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Osée 5
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Osée 5

Après l’accusation, l’annonce du châtiment. Nous distinguons deux paragraphes :

  • versets 1 à 7 : Israël et spécialement les sacrificateurs et la cour, seront punis ; ils cherchent en vain à apaiser Dieu par leurs sacrifices. Juda est aussi compris dans cette menace.
  • versets 8 à 15 : Le malheur arrive ; il ne sera pas détourné par l’alliance avec Assur. Israël et Juda seront abandonnés par l’Éternel, jusqu’à ce qu’ils aient reconnu leurs fautes et qu’ils se tournent de nouveau vers Dieu.
1 Entendez ceci, sacrificateurs ; écoutez, maison d’Israël ; maison du roi, prêtez l’oreille ; car c’est pour vous qu’est la sentence, parce que vous avez été un piège à Mitspa, et un filet sur le Thabor.

1 à 7

Entendez ceci… Avant d’annoncer le châtiment, le prophète résume les considérants déjà énoncés en partie au chapitre 4 ; il s’adresse spécialement aux sacrificateurs et à la famille royale, qui ont entraîné le peuple.

Un piège à Mitspa. Comme cette localité est mise en parallèle avec le Thabor, il paraît que le prophète pense à Mitspa de Galaad (Ramath-Mitspa ou Ramoth de Galaad, Josué 13.26 ; Josué 20.8 ; Juges 10.17 ; Juges 11.11 ; Juges 11.29 ; 2 Rois 9.1 ; 2 Rois 9.4 ; 2 Rois 9.14), qui était le point le plus élevé le plateau à l’orient du Jourdain, de même que le Thabor était le plus haut sommet sur le plateau d’Éphraïm, à l’occident de ce fleuve. Le piège et le filet tendus sur ces hauteurs représentent les cultes idolâtres qui y avaient été établis et auxquels prenaient part, aux yeux de tout Israël, les chefs religieux et politiques du peuple.

2 Leurs sacrifices ont creusé [l’abîme de] leur rébellion ; je vais vous reprendre tous.

Leurs sacrifices… littéralement : leurs tueries. Bien loin de procurer le pardon au peuple, comme le ferait certainement un vrai sacrifice, ce culte coupable comble, la mesure de leurs crimes, n’est plus qu’une tuerie.

Je vais vous reprendre tous : vous dire votre fait à tous.

3 Je connais Éphraïm, et Israël ne m’est point caché : or, tu t’es prostitué, Éphraïm ; Israël s’est souillé.

Voici le jugement que ma toute science porte sur vous.

4 Leurs œuvres ne leur permettent pas de revenir à leur Dieu, car un esprit de prostitution est au milieu d’eux, et ils ne connaissent pas l’Éternel.

Triste situation ; ils sont tellement corrompus qu’ils ne peuvent plus revenir à Dieu ! D’un côté, le souffle d’impureté les emporte et de l’autre, la connaissance de Dieu est détruite. Ce ne sera qu’après un châtiment décisif qu’un retour réel pourra avoir lieu (verset 15).

5 L’orgueil d’Israël dépose contre lui Israël et Éphraïm tomberont par leur iniquité ; Juda aussi est tombé avec eux.

Contre lui, littéralement : contre sa face, car c’est dans l’expression du visage que se montrent l’orgueil et l’impudence. Leur figure suffit pour les condamner.

Juda aussi est tombé… Le peuple resté fidèle à David sera aussi enveloppé dans le châtiment, parce qu’il s’associe aux péchés d’Israël son frère.

6 Avec leurs moutons et leurs bœufs ils iront chercher l’Éternel, et ils ne le trouveront point ; il s’est dérobé à eux.

Tous les sacrifices qu’ils pourraient offrir n’y changeront rien ; Dieu a, pour un temps, rompu avec eux.

7 Ils ont trompé l’Éternel, car ils ont enfanté des fils étrangers ; la prochaine lune les dévorera avec leurs biens.

Ils ont trompé l’Éternel… : comme une femme infidèle trompe son mari.

Enfanté des fils étrangers. C’est un Israël qui porte trop la livrée de l’étranger pour que l’Éternel puisse le reconnaître pour sien.

La prochaine lune : expression qui signifie : la ruine est imminente.

8 Sonnez du cor à Guibéa, du clairon à Rama ; jetez des cris d’alarme à Beth-Aven ! Garde à toi, Benjamin !

8 à 15

Un jugement est exercé sur le royaume d’Éphraïm par le moyen de Juda ; puis tous deux tombent ensemble sous les coups de l’ennemi païen (comparez verset 5 : Juda aussi est tombé).

Annonce d’une invasion. Chose étrange ! L’ennemi paraît cette fois venir, non du nord, comme d’ordinaire, mais du sud ; car les trois endroits nommés, Guibéa, Rama, Béthel, sont sur une ligne droite allant du sud au nord en partant de Jérusalem, Guibéa à 5 km environ ; Rama à 10 km et Béthel à 25 ou 30 km de cette capitale. L’ennemi, s’avançant du sud, est donc censé venir de Juda. Ce fait exceptionnel s’explique peut-être par le verset 10, qui semble parler d’une expédition partie de Juda pour déplacer la limite entre les deux États, c’est-à-dire pour s’emparer de la partie méridionale du royaume des dix tribus. Aussi nous croyons-nous autorisés à supposer que les différentes localités ici nommées, situées en partie sur le territoire de la tribu de Benjamin, avaient précédemment été enlevées à Juda et réunies au royaume du nord. De là cette invasion de Juda (Osée 6.14, note), qui profitait d’un moment favorable pour les reconquérir et même s’agrandir aux dépens d’Israël (verset 10). Cette invasion fut accompagnée de pillage et de meurtres (versets 9 et 11). Voilà pourquoi l’alarme est donnée d’abord à Guibéa, puis parvient enfin au nord jusqu’à Beth-Aven (Béthel). On comprend aussi par là ces derniers mots, autrement inintelligibles : Garde à toi, Benjamin !

9 Éphraïm sera dévasté au jour du châtiment ; j’annonce une chose certaine dans les tribus d’Israël. 10 Les princes de Juda ont été comme des gens qui déplacent les bornes : je répandrai sur eux ma colère comme de l’eau.

Qui déplacent les bornes. Juda imite le crime de ceux qui déplacent à leur profit la borne entre leur champ et celui de leur voisin. Juda est en cela, il est vrai, l’instrument de la punition d’Éphraïm ; mais il ne s’ensuit pas que sa conduite soit approuvée.

11 Éphraïm est opprimé, accablé justement, parce qu’il a consenti à suivre des règlements.

Des règlements… inventés par les hommes ; ce sont les statuts qu’il se donne à lui-même ou que lui donnent ses rois, comme le devoir d’adorer les veaux d’or à Dan et à Béthel, la défense d’aller à Jérusalem et en général toutes les institutions politiques et religieuses contraires à celles que Dieu avait données à son peuple. Règlements, même terme en hébreu qu’Ésaïe 28.10 ; Ésaïe 28.13.

12 Et moi, je suis comme la teigne pour Éphraïm, comme la vermoulure pour la maison de Juda.

Teigne… vermoulure… Images tirées de la destruction progressive d’un vêtement, d’une maison. Au premier coup d’œil, ces images paraissent peu dignes de la majesté de Dieu, mais le point de comparaison est la marche incessante et infaillible du jugement divin (comparez Ésaïe 50.9 ; Ésaïe 51.8, etc.).

13 Quand Éphraïm a vu sa maladie, et Juda sa blessure, Éphraïm est allé vers Assur, et il a envoyé vers un roi qui prit son parti ; mais celui-ci ne pourra vous guérir, et votre plaie ne sera point cicatrisée.

Quand Éphraïm a vu… : lorsque les rois des deux petits États d’Éphraïm et de Juda se sont trouvés dans la détresse ; ainsi Ménahem, roi d’Israël, quand il fut menacé par une révolte (2 Rois 15.19), ou Achaz, roi de Juda, quand il fut exposé à l’invasion réunie d’Éphraïm et des Svriens (Ésaïe chapitre 7). Ils se mirent alors à implorer le secours de leur puissant voisin, le monarque assyrien. Osée parle ici spécialement d’Éphraïm qui lui importe plus directement.

Vers un roi qui prit son parti. Il y a en hébreu : le roi Jareb, mot qui n’est certainement pas un nom propre et qui signifie littéralement : le roi, il vengera, c’est-à-dire le roi qui se fait le champion d’une cause. Le secours du monarque assyrien, acheté à prix d’argent, n’aura aucun effet salutaire ni pour l’un, ni pour l’autre des deux États israélites.

14 Car je serai comme le lion pour Éphraïm, et comme le jeune lion pour la maison de Juda ; moi, moi, je déchirerai et m’en irai ; j’emporterai ma proie et on ne me l’arrachera pas.

Ce secours étranger n’apportera pas un salut réel, parce que l’Éternel est décidé à détruire et que nul ne peut détourner l’exécution de son conseil.

15 Je m’en irai, je rentrerai dans ma demeure jusqu’à ce qu’ils se reconnaissent coupables et qu’ils cherchent ma face. Dans leur détresse, ils me réclameront.

L’image est celle d’une personne qui tourne le dos à une autre pour rentrer chez elle. Cependant Dieu fait entrevoir un avenir de réconciliation, lorsqu’Israël reviendra sincèrement à lui. Les derniers mots : dans leur détresse…, sont la transition au chapitre suivant dont ils forment en quelque sorte le titre.