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Matthieu 28
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Plan du commentaire biblique de Matthieu 28

Apparition de l’ange

Au matin du premier jour, deux femmes viennent au sépulcre. Un tremblement de terre se produit ; un ange, descendu du ciel, roule la pierre et s’assied dessus. Les gardes sont comme morts de frayeur (1-4).

Message de l’ange

L’ange rassure les femmes, leur annonce que Jésus est ressuscité et leur ordonne de porter cette nouvelle aux disciples, en leur disant que Jésus les précède en Galilée, où ils le verront (5-7).

Apparition de Jésus aux femmes

Elles courent transmettre ce message aux disciples. Jésus vient à leur rencontre. Elles se jettent à ses pieds et l’adorent. Il leur dit d’annoncer à ses frères qu’il est ressuscité et leur donne rendez-vous en Galilée (8-10).

1 Or comme le sabbat finissait et que le premier jour de la semaine commençait à luire, Marie-Magdelaine et l’autre Marie vinrent pour voir le sépulcre.
Chapitre 28 la résurrection

1 à 10 Apparition d’un ange. Apparition de Jésus.

Grec : Tard du sabbat, le jour (ou l’heure) commençant à luire vers le premier jour de la semaine.

Cette indication assez obscure a donné lieu a des interprétations diverses. Les premiers mots ne peuvent être rendus, comme ils le sont dans la plupart de nos versions, par après le sabbat.

Employé comme préposition le mot grec ne peut signifier que longtemps après (Weiss). Il faut le considérer comme un adverbe et traduire « sur le tard dans la journée du sabbat », ou comme le sabbat finissait.

Matthieu divise ici les jours selon l’usage ordinaire et non selon la manière de compter des Juifs, qui faisaient finir le sabbat à six heures du soir. Pour lui, la nuit du samedi au dimanche rentre encore en partie dans le sabbat ; c’est ce que montrent les mots « le jour (ou l’heure) commençant à luire vers le premier jour de la semaine ».

Quelques commentateurs ont vu dans cette dernière expression la désignation du moment où, le sabbat passé, on allumait les lumières dans les maisons, et ont pensé que Matthieu plaçait toute la scène de la résurrection dans la soirée du samedi. Mais il est très peu probable que notre évangéliste se soit ainsi mis en contradiction avec la tradition unanime.

Comparer Matthieu 27.56.

Jean Jean 20.1 ne mentionne en premier lieu que Marie-Magdelaine ; ici, nous la voyons accompagnée de l’autre Marie (comparez Matthieu 27.56, note) ;

Marc Marc 16.1 lui donne deux compagnes ;

Luc, enfin (Luc 24.10), constate la présence de quelques autres femmes (comparer Luc 24.1, note).

Dans l’histoire de la résurrection de Jésus, plus qu’ailleurs, les relations des évangélistes, vraies dans leurs données générales, présentent des divergences de détail qu’on ne peut toujours concilier.

On conçoit très bien que, dans les scènes multipliées et rapides de ce grand événement, au milieu de la surprise, de la crainte, de la joie qu’en éprouvèrent les disciples, chacun rapporta ce qu’il avait vu ou ce qui lui avait été dit par d’autres, et que les traditions qui se formèrent ainsi varièrent suivant les contrées et les Églises.

2 Et voici il se fit un grand tremblement de terre ; car un ange du Seigneur, étant descendu du ciel et s’étant approché, roula la pierre, et il se tenait assis dessus.

Nos versions ordinaires portent ici, d’après le texte reçu : « roula la pierre de l’entrée du sépulcre ».

Ces derniers mots se lisent dans A, C et les majuscules plus récents. Mais leur adjonction s’explique mieux que leur retranchement.

La version de Lausanne, avec quelques interprètes, met tous les verbes au plus-que-parfait : il y avait eu un grand tremblement de terre, un ange était venu, avait roulé la pierre, etc., pour faire comprendre que ces miracles s’accomplirent, non en la présence des femmes, mais avant leur arrivée.

D’après les autres évangiles, il semble qu’il en fut ainsi (Marc 16.4 ; Luc 24.2) ; mais le texte de Matthieu n’admet pas une telle traduction.

Notre évangéliste, comme toujours, au lieu d’entrer dans les détails et de rapporter textuellement les récits des témoins oculaires, raconte l’événement d’une manière plus générale.

Luc (Luc 24.4, note) mentionne deux anges ;

Matthieu et Marc ne parlent que de celui qui adressa la parole aux femmes.

3 Or son aspect était comme un éclair, et son vêtement, blanc comme la neige ;

Comparer sur ces images Marc 9.3 ; Luc 9.29.

4 et de la frayeur qu’ils en eurent, les gardes furent tout tremblants, et devinrent comme morts.

Moins ces soldats romains comprirent les phénomènes qui se passaient autour d’eux, plus, dans leur superstition de païens, ils éprouvèrent de terreur.

5 Mais l’ange, prenant la parole, dit aux femmes : Vous, ne craignez point ; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié. 6 Il n’est pas ici ; car il est ressuscité, comme il l’a dit. Venez, voyez le lieu où il était couché ; 7 et allez promptement dire à ses disciples qu’il est ressuscité des morts. Et voici, il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. Voici, je vous l’ai dit.

Chaque mot, dans ce discours de l’ange, est propre à consoler les femmes éplorées : Vous (par opposition aux gardes effrayés), ne craignez point ; vous cherchez avec amour, je le sais, ce Jésus que vous avez vu mourir sur la croix. Il n’est plus ici parmi les morts, il est ressuscité, sa parole est accomplie. Approchez, voyez ce tombeau vide où il était couché (le texte reçu avec A, C, D dit : où le Seigneur était couché).

Maintenant, les femmes, consolées, réjouies, doivent être les promptes messagères de cette bonne nouvelle pour les disciples ; elles doivent aussi leur annoncer qu’il les précède en Galilée, et que là ils le verront, selon sa promesse (Matthieu 26.32 ; comparez ci-dessous verset 10, note).

En effet, le message dont l’ange charge les femmes pour les disciples s’étend jusqu’à ces mots : c’est là que vous le verrez, car les femmes elles-mêmes allaient le voir dans un instant (verset 9).

Le dernier mot de l’ange : Voici, je vous l’ai dit, exprime la parfaite certitude de tout ce qu’il annonce.

8 Et étant sorties promptement du sépulcre, avec crainte et avec une grande joie, elles coururent l’annoncer à ses disciples. 9 Et voici, Jésus vint au-devant d’elles, en disant : Salut ! Et elles, s’approchant, saisirent ses pieds et l’adorèrent.

Grec : réjouissez-vous ! C’était là la belle formule de salutation usitée chez les Grecs et qui, en ce moment, dans la bouche de Jésus ressuscité, se revêtait d’une signification profonde (comparer verset 8).

Le texte reçu, avec A, C, la Peschito, fait précéder notre verset 9 de ces mots : Mais comme elles allaient pour le leur annoncer, qui ne se trouvent pas dans Codex Sinaiticus B, D, la plupart des versions.

Cette apparition de Jésus aux femmes avait été précédée d’une autre à Marie-Magdelaine seule (Marc 16.9 ; Jean 20.11), à moins qu’on ne puisse, selon l’opinion de quelques exégètes, identifier ces deux apparitions, en supposant que Jésus apparut à Marie de Magdala seule, après que ses compagnes furent retournées à la ville. Le récit de Matthieu serait celui de Jean généralisé.

La crainte, la joie (verset 8), le bonheur de retrouver leur Sauveur se confondent dans ce mouvement d’adoration, par lequel les femmes veulent s’assurer que c’est bien lui, et en quelque sorte le retenir. Ce trait nous explique la parole remarquable de Jésus à Marie-Magdelaine (Jean 20.17), et c’est là encore un indice qu’il s’agit dans les deux récits d’un seul et même fait.

10 Alors Jésus leur dit : Ne craignez point ; allez et annoncez cette nouvelle à mes frères, afin qu’ils s’en aillent en Galilée, et c’est là qu’ils me verront.

Jésus ne donne à ses disciples ce beau et doux nom de frères qu’après sa résurrection (Jean 20.17 ; comparez Matthieu 12.50).

Ces dernières paroles de Jésus : c’est là qu’ils me verront, sont conformes à celles de l’ange (verset 7) ; elles prouvent que Matthieu n’a point en vue d’autres apparitions de Jésus ressuscité que celles qui eurent lieu en Galilée (verset 16).

C’est là que le Sauveur avait le plus de disciples, parce qu’il y avait constamment séjourné et annoncé le règne de Dieu. Il pouvait, dans cette province reculée et montagneuse, réunir sans bruit tous ceux qui avaient cru en lui, afin de leur donner les preuves les plus certaines de sa résurrection (Jean 21.1 et suivants ; 1 Corinthiens 15.6).

Matthieu ne rapporte pas les autres apparitions de Jésus à Jérusalem, que Luc et Jean nous ont racontées en détail. Il s’était formé, dans la tradition apostolique, deux courants parallèles.

Les faits rapportés par cette double tradition ne s’excluent pas. Il est au contraire naturel que Jésus soit apparu à ses disciples d’abord à Jérusalem, où ils étaient réunis au lendemain de sa mort, puis dans la Galilée, leur patrie, où tout les rappelait et qu’il les ait enfin ramenés à Jérusalem aux approches de la Pentecôte.

11 Or pendant qu’elles étaient en chemin, voici quelques-uns de la garde vinrent à la ville et rapportèrent aux principaux sacrificateurs tout ce qui était arrivé.
Plan
La nouvelle apportée aux sacrificateurs

Quelques gardes vont raconter aux principaux sacrificateurs ce qui est arrivé (11).

Les gardes corrompus

Le sanhédrin, s’étant assemblé, et en ayant délibéré, offre une forte somme aux soldats à condition qu’ils disent que le corps de Jésus a été dérobé pendant la nuit par ses disciples. Il promet d’intervenir auprès de Pilate, si cette affaire vient à sa connaissance. Les soldats acceptent le marché. C’est l’origine du bruit qui a couru jusqu’à ce jour parmi les Juifs (12-18).

11 à 15 Le témoignage des gardes
12 Alors s’étant assemblés avec les anciens et ayant tenu conseil, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent,

Alors s’étant assemblés avec les anciens et ayant tenu conseil, ils donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, Grec : suffisamment d’argent.

On a révoqué en doute cette grossière tentative de corruption faite, après délibération, par le sanhédrin.

Mais comment la trouver étrange, après la transaction de ce même corps avec Judas ? Quand l’aveuglement de la passion et l’endurcissement de la conscience sont arrivés à leur comble, tous les moyens paraissent bons ; l’homme, privé du secours de Dieu, livré à la puissance du péché, ne recule devant aucun expédient.

13 en disant : Dites : Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé pendant que nous dormions. 14 Et si cela vient à la connaissance du gouverneur, nous l’apaiserons et nous vous tirerons de peine.

Grec : nous le persuaderons (pour qu’il ne vous inflige pas la punition méritée), et nous vous tirerons de toute inquiétude.

Le mensonge qu’ils insinuaient aux soldats, ils le savaient, n’était pas sans danger (voir sur les objections qu’on fait au sujet de ce récit Matthieu 27.66, note).

15 Eux donc, ayant pris l’argent, firent comme ils avaient été instruits. Et ce bruit a été répandu parmi les Juifs jusqu’à aujourd’hui.

Ce bruit (grec cette parole) ne désigne pas l’histoire de cette transaction entre les membres du sanhédrin et les soldats, mais la déclaration mensongère de ces derniers que les disciples avaient enlevé le corps de Jésus (verset 13).

16 Or les onze disciples s’en allèrent en Galilée, sur la montagne où Jésus leur avait ordonné d’aller.
Plan
L’apparition de Jésus

Les onze se rendent en Galilée sur la montagne désignée par Jésus. Ils se prosternent devant lui, quelques-uns cependant ont des doutes (16-17).

Les instructions de Jésus

Jésus affirme que tout pouvoir lui appartient ; il ordonne à ses disciples d’aller vers toutes les nations, d’instruire, de baptiser et d’enseigner à garder ses commandements ; il leur promet d’être avec eux tous les jours jusqu’à la fin du monde (18-20).

16 à 20 l’apparition de Jésus aux onze en Galilée

Matthieu 26.32 ; Matthieu 28.10. Il parait qu’en ordonnant à ses disciples de se rendre en Galilée après sa résurrection, il leur avait en même temps désigné une montagne où ils le rencontreraient.

Quelle était cette montagne ? Le texte ne le dit pas, et toutes les suppositions qu’on a faites à cet égard sont inutiles. Mais ce qu’il y a de remarquable, c’est que les plus grands événements de la vie du Seigneur, tels que le discours par lequel il inaugurait son royaume comme Messie (chapitres 5 à 7), la manifestation de sa gloire par sa transfiguration (Matthieu 17.1 et suivants), et, ici, son solennel discours d’adieu, ont lieu sur des montagnes.

Matthieu ne mentionne que les onze disciples de Jésus, c’est-à-dire ses apôtres, réduits à ce nombre par la mort de Judas (Matthieu 27.5).

Mais comme Jésus avait en Galilée beaucoup de disciples qui, sans aucun doute, s’empressèrent de s’assembler en apprenant, par les apôtres revenus de Jérusalem, la grande nouvelle de sa résurrection, plusieurs interprètes pensent que les onze n’étaient pas seuls lors de cette solennelle entrevue sur la montagne, et identifient cette apparition avec celle où Jésus, au témoignage de Paul, fut vu par plus de cinq cents frères en une seule fois (1 Corinthiens 15.6). Il leur parait plus facile d’expliquer, dans cette supposition, les doutes mentionnés (verset 17).

Cela est assez vraisemblable : il faut reconnaître cependant que ces doutes se produisirent aussi dans le cercle des apôtres (Luc 24.41 ; Jean 20.24 ; Jean 21.4).

Et dans notre récit il n’y a pas d’indices clairs de la présence d’autres personnes que les onze (verset 16).

Matthieu passe entièrement sous silence les apparitions de Jésus à ses disciples en Judée et les entretiens qu’il avait eus là avec eux. Mais pouvait-il les ignorer ? Lui-même ne rapporte-t-il pas la rencontre de Jésus avec les femmes près du tombeau, et les paroles qu’il leur adressa (verset 9) ? Et tout ce qui s’était passé à Jérusalem entre Jésus ressuscité et ses disciples (Luc 24 et Jean 20) ne fut-il pas immédiatement connu de tous ?

Ces raisons porteraient à croire que l’évangéliste ne prétend pas raconter la première entrevue de Jésus avec ses disciples, mais seulement ce solennel rendez-vous qu’il leur avait d’avance assigné et où il devait les investir de leur mission.

17 Et le voyant, ils l’adorèrent ; mais quelques-uns doutèrent.

Et le voyant, ils l’adorèrent ; mais quelques-uns doutèrent. La foi en la divinité du Fils de Dieu, encore incertaine et faible dans le cœur de plusieurs, se réveille victorieuse à la vue du Sauveur triomphant de la mort (Jean 20.28).

Une variante, dans Codex Sinaiticus B, D, retranche ici l’objet du verbe (le) et dit simplement : ils adorèrent. Le sens reste le même.

18 Et Jésus, s’approchant, leur parla, disant : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre.

Tout pouvoir ou toute autorité, dans le ciel et sur la terre.

Jusqu’ici, Jésus était sur la terre, dans son état d’humiliation, sous sa forme de serviteur (Philippiens 2.7).

Maintenant, par sa résurrection, par son retour dans le ciel, au sein de sa gloire (Jean 17.5), il entre en plein dans sa royauté divine, où toutes choses lui sont soumises (Éphésiens 1.20-23 ; Philippiens 2.9-11).

Cette puissance et cette autorité divines sont le fondement et le garant de la mission qu’il va donner aux disciples, et dont l’impossibilité les aurait effrayés sans cette assurance-là (voir aussi le dernier mot de ce discours, verset 20).

19 Allez, instruisez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

Dans cet ordre suprême de Jésus à ses apôtres et à son Église, chaque mot doit être pesé.

Allez, dit-il (le texte reçu ajoute le mot donc, qui se lit dans B, l’Itala, la vulgate, la version syriaque, et qui est maintenu par Lachmann, Westcott et Hort, B. Weiss, etc ; il rend en tout cas bien le rapport du verset précédent avec l’ordre ici donné) ; les disciples de Jésus doivent aller et ne point attendre que les nations viennent à eux, ce qui n’arriverait jamais. Et comme cet ordre est permanent, il est la charte de l’œuvre des missions.

Instruisez toutes les nations (grec : faites disciples toutes les nations).

Tel est le dessein de la miséricorde de Dieu, qui est sans limites à l’égard de notre pauvre humanité déchue. Cet ordre est donc en même temps une promesse (Matthieu 24.14).

Mais comment faire disciples les nations ? Par ces trois moyens : l’instruction, le baptême et l’obligation morale de mettre en pratique tout l’enseignement du Sauveur (v 20).

L’instruction est adressée à toutes les nations : le baptême est administré à ceux qui, d’entre ces nations, ont été faits disciples (le pronom baptisez-les, au masculin, ne se rapporte pas aux nations, mais aux disciples).

Enfin, c’est à ces disciples baptisés que les apôtres doivent enseigner à garder tout ce que le Maître a commandé.

On ne peut pas cependant conclure de ces paroles que tout doive toujours se passer dans ce même ordre ; car la tournure grecque de la phrase : faites disciples en les baptisant, est loin d’établir cette succession uniforme. Il y a même une variante qu’il faudrait traduire : faites disciples après les avoir baptisés. Elle se trouve dans B et D : Tregelles l’admet dans le texte, Westcott et Hort en marge, B. Weiss la préfère.

Même sans admettre cette leçon, il est certain qu’ici comme en toutes choses, le Seigneur laisse une grande liberté à ses disciples. Aussi voyons-nous les apôtres faire souvent usage de cette liberté en exigeant pour le baptême, non une instruction religieuse complète, mais simplement la confession des péchés et la foi en Jésus comme Sauveur (Actes 2.38-41 ; Actes 8.12 ; Actes 16.33 ; Actes 19.5).

Baptiser au nom (grec pour le nom, ou dans le nom, ou en vue de ce nom, selon une particule qui marque la direction, le but où l’on tend : Romains 6.3 ; 1 Corinthiens 10.2), ne signifie pas seulement baptiser par l’ordre, sur l’autorité de l’Être dont il s’agit ; mais comme son nom exprime son essence même, toutes ses perfections, et que baptiser signifie plonger, c’est introduire le néophyte dans une communion vivante avec Dieu.

Ainsi baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, c’est baptiser avec l’assurance que toutes les grâces dont le Dieu trois fois saint est la source seront communiquées au croyant, qu’il est reçu par le baptême dans la communion du Père, source éternelle de tout amour, de toute vie ; dans la communion du Fils, qui l’a racheté et qui fait de lui un membre vivant de son propre corps ; dans la communion du Saint-Esprit, qui l’éclaire et le sanctifie.

Telle est la riche et profonde signification du baptême chrétien, qui a pour fruit la purification et la régénération par le Saint Esprit (Jean 3.5).

Nous trouvons ainsi dans cette solennelle parole de Jésus-Christ une révélation complète de Dieu, tel que l’Église le connaît et l’adore et tel qu’il répond seul aux profonds besoins de notre âme. L’Écriture, en effet, ne présente pas les rapports de ces trois Êtres de l’essence divine comme objets de spéculation, mais comme la source de toutes les grâces qui sont indispensables à la vie spirituelle (comparer 2 Corinthiens 13.13).

Ôtez à la foi l’un de ces noms divins, avec les dons qu’il nous garantit, et aussitôt le chrétien sentira une diminution dans sa foi, dans sa vie ou dans son espérance.

20 leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé. Et voici, moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation du temps.

Les deux premiers moyens par lesquels les hommes deviennent disciples de Jésus, l’instruction et le baptême (voir la note précédente), doivent produire immédiatement en eux une vie nouvelle qui se manifeste par l’obéissance à la parole de Jésus.

Garder, pratiquer tout ce qu’il a commandé (Matthieu 7.24-28), telle est désormais la règle suprême de leur vie. Ici encore, comme au verset 18, Jésus parle avec une autorité souveraine : il ne conseille pas, il commande.

Ces dernières paroles sont la sanction divine de l’ordre que Jésus vient de donner à ses disciples et à l’Église ; ce qui seul en rend possible l’accomplissement, c’est cette solennelle promesse qu’il leur fait d’être avec eux tous les jours, les assistant de sa présence divine, agissant en eux et par eux, par la puissance de son Esprit. Cette précieuse promesse qui est elle-même une nouvelle preuve de son éternelle divinité, a été visiblement accomplie depuis dix-neuf siècles, et elle le sera jusqu’à la consommation du temps.

Cette expression (comparez Matthieu 24.3, note) désigne la fin de l’économie présente, où Christ reviendra dans sa gloire, rassemblera ses rachetés, et élèvera son règne à la perfection.

Cette dernière scène de l’Évangile de Matthieu couronne dignement tout son livre, dont le but était de prouver au peuple d’Israël la dignité messianique, la royauté éternelle de Jésus. Du premier mot jusqu’au dernier, tous les actes et tous les discours du Sauveur rapportés dans ce livre fournissent cette preuve dans une grande et vivante unité.