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Luc 23
Bible Annotée (interlinéaire)

Verset à verset  Double colonne 

Plan du commentaire biblique de Luc 23

Première comparution devant pilate

  1. Accusation politique portée contre Jésus. Les membres du sanhédrin conduisent Jésus devant Pilate et cherchent à le faire passer pour un séditieux qui empêche le peuple de payer le tribut (1, 2).
  2. L’enquête de Pilate. Pilate interroge Jésus sur sa royauté, puis il déclare aux Juifs qu’il ne trouve aucun motif de le condamner. Ils insistent, affirmant qu’il a commencé son œuvre de rébellion en Galilée et l’a poursuivie jusqu’à Jérusalem. Pilate, apprenant que Jésus est Galiléen, l’envoie à Hérode (3-7).

Jésus devant Hérode

Hérode est heureux de l’arrivée de Jésus, car il espère le voir accomplir un miracle. Mais Jésus garde le silence. Hérode se moque de lui et le renvoie à Pilate. Cet incident amène la réconciliation de Pilate et d’Hérode (8-12).

Seconde comparution devant Pilate. Condamnation

  1. Première tentative de Pilate pour délivrer Jésus. Pilate assemble les sacrificateurs et le peuple et leur déclare que ni lui ni Hérode n’ont rien trouvé en Jésus qui mérite la mort, qu’il le relâchera donc après l’avoir soumis à la flagellation. Les Juifs demandent qu’il leur relâche plutôt Barabbas, séditieux et meurtrier, et, quant à Jésus, qu’il le crucifie (13-19).
  2. Dernières tentatives de Pilate. Pilate parle de nouveau aux Juifs dans le désir de sauver Jésus. Ils répondent par le cri répété de : Crucifie-le ! Pour la troisième fois, il leur demande : Quel mal a-t-il fait ? Leurs cris de mort redoublent. Pilate cède et ordonne qu’il soit fait selon leur volonté (20-25).
1 Et toute leur multitude s’étant levée, ils le conduisirent devant Pilate.

Chapitre 23

1 à 25 Jésus devant Pilate et Hérode.

Voir, sur le procès de Jésus devant Pilate, Matthieu 27.1-2 ; Matthieu 27.11-30, notes ; Marc 15.1-20, notes ; Jean 18.28-19.16, notes.

2 Et ils commencèrent à l’accuser, disant : Nous avons trouvé celui-ci soulevant notre nation, et empêchant de payer les impôts à César ; et se disant être Christ, Roi.

Les Juifs formulent ici une accusation politique, qui peut se décomposer en trois chefs principaux :

  1. Il soulève (grec détourne, pervertit) notre nation. Ceci avait rapport aux enseignements de Jésus, à l’influence qu’il exerçait sur le peuple, qu’il détournait ainsi de ses conducteurs spirituels.
  2. Il empêche de payer les impôts à l’empereur, ce qui pouvait être beaucoup plus grave aux yeux du gouverneur romain. Cette allégation, conservée par Luc seul, était un mensonge insigne, car Jésus avait donné l’ordre positif de payer le tribut à César (Luc 20.25 ; Matthieu 22.21 ; Marc 12.17).
  3. Dernière et principale accusation, qui devait rendre plus vraisemblables les deux précédentes imputations : il prétend être le Christ, le Messie ; ce titre religieux, les accusateurs le traduisent méchamment, à l’usage de Pilate, par celui de Roi, que le gouverneur devait entendre au sens politique.

Ils ne mentionnent pas sa prétention d’être le Fils de Dieu (Luc 22.70), pour laquelle ils l’avaient condamné comme blasphémateur, car ils savent que le gouverneur romain n’aurait eu aucun égard à ce grief d’ordre purement religieux (comparer Matthieu 27.11, note).

3 Et Pilate l’interrogea, disant : Tu es le Roi des Juifs ?
Et répondant il lui dit : Tu le dis.

Tu le dis, hébraïsme qui signifie : Oui, je le suis.

Cette franche confession de sa royauté, faite par Jésus devant Pilate sans aucune explication, se trouve dans les trois premiers évangiles. Mais, d’après Jean (Jean 18.33-37), le Sauveur eut avec le gouverneur un entretien sur la nature de cette royauté. Sans ce récit de Jean, on ne comprendrait pas comment Pilate conclut ici (verset 4) à l’innocence de Jésus.

4 Et Pilate dit aux principaux sacrificateurs et à la foule : Je ne trouve rien de coupable en cet homme. 5 Mais ils insistaient, disant : Il agite le peuple, enseignant par toute la Judée, ayant commencé par la Galilée et continué jusqu’ici.

Ce mot il agite ou trouble le peuple devait encore avoir, aux yeux de Pilate, une signification politique et le verbe est au présent pour indiquer que Jésus cause habituellement ce trouble et maintenant même, ici, à Jérusalem, comme il l’a fait en Galilée.

Les accusateurs font sans doute allusion aux foules qui suivaient Jésus avec enthousiasme, lors de son entrée à Jérusalem.

6 Or Pilate, entendant parler de la Galilée, demanda si cet homme était Galiléen. 7 Et ayant appris qu’il était de la juridiction d’Hérode, il le renvoya à Hérode, qui était lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.

Grec : Entendant (le mot) Galilée

Codex Sinaiticus, B retranchent Galilée.

Pilate, convaincu de l’innocence de Jésus (verset 4), voyant clairement que les accusateurs n’agissaient que par haine (Matthieu 27.18), devait désirer de ne pas souiller son gouvernement de ce meurtre juridique ; mais comme, d’autre part, il craignait que les Juifs ne l’accusassent auprès de l’empereur (Jean 19.12), il se voit en grande perplexité, sans avoir au dedans de lui le secours puissant de la conscience, qui seule donne la force de dire : « Je ne puis pas ».

Il s’engage dans une série de manœuvres pour délivrer Jésus. Il saisit avec empressement l’occasion qui s’offre à lui de rejeter sur un autre la responsabilité de cette affaire. Il renvoie Jésus à Hérode, qui se trouvait comme lui à Jérusalem à l’occasion de la fête, pensant que ce prince le ferait emmener dans son gouvernement, dont il ressortirait, afin de le juger. Il s’agit d’Hérode Antipas, tétrarque de la Galilée et de la Pérée (Luc 3.1-2, note).

Luc seul a conservé ce trait auquel la tradition apostolique avait sans doute attribué peu d’importance, parce qu’il était resté sans influence sur le procès de Jésus.

8 Or Hérode, voyant Jésus, eut une grande joie ; car il désirait depuis longtemps de le voir, parce qu’il entendait parler de lui, et espérait lui voir faire quelque miracle.

Ce prince débauché, superstitieux et sans caractère (voir Matthieu 14.1-11), désirait, pour satisfaire une vaine curiosité, voir le prophète dont la renommée remplissait ses États (Luc 9.9).

Le texte reçu porte : « il avait ouï dire de lui beaucoup de choses », mot qui est omis par Codex Sinaiticus, B, D, la plupart des majuscules et quelques versions.

9 Il lui faisait donc beaucoup de questions ; mais Jésus ne lui répondit rien.

Grec : il l’interrogeait par beaucoup de paroles, mais lui-même (Jésus) ne lui répondit rien.

Le verbe à l’imparfait indique qu’en effet l’interrogatoire dura longtemps ; mais jusqu’au bout le Sauveur garda le silence.

Ce silence significatif disait au meurtrier de Jean-Baptiste qu’il était moralement incapable et indigne d’entendre une seule parole du Sauveur et bien plus encore de lui voir faire un miracle.

10 Et les principaux sacrificateurs et les scribes se tenaient là, l’accusant avec véhémence.

Ils pouvaient répéter devant Hérode, qui était Juif, les mêmes accusations qu’ils avaient articulées, soit devant le sanhédrin, soit devant Pilate.

Mais Hérode connaissait trop bien Jésus, par sa réputation en Galilée, pour entrer dans leurs vues.

11 Et Hérode, avec ses gardes, le traitant avec mépris et se moquant de lui, le revêtit d’un vêtement éclatant et le renvoya à Pilate.

Hérode, blessé du silence de Jésus, se venge de lui par le mépris, montre en même temps qu’il n’a rien à craindre d’un tel roi et dédaigne de le juger.

Il n’avait pas toujours pensé ainsi (Luc 9.9 ; comparez Luc 13.31) ; mais il parait que les remords, qui lui avaient jadis inspiré de la crainte, étaient étouffés.

Le vêtement éclatant dont il revêtit Jésus pouvait être la toge blanche que portaient les candidats aux grands emplois de l’État, ou un manteau royal ; dans l’un et l’autre cas, Hérode parodiait avec mépris l’idée de la royauté de Jésus. C’est là ce qu’imitera bientôt Pilate, en couvrant Jésus d’un manteau de pourpre et d’une couronne d’épines !

12 Or Pilate et Hérode devinrent amis en ce jour-là ; car auparavant ils étaient en inimitié l’un avec l’autre.

On ignore quelle était la cause de cette inimitié ; peut-être quelque conflit de compétence. Mais Hérode, peu habitué aux prévenances du gouverneur romain, fut flatté d’un acte par lequel Pilate reconnaissait son autorité, même à Jérusalem ; de là leur réconciliation.

On voit fréquemment les grands du monde oublier leurs rivalités et leurs haines, pour unir leurs efforts contre Jésus et sa cause (Actes 4.27).

13 Et Pilate, ayant convoqué les principaux sacrificateurs et les magistrats et le peuple, leur dit : 14 Vous m’avez amené cet homme comme soulevant le peuple, et voici, l’ayant examiné moi-même devant vous, je n’ai trouvé cet homme coupable d’aucune des choses dont vous l’accusez ; 15 et Hérode non plus ; car il nous l’a renvoyé ; et voici, il n’a rien fait qui soit digne de mort. 16 Donc, après l’avoir châtié, je le relâcherai.

Pilate, voyant qu’il n’avait pas réussi à se débarrasser de cette affaire en la renvoyant à Hérode, recourt à un autre expédient.

Il rappelle auprès de lui les chefs et tout le peuple et leur déclare encore une fois que, dans son premier interrogatoire, il n’a trouvé en Jésus aucun motif de condamnation et qu’Hérode aussi l’a trouvé innocent, puisqu’il l’a renvoyé.

Il leur propose donc de le châtier, afin de leur donner quelque satisfaction et de le relâcher ensuite.

Le texte reçu, avec A, D, porte : (verset 15) je vous ai renvoyés à lui, au lieu de il nous l’a renvoyé ; la leçon que nous adoptons avec les meilleurs critiques exprime évidemment la pensée de Pilate ; car c’est le fait même qu’Hérode a renvoyé Jésus qui prouve que ce dernier n’a rien fait qui fût digne de mort.

Le mot châtier n’indique pas quel genre de châtiment Pilate propose d’infliger à Jésus ; mais c’était évidemment l’horrible supplice de la flagellation, qui précédait toujours l’exécution d’une sentence de mort (voir Matthieu 27.26 note).

Pilate espérait qu’après avoir fait subir à Jésus cette première partie du supplice, il obtiendrait de pouvoir l’exempter de la seconde. Il comptait sans la haine des accusateurs : ceux-ci repousseront une concession, qui est déjà un déni de justice, puisque Pilate avait déclaré l’accusé innocent.

17 [Or il était obligé de leur relâcher quelqu’un à chaque fête.] 18 Et ils s’écrièrent tous ensemble, disant : Ôte celui-ci, et nous relâche Barabbas !

Le peuple répond à Pilate en réclamant à grands cris la mort de Jésus. Tel est le sens de ce mot : Ôte celui-ci.

Mais comment l’idée lui vient-elle de demander la liberté de Barabbas ? Les trois autres évangélistes rappellent ici le privilège qu’avait le peuple juif d’obtenir la liberté d’un prisonnier à la fête de Pâques ; d’après Matthieu, Pilate pose au peuple cette question : « Lequel voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ou Jésus ? » Pour réparer cette omission de Luc, le texte reçu a introduit le verset 17 « Or il était obligé de leur relâcher quelqu’un à chaque fête » (Matthieu 27.15 ; Marc 15.6 ; Jean 18.39).

Ce verset 17, bien qu’il se lise dans Codex Sinaiticus, plusieurs majuscules, l’Itala et d’autres versions et que D le place après le verset 19, doit être retranché d’après B, A et d’autres témoignages.

19 Cet homme avait été mis en prison, pour une sédition qui s’était faite dans la ville, et pour un meurtre.

Marc Marc 15.7 caractérise ce criminel de la même manière que Luc, mais sans nous dire en quelles circonstances avaient eu lieu cette sédition et ce meurtre.

Jean (Jean 18.40) appelle Barabbas un brigand.

20 El Pilate leur adressa de nouveau la parole, désirant de relâcher Jésus.

Le contenu de cette nouvelle allocution de Pilate n’est pas indiqué.

(comparer Jean 19.4-12)

21 Mais ils s’écrièrent en disant : crucifie, crucifie-le ! 22 Et pour la troisième fois il leur dit : Quel mal a-t-il donc fait ? Je n’ai rien trouvé en lui qui soit digne de mort. Donc, après l’avoir fait châtier, je le relâcherai.

D’après le récit de Luc, c’est en effet la troisième fois que Pilate déclare Jésus innocent (versets 4, 14). Et il réitère (verset 16) l’offre de faire châtier Jésus.

Luc ne mentionne pas l’exécution de ce châtiment.

Matthieu (Matthieu 27.26) et Marc (Marc 15.15) rapportent que la flagellation eut lieu après le prononcé de la sentence, tandis que Jean (Jean 19.1) la présente comme un des moyens que Pilate employa pour libérer Jésus, en excitant la pitié du peuple.

23 Mais ils insistaient avec de grands cris, demandant qu’il fût crucifié ; et leurs cris redoublaient,

Redoublaient, devenaient plus forts, ou, mieux encore, prévalaient, l’emportaient sur toutes les résistances et sur tous les expédients de Pilate. Ce ne fut plus un jugement, mais un tumulte, une violence.

Après les mots : leurs cris, le texte reçu ajoute : et ceux des principaux sacrificateurs.

Ces derniers mots manquent dans Codex Sinaiticus, B, l’Itala et sont probablement tirés des parallèles.

24 Et Pilate prononça que ce qu’ils demandaient fût fait. 25 Il relâcha donc celui qui avait été mis en prison pour sédition et pour meurtre, et qu’ils demandaient ; et il livra Jésus à leur volonté.

Quel contraste tragique entre ces deux hommes, dont l’un est libéré et l’autre livré à la mort !

Luc résume admirablement son récit : il fait ressortir l’iniquité du choix du peuple, en répétant les titres de Barabbas (versets 19, 25) et accentue par ces expressions, qui ne sont pas exemptes d’ironie, la lâcheté du gouverneur romain : Pilate prononça que ce qu’ils demandaient fût fait, et : il le livra à leur volonté.

Pour Jésus, ce fut une dernière amertume, de se voir préférer un brigand !

26 Et comme ils l’emmenaient, ayant pris un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, ils le chargèrent de la croix, pour la porter derrière Jésus.

Simon de Cyrène

Il est contraint par les soldats de porter la croix de Jésus (26).

Les femmes de Jérusalem

À la multitude et aux femmes qui le suivent en se lamentant, Jésus dit de ne pas pleurer sur lui, mais de pleurer sur elles-mêmes et il leur annonce les châtiments qui fondront sur Jérusalem (27-31).

Les deux malfaiteurs

Deux autres hommes sont conduits au supplice avec Jésus (32).

La mort de Jésus

26 à 32 Le chemin de la croix.

Voir Matthieu 27.32 ; Marc 15.21, notes.

27 Et une grande multitude de peuple et de femmes le suivaient, qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui.

Cette multitude se composait sans doute de la foule des curieux toujours et partout avides de pareils spectacles, mais il s’y trouvait aussi des femmes, qui sentaient vivement ce qu’il y avait de douloureux et de tragique dans la situation de Jésus et savaient le distinguer des deux malfaiteurs qui marchaient à la mort avec lui ; car c’est sur lui qu’elles se lamentaient.

Ces femmes n’étaient pas de celles qui avaient suivi Jésus de la Galilée, mais des habitantes de Jérusalem (verset 28).

Cependant Jésus ne reste pas insensible à leurs larmes, il s’arrête pour adresser la parole aux seuls êtres qui lui témoignassent quelque compassion. Il voudrait que son triste sort n’excitât pas seulement la sensibilité de leur cœur, mais produisît chez elles un réveil de la conscience ; et c’est pourquoi il leur fait entendre un solennel avertissement.

28 Mais Jésus, se tournant vers elles, leur dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants !

Jésus ne veut pas garder pour lui-même la sympathie dont il est l’objet ; fidèle jusqu’à la fin à sa mission divine, il saisit ce moment d’attendrissement pour faire sentir à ces filles de Jérusalem le crime de leur ville et de leur peuple, aussi bien que leur propre péché.

C’est sur elles-mêmes qu’elles doivent pleurer et sur leurs enfants, qui seront les témoins et les victimes des redoutables jugements de Dieu que Jésus annonce.

29 Car voici, des jours viennent où l’on dira : Heureuses les stériles, et les seins qui n’ont point enfanté, et les mamelles qui n’ont point allaité !

Heureuses ! car pour les enfants auxquels elles auraient donné le jour, il valait mieux qu’ils ne vinssent pas au monde (comparer Job 3.3-12 ; Jérémie 20.14-18).

30 Alors ils se mettront à dire aux montagnes : Tombez sur nous !
Et aux coteaux : Couvrez-nous !

Cette expression du désespoir est empruntée à Osée 10.8 (comparer Apocalypse 6.16).

31 Car, si l’on fait ces choses au bois vert, qu’arrivera-t-il au bois sec ?

Si l’arbre vert et fertile est ainsi coupé, que sera-ce de l’arbre sec et stérile ? Ces images encore sont tirées de l’Écriture (Psaumes 1.3 ; Ézéchiel 17.24 ; Ézéchiel 21.3).

Le sens est : Si le Saint et le Juste doit souffrir ces choses, quelle sera la fin de ce peuple corrompu et endurci qui le crucifie ? Et, d’une manière plus générale encore : « Si le juste est difficilement sauvé, que deviendront l’impie et le pécheur ? » (1 Pierre 4.18 ; comparez Luc 11.31)

Ce dernier discours de Jésus (versets 28-31) est encore un grand monument, aussi bien de son renoncement que de la conscience de sa sainteté et de ses vues profondes sur les inévitables jugements de Dieu, que l’amour méprisé peut encore annoncer mais non détourner.
— Meyer
32 Et l’on menait aussi deux autres qui étaient des malfaiteurs, pour les faire mourir avec lui.

Cette coïncidence ne fut peut-être pas fortuite, mais un calcul de la haine des chefs, pour ajouter aux humiliations de Jésus cette nouvelle marque d’infamie.

Mais, comme l’observe M. Godet, « Dieu en a tiré la gloire de son Fils » (verset 39 et suivants).

33 Et quand ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, et les malfaiteurs, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.

Le crucifiement

Arrivés au Calvaire, ils le crucifient entre les deux malfaiteurs. Jésus implore sur ses bourreaux le pardon de son Père. Les soldats se partagent ses vêtements (33, 34).

Les outrages

Le peuple se tient là, regardant. Les magistrats et les soldats se moquent de Jésus, l’invitant à se sauver lui-même. Au-dessus de lui se lit cette inscription : Celui-ci est le Roi des Juifs (35-38).

Le brigand converti

L’un des malfaiteurs crucifiés insultant Jésus, son camarade le reprend, puis il demande à Jésus de se souvenir de lui quand il viendra dans son règne. Jésus lui déclare que ce jour même il sera avec lui dans le paradis (39-43).

La mort

Des ténèbres règnent de la sixième à la neuvième heure. Le voile du temple se déchire. Jésus expire après avoir remis son esprit entre les mains du Père (44-46).

Effet produit sur les témoins

Le centenier déclare que cet homme était juste. Le foule s’en retourne en se frappant la poitrine. Les connaissances de Jésus et des femmes avaient assisté de loin au supplice (47-49).

33 à 49 Jésus sur la croix

Le crâne, ce mot a le même sens que l’hébreu : Golgotha (Matthieu 27.33, note).

34 Mais Jésus disait : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. Or, faisant le partage de ses vêtements, ils les tirèrent au sort.

C’est la première des sept paroles de la croix, précieux joyau conservé par Luc seul, manifestation la plus sublime et la plus émouvante de l’amour divin qui s’oublie lui-même dans les souffrances les plus atroces pour ne penser qu’au salut des pécheurs.

Pour qui Jésus fait-il cette prière ? Ce n’est pas seulement, comme on l’a pensé, pour ces soldats romains qui en le crucifiant ne faisaient qu’obéir aveuglément aux ordres de leurs chefs.

Jésus prie pour ses ennemis, les vrais auteurs de son supplice. Mais ceux-ci ne savaient-ils pas ce qu’ils faisaient ?

Assurément, ils savaient qu’ils mettaient à mort un innocent ; mais non que cet innocent fût leur Messie, le Fils du Dieu vivant. Et toute volontaire et coupable que fût leur ignorance, elle atténuait la culpabilité de leur crime.

Telle est la pensée de Pierre (Actes 3.17), aussi bien que celle de Paul (1 Corinthiens 2.8).

La prière de Jésus trouva son exaucement dans les quarante années de sursis accordées à son peuple et dans la prédication de l’Évangile qui lui fut adressée et amena la conversion d’un grand nombre de Juifs.

Le verset 34 manque dans B, D.

Grec : ils jetèrent les sorts.

Le pluriel qui se lit dans A et est préféré par la plupart des critiques, s’explique par le fait que les soldats se partagèrent successivement les diverses pièces du vêtement de Jésus (Marc 15.24 ; Jean 19.23-24).

35 Et le peuple se tenait là, regardant. Et les magistrats se moquaient disant : Il a sauvé les autres, qu’il se sauve lui-même, si c’est lui qui est le Christ, l’Élu de Dieu !

Comparer Matthieu 27.42-43, note et Marc 15.31.

Selon notre évangile, le peuple ne faisait que se tenir là et regarder, les uns avec curiosité, les autres peut-être avec compassion, tandis que les magistrats, c’est-à-dire les membres du sanhédrin (Matthieu 27.41), se moquaient de lui et l’injuriaient !

Le texte reçu, il est vrai, porte : Les magistrats aussi se moquaient avec eux ; ce qui implique les railleries de la foule.

Mais les expressions soulignées qui manquent, la première dans Codex Sinaiticus, D, la seconde dans Codex Sinaiticus, B, C, Itala, paraissent des adjonctions destinées à faire concorder le récit de Luc avec les autres.

L’élu de Dieu signifie son Bien-Aimé, son Fils (Luc 3.22 ; Ésaïe 42.1).

Les chefs du peuple tournent en raillerie les deux titres sacrés en vertu desquels ils ont condamné Jésus à mort : le Christ, le Fils de Dieu.

36 Et les soldats aussi se moquaient de lui, s’approchant, lui présentant du vinaigre, 37 et disant : Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même !

Ces soldats redisent avec ironie les mots qu’ils lisaient écrits sur la croix et qui avaient été le sujet d’accusation devant Pilate.

Il ne faut pas confondre ce trait, qui est particulier à Luc, avec celui que rapporte Matthieu (Matthieu 27.48). D’après lui l’un des soldats présente à Jésus du vinaigre par humanité, parce qu’il l’a entendu exhaler une plainte douloureuse.

38 Et il y avait aussi au-dessus de lui une inscription : Celui-ci Est Le Roi Des Juifs.

Voir Matthieu 27.37, note.

Le texte reçu avec Sinaiticus, A, Itala, porte : une inscription en lettres grecques, hébraïques et romaines.

Ces mots sont tirés de l’Évangile de Jean.

39 Or, l’un des malfaiteurs crucifiés l’injuriait, disant : N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi !

C’est l’un des malfaiteurs qui injuriait ainsi le Sauveur et non tous les deux, comme le rapportent Matthieu et Marc.

(voir, sur cette différence, Matthieu 27.44, note).

40 Mais l’autre, répondant, dit en le réprimandant : Ne crains-tu point Dieu, toi qui subis le même jugement ?

Grec : Tu ne crains pas même Dieu (il me semble que tu devrais le craindre), parce que tu subis

Ce crucifié est épouvanté de l’endurcissement de son compagnon de crime, dans le moment suprême où il subit son châtiment. C’est ce contraste qui lui inspire sa réprimande.

41 Et pour nous, c’est avec justice, car nous recevons ce que méritent nos actions ; mais celui-ci n’a rien fait de mal.

Grec : rien fait qui ne fût à sa place, dans l’ordre.

Le malfaiteur éprouve un double sentiment aussi vif que profond : d’une part, celui de sa propre culpabilité devant les hommes et devant Dieu, et, d’autre part, celui de la parfaite innocence de Jésus.

42 Et il disait à Jésus : Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume !

Nous conservons la leçon du texte reçu qui est confirmée par les anciennes versions (Itala, Syriaque). La Syriaque, B, C portent : et il disait : Jésus souviens-toi de moi

Tout est renfermé dans cette inimitable supplication : l’humilité qui ne demande qu’un souvenir, la confiance qui se jette dans les bras du Sauveur, la foi qui voit dans ce crucifié un roi auquel appartient le royaume spirituel qu’il viendra un jour établir dans sa puissance et sa gloire.

On se demande d’où pouvaient venir à cet homme, qui mourait comme malfaiteur, des sentiments si élevés de repentance et de piété.

La critique négative n’a pas manqué de révoquer en doute la vérité historique de ce récit. Mais, sans compter que cet homme pouvait avoir connu Jésus et entendu ses miséricordieuses invitations adressées aux plus grands pécheurs, la situation présente suffit pour expliquer cette transformation de son âme par l’action de la grâce de Dieu.

Pourquoi, d’abord, sa conscience n’aurait-elle pas été réveillée sous le coup de la condamnation qui le vouait à une mort horrible ?

Puis, n’a-t-il pas marché à côté de Jésus, du palais de Pilate jusqu’au Calvaire ?

N’a-t-il pas vu sa douceur inaltérable, la majesté et la sainteté de tout son être, prêté l’oreille aux paroles solennelles et prophétiques adressées aux femmes de Jérusalem et à tout le peuple ?

Enfin et surtout, n’a-t-il pas entendu, à l’instant même, l’émouvante prière du Sauveur pour ses ennemis, sur lesquels il implorait le « pardon du Père ? »

N’était-ce pas là toute une révélation, l’Évangile entier offert à cette âme profondément humiliée ? Ne devait-elle pas être persuadée que celui qu’on crucifiait alors, comme roi et comme Fils de Dieu, l’était en effet ?

43 Et Jésus lui dit : En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.

Jésus accorde à ce pécheur sauvé bien plus qu’il n’avait demandé. Non pas un simple souvenir dans un avenir plus ou moins lointain ; mais aujourd’hui, lui dit il, avant que la nuit règne sur la terre, je t’introduirai dans le séjour des bienheureux, où tu seras avec moi.

Jésus promettait cette suprême consolation à ses propres disciples attristés au moment de la séparation (Jean 14.3 ; comparez 17.24).

C’est dépouiller cette magnifique promesse de sa richesse et de sa beauté que de faire du paradis une partie du hadès (lieu invisible, séjour des morts) où l’esprit de Jésus se serait rendu dans sa prétendue descente aux enfers, pendant l’intervalle qui sépara sa mort de sa résurrection. La belle consolation pour ce mourant qu’un tel rendez-vous dans le royaume des ombres ! (Ésaïe 14.9-10 ; Ésaïe 38.18)

Le mot paradis signifie parc. On le trouve dans ce sens littéral Ecclésiaste 2.5 ; Cantique 4.13. Les Septante désignent par ce mot le jardin d’Éden (Genèse 2.8). Il est ainsi devenu synonyme du ciel, étant appliqué au séjour de l’homme sauvé.

Dans 2 Corinthiens 12.4, Paul raconte qu’il « fut ravi dans le paradis, où il entendit des paroles ineffables, qu’il n’est pas permis à l’homme d’exprimer ». Immédiatement avant, il avait rendu la même idée en disant qu’il « fut ravi jusqu’au troisième ciel ». Comparer 2 Corinthiens 12.4, 1re note.

Les deux termes sont donc synonymes.

Dans Apocalypse 2.7, le Seigneur promet « à celui qui vaincra de lui donner à manger de l’arbre de vie qui est dans le paradis de mon Dieu », nommant ainsi l’Éden retrouvé, le séjour de la félicité éternelle, qui est celui de Dieu même. Il nous parait inadmissible de donner au mot paradis un sens différent dans notre passage.

Une variante qui se lit dans B et dans quelques copies de l’Itala, au verset 42, porte : quand tu entreras dans ton règne. Si cette leçon que Westcott et Hort adoptent, présente le texte original, Jésus désigne du nom de paradis le royaume dans lequel il va entrer.

Le paradis n’est donc pas une division du hadès, car celui-ci n’appartient pas au royaume de Christ.

44 Et il était déjà environ la sixième heure ; et il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. 45 Et le soleil s’obscurcit, et le voile du temple se déchira par le milieu.

On peut traduire aussi : « il y eut des ténèbres sur tout le pays ».

Voir, au sujet de ces ténèbres, Matthieu 27.45, note ; et, au sujet du voile du temple, Matthieu 27.51, note. Quant aux indications relatives aux heures, voir Matthieu 27.45, note ; Marc 15.25, note.

Luc rapporte que le voile du temple se déchira avant la mort de Jésus et ne parle pas du tremblement de terre ; selon Matthieu et Marc, ces phénomènes suivirent immédiatement la mort du Sauveur.

Au lieu de : « et le soleil s’obscurcit », Codex Sinaiticus, B, ont : « le soleil ayant manqué ou subi une éclipse ».

46 Et Jésus, s’écriant d’une voix forte, dit : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et ayant dit cela, il expira.

Père ! Jésus, après un temps d’angoisses profondes (Matthieu 27.46), a retrouvé le sentiment intime de confiance et d’amour qui l’unissait à Dieu ; et comme maintenant il sent la mort s’approcher et va perdre la conscience de lui-même, il remet son esprit dans les mains de ce Père qui veille sur lui. Il s’approprie pour cela les paroles du Psaumes 31.6.

En citant ce passage, Luc (selon Codex Sinaiticus, B, A, C, Itala, Syriaque) corrige le futur de la version des Septante, conservé par le texte reçu et fait dire à Jésus : je remets. Le présent convient seul dans la bouche de Jésus expirant.

Cette dernière prière qui s’échappe du cœur de Jésus est en harmonie avec l’interprétation que nous avons donnée du verset 43 et exclut la pensée d’une descente que Christ aurait opérée en esprit dans les enfers. Jésus a conscience, au moment même où il expire, d’entrer dans la pleine communion du Dieu vivant ; et c’est ainsi que son dernier soupir est la consolation suprême de ceux qui meurent en chrétiens (Actes 7.59).

D’après Jean 19.30, on pourrait penser que la dernière parole de Jésus sur la croix fut : Tout est accompli ; mais cette parole précéda la prière que Luc rapporte et qui correspond au mot de Jean : il rendit l’esprit.

47 Or le centenier, voyant ce qui était arrivé, glorifiait Dieu, en disant : Véritablement cet homme était juste.

Voir Matthieu 27.54 ; Marc 15.39 notes.

Juste, innocent de ce dont on l’accusait.

Mais cet hommage en impliquait un autre ; car Jésus s’étant donné pour le Fils de Dieu, s’il était un homme juste, il devait être plus que cela. C’est ce qu’exprime l’exclamation du centurion chez Matthieu et Marc. Deux fois, sur la croix, Jésus avait appelé Dieu son Père ; le centurion pouvait donc bien s’exprimer ainsi : c’était un juste ; c’était réellement le Fils de Dieu.
— Godet
48 Et toute la foule qui s’était assemblée à ce spectacle, ayant vu les choses qui étaient arrivées, s’en retournait en se frappant la poitrine.

Le peuple de Jérusalem, séduit par ses chefs, avait demandé la mort du Sauveur (versets 4, 13, 18, 21, 23) ; vivement ému de tout ce qu’il vient de voir et d’entendre, il se frappe maintenant la poitrine en signe de remords et de douleur.

Ainsi commençait de s’accomplir la prophétie de Zacharie (Zacharie 12.10) et ces hommes étaient les prémices de la conversion de milliers d’autres qui, en entendant Pierre, au jour de la Pentecôte, se sentiront également repris dans leur conscience (Actes 2.37).

49 Et tous ceux de sa connaissance se tenaient à distance, et les femmes qui l’avaient suivi de la Galilée contemplaient ces choses.

Matthieu nomme quelques-unes de ces femmes, ainsi que Jean, qui mentionne aussi la présence au pied de la croix de Marie, mère de Jésus, dont les synoptiques ne parlent pas (voir Matthieu 27.56, note).

Par tous ceux de sa connaissance, il faut entendre les amis de Jésus, peut-être aussi quelques-uns des apôtres.

Se tenant à distance, à cause de la crainte dont ils étaient pénétrés, ils contemplaient ces choses, tout ce qui venait d’arriver, puis le départ du peuple, consterné de ce qu’il venait de voir (verset 48).

De tels détails sont pris sur le fait.

50 Et voici, un homme appelé Joseph, qui était membre du conseil, homme bon et juste,

L’inhumation de Jésus

Joseph d’Arimathée, membre du sanhédrin, qui n’avait point participé à la décision de cette assemblée, se rend auprès de Pilate et demande le corps de Jésus ; puis, après l’avoir descendu de la croix et enveloppé dans un linceul, il le dépose dans un sépulcre neuf (50-53).

Les préparatifs des femmes

Comme le sabbat allait commencer, les femmes galiléennes observent où l’on met le corps de Jésus, puis vont préparer des aromates (54-56a).

50 à 56 la sépulture

Voir, sur la sépulture de Jésus, Matthieu 27.57-61 ; Marc 15.42-47, notes ; comparez Jean 19.38-42.

Chacun des quatre évangélistes caractérise Joseph d’Arimathée à sa manière, de sorte que réunis, ils nous donnent une idée assez complète de ce pieux et éminent Israélite.

Matthieu fait remarquer qu’il était « riche » ;

Marc le nomme « un conseiller de distinction » et ajoute, ainsi que Luc, « qu’il attendait, lui aussi, le royaume de Dieu » ;

Luc le désigne encore par ces deux épithètes importantes : un homme bon et juste.

Enfin, Jean nous apprend qu’il était « disciple de Jésus, mais en secret, à cause de la crainte des Juifs ».

Et maintenant, à l’heure du danger, quand la cause du Sauveur parait perdue, cet homme, intimidé jusqu’alors, trouve le courage d’accomplir un saint devoir.

51 qui n’avait point consenti à leur décision ni à leur action ; qui était d’Arimathée, ville des Juifs, et qui attendait, lui aussi, le royaume de Dieu,

Déjà avant la manifestation du Sauveur, Joseph était du nombre de ces pieux Israélites qui attendaient l’accomplissement des promesses de Dieu et l’établissement de son règne (Luc 2.25-38) ; c’est ce qu’indique le mot lui aussi, omis à tort par quelques manuscrits (Codex Sinaiticus, B, C, D).

Sa conduite actuelle prouve qu’il avait reconnu en Jésus le fondateur de ce royaume.

52 vint vers Pilate et demanda le corps de Jésus. 53 Et l’ayant descendu, il l’enveloppa d’un linceul et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n’avait encore été mis.

Matthieu nous apprend que ce sépulcre appartenait à Joseph lui-même et qu’il était neuf. Luc et Jean attachent assez d’importance à ce dernier trait pour ajouter que personne n’y avait encore été mis.

Un tel sépulcre était plus honorable pour le Sauveur en préservant son corps du contact avec d’autres cadavres, qui, suivant la loi juive, lui auraient fait contracter une souillure.

54 Or c’était le jour de la préparation, et le sabbat allait commencer ;

Ce jour était la préparation du sabbat ; celui-ci allait commencer le vendredi soir au coucher du soleil.

Cette indication, ainsi que quelques autres dans les récits des synoptiques eux-mêmes, semble prouver que la mort de Jésus n’eut pas lieu au grand jour de la fête, le 15 nizan, car il serait étrange que celui-ci fût désigné par ce terme de préparation et opposé à un simple sabbat.

Voir, sur cette question, Jean 13.1, note.

55 et les femmes qui étaient venues de Galilée avec lui, ayant suivi, regardèrent le sépulcre, et comment son corps y était déposé.

Ici, comme au verset 49, Luc passe sous silence les noms de ces femmes, conservés par Matthieu et Marc. Elles suivirent Joseph jusqu’au sépulcre, soit par attachement au Maître qu’elles avaient perdu, soit à cause de leur intention indiquée au verset suivant.

56 Et s’en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums.

Marc (Marc 16.1) dit plus exactement qu’elles firent ces préparatifs le samedi soir après que le sabbat fût passé. Elles n’auraient pas eu le temps de les faire le vendredi soir, parce que le sabbat commençait au coucher du soleil. Leurs préparatifs achevés le samedi soir, il était trop tard pour procéder encore à l’embaumement du corps de Jésus ; voilà pourquoi elles ne vinrent au sépulcre que le dimanche matin.

Mais alors le Prince de la vie n’avait plus besoin de leurs aromates et de leurs parfums ; Dieu n’avait pas permis que son Bien-Aimé sentit la corruption (Psaumes 16.10 ; Actes 2.27).