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Proverbes 17
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1 Mieux vaut un morceau de pain sec avec la paix, Qu’une maison pleine de viandes avec des disputes.

Comparez pour le fond et la forme Proverbes 15.16-17 ; Proverbes 16.8.

Pleine de viandes, avec des disputes, littéralement : Pleine de sacrifices de dispute. Il est question ici (voir Proverbes 7.14) des festins qui suivaient les sacrifices de prospérité. Ces repas, où la plus grande partie des victimes était consommée par les convives, dégénéraient sans doute fréquemment en bruyantes parties de plaisir.

2 Le serviteur intelligent dominera sur le fils qui fait honte, Et il partagera l’héritage entre les frères.

Plusieurs traduisent le second membre : Il aura sa part d’héritage parmi les frères ; quoique esclave, il sera mis sur le même pied qu’un fils. Mais en traduisant comme ci-dessus, on obtient une pensée plus frappante encore : À l’esclave qui a su gagner la confiance de la famille échoit la délicate mission de répartir entre les enfants du défunt un héritage qui, sans lui, eût été la source de pénibles rivalités.

3 Le creuset est pour l’argent et le fourneau pour l’or, Mais c’est l’Éternel qui éprouve les cœurs.

Dieu seul peut, sonder jusqu’au fond les cœurs et les reins (Psaumes 7.10) et en séparer, par le feu de l’épreuve, toutes les scories. Voir Proverbes 15.11 et Proverbes 24.12.

4 Le méchant est attentif à la lèvre inique ; Le menteur prête l’oreille à la langue pernicieuse.

Le méchant, dont le plaisir est de faire tort à autrui, recueille toutes les médisances et tous les bruits fâcheux. De même le menteur (littéralement : le mensonge, personnifié) ne se complaira que dans la compagnie de ses pareils, les malveillants.

Quelques-uns traduisent le second membre en le faisant dépendre du premier. Écoutant le mensonge sur la lèvre pernicieuse.

5 Qui se moque du pauvre outrage celui qui l’a fait ; Qui se réjouit du malheur ne restera point impuni.

Comparez Proverbes 14.34, note, et Proverbes 22.2.

Celui qui l’a fait. Le pauvre est, comme homme et comme pauvre, l’œuvre du Créateur et Maître de toutes choses.

Malheur : revers soudains entraînant à leur suite la pauvreté, et, en général, calamités fondant sur autrui.

Ne sera point impuni. Comparez Job 31.29.

6 La couronne des vieillards, ce sont les fils des fils, Et la gloire des fils, ce sont leurs pères.

Comparez Psaumes 137.3-5 ; Psaumes 138.3-4. Un large cercle de famille est un glorieux diadème sur la tête du vieillard qui en est le chef. Homère a dit de même : Les enfants sont la couronne des pères, comme les tours sont l’ornement des villes.

Et réciproquement, les fils d’un homme distingué bénéficient de la renommée de leur père.

7 Un langage présomptueux ne sied pas à l’insensé ; Combien moins à l’homme de qualité le mensonge

Le mot traduit par insensé n’est pas le terme ordinaire déjà souvent rencontré ; il désigne un individu peu développé et d’un naturel grossier (1 Samuel 25.3 ; Proverbes 17.21 ; Proverbes 30.22). Chez ces hommes, un langage présomptueux (littéralement : une lèvre prétentieuse) ne servirait qu’à faire éclater davantage la vulgarité de l’esprit et de tout l’être.

À l’homme de qualité, distingué par sa naissance, son éducation ou les charges dont il est revêtu.

Le mensonge, littéralement : une lèvre de mensonge.

8 Un présent est un joyau aux yeux de qui le reçoit ; Où qu’il se tourne, il réussira.

Un présent. Le mot employé ici désigne toujours un présent fait par un plaideur ou par un accusé à son juge qu’il veut disposer en sa faveur (verset 23), ou par un subordonné à son supérieur dont il veut fléchir la colère et gagner les bonnes grâces (Proverbes 21.14).

Un joyau, littéralement : une pierre de grâce, une pierre précieuse.

Où qu’il se tourne. Stimulé par la gratification qu’il a reçue, il fera triompher la cause, bonne ou mauvaise, de celui qui l’a acheté. Il faut donc se garder d’accepter des présents ; ils ont un pouvoir redoutable (Deutéronome 16.19). D’autres donnent pour sujet au second hémistiche le présent, et non pas celui qui l’a reçu, et traduisent : Il fait réussir celui auquel il s’adresse, ce qui ne change rien au sens que nous proposons.

9 Il voile la faute, celui qui recherche l’amour ; Mais qui la rappelle, divise les amis.

Celui qui recherche l’amour, c’est-à-dire qui s’efforce d’entretenir autour de lui des sentiments de bienveillance et d’affection réciproques. Comparez Proverbes 10.12 et 1 Corinthiens 14.1.

Qui la rappelle : la relève, en fait circuler la nouvelle, la raconte toujours à nouveau. Littéralement : Mais qui rappelle l’affaire.

Divise les amis. Voir Proverbes 16.28, note.

10 Une censure fait plus d’effet sur l’homme avisé Que cent coups sur l’insensé.

Fait plus d’effet, proprement : pénètre plus profond. Quinte Curce a dit : Le bon cheval obéit à l’ombre de la cravache ; le mauvais n’écoute pas même l’éperon.

11 Le rebelle ne recherche que le mal ; Un messager cruel sera envoyé contre lui.
11 à 15

Cinq maximes sur diverses catégories d’hommes dangereux qu’il faut soigneusement éviter.

Le rebelle, littéralement : la rébellion ; abstrait pour concret, comme, au verset 11, mensonge pour menteur.

Un messager cruel, dur, inflexible. Ange de mort (Psaumes 78.49), s’il s’agit d’une révolte contre Dieu ; exécuteur envoyé par le monarque, s’il s’agit d’une révolte politique.

12 Rencontre une ourse privée de ses petits, Plutôt qu’un fou pendant sa folie.

Une ourse privée de ses petits. Comparez Osée 13.8. Même dans des circonstances ordinaires une ourse est plus redoutable qu’un ours.

Pendant sa folie. Un homme brutal est toujours une fâcheuse rencontre ; combien plus quand il est dans une crise de sa méchanceté et qu’il ne se possède plus.

13 De celui qui rend le mal pour le bien Le mal ne quittera pas la maison.

Le mal…, le mal. Il ne pourra pas se plaindre si Dieu lui rend simplement le mal pour le mal.

14 Le commencement d’une querelle, c’est une brèche à une digue ; Avant qu’on ne se montre les dents, cède !

C’est une brèche à une digue, littéralement : C’est fournir une ouverture à de l’eau. Quand une fois un procès est engagé, on ne l’arrête pas comme on veut.

Cède ! littéralement : Lâche la dispute !

Avant qu’on ne se montre les dents. Nous rendons ainsi un verbe qui ne se trouve que dans notre livre. Voir encore : Proverbes 18.1 et Proverbes 20.3. D’autres : Avant que la querelle ne s’échauffe.

15 Celui qui absout le coupable et celui qui condamne l’innocent, Sont tous deux en abomination à l’Éternel.

Le Dieu juste déteste celui qui absout un coupable aussi bien que celui qui condamne un innocent.

16 À quoi bon l’argent dans la main du sot ? Pour acquérir la sagesse ? Mais il n’a pas de sens.

Mais il n’a pas de sens, littéralement de cœur, pour loger la sagesse.

D’ailleurs la sagesse ne s’achète pas avec de l’argent, à moins qu’on ne songe ici aux leçons que le sot a prié tel sage de lui donner moyennant salaire (Proverbes 4.7).

17 L’ami aime en tout temps, Et il est suscité comme un frère dans le malheur.

Il est suscité…, littéralement : Il est enfanté comme frère pour le malheur. Dans les jours heureux vous aviez un ami ; dans les jours mauvais, le voilà qui devient pour vous un frère.

18 Il est dépourvu de sens, l’homme qui frappe dans la main, Se portant caution devant autrui.

Comparez Proverbes 6.1-5 ; Proverbes 11.15.

Devant autrui : devant celui qui exige le cautionnement et qui en est témoin.

19 Qui aime les querelles, aime le péché ; Qui élève sa porte, cherche la ruine.

Celui qui, écoutant la voix de son égoïsme, ne craint pas les querelles, est facilement entraîné à mal faire.

Faire sa porte trop haute et trop large, c’est compromettre par vanité la solidité de tout l’édifice qu’on construit.

L’idée commune aux deux membres de ce verset, c’est celle de l’orgueil et de l’amour propre.

20 Le cœur fourbe ne trouve pas le bonheur, Et la langue perverse tombe dans le malheur.

Le cœur fourbe, littéralement : Celui qui est tortueux de cœur (Proverbes 11.20).

La langue perverse, littéralement : Celui qui se retourne avec sa langue.

21 Qui donne naissance à un fils insensé en aura du chagrin, Et le père d’un fou n’a pas de joie.

Comparez verset 25 et Proverbes 10.1.

22 Le cœur joyeux est un bon remède, Mais l’esprit abattu dessèche les os.

Comparez Proverbes 15.13. En rapprochant ces deux passages, quelques-uns ont été amenés à traduire par visage le mot rendu par remède et qui ne se trouve qu’ici : Le cœur joyeux rend heureux, épanouit le visage. Mais le sens de remède, proprement : cicatrisation, est garanti par Osée 5.13, où se rencontre le verbe dont nous avons ici le substantif. Du cœur, centre de l’individu, dépend l’état de l’être tout entier, corps et esprit.

23 Le méchant accepte des présents faits en secret, Pour faire fléchir les voies de la justice.

En secret, littéralement : hors du sein (Proverbes 16.33), des plis formés par le vêtement et dans lesquels on peut dissimuler le cadeau qu’on s’apprête à glisser à son juge. Celui qui fait de pareils présents sent que sa cause est mauvaise, et celui qui les accepte s’engage par là à rendre une sentence injuste.

24 La sagesse est devant l’homme avisé, Mais les yeux de l’insensé sont au bout du monde.

La sagesse est devant l’homme avisé, comme objet de ses préoccupations. Il ne la perd jamais de vue. Les yeux de l’insensé, au contraire, s’en vont au bout du monde, se dispersant sur mille objets indignes de son attention. Plusieurs traduisent : L’homme avisé trouve partout la sagesse ; les sots vont la chercher au bout du monde. Ils citent à l’appui Deutéronome 30.11-14. Mais les sots se donnent-ils vraiment autant de mal pour obtenir la sagesse ?

25 Un fils insensé fait le chagrin de son père, Et l’amertume de celle qui l’a enfanté.

Comparez verset 1.

26 Ce n’est pas bien de condamner aussi le juste à une amende, Et de frapper les hommes nobles à cause de leur droiture.

Aussi. Le juge, après avoir puni le coupable, ne doit pas, cédant à quelque intimidation, se laisser aller à frapper aussi d’une peine moindre, peut-être (amende ou verge, Deutéronome 25.1-3), le juste.

Les hommes nobles. Il s’agit de la noblesse des sentiments.

À cause de leur droiture : qui leur a inspiré des paroles franches, des témoignages courageux. On pourrait traduire aussi : Et de frapper les hommes nobles contre le droit.

27 Qui retient ses paroles possède la science, Et l’homme de sang-froid est homme de bon sens.

Comparez Proverbes 10.19.

De sang froid, littéralement : froid d’esprit.

28 Même le sot, quand il se tait, passe pour sage ; Qui tient sa bouche est prudent.

Comparez Job 13.5. Comme un homme demeurait dans un profond silence pendant un festin, Théophraste lui dit :
Si vous êtes savant, vous ne faites pas sagement ; mais si vous ne l’êtes pas, vous faites prudemment.