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Luc 4
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Luc 4

Les quarante Jours. Première tentation

Jésus revient du Jourdain rempli du Saint-Esprit. Il est conduit par l’Esprit çà et là dans le désert et tenté par le diable pendant quarante jours. N’ayant pas pris de nourriture pendant ce temps-là, il a faim. Prenant occasion de cette faim, le tentateur lui insinue de changer une pierre en pain, puisque, comme Fils de Dieu, il a le pouvoir et le devoir de s’aider lui-même. Jésus répond par une parole de l’Écriture, mentionnant cette nourriture supérieure qui consiste dans la confiance en Dieu et l’obéissance à sa volonté, (1-4)

Seconde tentation

Le diable, l’élevant sur une montagne, lui offre la puissance et la gloire des royaumes de ce monde. Elle lui a été livrée, il la donne à qui se prosterne devant lui. Jésus repousse cette offre en rappelant au tentateur le grand commandement qui ordonne d’adorer Dieu seul (5-8).

Troisième tentation

Satan conduit Jésus au haut du temple et l’invite à se précipiter dans le vide ; comme Fils de Dieu, il n’a rien à craindre ; Dieu a promis de le garder en toute circonstance, l’Écriture, citée par le tentateur, l’affirme. Jésus le repousse par cette autre parole de l’Écriture : Tu ne tenteras point Dieu (9-12).

Conclusion

La tentation achevée, Satan se retire de lui, jusqu’à une occasion favorable (13).

1 Or Jésus, rempli de l’Esprit-Saint, revint du Jourdain ; et il était conduit par l’Esprit dans le désert,
Chapitre 4
La tentation de Jésus

1 à 13 Jésus tenté au désert.

Comparer Matthieu 4.1-11, notes, et Marc 1.12-13, notes. Par ces premiers mots de son récit, Luc rattache la tentation au baptême (Luc 3.21-22).

Les trois évangiles synoptiques mettent ces deux faits dans un rapport intime. Luc marque la réalité du don fait à Jésus lors de son baptême en disant qu’il revint du Jourdain, rempli de l’Esprit-Saint. Et c’est alors précisément qu’il dut subir la tentation.

Le texte reçu dit : « Il fut conduit par l’Esprit dans le désert » (avec la particule du mouvement), ce qui suppose qu’il n’y était pas encore.

Luc, d’après le texte de Codex Sinaiticus, B. D, admet qu’il y était déjà, après être revenu du Jourdain, et nous apprend que là il était conduit (imparfait indiquant l’action continue) par l’Esprit dont il était rempli, et qui était le principe dirigeant sa vie intérieure (comparer pour les termes, Romains 8.14).

La leçon du texte reçu est une correction faite dans le dessein de mettre Luc en harmonie avec les deux premiers évangiles. Il n’y a, du reste, nulle contradiction ; car ce fut bien aussi l’Esprit qui amena Jésus dans le désert, qui l’y jeta, selon l’énergique expression de Marc ; seulement, le récit de Luc nous renseigne d’une manière plus complète sur cette action de l’Esprit, sur le travail d’âme intense qu’elle occasionnait et qui se trahissait par cette marche sans but dans le désert.

2 pendant quarante jours, étant tenté par le diable. Et il ne mangea rien durant ces jours-là ; et après qu’ils furent achevés, il eut faim.

Voir, sur ces mots : tenté par le diable, Matthieu 4.1, 2e note.

Le texte reçu dit : « ensuite il eut faim » ; le mot souligné est emprunté au premier évangile. Voir, sur ce jeûne du Sauveur, Matthieu 4.2, note.

Luc semble vouloir dire que Jésus s’abstint de manger parce qu’il était profondément absorbé. La tournure employée par Matthieu indique plutôt un jeûne intentionnel.

3 Et le diable lui dit : Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu’elle devienne du pain.

Matthieu 4.3, note.

Luc est plus précis que le premier évangéliste : cette pierre (au lieu de ces pierres) ; du pain (non des pains). Et en disant cela, Satan montrait une pierre à ses pieds.

4 Et Jésus lui répondit : est écrit : L’homme ne vivra pas de pain seulement.

Le texte reçu ajoute : mais de toute parole de Dieu.

Ces mots manquent dans Codex Sinaiticus, B version égyptienne. Ils ont été probablement introduits dans le texte. La pensée qu’ils expriment est implicitement contenue dans le premier membre de la phrase.

Matthieu et les Septante portent : « de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » ; le texte hébreu : « ce n’est pas de pain seulement que l’homme vivra, mais c’est de tout ce qui sort de la bouche de l’Éternel que l’homme vivra ».

5 Et le diable l’ayant élevé, lui montra, en un instant, tous les royaumes de la terre ;

Le texte reçu porte : « Et le diable l’ayant élevé sur une haute montagne ».

Les mots soulignés sont empruntés à Matthieu.

Luc seul a cette expression : en un instant, en un clin d’œil, qui suffirait à prouver qu’il ne se représentait point cette scène dans un sens littéral et extérieur (voir Matthieu 4.3, note).

De son côté, Matthieu ajoute à ces mots : tous les royaumes de la terre, ceux-ci : « et leur gloire ». Luc place la mention de celle-ci dans la parole du tentateur (verset 6).

6 et le diable lui dit : Je te donnerai toute cette puissance et la gloire de ces royaumes ; parce qu’elle m’a été livrée et que je la donne à qui je veux.

Voir Matthieu 4.9, note.

Les derniers mots de ce verset sont particuliers à Luc. Mais quel en est le sens ? Si Satan, dans son orgueil, veut insinuer par là, comme on l’a pensé, que c’est Dieu qui lui a livré cette puissance sur le monde, c’est un mensonge et un blasphème ! S’il veut dire que c’est l’homme qui la lui a donnée en lui obéissant plutôt qu’à Dieu (Genèse 3), il n’a que trop raison, et Jésus lui-même l’a appelé « le prince de ce monde » (Jean 14.30).

Mais c’était une illusion grossière de s’imaginer que Jésus allait reconnaître cette autorité en se prosternant devant lui (verset 7).

7 Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi.

Ce verset est encore particulier à Luc.

La condition posée par Satan peut paraître invraisemblable. Mais il faut se rappeler que l’offre du tentateur supposait une transmission de pouvoir, et que celle-ci impliquait (donc) l’hommage rendu au précédent détenteur du pouvoir. L’oriental se prosterne d’ailleurs devant tout supérieur.

8 Et Jésus répondant lui dit : Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul.

Matthieu 4.10, note.

Le texte reçu fait commencer la réponse de Jésus par les mots : « Va-t’en arrière de moi, Satan, car », qui sont empruntés à Matthieu.

Dans Matthieu, ces mots sont parfaitement à leur place ; Jésus met ainsi fin à la tentation en expulsant de sa présence le tentateur. Cette parole suffirait à elle seule pour prouver que l’ordre historique est celui du récit de Matthieu, si même le sens profond et gradué de la tentation ne le démontrait également.

À peu près tous les interprètes partagent cette opinion. M. Godet, qui défend l’ordre adopté par Luc, pense que cet évangéliste place en premier lieu les deux tentations qui s’adressent au manque de foi, et ne mentionne qu’après cela

l’épreuve qui s’adressait à la foi déjà supposée inébranlable, épreuve qui doit avoir formé le point culminant de toute la tentation.
9 Et il le mena à Jérusalem, et le mit sur l’aile du saint lieu, et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas. 10 Car il est écrit : Il donnera ordre à ton sujet à ses anges de te garder, 11 et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre. 12 Et Jésus répondant lui dit : est dit : Tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu.

Voir Matthieu 4., notes.

13 Et le diable ayant achevé toute la tentation, se retira de lui jusqu’à une autre occasion.

Luc ne rapporte point le fait qu’après la tentation, des anges de Dieu s’approchèrent de Jésus épuisé par le jeûne et par la lutte morale, et lui offrirent leur assistance (Matthieu 4.11) ; mais, d’autre part, il a noté un trait d’une signification profonde : c’est que le diable se retira de lui jusqu’à une occasion (grec), jusqu’à un moment favorable.

On a pensé que cette occasion fut la trahison de Judas, dans laquelle Luc lui-même nous montre une œuvre de Satan (Luc 22.3 ; comparez Jean 13.2), mais cette trahison ne fut pas pour Jésus une tentation spéciale.

L’épreuve annoncée ici ne peut être que l’agonie de Jésus en Gethsémané et sur la croix (Luc 22.53 ; Jean 14.30). À ce point de vue on pourrait traduire : « jusqu’au temps fixé par Dieu », sens que le terme grec a quelquefois (Luc 12.42 ; Romains 5.6).

Pour le présent la tentation est achevée, Jésus en sort victorieux, et sa victoire a des conséquences pour lui-même, pour son œuvre et pour notre humanité, qu’il vient délivrer de la puissance des ténèbres.

14 Et Jésus, dans la puissance de l’Esprit, s’en retourna en Galilée ; et sa renommée se répandit par toute la contrée d’alentour.
Plan
Tableau général des débuts du ministère de Jésus en Galilée

Il est revenu avec la puissance de l’Esprit ; sa renommée se répand ; il enseigne dans les synagogues, (14-15)

Sa visite à Nazareth

  1. La lecture dans la synagogue. Dans la synagogue, le jour du sabbat, il lit la prophétie d’Ésaïe qui l’annonçait comme le Libérateur (16-19).
  2. La prédication. Jésus montre que cette prophétie est aujourd’hui accomplie en sa personne (20, 21).
  3. L’effet du discours. Il provoque l’admiration d’abord, puis l’incrédulité, à cause de l’humble origine de celui qui se donne pour le Sauveur (22).
  4. Réplique de Jésus. Devinant leurs sentiments, Jésus les leur dénonce. Il ne satisfera pas leur désir de voir des miracles. Leur opposition ne le surprend pas : aucun prophète n’est honoré dans sa patrie. Il les avertit cependant, en leur citant deux exemples historiques, que les bienfaits qu’ils repoussent seront départis à d’autres (23-27).
  5. Le dénouement. Le résultat de cette menace est d’exciter leur colère ; ils veulent le précipiter de la montagne sur laquelle leur ville est bâtie. Mais Jésus passe au milieu d’eux (28-30).
Le ministère galiléen
Les commencements du ministère galiléen. Débuts à Nazareth et à Capernaüm

14 à 30 Jésus en Galilée et à Nazareth.

Voir, sur ce retour de Jésus en Galilée, Matthieu 4.12-13, notes ; comparez Marc 1.14. Jésus va commencer son ministère en Galilée. Le récit de ce ministère se prolonge dans Luc jusqu’à Luc 9.50, et constitue une des parties principales de son évangile.

Jésus se rend sur ce théâtre de sa plus grande activité, dans la puissance de l’Esprit, dont il était rempli depuis son baptême (verset 1). Toutes ses paroles et toutes ses œuvres étaient autant de manifestations de la lumière et de la puissance de cet Esprit.

Selon le récit de Luc, on pourrait penser que sa renommée se répandit dans cette Galilée où il venait d’arriver, à mesure qu’il se faisait connaître par l’action puissante de sa parole et de ses guérisons (Matthieu 4.24). Mais peut-être aussi avait-il été précédé dans cette contrée par le bruit des miracles qu’il avait déjà accomplis en divers lieux ; car, selon le récit de Jean (Jean 1.19-4.42), un intervalle assez long s’était écoulé entre la tentation et le commencement de son activité en Galilée, que Luc va décrire (comparer Matthieu 4.12).

15 Et lui-même enseignait dans leurs synagogues, étant glorifié par tous.

Partout où il y avait un groupe de Juifs un peu nombreux, même en terre païenne et jusqu’aux extrémités de l’empire, on trouvait une synagogue, qui servait de lieu de réunion et de culte.

Placée sous la direction générale des anciens, la synagogue était administrée par des fonctionnaires spéciaux : un ou plusieurs « chefs de la synagogue » (Marc 5.22), un serviteur ou huissier (verset 20) qui remplissait aussi les fonctions de maître d’école. La synagogue était un bâtiment rectangulaire dont l’entrée était distinguée par un portique grec.

Quand l’édifice était de grande dimension, l’intérieur était divisé en nefs par des rangées de colonnes. Au fond, sur un parquet surélevé, se trouvait l’armoire sainte qui contenait les manuscrits de l’Écriture.

Chaque sabbat, il y avait une réunion de culte. Elle commençait par une prière liturgique, que récitait un membre de l’assemblée désigné par le président, et qui était aussi chargé ensuite de lire la péricope tirée des prophètes. L’assemblée écoutait debout, le visage tourné vers Jérusalem, et répondait par un amen. La lecture de la loi venait ensuite : elle était faite par sept membres et accompagnée d’un commentaire oral. Puis un assistant lisait un fragment des prophètes et y ajoutait quelques paroles : il se tenait debout pour lire mais s’asseyait pour parler (verset 20). Après la bénédiction finale, l’assemblée se retirait.

Voir pour plus de détails et pour le texte des prières liturgiques, Edersheim, La société juive, trad. Roux, ch. XVI et XVII

16 Et il vint à Nazareth, où il avait été élevé, et il entra, selon sa coutume, le jour du sabbat, dans la synagogue, et il se leva pour lire.

Voir, sur Nazareth, Matthieu 2.23, note. Par cette remarque : où il avait été élevé, Luc motive cette visite de Jésus dans sa ville natale et prépare la scène qui va s’y passer (verset 22 et suivants).

Sur le rapport entre ce séjour de Jésus à Nazareth et celui dont parle Matthieu (Matthieu 13.53 et suivants), voir la note sur ce dernier passage.

Ces mots : selon sa coutume ne se rapportent pas seulement au ministère de Jésus en Galilée qui ne faisait que commencer, mais à la pieuse habitude qu’il avait eue durant toute sa jeunesse de fréquenter le service divin dans les synagogues.

Il se leva pour lire, c’est-à-dire qu’il montra, en se levant, son intention de lire et de parler. À l’ordinaire, c’était le président de la synagogue qui invitait à remplir cette fonction quelqu’un des assistants qu’il y croyait propre (Actes 13.15-16) ; mais Jésus, plein du sentiment de sa vocation sainte, s’offre lui-même à prendre la parole, qui lui est aussitôt accordée.

17 Et on lui remit le livre du prophète Ésaïe, et ayant déroulé le livre, il trouva l’endroit où il était écrit :

Le mot : ayant déroulé (tel est le texte de Codex Sinaiticus, D, l’Itala, tandis que B. A, la version syriaque portent : ayant ouvert) le livre, rappelle que les livres des Hébreux étaient écrits sur de longues bandes de parchemin, roulées autour d’un cylindre.

Il y avait deux portions des saintes Écritures fixées pour chaque jour : l’une tirée de la loi (parasche), l’autre des prophètes (haphthare).

Comme on remit à Jésus le livre du prophète Ésaïe, on pourrait penser que le passage qu’il va lire était justement indiqué pour ce jour. S’il en est ainsi, cette grande prophétie messianique, lue publiquement par Celui en qui elle était accomplie, serait d’autant plus frappante. On a voulu aussi tirer de là une conclusion relative à la date de notre scène, en se fondant sur le fait qu’aujourd’hui cette péricope est lue dans les synagogues à la fête des expiations (septembre).

Mais ce mot : il trouva l’endroit, semble indiquer plutôt que ce passage se présenta providentiellement au Sauveur en déroulant le livre.

18 L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, 19 pour publier aux captifs la liberté et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés et pour publier l’année favorable du Seigneur.

Ésaïe 61.1-2, cité d’après la version grecque des Septante, l’avant-dernière parole de cette prophétie (renvoyer libres les opprimés) étant tirée de Ésaïe 58.6.

Voici d’abord la traduction littérale de l’hébreu, tel que Jésus le lisait à Nazareth, et qui doit servir de point de comparaison : « L’Esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, parce que l’Éternel m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux misérables ; il m’a envoyé pour bander ceux qui ont le cœur brisé, pour publier aux captifs la liberté et à ceux qui sont liés l’ouverture de la prison, pour publier l’année de la bienveillance de l’Éternel ».

C’est le Messie qui parle, c’est son œuvre de rédemption qui est ici décrite. Que la suite du chapitre d’Ésaïe annonce, comme on l’admet généralement, le retour de la captivité et les bénédictions que l’Éternel répandra sur son peuple, c’est possible. Mais l’esprit du prophète voit infiniment plus loin et plus haut ; il contemple la présence et l’œuvre du grand Réparateur promis à Israël. Chaque mot de sa prophétie le témoigne, et nous en avons pour preuve l’autorité même de Jésus-Christ (verset 21).

Le Messie déclare d’abord de la manière la plus solennelle que l’Esprit du Seigneur, l’Éternel, repose sur lui, parce que l’Éternel l’a oint de cet esprit. Il ne faut donc pas traduire : c’est pourquoi il m’a oint, ce qui est un contresens.

Oint (expression empruntée à l’usage d’oindre d’huile, 1 Rois 19.16 ; Exode 28.41 ; Exode 30.30) est la traduction de l’hébreu Messie et du grec Christ (comparer Matthieu 1.16, note).

L’œuvre magnifique, pour laquelle le Libérateur a été oint et envoyé, est indiquée par six termes d’une signification profonde et touchante :

  1. Annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Ce mot pauvres, emprunté à la version des Septante, doit s’entendre à la fois dans son sens littéral et spirituel (Matthieu 5.3 ; Matthieu 11.5). Mais, en hébreu le terme ainsi traduit signifie aussi humble, débonnaire, affligé, misérable (Psaumes 86.1 et souvent ailleurs). La bonne nouvelle qui leur est annoncée, c’est le relèvement, la consolation, les richesses de la grâce.
  2. Guérir ceux qui ont le cœur brisé. Ici se trouve le terme propre, guérir, au lieu de l’expression hébraïque : bander, panser des plaies. Le sens spirituel se comprend de lui-même. Chose singulière, cette parole l’une des plus belles de la prophétie, manque dans Codex Sinaiticus, B. D, l’Itala. Presque tous les critiques modernes l’omettent. Mais comme elle est dans l’hébreu et dans la version grecque des Septante, elle ne peut avoir été omise ici que par une inadvertance des copistes.
  3. Annoncer ou publier la liberté aux captifs. Cette promesse s’appliquait en premier lieu aux Israélites captifs à Babylone, elle avait trait aussi à la liberté morale que donne le Sauveur (Jean 8.36) et qui est la source de toutes les libertés.
  4. Aux aveugles le recouvrement de la vue. Cette parole présente une promesse très belle qui se trouve déjà ailleurs dans les prophètes (Ésaïe 35.5), et que le Seigneur a fréquemment accomplie corporellement et spirituellement pour les aveugles de son temps. Mais ici les Septante se sont écartés de l’hébreu qui porte littéralement : à ceux qui sont liés, ouverture.
    Le verbe ouvrir est souvent joint au mot les yeux dans le sens de rendre la vue ; c’est pourquoi les traducteurs grecs ont vu dans les liés, des aveugles. Il se peut aussi, qu’ils aient pris ce dernier terme dans un sens figuré pour désigner les prisonniers revoyant la lumière au sortir de leurs cachots.
    La Bible annotée traduit : « aux prisonniers le retour à la lumière ». Du reste, une autre parole d’Ésaïe (Ésaïe 42.7) rendait cette association d’idées très naturelle.
  5. Renvoyer libres les opprimés ou mettre en liberté ceux qui sont froissés, foulés, brisés. Cette parole d’une si belle signification, ne se trouve ni dans l’hébreu ni dans les Septante ; elle a été empruntée à Ésaïe 58.6, et introduite ici de mémoire. Peut-être se trouvait-elle déjà dans le document où Luc puisait son récit.
  6. Enfin publier l’année favorable (ou agréée ou agréable) du Seigneur. L’hébreu porte : l’année de bienveillance (ou de grâce) de l’Éternel. Il s’agit de l’année du jubilé, qui revenait tous les cinquante ans (Lévitique 25) ; année de grâce et de joie universelle, où les travaux cessaient, les esclaves étaient rendus à la liberté, les dettes acquittées, les prisonniers amnistiés, etc. Cette année était une image du règne bienheureux du Messie. On comprend toute la grandeur et la beauté des espérances inspirées ainsi au peuple par le prophète, et dont la signification symbolique a été si pleinement réalisée par le Sauveur.
20 Et ayant replié le livre, et l’ayant rendu au serviteur, il s’assit, et les yeux de tous, dans la synagogue, étaient fixés sur lui.

Jésus n’avait probablement pas lu seulement le passage de la prophétie rapporté par Luc, mais toute la section où il se trouve, ou peut-être tout le chapitre.

Et il y avait, déjà dans sa manière de lire, quelque chose qui avait fait pénétrer dans les cœurs la parole divine. De là le vif intérêt avec lequel tous attendaient son explication, de là ces regards de tous fixés sur lui. Cette scène est si vivante que Luc doit l’avoir empruntée à un témoin oculaire.

21 Et il commença à leur dire : Aujourd’hui est accomplie cette parole de l’Écriture, et vous l’entendez.

Grec : Aujourd’hui est accomplie cette Écriture dans vos oreilles ; elle est accomplie au moment même où vous en entendez la lecture faite par Celui qu’annonçait la prophétie. C’est, en effet, le même Messie qui parle et dans le livre d’Ésaïe et dans la synagogue de Nazareth.

Il y a quelque chose de solennel dans ces mots : Et il commença à leur dire. Cette parole de Jésus ne fut, en effet, que le commencement de son discours.

Luc ne fait qu’indiquer le sujet de ce discours ; mais il l’indique assez clairement pour que nous sachions que Jésus s’attacha à prouver sa mission divine et les caractères de cette mission. Par là, il renversait toutes les idées charnelles que les Juifs se faisaient du Messie, puisqu’il s’annonçait comme le Libérateur miséricordieux des pauvres, des prisonniers, des cœurs brisés.

22 Et tous lui rendaient témoignage, et étaient dans l’étonnement des paroles de la grâce qui sortaient de sa bouche ; et ils disaient : Celui-ci n’est-il pas le fils de Joseph ?

Il y a, entre la première et la seconde partie de ce verset, une sorte de contradiction qui ne se comprend pas au premier abord.

D’une part, un témoignage favorable rendu par tous au Sauveur, à la suite de ce qu’ils venaient d’entendre ; un étonnement ou une admiration (le mot a les deux sens), de cette grâce divine qu’il leur annonçait et qui respirait dans toutes ses paroles ; et, d’autre part, une question qui suppose le doute, la défiance, et qui signifiait : Quoi ? Cette œuvre divine pour la délivrance de tout ce qui souffre dans notre humanité serait accomplie par ce jeune homme que nous avons vu grandir au milieu de nous, ce fils du charpentier Joseph dont nous connaissons tous la famille !

Évidemment la réflexion, la critique, succédant à une première impression favorable mais superficielle, ont produit des dispositions différentes qui iront jusqu’à l’incrédulité, jusqu’à la fureur (verset 28. Comparer Matthieu 13.55-58 ; Jean 5.44).

Celles-ci expliquent les paroles de Jésus qui vont suivre, et la déplorable issue de sa première prédication dans sa ville natale.

Les interprètes, qui n’admettent pas un tel revirement dans les sentiments du peuple, supposent celui-ci divisé en deux partis, dont l’un aurait éprouvé les impressions d’abord décrites, tandis que l’autre aurait d’emblée exprimé ses doutes sur le fils de Joseph.

Mais cette explication est exclue par le texte qui dit expressément, d’une part : Tous admiraient (verset 22) et, d’autre part : Tous furent remplis de colère (verset 28).

23 Et il leur dit : Sans doute vous me direz ce proverbe : Médecin, guéris-toi toi-même. Fais aussi ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons ouï-dire que tu as fait à Capernaüm.

Grec : cette parabole (comparer Matthieu 13.3, note).

Le mot que nous traduisons ici par sans doute est plus énergique dans l’original : il peut signifier totalement ; comme si Jésus leur avait dit : « Vous irez jusqu’à dire ». Mais il signifie aussi « de toute manière », sûrement (1 Corinthiens 9.22) et ce sens est plus naturel ici.

Luc, ainsi que les deux premiers évangélistes, écrit : Capharnaüm.

La seconde partie de ce verset explique la première. Jésus pense que ses concitoyens lui appliqueront le proverbe qu’il leur met dans la bouche, parce que, jusqu’ici, il avait exercé son ministère hors de Nazareth, qui devait y avoir les premiers droits : « Guéris-toi toi-même et les tiens, avant d’exercer au loin ta puissance ».

Ils font allusion aux miracles accomplis à Capernaüm. Il y a peut-être même dans leur pensée un doute ironique à cet égard ; on pourrait, en effet, traduire ainsi leurs paroles : « Toutes ces grandes choses dont nous avons entendu parler, fais-les ici, dans ta patrie ».

Les exégètes qui estiment que le proverbe : Médecin, guéris-toi toi-même, est appliqué à Jésus lui-même, expliquent ainsi la pensée de ses auditeurs : « Si tu veux que nous croyions en toi et en la mission que tu t’attribues, sors d’abord de l’obscurité où nous t’avons toujours vu, montre-nous l’autorité et la puissance à laquelle tu prétends, en sortant de l’humble condition dans laquelle nous te voyons ».

Et c’était encore une manière de lui demander des miracles. Mais Jésus, ainsi mis en demeure, n’en fera point ; car là où ses paroles ne rencontrent que l’incrédulité, ses miracles ne créeraient pas la foi. C’est ce que l’Évangile nous dit expressément au sujet d’une autre visite de Jésus à Nazareth (Matthieu 13.58 ; Marc 6.5).

24 Mais il dit : En vérité, je vous déclare que nul prophète n’est bien reçu dans sa patrie.

Comparer Matthieu 13.57 ; Marc 6.4 ; Jean 4.44.

Personne n’a plus de difficulté à reconnaître les dons de Dieu dans un homme que ceux qui vivent familièrement avec lui. Ce qui est devant les yeux empêche de voir les choses spirituelles (Jean 6.42).

Aussi ce Mais il dit fait-il opposition à la demande de miracles qu’on adressait à Jésus.

25 Mais c’est avec vérité que je vous le dis : Il y avait beaucoup de veuves en Israël, aux jours d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois, tellement qu’il y eut une grande famine par tout le pays ;

« Nul prophète n’est bien reçu dans sa patrie, mais c’est avec vérité, comme un sérieux avertissement, que je vous le dis, si cette patrie aveuglée le rejette, d’autres recevront la guérison que vous dédaignez » ; et Jésus va en fournir des preuves historiques. Pour cela, il généralise sa pensée, qu’il reporte de Nazareth sur Israël tout entier.

En comparant 1 Rois 17.1 ; 1 Rois 18.1, on voit que la pluie fut accordée à la prière du prophète dans la troisième année de la sécheresse.

En disant : trois ans et six mois (comparez Jacques 5.17), il parait que Jésus adoptait la tradition juive qui tenait compte plutôt de la durée de la famine, que de celle de la sécheresse elle-même.

En effet, la terre ne put produire qu’une demi-année au moins après avoir reçu la pluie du ciel.

26 et Élie ne fut envoyé chez aucune d’elles, si ce n’est à Sarepta de Sidon vers une femme veuve.

1 Rois 17.9. Sarepta était une petite ville phénicienne située entre Tyr et Sidon. Le nom s’en est conservé dans celui de Surafend, village qui rappelle encore le souvenir de la ville ancienne (Félix Bovet, Voyage en Terre Sainte, 7e édition, page 398).

27 Et il y avait beaucoup de lépreux en Israël, au temps d’Élisée le prophète ; et aucun d’eux ne fut guéri, si ce n’est Naaman, le Syrien.

2 Rois 5.14. Naaman et la veuve de Sarepta étaient païens l’un et l’autre.

Par ces deux exemples, si frappants pour des auditeurs juifs, Jésus veut relever cette vérité : aucun homme, aucune ville, aucun peuple n’a des droits à la faveur de Dieu, qui est parfaitement libre dans la dispensation de ses grâces. Et, c’est précisément par des prétentions à un droit, fondé sur des privilèges extérieurs (verset 23), que l’homme se rend indigne des bénédictions divines.

28 Et tous dans la synagogue furent remplis de colère, en entendant ces choses.

Cette colère prouve qu’ils ont parfaitement compris le Sauveur. Leur orgueil ne peut supporter l’idée que des païens leur aient jamais été préférés.

29 Et s’étant levés, ils le chassèrent hors de la ville, et le menèrent jusqu’au sommet de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, pour le précipiter.

Jusqu’au sommet ou bord supérieur, escarpement (littéralement : sourcil).

Nazareth est situé sur le penchant d’une montagne où se voit encore, près de l’église des maronites, une paroi de rochers de 40 à 50 pieds de hauteur.

30 Mais lui, ayant passé au milieu d’eux, s’en allait.

Ces mots : Mais lui, forment un contraste remarquable avec l’impuissante colère des adversaires.

L’imparfait : il s’en allait, peint la scène. Est-ce par un miracle de sa puissance sur leur volonté que Jésus parvient à passer au milieu d’eux et à s’en aller ?

Plusieurs interprètes l’admettent. D’autres pensent qu’il lui suffit de la majesté de sa personne pour contenir la colère de ces furieux.

Quoi qu’il en soit, nous voyons qu’ici, et dans d’autres occasions (Jean 8.59), Jésus sut réduire à néant les desseins meurtriers de ses adversaires, aussi longtemps que « son heure n’était pas venue ». Si plus tard il se livra à eux, ce fut volontairement et pour accomplir le grand sacrifice d’où dépendait la rédemption du monde (Jean 10.18).

31 Et il descendit à Capernaüm, ville de Galilée, et il les enseignait le jour du sabbat.
Plan
Un démoniaque

Jésus étant descendu à Capernaüm, enseigne un jour de sabbat, et tous sont frappés de l’autorité de sa parole, quand un démoniaque, qui se trouve dans la synagogue, crie que Jésus est venu pour le perdre, qu’il le connaît comme le Saint de Dieu. Jésus ordonne au démon de se taire et de sortir de cet homme. Tous sont dans l’étonnement de son autorité et de sa puissance (31-37).

La belle-mère de Simon

De la synagogue, Jésus se rend chez Simon. La belle-mère-de celui-ci a une forte fièvre. Jésus, sollicité, se penche sur la malade. Délivrée de la fièvre, elle se lève et les sert (38, 39).

Les guérisons de la soirée

De nombreux malades et des démoniaques sont amenés devant la maison au coucher du soleil. Jésus les guérit. Il défend aux démons de dire qu’il est le Christ (40, 41).

Retraite matinale et départ

De grand matin, Jésus se retire à l’écart ; les foules le cherchent et veulent le retenir, mais il leur dit qu’il doit aller ailleurs annoncer l’Évangile du royaume. Il porte cet Évangile de synagogue en synagogue (42-44).

31 à 34 séjour à Capernaüm

Il descendit. Ce terme est choisi parce que, de Nazareth à Capernaüm, on descend de la région des montagnes vers le lac.

Voir, sur Capernaüm, Matthieu 4.13, note.

Il y a proprement en grec : les sabbats.

Si l’on traduit par le pluriel, il faut considérer ce verset et le suivant comme une caractéristique générale de l’activité de Jésus à Capernaüm (comparer verset 15).

Mais la liaison étroite du verset 33 avec les versets 31, 32 montre que dans ceux-ci Luc a voulu décrire les circonstances dans lesquelles se produisit le fait de la guérison du démoniaque. Le pluriel les sabbats peut désigner un sabbat unique (comparer Luc 4.16 ; Matthieu 12.50).

Josèphe explique l’emploi de ce pluriel, les repos, par le fait que ce jour-là on arrêtait des travaux multiples.

Les mots : il enseignait (grec il était enseignant) peignent la situation où se produisit l’incident.

32 Et ils étaient frappés de son enseignement, parce que sa parole était pleine d’autorité.

D’une autorité toute morale, divine, qui se rendait témoignage dans les consciences et dans les cœurs (Matthieu 7.28).

Le trait suivant n’est pas raconté comme un exemple de cette autorité, mais comme démontrant le droit que Jésus avait de se l’attribuer.
— Godet
33 Et il y avait dans la synagogue un homme ayant un esprit de démon impur ; et il s’écria à haute voix :

Cette expression compliquée : esprit de démon impur, signifie que cet homme était possédé d’un démon impur, et que cet esprit exerçait sur lui sa ténébreuse influence.

(voir, sur les démoniaques, Matthieu 8.28, 2e note, et sur le récit qui va suivre, Marc 1.21-28, note).

34 Ah ! Qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus Nazarénien ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu.

Voir Marc 1.24, note (comparer Jacques 2.19).

35 Et Jésus le réprimanda, disant : Tais-toi, et sors de lui ! Et le démon, après l’avoir jeté au milieu, sortit de lui sans lui avoir fait aucun mal.

Jeté au milieu, c’est-à-dire au milieu de la synagogue, en présence de toute l’assemblée.

Ces mots : sans lui avoir fait aucun mal, doivent s’entendre de l’impression des spectateurs, qui, voyant le malade jeté à terre, crurent qu’il était mort.

Marc rapporte que le démon, « l’ayant agité avec violence et ayant jeté de grands cris, sortit de lui ».

36 Et tous furent dans la stupéfaction, et ils se parlaient entre eux disant : Quelle est cette parole ? Car il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent !

Comme en hébreu et en grec le mot parole signifie souvent une chose, un fait, un événement, plusieurs traduisent ainsi la question par laquelle les témoins de ce miracle expriment leur étonnement : Qu’est-ce que ceci ? (Ostervald). Mais il est plus naturel de prendre le mot dans son sens ordinaire de parole, et de le rapporter soit en général à l’enseignement plein d’autorité de Jésus (verset 32), soit à l’ordre qu’il vient de donner au démon (verset 35).

Ce dernier sens est indiqué par la seconde partie de notre verset, qui motive (car) la question précédente. Marc (Marc 1.27) exprime la même pensée d’une manière un peu différente (voir la note).

37 Et sa renommée se répandait dans tous les lieux de la contrée d’alentour. 38 Mais Jésus, étant parti de la synagogue, entra dans la maison de Simon ; or la belle-mère de Simon était retenue par une forte fièvre ; et ils le prièrent à son sujet.

Voir, sur ce récit, Matthieu 8.14-15, note, et Marc 1.29-31.

L’expression : une forte fièvre (grec une grande fièvre) est propre à Luc. Les deux premiers évangélistes se bornent à indiquer la nature de la maladie.

On peut traduire aussi : « Ils le consultèrent à son sujet ».

39 Et s’étant penché sur elle, il réprimanda la fièvre, qui la quitta. Et s’étant aussitôt levée, elle les servait.

S’étant penché sur elle ; cette observation, que Luc seul a conservée, indique en Jésus la pensée d’éveiller l’attention de la malade, de lui inspirer de la confiance en lui pour sa guérison (comparer Actes 3.4).

Ces mots : il réprimanda la fièvre, ne supposent pas nécessairement que Jésus personnifie la maladie et se la représente comme un être malfaisant (comparer Matthieu 8.26).

Ce pronom pluriel : les servait montre que Jésus n’était pas entré seul dans la maison, et, en effet, Marc (Marc 1.29) a conservé les noms des disciples qui étaient avec lui.

40 Or comme le soleil se couchait, tous ceux qui avaient des malades, atteints de diverses maladies, les amenèrent auprès de lui ; et lui, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait.

Voir Matthieu 8.16-17, note ; Marc 1.32-34, notes.

Ainsi les trois synoptiques ont conservé le souvenir de cette mémorable soirée de Capernaüm (Marc 1.34, note).

Une puissance divine extraordinaire se déployait en Jésus, et la foule, enthousiasmée par la guérison du démoniaque (verset 33 et suivants), lui amenait de toutes parts des malades qu’il guérissait.

Aussi est-ce avec raison que Matthieu, ému de ce spectacle, y voit l’accomplissement de cette belle prophétie d’Ésaïe : « Lui-même a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies ».

Les trois premiers évangiles sont d’accord aussi pour marquer le moment précis de cette scène : le soir, au coucher du soleil. C’est que tous ceux qui amenèrent des malades à Jésus attendirent la fin du sabbat.

Luc seul rapporte que Jésus guérissait ces malades en imposant les mains à chacun d’eux.

Matthieu (Matthieu 8.16) dit qu’il les guérissait par une parole. L’imposition des mains pouvait avoir des buts divers : communiquer au malade la force divine qui le guérissait (Marc 7.33, note) ; lui témoigner aussi une tendre compassion et, en gagnant ainsi sa confiance, agir sur son âme pour la sauver (comparer Matthieu 8.3, note).

Nous pouvons à peine nous représenter quel déploiement d’énergie il fallait pour rendre la santé à tant de malades, et à quelles fatigues Jésus se soumettait dans sa tendre charité.

Le texte reçu, avec Codex Sinaiticus A, C, majuscules, porte : il les guérit. L’imparfait se lit dans B, D, l’Itala, la syriaque.

41 Et des démons aussi sortaient de plusieurs, criant et disant : Tu es le Fils de Dieu ! Et, les censurant, il ne leur permettait pas de parler, parce qu’ils savaient qu’il était le Christ.

Comparer Marc 1.34, note, et ci-dessus verset 34, note.

Le texte reçu porte : « Tu es le Christ, le Fils de Dieu » ; les mots soulignés manquent dans Codex Sinaiticus, B, C, D.

42 Mais, quand le jour eut paru, étant sorti, il s’en alla dans un lieu désert. Et les foules le cherchaient ; et elles vinrent jusqu’à lui ; et elles le retenaient, pour qu’il ne s’en allât pas loin d’elles.

Comparer Marc 1.35, note.

Comparer Marc 1.36, note.

D’après cet évangéliste, c’est Pierre qui se rend l’organe de ces foules pour retenir Jésus.

43 Mais il leur dit : Il faut que j’annonce aussi aux autres villes la bonne nouvelle du royaume de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé.

Comparer Marc 1.38, note.

Jésus ne voulait pas limiter son activité à une seule ville ; il se doit à tous, il se donne à tous, aux habitants des campagnes (Marc 1.38) aussi bien qu’à ceux de Capernaüm.

Telle est la volonté de Dieu : c’est pour cela que j’ai été envoyé (Texte reçu : je suis envoyé).

Jésus exprime l’objet de sa prédication en ces termes : annoncer la bonne nouvelle du royaume de Dieu (grec évangéliser le royaume de Dieu), c’est-à-dire proclamer ce fait tout nouveau que Dieu commençait alors à établir sur notre pauvre terre, où règnent les ténèbres et le péché, un royaume de vérité, de justice et de paix, où tous sont invités à entrer. Comparer Matthieu 3.2, note.

44 Et il prêchait dans les synagogues de la Galilée.

Grec : il était prêchant, terme qui exprime l’activité continue, infatigable qu’il déployait.

La particule que nous rendons ainsi : dans les synagogues, indique en grec, selon le vrai texte (Codex Sinaiticus, B. D), le mouvement ; c’est comme si l’on disait qu’il portait de synagogue en synagogue la bonne nouvelle du royaume.