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Josué 15
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Josué 15

Territoire de Juda

1 Et le lot échu par le sort à la tribu des fils de Juda, selon leurs familles, fut du côté de la frontière d’Édom, du désert de Tsin, vers le midi, à l’extrémité méridionale.

Selon leurs familles. Ce fut le nombre de ces familles qui détermina l’étendue du territoire.

L’extrémité méridionale : de toute la Terre Sainte. Ces mots renforcent la simple idée du midi.

2 Leur frontière du midi partait de l’extrémité de la mer Salée, de la partie de la mer tournée vers le midi ;

2 à 12 Frontières de Juda

2 à 4

Frontière du midi ; voir Nombres 34.3-5 où se trouvent déjà tous les mêmes noms qu’ici, sauf Karka. Seulement ils figurent là comme extrémité méridionale du pays tout entier et non de la tribu de Juda seulement.

Akrabbim, Tsin, Hetsron, Addar. Voir Nombres 34.4.

Kadès-Barnéa : voir l’appendice en fin du chapitre 10 de Nombres.

Karkaa : (sol battu, servant de plancher) : inconnue.

3 elle allait au midi de la montée d’Akrabbim, passait à Tsin, montait au midi de Kadès-Barnéa, passait à Hetsron, s’élevait vers Addar, tournait vers Karkaa ; 4 de là, par Atsmon, elle atteignait le Torrent d’Égypte et aboutissait à la mer ; voilà quelle sera votre frontière méridionale.

Atsmon : nom retrouvé peut-être dans celui dit Wadi Quasème, non loin de Kadès.

5 Et la frontière orientale fut la mer Salée jusqu’à l’embouchure du Jourdain. Et la frontière septentrionale partait de la partie de la mer où est l’embouchure du Jourdain ;

Frontière orientale : la mer Salée dans toute sa longueur.

Frontière septentrionale. C’était en même temps celle de Benjamin vers l’est (Josué 18.15-19) et celle de Dan vers l’ouest. Elle est décrite avec le plus grand soin.

6 elle montait à Beth-Hogla, passait au nord de Beth-Araba et s’élevait jusqu’à la pierre de Bohan, fils de Ruben,

Beth-Hogla : ville de Benjamin (Josué 18.19-21), entre Jéricho et l’embouchure du Jourdain ; aujourd’hui Aïn-Hagia.

Beth-Araba : dans le désert de Juda, adjugée à Benjamin (Josué 18.22) ; encore indéterminée.

La pierre de Bohan (la pierre du pouce) se trouvait sur le flanc de la montée vers le plateau ; car on y arrivait en montant quand on allait de l’est à l’ouest quand (voir les mots et s’élevait) et en descendant, en allant de l’ouest à l’est (Josué 18.17).

7 et elle montait à Débir, à partir de la vallée d’Acor, puis se dirigeait au nord vers Guilgal, qui est vis-à-vis de la montée d’Adummim, au sud du torrent. De là, elle passait près des eaux de En-Sémès, et aboutissait à En-Roguel.

Débir : le Wadi Dabar, à moitié chemin de Jéricho à Jérusalem.

La vallée d’Acor (Josué 7.24) : dans sa partie supérieure.

Guilgal, non pas le Guilgal de Josué 4.19, mais une autre localité appelée Gueliloth dans Josué 18.17 etdéterminée par ce qui suit : vis-à-vis de la montée d’Adummim. Cette montée, dont le nom signifie rouge, a été décrite par Eusèbe sous le nom de Maledomim, abréviation de l’hébreu Maalé-Adummim. C’était un site sauvage et mal famé par où passait la route de Jérusalem à Jéricho. Son nom s’explique, d’après ce Père, par le sang qu’y répandaient les brigands qui, alors, comme au temps du Seigneur, infestaient la contrée (Luc 10.30 et suivants). D’autres l’expliquent par la couleur rouge du sol et des pierres dans ces parages. Une tour, bâtie pour la protection des voyageurs et qui existait encore à l’époque des Croisades, s’appelait la Maison Rouge. On en retrouve peut-être, les restes dans un castel en ruines, appelé El-Dem ou Ed-Dom, au nord de la route de Jéricho à Jérusalem. Au pied de cette ruine se trouve un vallon circulaire dont la forme rappelle le nom de Guilgal (cercle).

Au sud du torrent : de celui qui dans son cours inférieur prend le nom de Wadi Hagla et se jette dans le Jourdain.

Les eaux d’En-Sémès (fontaine du Soleil) : aujourd’hui appelées la fontaine des Apôtres, à deux kilomètres environ de Béthanie. C’est la seule source que l’on trouve sur le chemin de Béthanie à la vallée du Jourdain.

En-Roguel : au sud-ouest de En-Sémès, source qui se trouve dans la banlieue de Jérusalem (2 Samuel 17.17 ; 1 Rois 1.9), au sud de la ville, renommée encore aujourd’hui pour l’abondance de ses eaux et connue sous les noms de fontaine de Job ou de Néhémie. Elle jaillit au sud de Siloé, à l’endroit où se rencontrent les vallées du Cédron et de Hinnom.

8 Elle montait par la vallée de Ben-Hinnom, jusqu’au versant méridional de la montagne des Jébusiens où est Jérusalem ; elle s’élevait vers le sommet de la montagne qui est à l’occident de la vallée de Hinnom et qui est à l’extrémité septentrionale de la plaine des Réphaïm.

La vallée de Ben-Hinnom. Voir Jérémie 7.31 note. Après avoir remonté de l’est à l’ouest la partie inférieure de la vallée de Ben-Hinnom, la frontière gravissait la montagne qui ferme la vallée à l’ouest et longeait ensuite l’extrémité septentrionale de la plaine des Réphaïm. Celle-ci s’étend au sud-ouest de Jérusalem, sur une ]ongueur de 4 km et une largeur de 2 km. Elle était et est encore très fertile (Esaie 17.5). Son nom signifie : plaine des géants (Genèse 14.5 ; Ésaïe 14.9 ; Ésaïe 17.5, note) et lui vient sans doute de la race qui y habitait primitivement.

9 Du sommet de la montagne elle continuait jusqu’à la fontaine des eaux de Nephthoach, puis se dirigeait vers les villes de la montagne d’Ephron et continuait jusqu’à Baala, qui est Kiriath-Jéarim.

Du sommet (de la ligne de faîte) de la montagne qui sépare la vallée de Hinnom de la plaine des Réphaïm, la frontière remontait au nord et passait à la fontaine de Nephthoach aujourd’hui fontaine de Samuel, dans le village de Liftah, à 4 km au nord-ouest de Jérusalem ; on voit que cette capitale restait en dehors de Juda.

La montagne d’Ephron. Inconnue : elle ne figure pas dans le passage correspondant, Josué 18.15.

Baala, qui est Kirjath-Jéarim (Josué 9.17) : à trois heures au nord-ouest de Jérusalem.

Baala (1 Chroniques 13.6) signifie maîtresse, cité propriétaire (d’habitants). Outre les deux noms qui lui sont donnés ici, elle porte au verset 60 et Josué 18.14, celui de Kiriath-Baal.

10 De Baala, la frontière tournait à l’ouest vers le mont Séir et passait par le versant septentrional du mont de Jéarim, qui est Késalon, et elle descendait à Beth-Sémès et passait à Thimna.

Séir : colline rocheuse très escarpée, au sud-ouest de Kirjath-Jéarim au sommet de laquelle se trouve aujourd’hui le village de Saris.

Késalon : aujourd’hui Kesla, au sud-ouest de Saris.

Beth-Sémès (maison du soleil) : ville lévitique, dans la tribu de Juda (Josué 21.16) sur la frontière de Dan. L’arche de l’alliance y fut déposée (1 Samuel 6.9). Aujourd’hui En-Schems, à 10 km au sud-ouest de Kesla.

Thimna : ville qui plus tard (Josué 19.43, note) fut adjugée à Dan ; aujourd’hui Tibneh, à l’ouest de En-Schems.

11 De là elle se dirigeait au nord vers le versant d’Ékron, puis elle continuait vers Sicron et passait par le mont Baala, et se dirigeait vers Jabnéel et aboutissait à la mer.

Ékron (Josué 13.3) : Ajourd’hui Akir.

Sicron, inconnue.

Le mont Baala : peut-être la chaîne de collines qui de Akir s’étend parallèlement à la mer.

Jabnéel : aujourd’hui Jebna, à 2 km de la mer et à environ 16 km au sud de Jaffa ; autre localité, de ce nom dans la région du Liban (Josué 19.33). Elle ne fut conquise sur les Philistins que par Ozias, dans un temps où elle s’appelait Jabné (2 Chroniques 26.6). Du temps des Romains elle devint très importante, sous le nom de Jamnia.

12 La frontière occidentale, c’était la grande Mer, qui est la limite. Telles furent de tous côtés les frontières des fils de Juda, selon leurs familles.

Frontière occidentale. C’était la mer, en sorte que toute la Philistie se trouvait attribuée à Juda, voir Josué 13.3. Mais cette frontière, ainsi que celle du sud, ne fut atteinte par les Israélites qu’après les victoires de David sur les Philistins et sur les peuplades nomades du midi.

La répartition des villes situées sur les frontières des diverses tribus dut naturellement aussi bien que la désignation des villes lévitiques, incomber aux commissaires désignés pour étudier le pays. Ce travail ne fut accompli que peu à peu. Aussi certaines villes attribuées d’abord à l’une des tribus intéressées furent-elles plus tard adjugées à une autre. Ainsi en fut-il, par exemple, de Beth-Araba qui, au verset 61 assignée à Juda, devint cependant la propriété de Benjamin (Josué 18.22). Vovez aussi Thimna (verset 10).

13 Et on avait donné à Caleb, fils de Jéphunné, pour sa part au milieu des fils de Juda, ainsi que l’Éternel l’avait ordonné à Josué, la ville d’Arba, père d’Anak, c’est-à-dire Hébron.

13 à 20 Dotation de Caleb

Comparez Josué 14.6-15. Cette dotation était indépendante du lot assigné à Juda ; voilà pourquoi elle est mentionnée spécialement, à côté de l’indication de ce territoire. Chaque tribu devait en effet recevoir un inventaire détaillé et complet non seulement de son domaine, mais encore des servitudes dont il pouvait être grevé. Le passage Josué 14.6-15 établissait uniquement le droit de Caleb sur le territoire d’Hébron ; nous avons ici le récit du fait par lequel ce territoire devint réellement sa propriété.

14 Et Caleb en chassa les trois fils d’Anak, Séschaï, Ahiman et Thalmaï, descendants d’Anak.

Voir Nombres 13.23 et Josué 14.12, notes.

15 De là, il monta contre les habitants de Débir ; et le nom de Débir était auparavant Kirjath-Sépher.

Débir : autre localité que celle du verset 7, dont elle est distinguée par la notice ajoutée à son nom.

Kirjath-Sépher signifie : ville du livre.

16 Et Caleb dit : Celui qui frappera Kirjath-Sépher et la prendra, je lui donnerai ma fille Acsa pour femme.

Comparez 1 Samuel 17.25 et 1 Chroniques 11.6.

17 Et Othniel, fils de Kénaz, frère de Caleb, la prit ; et Caleb lui donna sa fille Acsa pour femme.

Othniel (Juges 1.13 ; Juges 3.9) ; frère cadet de Caleb ; il devint après la mort de Josué le premier juge d’Israël.

Fils de Kénaz, c’est-à-dire Kénizien (Josué 14.6, note). Son mariage avec la fille de son frère n’était pas défendu par la loi (Lévitique 18.12-13).

18 Et il arriva, comme elle venait vers lui, qu’elle l’incita à demander un champ à son père. Et elle descendit de son âne, et Caleb lui dit : Qu’as-tu ?

Quand Acsa fut amenée à son oncle pour devenir sa femme, elle le pressa, au moment où il venait à sa rencontre de demander à Caleb un champ. Encore anjourd’hui en Palestine les filles, ne pouvant être héritières, reçoivent, parfois de leur père, dans les familles riches, au moment de leur mariage, un fonds de terre en pur et libre don. Acsa, voyant qu’Othniel hésite à faire cette demande, en prend tout à coup l’initiative. Descendant brusquement de sa monture (Genèse 24.64), elle attire l’attention de son père, qui lui demande ce qu’elle veut.

19 Et elle dit : Fais-moi un présent ! Puisque tu m’as établie dans le pays sec, donne-moi aussi des sources d’eau !
Et il lui donna les sources supérieures et les sources inférieures.

Elle lui montre le pays desséché où elle va s’établir avec Othniel et lui demande d’y ajouter un terrain propre à être cultivé et abondant en sources, pour que son établissement ne ressemble pas à une punition, au lieu d’être une récompense pour celui qui l’a obtenue.

Les sources supérieures et les sources inférieures : au moyen desquelles le territoire conquis par Othniel pouvait être arrosé dans ses diverses parties.

20 Tel fut l’héritage de la tribu des fils de Juda, selon leurs familles. 21 Et les villes situées à l’extrémité de la tribu des fils de Juda, vers la frontière d’Édom, du côté du midi, étaient : Kabtséel, Eder, Jagur,

21 à 62 Liste des villes échues à Juda

Ces villes sont groupées sous quatre rubriques correspondant aux quatre territoires bien distincts de la tribu de Juda : le Négueb, la Séphéla, la Montagne et le Désert.

21 à 32 Le Négueb ou le Midi

À l’extrémité, méridionale. Cette région s’étendait de l’est à l’ouest, de l’Araba à la grande Mer ; elle était bornée au sud comme il est dit versets 2 à 4 et au nord par une ligne partant du Wadi Schériah, au sud de Gaza et longeant les Monts de Juda (voir appendice Nombres, fin du chapitre 10). C’est une vaste steppe très accidentée, dans les dépressions de laquelle les pâturages abondent et le sol peut être cultivé. Il forme la transition entre le désert proprement dit et les terres arables et fertiles de la Palestine.

Les villes de cette région forment quatre groupes, commençant chacun dans le texte hébreu par un nom qui n’est pas, comme les autres, relié au précédent par la conjonction et.

Le premier groupe comprend neuf villes, versets 21 à 23 (Nous ne parlons dans ces notes que de celles dont nous avons quelque chose à dire).

Kabtséel : peut-être figurant, dans Néhémie 11.25, sous le nom de Jékabtséel.

22 Kina, Dimona, Adada,

Dimona : peut-être le Dibon qui se trouve à côté de Jékabtséel dans Néhémie 11.25 ; autre Dimona à l’est du Jourdain (Nombres 21.30).

Adada : Arouel dans les Septante, aujourd’hui Arâra, à 12 km au sud-est de Béerséba. Ou serait-ce la Tsédad de Nombres 34.8 ?

23 Kédès, Hatsor, Jithnan ;

Kédès : différente de Kadès (Genèse 14.7) et de Kédès (Josué 12.22).

24 Ziph, Télem, Béaloth,

24 et 25 Second groupe : cinq villes

Ziph : différente de la ville de ce nom que notre verset 55 place dans le désert de Juda.

Télem : peut-être identique avec Télaïm de 1 Samuel 15.4, où Saül rassembla ses troupes dans la guerre contre Amalek.

Béaloth, adjugée plus tard à Siméon (Josué 19.8).

25 Hatsor-Hadattha, Kérioth-Hetsron, qui est Hatsor ;

Hatsoï-Hadattha : la Nouvelle Hatsor.

Kérioth-Hetsron, qui est Hatsor : une autre Hatsor que la précédente et que celle du verset 23. Hatsor signifiant enclos, la fréquence de ce nom ne doit pas surprendre ; probablement différente de Hetsron du verset 3.

26 Amam, Schéma, Molada,

26 à 28 Troisième groupe : neuf villes

Schema et Molada, adjugées à Siméon (Josué 19.2). Schéma figure probablement dans Néhémie 11.26, sous le nom de Jésua. Molada est appelée Malatha par Josèphe ; aujourd’hui Tell-Milh, à 16 km à l’est de Béerséba.

27 Hatsar-Gadda, Hesmon, Beth-Palet, 28 Hatsar-Schual, Béerséba, Biziothéia ;

Béerséba : Genèse 21.31, note.

Biziothéia. Les Septante ont lu : Beniothéa : ses villages.

29 Baala, Ijim, Atsem,

29 à 32 Quatrième groupe : treize villes, dans la partie occidentale du Négueb

Baala : peut-être Bala de Josué 19.3, adjugée à Siméon.

30 El-Tholad, Késil, Horma,

El-Tholad : dans 1 Chroniques 4.29, Tholad ; inconnue.

Késil, chez les Septante Baithel, est un autre nom de la ville de Béthul ou de Béthuël, indiquée dans Josué 19.4 et 1 Chroniques 4.30 comme ville des Siméonites, entre El-Tholad et Horma. Voir aussi Béthel 1 Samuel 30.27.

Horma. Voir Nombres 14.45, note.

31 Tsiklag, Madmanna, Sansanna,

Tsiklag, ville de Siméon (Josué 19.5), appartenait aux Philistins sous le règne de Saül, fut donnée à David par Achis et possédée ensuite par les rois de Juda (1 Samuel 27.6) ; aujourd’hui peut-être Zuheilika, à six kilomètres au nord du Wadi Scheriah.

Madmanna :différente de Madména (Ésaïe 10.31), qui était au nord de Jérusalem ; citée dans 1 Chroniques 2.49 ; probablement aujourd’hui Minjaj ou Minieh, au sud de Gaza.

Sansanna : il y a un Wadi Suni au sud de Gaza. Au lieu de Madmanna et de Sansanna, on trouve Josué 19.5 et 1 Chroniques 4.31, parmi les villes de Siméon, Beth-Marcaboth (remise de chariots) et Hatsar-Susa (cour des chevaux) qui ne sont probablement que des surnoms donnés à ces localités servant de relais.

32 Lébaoth, Silhim, Aïn et Rimmon ; en tout, vingt-neuf villes et leurs villages.

Aïn et Rimmon. Les Septante en font un seul nom, ainsi que Néhémie 11.29. Ce sont probablement deux localités toutes voisines. Rimmon était d’après Zacharie 14.10 à l’extrémité méridionale de Juda ; aujourd’hui Umm-er-Rummamin, à 12 km au nord de Béerséba. À 2 km de là se trouve une source abondante désignée peut-être ici par le nom de Aïn. Nous sommes sur la limite entre le Négueb et la Séphéla, ce qui explique pourquoi dans Josué 19.7 ces deux localités sont indiquées parmi celles de la Séphéla.

En tout, vingt-neuf villes et leurs villages. Nous en avons trouvé trente-six, sept de plus. Il est possible que Aïn et Rimmon ne comptassent que pour une seule ; les six autres ont pu être ajoutées en marge après l’exil par un correcteur, alors qu’elles étaient de nouveau occupées par le peuple. Ce sont Schéma, Molada, Beth-Palet, Hatsar-Schual, Béerséba et Biziothéia (versets 26 et 27).

33 Dans le bas-pays : Esthaol, Tsoréa, Asna,

33 à 47 La Séphéla ou bas-pays

Ses limites étaient à l’ouest la Méditerranée, à l’est les monts de Juda, au sud le Négueb, au nord le territoire de Dan. À l’exception des dunes qui forment la côte, toute cette région est remarquablement fertile. L’olivier y prospère et partout où le sol est cultivé avec quelque soin, il produit de riches moissons. La Séphéla n’est pas une plaine absolument plate. Jusque près de la mer elle est sillonnée de chaînes de collines tantôt parallèles à la côte, tantôt se dirigeant vers l’intérieur où elles s’étagent en gradins. Grâce à ces ondulations du sol et aux dépressions qui les séparent, presque toutes les cultures des régions méridionales y prospèrent. Aujourd’hui encore les belles plantations et les splendides jardins, qu’y admire çà et là le voyageur, montrent ce que devait être cette contrée, bien cultivée.

Quatre groupes de villes :

33 à 36 Premier groupe. : quatorze villes au nord-ouest

Esthaol, Tsoréa, adjugées à Dan (Josué 19.41) ; ordinairement indiquées ensemble (Juges 13.25 ; Juges 18.2). Là se trouvait le tombeau de Samson (Juges 16.31). Tsoréa est aujourd’hui Sara, village sur une haute colline au nord du Wadi Sarar, affluent du Sorek. Esthaol, aujourd’hui Eschua, à trois km de Sara.

Asna (la forte) : inconnue ; voir une ville du même nom verset 43.

34 Zanoah, En-Gannim, Thappuach, Enam,

Zanoah. Il existe aujourd’hui un Zanouah, au sud-est de Sara.

En-Gannim (source des jardins). Inconnue.

Thappuach (pommier) : distincte de celle de Josué 12.17 ; inconnue.

Enam : dans Genèse 38.14 Enaïm (la double source) ; inconnue ; sans doute près d’Adullam, où nous place ce chapitre de la Genèse ; comparez notre verset 35.

35 Jarmuth, Adullam, Socho, Azéka,

Jarmuth : Josué 10.3.

Adullam : Josué 12.15.

Socho : fortifiée par Roboam, ainsi qu’Adullam et Azéka (2 Chroniques 11.7, 2 Chroniques 11.9), et, sous Achaz, prise par les Philistins (2 Chroniques 28.18) ; aujourd’hui Schuweikeh, à deux heures et demie au nord-est de Beit-Djibrin.

Azéka : près de Socho (1 Samuel 17.1).

36 Saaraïm, Adithaïm, Guédéra et Guédérothaïm : quatorze villes et leurs villages.

Saaraïm : d’après 1 Samuel 17.52 à l’ouest des précédentes ; aujourd’hui Zakarija, village séparé par un ravin d’un monceau de ruines du même nom ; ainsi s’explique la terminaison aïm qui est celle du duel.

Guédéra : aujourd’hui Ghedéra, village à une heure au sud-est de Jamnia.

Guédérothaïm (les deux bergeries) : simple dépendance de Guédéra.

Quatorze villes. Nous en avons de fait quinze. Mais Guédérothaïm, omise par les Septante, est réunie à Guédéra.

37 Tsénan, Hadasa, Migdal-Gad,

37 à 41 Second groupe : seize villes dans la région moyenne

Tsénan a été rapprochée, sans probabilité, de Tsaanan, Michée 1.11.

38 Diléan, Mitspé, Joktéel,

Mitspé (poste d’observation) : aujourd’hui Es-Saphieh, au milieu de la plaine, au sommet d’une colline de craie blanche, sans doute l’Alba Specula du moyen-âge.

39 Lakis, Botskath, Eglon,

Lakis : Ésaïe 36.2 et Michée 1.13, notes.

Botskath : citée 2 Rois 22.1 comme lieu d’origine du grand-père maternel de Josias ; peut-être la ruine de Tubakah, au sud de Um-Lâkhis.

Églon : Josué 10.3.

40 Cabbon, Lachmas, Kitélis,

Cabbon : probablement la ruine de Kubeibeh, qui a dû être une forteresse très importante, à 10 km à l’est d’Églon.

Lachmas : aujourd’hui peut-être les ruines de El-Lahem, un peu plus à l’est.

Kitélis : à une heure ou deux au sud de Kubeibeh.

41 Guédéroth, Beth-Dagon, Naama, Makkéda : seize villes et leurs villages.

Guédéroth (les bergeries), distincte de Guédéra et de Guédérothaïm, verset 36.

Beth-Dagon (maison de Dagon), nom que nous retrouverons Josué 19.27. Localité inconnue.

Makkéda : Josué 10.10.

42 Libna, Ether, Asan,

42 à 44 Troisième groupe : neuf villes, dans la région méridionale confinant au Négueb

Libna : Josué 10.29.

Ether et Asan données plus tard aux Siméonites (Josué 19.7) ; inconnues. Asan est probablement la Cor-Asan de 1 Samuel 30.30. C’était une ville lévitique (1 Chroniques 6.59 ; texte hébreu, verset 44).

43 Jiphthach, Asna, Netsib,

Asna : différente de celle du verset 33.

44 Kéila, Aczib, Marésa : neuf villes et leurs villages.

Kéila. David en chassa les Philistins (1 Samuel 23.1). Aujourd’hui Kila, à une heure au sud d’Adullam.

Aczib (Michée 1.14 et Genèse 38.5, note) : ruines à cinq heures au sud-ouest de Beit-Djibrin (Eleuthéropolis).

Varésa (Michée 1.15, note) : souvent mentionnée (1 Chroniques 2.42 ; 1 Chroniques 4.21 ; 2 Chroniques 20.37 ; 2 Chroniques 11.8 ; 2 Chroniques 14.9) et ville très importante encore après l’exil. Tout près de Beit-Djibrin, au sud.

45 Ékron avec les villes de son ressort et ses villages,

45 à 47 Quatrième groupe : trois villes le long de la côte maritime

C’étaient des villes de chacune desquelles dépendaient politiquemerit d’autres villes, qui ne sont pas nommées parce que ces contrées n’ont jamais été conquises par Juda et beaucoup de villages environnants.

Ékron, aujourd’hui Akir.

Asdod, aujourd’hui Esdud.

Gaza, aujourd’hui Ghuzzeh (Josué 13.3 ; Josué 11.22) ; Ékron est indiquée Josué 19.43 comme ayant réellement appartenu à Israël.

46 À partir d’Ékron vers l’occident, toutes les villes près d’Asdod et leurs villages ;

Toutes les villes près d’Asdod. C’est peut-être dans cette périphrase que se trouve comprise Askalon, qu’on est surpris de ne pas trouver dans cette liste. L’absence de Gath s’explique par sa position beaucoup plus orientale : il allait de soi qu’elle devait appartenir à Juda.

47 Asdod, les villes de son ressort et ses villages ; Gaza, les villes de son ressort et ses villages, jusqu’au Torrent d’Égypte, à la grande Mer, qui est la limite.

Torrent d’Égypte : voir verset 4.

48 Dans la montagne : Samir, Jatthir, Socho,

48 à 60 La Montagne

Le territoire désigné sous ce nom forme la ligne de faîte entre le bassin de la mer Morte et la côte méditerranéenne. C’est la montagne de Juda proprement dite, entre la Séphéla à l’ouest, le Wadi Beit-Hanina (à une bonne heure au nord de Jérusalem), au nord, le Négueb au sud et la région stérile, profondément déchirée, dite désert de Juda, sur la rive occidentale de la mer Morte, à l’est. Ce massif montagneux s’élève peu à peu vers le sud jusque dans les environs d’Hébron, où il atteint sa plus grande hauteur, près de 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer. La roche calcaire de cette région se délite aisément et renferme de grandes cavernes. Au temps de Josèphe cette région était d’une prodigieuse fertilité. Aujourd’hui les forêts de chênes et d’arbres fruitiers, ainsi que les plantations d’oliviers, ont presque disparu. Les vallées donnent encore de très bonnes récoltes en céréales, huiles, fruits et vin.

Cinq groupes de villes, ou plutôt six, comme nous le verrons.

48 à 51 Premier groupe : onze villes, dans la région sud-ouest de la Montagne

Samir : peut-être Soutra, à 20 km au sud d’Hébron.

Jaithir : aujourd’hui Attir ; ville lévitique (Josué 21.14), à 8 km à l’ouest de la précédente.

Socho, autre que celle du verset 35 ; aujourd’hui Schuweikeh, avec de belles ruines, à quatre heures au sud d’Hébron.

49 Danna, Kirjath-Sanna, qui est Débir,

Kirjath-Sanna, qui est Débir : Josué 10.38.

50 Anab, Esthémo, Anim,

Anab : Josué 11.21.

Esthémo : aujourd’hui Sémua ; ville lévitique (Josué 21.14) ; à l’est de Socho, le village actuel est entouré de restes de murailles et dominé par un vieux château.

Anim. Eusèbe parle de deux localités-sœurs du nom de Anéa, à 10 km au sud d’Hébron, l’une habitée par des chrétiens et l’autre habitée par des Juifs. Le nom pluriel Anim pourrait être celui de cette ville double.

51 Gossen, Holon et Guilo : onze villes et leurs villages.

Gossen : Josué 10.41.

Holon : ville lévitique (Josué 21.15), à une petite heure au sud-ouest d’Hébron.

Guilo : patrie d’Ahitophel (2 Samuel 15.12) ; inconnue.

52 Arab, Duma, Eséan,

52 à 54 Second groupe : neuf villes, au nord du précédent

Arab (2 Samuel 23.35) : inconnue.

Duma : aujourd’hui Daumeh au sud-ouest d’Hébron, avec de nombreuses ruines.

Eséan : Soma dans les Septante, peut-être Sama de 1 Chroniques 2.43 : aujourd’hui ruines de Simia, au sud de Daumeh.

53 Janum, Beth-Thappuach, Aphéka,

Beth-Thappuach. Comparez 1 Chroniques 2.43. Aujourd’hui Et-Taffuh, à 8 km à l’ouest d’Hébron, sur une haute montagne couverte de ruines.

54 Humta, Kirjath-Arba, qui est Hébron, et Tsior : neuf villes et leurs villages.

Kirjath-Arba : verset 13.

Tsior, peut-être Saïr, à 8 km au nord-est d’Hébron.

55 Maon, Carmel, Ziph, Juta,

55 à 57 Troisième groupe : dix villes, au nord-est des deux premiers groupes

Maon : patrie de Nabal (1 Samuel 25.2) ; à la frontière du désert de Juda qui s’appelle là désert de Maon (1 Samuel 23.25) ; aujourd’hui Tell-Maïn, à quatre heures au sud d’Hébron.

Carmel (1 Samuel 25.2) : mentionnée sous Ozias ; à l’époque romaine bourgade importante ; aujourd’hui Kermel, un peu au nord de Maon.

Ziph : dans le désert de ce nom (1 Samuel 23.15) ; ville fortifiée par Roboarn (2 Chroniques 11.8) ; aujourd’hui Tell-Zif, sur un rocher de trente mètres de haut, à une heure et trois quarts au sud-est d’Hébron.

Juta : ville lévitique (Josué 21.16) ; aujourd’hui Jata, gros bourg à 8 km au sud d’Hébron.

56 Jizréel, Jokdéam, Zanoah,

Jizréel : patrie d’Achinoam, femme de David (1 Samuel 25.13) ; inconnue ainsi que les deux villes suivantes.

57 Kaïn, Guibéa et Thimna : dix villes et leurs villages.

Kaïn : peut-être Aakin, à 4 km au sud-est d’Hébron.

Guibéa. Eusèbe nomme dans ces parages deux villages du nom de Gabaa et de Gabatha, mais dont l’emplacement est inconnu.

Thimna : Genèse 38.12.

58 Halhul, Beth-Tsur, Guédor,

58 et 59 Quatrième groupe : six villes au nord d’Hébron

Halhul : au temps d’Eusèbe Allulh, aujourd’hui Halhûl à une heure et demie au nord d’Hébron.

Beth-Tsur (maison du rocher) : au nord-ouest de Halhûl, fortifiée par Roboam (2 Chroniques 11.7), boulevard des Maccabées contre les Iduméens (1 Maccabées 4.29, 61) qui s’étendaient alors jusqu’à Hébron.

Guédor : aujourd’hui, Tuédour, à 6 km au nord de la précédente.

59 Maarath, Beth-Anoth, et Elthékon : six villes et leurs villages.

Beth-Anoth : dans les Septante Bethanom, dont on a rapproché la localité moderne de Beth-Amun, près de Halhûl.

60 Kirjath-Baal, qui est Kirjath-Jéarim, et Harabba : deux villes et leurs villages.

Cinquième groupe : deux villes à l’ouest de Jérusalem : Kirjath-Jearim (verset 9 ; Josué 9.17), près de la frontière de Benjamin ; et Harabba (la grande), tout à fait inconnue en dépit de son nom.

Chose remarquable, entre les versets 59 et 60 les Septante intercalent un sixième groupe de onze villes qui sont : Théko, Ephratha (Bethléem), Phagor, Aïtan, Koulon, Tatam, Thobès, Karem, Galem, Baither et Manoko, avec leurs villages. Ces localités, en majeure partie connues, représentent tout un district du territoire de Juda qui ne pouvait pas manquer dans notre chapitre. Il y a donc ici dans notre texte une omission qui provient sans doute d’un copiste et qu’il importe de réparer en suivant le texte de la version grecque.

Théko : Thékoa, 2 Samuel 14.2 ; Amos 1.1 ; 2 Chroniques 11.6 ; Néhémie 3.5, Néhémie 3.27 ; aujourd’hui Tékua, à deux heures au sud de Bethléem.

Ephratha : Bethléem (Genèse 35.19 et Michée 5.1), notes.

Phagor : aujourd’hui Phaghur, près de Bethléem.

Aïtan (Etam 2 Chroniques 11.6) : entre les deux précédentes.

Koulon : aujourd’hui Koulonieh, à une heure et demie au nord-ouest de Jérusalem.

Karem : Aïn-Karim, gros village à deux heures à l’ouest de Jérusalem.

Baither : le pauvre hameau de Bettir au sud-ouest de Jérusalem.

Manoko : peut-être identique avec Manachath de 1 Chroniques 8.6 : inconnue.

61 Dans le désert : Beth-Araba, Middin, Sécaca,

61 et 62 Le Désert

Entre les territoires de Maon, Thékoa et Bethléem à l’ouest et la mer Morte à l’est, s’étend du nord au sud, depuis Wadi Fikré à la frontière méridionale de Benjamin, une zone comprenant trois plateaux, qui s’étagent les uns au-dessous des autres en descendant vers la mer Morte. C’est le désert de Juda ; le sol crayeux n’offre de traces de végétation que dans le voisinage de quelques sources ; la vie disparaît à mesure que l’on se rapproche de la mer Morte. Cette région servit de refuge à David. On y trouve les ruines de nombreux monastères.

Beth-Araba : verset 6.

62 Nibsan, Ir-Hammélach et En-Guédi : six villes et leurs villages.

Ir-Hammélach (ville du sel) peut-être dans la vallée du sel à l’extrémité méridionale de la mer Morte, où David défit les Syriens (2 Samuel 8.13) et Joab les Édomites (Psaume 70, titre).

En-Guédi (1 Samuel 24.1 ; Ézéchiel 47.10, note) : aujourd’hui Ain-Djidy.

63 Les fils de Juda ne purent pas chasser les Jébusiens qui habitent à Jérusalem, et les Jébusiens ont habité jusqu’à ce jour avec les fils de Juda.

Explication de l’omission du territoire de Jérusalem. La ville de Jérusalem était dans le territoire de Benjamin (Josué 18.28) ; mais sa banlieue méridionale appartenait à Juda. Telle est sans doute, indépendamment de l’importance et de la force de cette ville, la raison pour laquelle les fils de Juda et même ceux de Siméon durent coopérer à la guerre contre ses anciens possesseurs (Juges 1.3, Juges 1.8).