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Marc 13
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Plan du commentaire biblique de Marc 13

Plan
Les pierres du temple

Au moment où Jésus sort du temple, l’un des disciples lui en fait admirer les constructions. Jésus déclare qu’il n’en demeurera pierre sur pierre (1, 2).

La question des disciples

Quand ils sont arrivés sur le mont des Oliviers, Pierre, Jacques, Jean et André l’interrogent en particulier sur l’époque à laquelle cet événement s’accomplira et sur le signe qui annoncera son accomplissement (3, 4).

1 Et comme il sortait du temple, un de ses disciples lui dit : Maître, vois quelles pierres et quelles constructions !
Chapitre 13 Le discours sur les derniers temps
1 à 4 l’occasion du discours

Voir, sur le discours prophétique qui va suivre, Matthieu 24, notes et comparez Luc 21.5 et suivants

Matthieu et Marc notent avec soin le moment où Jésus sort du temple, ce centre de la théocratie juive avec laquelle il a rompu (Matthieu 23.39 ; Matthieu 24.1, notes).

Marc dit qu’un de ses disciples, qu’il ne nomme pas (Pierre peut-être), attira l’attention de Jésus sur la grandeur des pierres et des édifices qui composaient le lien sacré (voir la note suivante).

Matthieu attribue cette remarque à ses disciples.

2 Et Jésus lui dit : Tu regardes ces grandes constructions ! Il ne sera laissé pierre sur pierre qui ne soit démolie.

Démolie, grec détachée de l’édifice dont elle faisait partie et jetée à bas.

Le temple était bâti avec des pierres blanches et fortes, dont chacune mesurait environ 25 coudées en longueur, 12 de largeur, 8 en hauteur.
— Josèphe, Antiquités Juives, XV, 11, 3

Le même historien, témoin de la catastrophe, constate que l’édifice fut entièrement détruit.

Au delà de cette porte, mais plus près de l’angle sud-est de la ville, la base de la muraille est composée, par places, de pierres énormes qui datent évidemment du temple ; elles justifient l’admiration des apôtres : Maître regarde quelles pierres ! Celles qui restent semblent n’être là que pour qu’on s’étonne davantage que les autres aient pu être renversées et pour qu’on voie mieux, dans cette destruction, l’intervention souveraine de Dieu. J’ai mesuré une de ces pierres, prise à peu près au hasard : elle avait 16 pieds de longueur sur 4, 5 de hauteur ; mais il y en a de beaucoup plus grandes. Schulz en cite une de 29 pieds de long… Il est remarquable que tous les vestiges des anciens murs de Jérusalem se trouvent dans l’enceinte du temple… À ces derniers appartient entre autres, la belle et imposante muraille au pied de laquelle les Juifs viennent pleurer la ruine et la profanation de leur temple.
— Félix Bovet, Voyage en Terre Sainte, 7e édition, page 166
3 Et comme il était assis sur la montagne des Oliviers, en face du temple, Pierre et Jacques et Jean et André l’interrogeaient en particulier :

Voir Matthieu 24.3, note. C’était probablement le soir ; Jésus était sorti de Jérusalem pour se rendre à Béthanie ; il avait traversé le torrent du Cédron et gravi le mont des Oliviers, c’est là qu’il s’était assis avec ses disciples, en face du temple, selon l’observation de Marc ; toute la ville de Jérusalem étalait sous leurs yeux ses édifices, sur la colline opposée. En présence de ce spectacle, Jésus annonce la ruine de la cité, puis il plonge ses regards dans le plus lointain avenir, jusqu’au jour de sa gloire !

Marc seul a conservé les noms de ces quatre disciples les plus intimes de Jésus qui lui adressent, en particulier, la grave question, occasion de toute cette prophétie.

4 Dis-nous quand ces choses arriveront, et quel sera le signe que toutes ces choses sont sur le point de s’accomplir.

La question des disciples est plus explicite dans Matthieu (voir la note) que dans Marc et Luc.

Dans le premier évangile, ils demandent deux choses : d’abord, quand aura lieu la destruction du temple que Jésus vient d’annoncer ; ensuite, quel sera le signe de son avènement et de la fin des temps.

Au premier abord, il semble que Marc et Luc ne posent que la première de ces deux questions, et beaucoup d’excellents interprètes sont de cette opinion.

Toutefois, en y regardant de plus près, il est difficile de ne pas retrouver dans ces deux évangélistes la double pensée de Matthieu, au moins indiquée. Entre les deux phrases de ce verset, il y a progression, elles formulent deux questions : d’abord, quand ces choses arriveront ; puis, quel sera le signe (terme de Matthieu) que toutes ces choses s’accompliront (grec, seront consommées, mot qui rappelle celui de Matthieu : la consommation du temps).

Quoi qu’il en soit il est certain que, dans les trois évangiles, Jésus répond aux deux questions, partant du jugement de Dieu sur Jérusalem, puis étendant son regard jusqu’à son retour pour le dernier jugement et la délivrance de ses rachetés. Seulement, chez Luc, ces deux grands événements sont présentés d’une manière distincte, tandis que, dans Matthieu et Marc, ils semblent parfois se confondre l’un avec l’autre (voir Matthieu 24.4, note).

5 Et Jésus se mit à leur dire : Prenez garde que personne ne vous séduise ;
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Les faux Christs

Jésus met les siens en garde contre les séducteurs qui se donneront pour le Christ (5, 6).

Les bouleversements sociaux

Jésus exhorte les siens à ne pas se laisser troubler par les guerres, les tremblements de terre, les famines, qui ne seront qu’un commencement de douleurs (7, 8).

Les persécutions et les chutes. L’assistance du Saint-Esprit

Jésus invite les siens à veiller sur eux-mêmes, car à cause de lui ils seront livrés aux tribunaux jusqu’à ce que l’Évangile soit annoncé sur toute la terre. Qu’ils ne s’en mettent pas en souci, car l’Esprit-Saint parlera en eux. La division sera au sein des familles. Les hommes feront mourir leurs plus proches. Les disciples seront haïs de tous. Qui aura persévéré jusqu’à la fin sera sauvé (9-13).

5 à 13 Les événements qui précéderont la fin.

Ne vous séduise, ou ne vous égare, ne vous trompe, soit en vous entraînant à la suite de ces faux christs qui viendront, soit en vous persuadant que les autres signes que je vais indiquer sont déjà la fin (versets 7, 8).

6 plusieurs viendront en mon nom, disant : C’est moi ! Et ils séduiront beaucoup de gens.

Voir, sur ces faux christs, Matthieu 24.5, note.

7 Mais quand vous entendrez parler de guerre et de bruits de guerre, ne soyez point troublés ; il faut que cela arrive ; mais ce ne sera pas encore la fin.

Des guerres et des bruits de guerre, tel est le second signe qui aurait pu troubler les disciples, ou les induire en erreur au sujet de cette prophétie.

Le temps qui s’écoula entre la mort de Jésus et la ruine de Jérusalem fut rempli de guerres diverses entre plusieurs peuples ; les historiens du temps n’ont guère autre chose à raconter. Mais ce ne sera pas là encore la fin, dont les disciples se sont enquis (verset 4). Voir Matthieu 24.6, note.

8 Car nation se lèvera contre nation, et royaume contre royaume ; il y aura des tremblements de terre en divers lieux ; il y aura des famines. Ces choses seront un commencement de douleurs.

Matthieu 24.7-8, notes.

Le texte reçu porte : « … des famines et des troubles. Des commencements de douleurs seront ces choses ». Le texte que nous avons adopté est conforme à Codex Sinaiticus, B, D, versions.

Les famines sont ordinairement les suites de la guerre. Elles résultent aussi des tremblements de terre.

9 Mais vous, prenez garde à vous-mêmes. Ils vous livreront aux tribunaux et aux synagogues ; vous serez battus de verges ; et vous comparaîtrez devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi, pour leur être en témoignage.

Après tous les signes qui précèdent : faux christs, guerres, et autres calamités publiques, viennent maintenant les persécutions, que Marc et Luc décrivent d’une manière plus complète que Matthieu dans ce discours prophétique. Mais ces deux évangélistes introduisent ici des parties d’un autre discours de Jésus, adressé à ses disciples lors de leur première mission (Matthieu 10.17 et suivants Voir les notes).

Au lieu de cette construction : ils vous livreront aux tribunaux et aux synagogues ; vous serez battus de verges, plusieurs traduisent : « vous serez battus de verges dans les synagogues ».

Ainsi construite la phrase a un sens conforme à Matthieu 10.17 ; mais la préposition grecque « dans les synagogues » implique le mouvement ; et ce complément se relie à celui qui le précède immédiatement : « dans les tribunaux ».

Comparer sur les châtiments infligés par les tribunaux (grec sanhédrins) siégeant dans les synagogues, Matthieu 10.17, note, et Edersheim, La société juive, p. 114.

10 Et il faut que l’Évangile soit premièrement prêché à toutes les nations.

Voir Matthieu 24.14, où cette grande et consolante promesse est exprimée d’une manière plus complète.

Marc l’intercale ici, au milieu de ce tableau des persécutions, d’une part, pour montrer qu’elles ne seront pas de courte durée, mais resteront le partage de l’Église jusqu’à ce que l’Évangile ait pénétré dans toutes les nations ; d’autre part, pour encourager les disciples par la pensée que, malgré toutes ces persécutions et ces oppositions du monde, la bonne nouvelle du salut parviendra à tous les peuples encore plongés dans les ténèbres.

11 Et quand ils vous mèneront pour vous livrer, ne soyez pas en souci par avance de ce que vous direz ; mais tout ce qui vous sera donné à cette heure-là, dites-le ; car ce n’est pas vous qui parlez, mais l’Esprit-Saint. 12 Et un frère livrera son frère à la mort, et un père son enfant ; et des enfants se soulèveront contre leurs parents et les feront mourir ;

Ces deux versets se retrouvent textuellement dans le discours de Jésus aux disciples envoyés en mission (Matthieu 10.19-20, notes).

Il serait inutile de discuter la question de savoir auquel des deux discours ces paroles, ainsi que celles des versets 9, 10, ont originairement appartenu.

L’essentiel est qu’elles ont été prononcées par le Seigneur.

Il est possible que Jésus ait plus d’une fois averti ses disciples de l’opposition qu’ils rencontreraient. En tout cas, Marc et Luc assignent une place très naturelle à ces paroles, puisque les persécutions qu’elles prédisent, font partie de ces signes au sujet desquels les apôtres avaient interrogé le Maître (verset 4). Et pour qu’ils ne fussent pas découragés par ces prédictions, Jésus leur avait promis le secours tout-puissant de Dieu (verset 11).

Le texte reçu, avec A, et les majuscules, ajoute à ces mots : ne soyez pas en peine de ce que vous direz, ceux-ci : et ne le méditez point, qui ne sont pas authentiques ici (comparer Luc 21.14 et Marc 12.11-12).

13 et vous serez haïs de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé.

Matthieu 24.9-13, notes.

Ici se rejoignent les deux rédactions du discours dans Matthieu et dans Marc.

14 Or, quand vous verrez l’abomination de la désolation établie là où elle ne doit pas être (que celui qui lit y fasse attention) ; alors, que ceux qui seront dans la Judée s’enfuient dans les montagnes ;
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Le signal de la ruine et la fuite des croyants

Quand l’abomination de la désolation sera établie, qu’ils fuient alors vers les montagnes sans rien emporter ! Malheur aux femmes enceintes ! Qu’ils prient pour que ce ne soit point en hiver (14-18).

La grande tribulation abrégée

Ce sera une détresse comme il n’y en a pas eu et n’y en aura jamais ; mais à cause des élus ces jours seront abrégés (19, 20).

Les faux christs

Ne croyez pas ceux qui vous diront le Christ est ici ou il est là ! Plusieurs faux christs et faux prophètes viendront, faisant des prodiges. Prenez garde ! (21-23)

14 à 23 Le jugement de Dieu sur Jérusalem.

Voir Matthieu 24.15, note.

Le Seigneur en vient à désigner d’une manière plus directe les signes précurseurs de la ruine de Jérusalem. Il le fait en empruntant au prophète Daniel les termes de sa prédiction (Daniel 9.27 ; Daniel 11.31 ; Daniel 12.11).

Dans Matthieu, il nomme ce prophète ; selon Marc, il se borne à le citer par une simple allusion ; car ces mots du texte reçu, d’après A, et les majuscules plus récents : « désolation dont a parlé le prophète Daniel », ne sont pas authentiques, mais empruntés à Matthieu.

Ce que le Seigneur entend par : l’abomination de la désolation nous est clairement expliqué par Luc, qui remplace la citation de Daniel par ces mots : « Or, quand vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que sa désolation est proche ».

Pour des Israélites, ce ne devait pas être seulement une désolation (ou dévastation, réduction en désert), mais aussi une abomination, c’est-à-dire, selon le langage de l’Ancien Testament, une profanation, une souillure que cet investissement de la ville sainte par des païens impurs.

Jésus prédit à ses disciples qu’ils verront cette abomination établie (participe parfait indiquant un fait accompli et permanent) là où elle ne doit pas être, expression vague, remplaçant le terme plus précis de Matthieu : « établie en lieu saint ».

Selon l’interprétation que nous a donnée Luc, cette profanation du lieu saint est bien attribuée aux Romains, et non, ainsi qu’on l’a pensé, aux Juifs mêmes, parce que, pendant le siège, un parti de ce peuple se serait retranché dans le temple, et aurait souillé le sanctuaire (comparer d’ailleurs sur ces mots : en lieu saint, Matthieu 24.15, note).

Quant à l’avertissement placé entre parenthèse (que celui qui lit y fasse attention) on peut l’attribuer soit au Seigneur lui-même, soit à l’évangéliste.

Dans le premier cas, ce verbe lire aurait pour objet la prophétie même de Daniel ; dans le second, il se rapporterait à la lecture de l’évangile.

15 et que celui qui sera sur le toit ne descende point, et n’entre point, pour emporter quelque chose de sa maison ; 16 et que celui qui sera aux champs ne retourne point en arrière pour prendre son manteau. 17 Mais malheur à celles qui seront enceintes, et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! 18 Priez pour que cela n’arrive pas en hiver.

Voir, sur ces détails, destinés à peindre la grandeur du danger et la soudaineté de la catastrophe, Matthieu 24.16-20, notes.

À ces mots : Prier pour que cela n’arrive pas en hiver, Matthieu ajoute : « ni en un jour de sabbat », détail qui pouvait avoir un sens pour des Israélites gênés par les prescriptions sabbatiques, mais que les lecteurs étrangers à leur nation n’auraient guère compris. C’est sans doute pour cela qu’il est omis dans Marc.

Le texte reçu dit ici d’après Matthieu : « que votre fuite n’arrive pas en hiver ».

19 Car ces jours-là seront une tribulation telle qu’il n’y en a point eu depuis le commencement de la création que Dieu a créée jusqu’à maintenant et qu’il n’y en aura jamais.

Voir Matthieu 24.21, note.

Cette expression de Marc : la création que Dieu a créée ; comme au verset 20 celle-ci : les élus que Dieu a élus, est sans doute destinée à donner plus de relief à la pensée.

20 Et si le Seigneur n’eût abrégé ces jours, nulle chair ne serait sauvée ; mais à cause des élus qu’il a élus, il a abrégé ces jours.

Voir Matthieu 24.22, note.

Quelques termes de ce verset diffèrent dans Matthieu et Marc, mais la pensée reste la même. L’un et l’autre emploient un verbe très peu usité, choisi à dessein ; c’est celui que nous traduisons par abréger, et dont le sens est indiqué dans la note sur le passage de Matthieu.

21 Et alors, si quelqu’un vous dit : Voici, le Christ est ici, ou : Voici, il est là, ne le croyez point ; 22 car de faux christs et de faux prophètes s’élèveront, et feront des signes et des prodiges pour séduire si possible les élus.

Matthieu 24.23, note.

Les mots : de faux christs manquent dans D et l’Itala. Tischendorf, qui les avait omis, les a rétablis dans sa dernière édition.

Le texte reçu, avec A, C, ajoute le mot même avant les élus. Cette expression parait formée d’après le texte de Matthieu.

23 Pour vous, prenez garde ; je vous ai tout prédit.

Je vous ai tout prédit, cela arrivera certainement, prenez garde !

C’est ici que Matthieu (Matthieu 24.27-28, voir les notes), parvenu au terme du second cycle de cette prophétie, place la prédiction de la venue de Christ.

Cette venue sera rapide et éclatante comme l’éclair, qui resplendit de l’Orient jusqu’en Occident. Il ajoute une autre comparaison : celle du corps mort vers lequel s’assemblent les aigles ; et c’est ainsi que, par une transition naturelle, il passe de la partie de ce discours qui concerne le jugement de Dieu sur Jérusalem, à celle qui a pour objet le retour de Christ et le jugement dernier.

24 Mais en ces jours-là, après cette affliction, le soleil s’obscurcira, et la lune ne donnera pas sa lumière,
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L’avènement du fils de l’homme décrit

En ces jours-là, après cette affliction, il y aura des bouleversements cosmiques. Le fils de l’homme viendra sur les nuées ; il enverra ses anges rassembler de toutes parts ses élus (24-27).

Quand cet avènement aura lieu

Jésus instruit ses disciples, par une parabole tirée du figuier, à discerner l’approche de cet événement. Cette génération ne passera point que tout ne soit arrivé. Le ciel et la terre passeront, les paroles de Jésus ne passeront point (28-31).

Exhortation à veiller fondée sur l’incertitude du jour et de l’heure

Personne ne connaît l’heure, ni les anges, ni le Fils, mais le Père seul. Veillez donc, comme les serviteurs et le portier dont le maître est en voyage (32-37).

24 à 37 L’avènement du Seigneur.

Marc passe au dernier cycle de cette prophétie par une particule (mais) qui fait attendre un nouveau sujet. Pour marquer l’ordre des temps, il se sert de cette expression vague : en ces jours-là, après cette tribulation, et évite ainsi l’expression si précise de Matthieu : aussitôt après, dans laquelle l’exégèse a trouvé de grandes difficultés.

L’explication que nous avons essayé d’en donner (voir Matthieu 24.29, 1re note), n’est point opposée à la relation de Marc qui, lui aussi, étend ses regards vers un avenir assez lointain où paraîtront de faux christs et de faux prophètes (versets 21-23).

Cette distinction des temps parait surtout très claire dans Luc (Luc 21.24-25) qui, entre la ruine de Jérusalem et les signes précurseurs du retour de Christ rapportés par les trois évangiles, place cette prédiction remarquable : « Et Jérusalem sera foulée aux pieds par les païens, jusqu’à ce que les temps des païens soient accomplis ».

25 et les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées.

voir Matthieu 24.29 2e note.

26 Et alors ils verront le fils de l’homme venir sur les nuées, avec grande puissance et gloire.

Ce moment solennel, point culminant de notre prophétie, est décrit d’une manière plus complète dans Matthieu, qui le fait envisager d’abord sous l’aspect d’un jugement redoutable pour le monde, puis d’une glorieuse délivrance pour les élus de Dieu. Marc et Luc font ressortir uniquement ce dernier point de vue.

27 Et alors il enverra les anges, et il rassemblera ses élus, des quatre vents, depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.

Matthieu dit ici : « des quatre vents depuis une extrémité des cieux jusqu’à l’autre extrémité ».

Marc exprime exactement la même idée ; car par : l’extrémité de la terre et l’extrémité du ciel, il entend, ainsi que Matthieu, l’horizon visuel formé par la jonction apparente de la terre et du ciel.

Voir, sur ce ministère des anges, Matthieu 24.31, note, et Matthieu 13.41-49

Le texte reçu dit ses anges ; ce pronom est authentique dans Matthieu, mais pas ici.

28 Or, que le figuier vous instruise par cette parabole : Dès que ses rameaux sont devenus tendres, et qu’il pousse des feuilles, vous connaissez que l’été est proche. 29 De même vous aussi, quand vous verrez ces choses arriver, sachez qu’il est proche, et à la porte. 30 En vérité, je vous dis que cette génération ne passera point, que toutes ces choses n’arrivent.

Le terme : cette génération ne peut s’entendre que dans son sens naturel, désignant les contemporains de Jésus (comparer : Matthieu 24.34, note).

D’un autre côté, les mots : toutes ces choses renferment les prédictions que Jésus vient de faire sur son retour dans la gloire ; (versets 26, 27) faut-il en conclure que Jésus a annoncé sa seconde venue comme devant avoir lieu du vivant de la génération d’alors ? Voir, sur cette question, Matthieu 24.34, note.

L’exégèse rationaliste s’en tenant strictement à ce texte et à d’autres indications de ce discours (Matthieu 24.29), n’hésite point à répondre affirmativement. C’est là attribuer au Sauveur une erreur qui ôterait, non seulement à ce discours, mais en général à ses prédictions sur l’avenir de son règne, toute autorité.

Le fait que les apôtres eux-mêmes attendaient le retour de Christ de leur vivant (1 Thessaloniciens 4.15-17, notes ; 1 Corinthiens 15.51, note) ne saurait être invoqué à l’appui de cette opinion. Quoi que l’on pense de ces espérances prochaines de la primitive Église, on ne peut en attribuer l’origine à Jésus-Christ lui-même qu’en tant qu’il avait laissé ignorer à ses disciples le jour et l’heure de son retour, afin de les maintenir dans une sainte vigilance.

Il va déclarer ici même (verset 32), aussi bien que dans Matthieu 24.36, que ce jour et cette heure nul ne les connaît, pas même le Fils, mais Dieu seul.

Et, dans ce même discours, il fixerait ce grand événement final comme devant s’accomplir dans sa génération même, et coïncider avec la ruine de Jérusalem, trente-sept ans après !

Quelle contradiction ! Et cette contradiction se retrouverait dans toutes les prédictions du Sauveur relatives à l’avenir lointain de son règne, en particulier dans la plupart de ses paraboles.

Ce n’est donc pas à Jésus, mais aux évangélistes qu’il faut attribuer l’erreur. En rapportant ce discours prophétique, ils ont donné à cette parole une place inexacte. Recueillie par la tradition apostolique et écrite vingt ou trente ans plus tard, telle parole du Sauveur a pu être insérée hors de sa place. Une saine critique doit la lui rendre. Il en est ainsi de cette déclaration, qui ne peut se rapporter qu’à la destruction de Jérusalem et à la ruine de la théocratie.

31 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. 32 Or, pour ce qui est de ce jour-là, ou de l’heure, personne ne le sait, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais le Père seul.

voir Matthieu 24.36, note.

Il faut remarquer cette progression : les anges, le Fils, le Père.

Dans ce nom : le Fils, il faut voir un abrégé de « Fils de Dieu », et non du titre « le fils de l’homme » que Jésus se donne fréquemment.

D’autant plus frappante est cette déclaration si catégorique par laquelle Jésus, limitant en lui la toute-science divine, se refuse la connaissance du jour et de l’heure de son dernier avènement.

Cette déclaration n’a rien d’étonnant pour ceux qui prennent au sérieux l’incarnation du Fils de Dieu et son humanité (Jean 1.14 ; Philippiens 2.8 ; Hébreux 2.17 ; Hébreux 5.8 ; Luc 2.52).

Serait-il véritablement homme, notre frère, s’il n’avait pas renoncé à la pleine possession des perfections divines pendant le temps de son abaissement sur la terre ? Lui qui priait en toute occasion, ne s’est-il pas montré à nous dans cette entière dépendance de son Père, de qui il attendait et recevait toutes choses, à chaque instant ? (Jean 5.19-20 ; Jean 5.30 ; Jean 8.28)

Et pourtant, depuis l’époque des Pères jusqu’à nos jours, surtout depuis les vives controverses suscitées par l’arianisme, on a fait les tentatives les plus diverses pour échapper au sens simple et clair de cette parole du Sauveur. C’est selon son humanité, a-t-on dit, qu’il ignorait l’heure de sa venue, mais non dans sa divinité ; et l’on ne voit pas que, tout en admettant ce dualisme nestorien dans sa personne, on lui fait prononcer une parole qui ne serait plus vraie.

Il ignorait le jour de son retour pour ses disciples, a-ton dit encore, parce que Dieu ne lui avait pas donné la mission de le leur révéler, ou parce que lui-même ne voulait pas devancer les temps, dans les développements futurs de son règne. Efforts inutiles ! Il suffit de remarquer que cette déclaration de Jésus, dans le passage parallèle de Matthieu (le Père seul), présente exactement le même sens que celle de notre évangile, dût-on admettre que la variante : ni le Fils y fût inauthentique (comparer encore Actes 1.7).

33 Prenez garde ; veillez ! Car vous ne savez quand le temps est là.

Le texte reçu, avec Codex Sinaiticus, A, C, et la plupart des majuscules ajoute : et prier ; mais les meilleurs critiques omettent, avec B, D, ces mots comme étant transférés ici du Marc 14.38.

Ici commence l’application de tout le discours, qui se résume, comme on pouvait s’y attendre, dans le saint devoir de la vigilance. Matthieu est le plus complet. Il rapporte d’abord l’exemple de Noé et du déluge, puis la comparaison du père de famille qui veille pour la sécurité de sa maison ; enfin, il couronne ces exhortations solennelles par les paraboles des dix vierges et des talents et par la grande scène du jugement dernier.

Marc abrège ; il se contente de l’image du serviteur vigilant (verset 34), et insiste sur l’ignorance où Jésus laisse ses disciples concernant le jour et l’heure (versets 32, 33, 35).

34 Comme un homme qui, allant en voyage, a laissé sa maison et donné pouvoir à ses serviteurs, à chacun son ouvrage, et au portier il a commandé de veiller…

La phrase n’est pas achevée, et le sens de cette courte parabole, à laquelle Marc a donné une forme nouvelle, n’est point indiqué ; mais ce sens est évident par lui-même, et c’est pourquoi l’évangéliste passe immédiatement à l’application : Veillez donc ! (verset 35).

L’homme qui est en voyage (grec absent, voyageur), c’est le Seigneur lui-même ; sa maison, c’est son règne, son Église, sur laquelle il a établi ses serviteurs, en leur donnant, non seulement pouvoir ou autorité, mais à chacun son œuvre, détail très important de l’image.

Il y a enfin, pour cette maison, un portier dont le devoir principal est de veiller.

Tous ces offices furent d’abord confiés par le Sauveur à ses apôtres, et dès lors ils ont été distribués aux divers serviteurs de Jésus-Christ dans son Église.

35 Veillez donc, car vous ne savez pas quand le Seigneur de la maison vient, si c’est le soir, ou à minuit, ou au chant du coq, ou le matin ;

C’est ainsi que les Romains divisaient la nuit en quatre veilles : la première de six à neuf heures s’appelait le soir ; la seconde de neuf heures à minuit s’appelait le milieu de la nuit ; la troisième de minuit à trois heures le chant du coq ; la quatrième de trois à six heures le matin.

En usant de cette comparaison de la nuit, et en supposant quatre époques dans lesquelles on peut l’attendre, le Sauveur veut faire ressortir l’incertitude absolue où nous sommes du moment de sa venue.

36 de peur qu’arrivant tout à coup, il ne vous trouve endormis. 37 Or, ce que je vous dis, je le dis à tous : Veillez !

À tous, non seulement à vous mes premiers disciples, mais à tous ceux qui croiront en moi, jusqu’au temps où je viendrai.

Veiller : il est peu de devoirs si fréquemment recommandés dans la parole divine (Matthieu 24.42 ; Luc 12.35 et suivants ; Luc 21.34 et suivants ; 1 Thessaloniciens 5.2-6).