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Osée 10
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Plan du commentaire biblique de Osée 10

La ruine

Le prophète continue à motiver la destruction imminente du peuple par la grandeur de ses iniquités : versets 1 à 8 et 9 à 15.

1 Israël est une vigne luxuriante qui se charge de fruit : plus il a eu de fruit, plus il a multiplié ses autels ; plus le pays a été beau, plus belles il a fait les statues.

La prospérité d’Israël et la beauté de son pays n’ont servi qu’à faire abonder chez lui l’infidélité.

2 Leur cœur est hypocrite : maintenant ils en porteront la peine ; il abattra leurs autels, il détruira leurs statues.

Hypocrite, littéralement : glissant.

Détruira leurs statues, littéralement : abattre leur sommet ; peut-être est-il ici question, ainsi qu’au verset 1, de simples colonnes, telles qu’en élevaient les Cananéens, en souvenir de quelque événement ou à l’honneur de leurs dieux, par exemple celles de Baal et d’Astarté (1 Rois 14.23).

3 Maintenant ils vont dire : Nous n’avons pas de roi, parce que nous n’avons pas craint l’Éternel, et le roi que fera-t-il pour nous ?

Le moment vient où ils prononceront cette parole de regret : Notre roi ne mérite pas vraiment ce nom ; car il est impuissant à nous protéger. Mais ce ne sera pas là une parole de vraie repentance, pas plus que celle de Osée 6.1-3.

4 Ils disent beaucoup de paroles, faisant de vains serments, concluant des alliances, et le jugement éclôt comme le pavot sur les sillons des champs.

Pendant qu’ils font avec les païens des alliances aussitôt rompues, le jugement arrive aussi sûrement et aussi promptement, qu’éclôt au printemps, en Palestine, le coquelicot, qui abonde dans les champs de blé.

5 Les habitants de Samarie ont peur pour les veaux de Beth-Aven ; car son peuple mène deuil sur lui, et ses prêtres tremblent pour lui, pour sa gloire qu’on lui a ravie.

Les veaux…, littéralement : les génisses, terme plus méprisant que le masculin. Mais pourquoi le pluriel ? Peut-être y avait-il à Béthel (Beth-Aven, Osée 4.15, note) quelque autre veau d’or que celui que Jéroboam I y avait fait dresser ; on bien n’est-ce ici qu’un pluriel désignant l’espèce : lui et tous ceux de sa sorte ? Le prophète penserait à celui de Dan. Quoi qu’il en soit, le singulier revient aussitôt après : sur lui… pour lui. Osée se transporte par la pensée au moment où déjà le veau d’or ne sera plus là.

Son peuple… Le peuple de Samarie, prêtres et habitants, tremblent pour ce pauvre veau que menace l’invasion de l’ennemi ; quel dieu que celui pour la sûreté duquel se tourmentent ainsi ses adorateurs !

Sa gloire : la majesté divine qu’ils lui attribuent.

Ses prêtres…, en hébreu : camarim, mot qui ne se retrouve que 2 Rois 23.5 et Sophonie 1.4, et qui, en syriaque, signifie prêtre. En passant dans la langue hébraïque, ce terme a pris le sens défavorable de faux prêtre ou magicien ; car les prêtres qui venaient de Syrie avaient ce caractère.

6 Lui aussi sera transporté en Assyrie en offrande au roi vengeur ; la honte saisira Éphraïm ; Israël sera confus de ses desseins.

L’idole partage la captivité de ses adorateurs.

Le roi vengeur (comparez Osée 5.13) : celui que les Israélites appelaient pour les défendre et les venger et que Dieu emploie maintenant pour se venger d’eux.

7 Samarie est anéantie, son roi est comme un fétu sur la face de l’eau. 8 Les hauts lieux d’Aven, péché d’Israël, seront détruits ; l’épine et la ronce monteront sur leurs autels. Ils diront aux montagnes : Couvrez-nous ! Et aux collines : Tombez sur nous !

Aven (néant, iniquité), employé pour Beth-Aven (Béthel), maison d’iniquité.

Couvrez-nous… Ils préféreraient disparaître, comme dans un tombeau, plutôt que d’être atteints par le jugement de Dieu qui les menace. Comparez Luc 23.30 et Apocalypse 6.16.

9 Depuis le temps de Guibéa tu as péché, ô Israël ! Ils sont encore là ! Ne les atteindra-t-elle pas à Guibéa, la guerre contre les fils d’iniquité ?

Depuis le temps de Guibéa… Le prophète rappelle ici le crime affreux commis à Guibéa et raconté Juges chapitres 19 et 20. Israël est aujourd’hui tout entier ce qu’étaient, les habitants de cette ville illustrée par ce crime.

Ils sont encore là. Le prophète voit l’Israël actuel comme identifié à ces anciens scélérats qui bravaient le châtiment dont ils étaient menacés.

La guerre ne les atteindra-t-elle pas …Après avoir repoussé deux attaques du peuple entier, les gens de Guibéa furent enfin atteints par le châtiment mérité ; il en sera de même d’Israël. Comme toutes les tribus d’Israël se réunirent pour exterminer les gens de Guibéa, ainsi tous les peuples seront rassemblés par l’Éternel pour punir son peuple.

10 Je les châtierai à mon gré, et des peuples seront rassemblés contre eux quand on les liera à leurs deux péchés.

Quand on les liera… Ils seront emmenés en captivité liés à leurs deux veaux d’or (leurs deux péchés). Il y a dans l’hébreu un jeu de mots intraduisible entre , je châtierai : esorem et on liera : oseram.

11 Éphraïm était une génisse apprise à fouler le blé et y prenant plaisir ; et moi j’ai fait passer sous le joug son beau cou ; j’attellerai Éphraïm, Juda labourera, Jacob traînera sa herse.

Éphraïm, au service de Dieu, était semblable à une génisse qui n’a d’autre tâche que celle, agréable et facile, de fouler le blé en s’en nourrissant à son aise (Deutéronome 25.4). Maintenant le joug pèsera sur son cou, et il sera assujetti, ainsi que Juda, nommé en passant, aux plus durs travaux ; image de l’esclavage qui va remplacer la liberté première.

Jacob. Cette expression est choisie pour réunir les deux royaumes ; après les deux frères, le père, personnification du peuple entier.

12 Faites vos semailles selon la justice ; moissonnez selon la bonté, défrichez vos jachères ; il est temps de chercher l’Éternel jusqu’à ce qu’il vienne et fasse pleuvoir sur vous la justice.
12 et 13

Cette belle et douce image du verset 11 semble attendrir le cœur de l’Éternel ; le ton de la menace fait place à celui de l’encouragement. Les images nouvelles paraissent aussi inspirées par celles du verset 11. Osée poursuit fréquemment une image sans continuer exactement la même idée.

L’Éternel indique le seuil moyen de prévenir le châtiment annoncé.

Faites vos semailles… moissonnez… Au sens littéral, sans doute, tout en appliquant ces expressions en général à tous les travaux de la vie ordinaire. On sème selon la justice, quand on ne se permet ni de semer du grain dérobé, ni d’user de fraude d’aucune sorte ; on moissonne selon la bonté, quand les pauvres ont leur part de la moisson.

Défrichez… (Jérémie 4.3). Ici, le sens devient de plus en plus figuré.

Vos jachères : vos champs négligés, c’est-à-dire votre cœur mauvais.

Il est temps de chercher l’Éternel… C’est l’acte intérieur qu’indiquait l’image : défricher les jachères.

Pleuvoir sur vous la justice… c’est-à-dire le pardon et le renouvellement. Quand le peuple sèmera en justice, Dieu lui répondra en répandant sur lui la justice d’en haut. Comparez Ésaïe 45.8.

13 Vous avez labouré la méchanceté ; vous avez moissonné l’iniquité ; vous avez mangé le fruit du mensonge ; car tu t’es confié en ta propre voie, dans le grand nombre de tes hommes forts.

Mais le prophète ne peut se livrer longtemps à l’espoir que son appel soit entendu. Il revient bien vite à la désespérante réalité : Israël agit dans un sens tout contraire à celui des versets précédents : Vous avez été iniques et dans le labour et dans la moisson ; voilà pourquoi votre récolte s’est changée en fruits trompeurs : au lieu de sauver le pays, vous l’avez perdu, et vos armées ne le sauveront pas.

14 Le tumulte va s’élever parmi ton peuple et toutes tes forteresses seront dévastées, comme Salman dévasta Beth-Arbel au jour de la guerre où la mère fût écrasée sur les enfants.

Comme Salman… :. Une inscription assyrienne due au roi Tiglath-Piléser mentionne un roi moabite du nom de Salmanou parmi les princes qui devaient le tribut ; or, Tiglath-Piléser étant contemporain de Ménahem d’Israël (si on l’identifie, comme on le fait généralement, avec Phul, 2 Rois 15.19 ; 1 Chroniques 5.26), et Osée ayant vécu sous Ménahem, il est fort, possible que le prophète fasse allusion à une incursion de ce chef moabite, dans laquelle il aurait pillé et détruit la ville d’Arbel. Mais peut-être aussi le nom de Salman désigne-t-il un des nombreux rois d’Assyrie qui ont porté le nom de Salmanasar ; et, dans ce cas, il serait naturel de penser à Salmanasar IV, qui commença le siège de Samarie achevé par Sargon, siège qui mit fin à l’existence du royaume des dix tribus.

Beth-Arbel. Il y avait deux villes de ce nom en Galilée ; mais il est plus probable que ce nom désigne ici la Beth-Arbel située au passage du Jourdain, près de Pella en Galaad. Elle aurait été détruite au moment où Salmanasar envahissait le pays. S’il en est ainsi, l’événement rappelé par Osée aurait été tout récent et faisait présager ce qui allait arriver à la capitale. Les menaces des chapitres 8 à 10 seraient ainsi d’autant plus saisissantes qu’elles auraient été prononcées à la veille de la catastrophe finale

Où la mère fut écrasée sur les enfants : la ville renversée sur ses habitants.

15 Voilà ce que vous a fait Béthel, à cause de votre suprême méchanceté. Au point du jour, le roi d’Israël est entièrement anéanti.

Béthel… : par le culte idolâtre qui s’y célébrait.

Au point du jour… Epouvantable réveil !