 L’Éternel est dans le palais de sa sainteté, L’Éternel a son trône dans les cieux. Ses yeux regardent ; Ses paupières sondent les fils de l’homme.
4 à 6

À l’agitation extrême qui se reflète jusque dans le style de la strophe précédente, David oppose le langage calme de la foi. Le parallélisme reparaît, ou du moins est mieux accentué.

L’Éternel. Ce nom, oublié par ceux qui viennent de parler, contient en lui-même toute la réponse à leurs conseils.

Le palais de sa sainteté. Cette expression désignait, Psaumes 5.8, le sanctuaire de Jérusalem. Ici elle s’applique au sanctuaire céleste, dont celui de Jérusalem n’était que l’ombre. Comparez Psaumes 18.7.

5 L’Éternel sonde le juste. Quant au méchant et à celui qui aime la violence, son âme les hait. 6 Il fera tomber sur les méchants, comme un filet, une pluie de feu et de soufre ; Un vent brûlant de tempête est le breuvage qui leur est assigné.

Comme un filet. La pluie de feu qui tombe sur le monde coupable, comme autrefois sur Sodome, se transforme en un filet aux mailles serrées, qui retient captives ses victimes, sans que personne puisse échapper. Le Seigneur a peut-être fait allusion à cette parole lorsqu’il a dit : Ce jour viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la face de la terre (Luc 21.35).

7 Car l’Éternel est juste ; il aime la justice. Le regard de sa face est sur l’homme droit.

Le regard de sa face. On peut traduire aussi : L’homme droit contemple sa face. Le sens que nous avons adopté fait allusion au privilège, rare en Orient, d’être admis d’une manière habituelle en présence d’un monarque. Quelle que soit la traduction que l’on admette, le sort du juste forme ici un contraste frappant avec celui du méchant.