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Job 7
Bible Annotée (interlinéaire)

1 L’homme n’a-t-il pas une rude corvée sur la terre ? Ses jours ne sont-ils pas comme ceux d’un mercenaire ?

Aucune réponse encourageante n’étant donnée, Job reprend ses plaintes.

1 à 4

Il partage la destinée des hommes en général. Mais sa souffrance, à lui, se compte par mois et non par jours, et elle a envahi même ses nuits.

2 Comme un esclave soupire après de l’ombre, Comme un mercenaire attend son salaire, 3 Ainsi j’ai eu en partage des mois de malheur, Et l’on m’a assigné des nuits de souffrance. 4 À peine suis-je couché que je dis : Quand me lèverai-je ? Et l’obscurité se prolonge, Et je suis rassasié d’inquiétudes jusqu’à l’aube. 5 Ma chair est revêtue de vermine et d’une croûte terreuse ; Ma peau se cicatrise, puis de nouveau suppure.

Encore aujourd’hui on offre au voyageur, près du monastère de Job dans le Hauran, de petites pierres longues et cylindriques, censées être les vers de Job pétrifiés.

6 Mes jours s’en vont plus vite que la navette, Ils se consument sans espérance.

Mes jours, ma vie. Les heures sont longues parfois (verset 4), et les années rapides.

7 Souviens-toi que ma vie n’est qu’un souffle ; Mon œil ne reverra plus le bonheur.
7 à 10 Vive prière qui lui est inspirée par le sentiment que le temps est court désormais pour l’exaucement

Souviens-toi. Dieu n’est pas nommé ; les versets 7 et 8 lui sont cependant adressés.

Tes yeux me chercheront : pour me faire du bien, mais ce sera trop tard.

8 L’œil de celui qui voudra me voir ne m’apercevra pas ; Tes yeux me chercheront, et je ne serai plus. 9 Le nuage s’évanouit et passe ; Ainsi, qui descend au sépulcre n’en remonte pas ;

Sépulcre. Voir Ésaïe 5.14, note.

N’en remonte pas : pour recommencer à vivre sur la terre, comme l’indique le verset 10.

10 Il ne rentre pas dans sa maison ; Son lieu ne le revoit plus. 11 Aussi je ne retiendrai pas ma bouche ; Je parlerai dans l’angoisse de mon cœur ; Je soupirerai dans l’amertume de mon âme.
11 à 21

N’ayant plus d’espoir, je veux profiter des moments qui me restent pour exhaler ma plainte et pour vider mon cœur. Job va se donner plus libre carrière qu’il ne l’a fait jusqu’ici : il reproche à Dieu ses procédés, tels du moins qu’il peut les comprendre. Il semble que Dieu me tient à distance, comme si j’étais pour lui un être dangereux (verset 12). La nuit (versets 13 et 14) je suis poursuivi par des cauchemars tels que j’aimerais mieux mourir. D’ailleurs je ne suis plus qu’un squelette (verset 15). Il faut que cela finisse ! Que t’importe, à toi, que ce soit un peu plus tôt ou un peu plus tard (versets 16 à 18) ? Tout ce que je te demande, c’est que tu ne t’occupes plus de moi (verset 19). Tu allègues mes péchés comme t’obligeant à intervenir ; mais tu es si grand ! Que te peuvent mes péchés (verset 20) ? Ne veux-tu pas, pendant qu’il en est temps, pardonner mes fautes réelles ou prétendues (verset 21) ?

12 Suis-je la mer, suis-je un monstre marin, Que tu places une garde contre moi ? 13 Si je dis : Mon lit me consolera, Ma couche m’aidera à porter ma douleur, 14 Tu m’effraies par des songes, Tu m’épouvantes par des visions ; 15 C’est pourquoi mon âme aimerait mieux étouffer ; Je préférerais la mort à ces os.

Etouffer. La lèpre produit souvent un asthme qui délivre le malheureux de la vie.

La mort : n’importe quel genre de mort.

16 J’en ai assez ! Je ne vivrai pas éternellement ; Laisse-moi, car mes jours ne sont qu’un souffle. 17 Qu’est-ce que l’homme, que tu l’estimes si haut, Que tu fasses attention à lui,
17 et 18

Ces versets semblent être une parodie de Psaumes 8.5 : il ne vaut pas la peine de s’occuper de l’homme si c’est pour le tourmenter.

18 Que tu le visites tous les matins, Que tu l’éprouves à tous les instants ? 19 Quand enfin cesseras-tu de me regarder, Et me donneras-tu du relâche, ne fût-ce que le temps d’avaler ma salive ?

Le temps d’avaler ma salive. Locution proverbiale encore usitée en Orient. Nous dirions : le temps de respirer.

20 Si j’ai péché, que t’ai-je pu faire, ô gardien des hommes ? Pourquoi as-tu fait de moi l’objet de tes attaques, Tellement que je suis à charge à moi-même ?

Ô gardien des hommes. Ici aussi, ironie. Dieu n’est pas un protecteur (Psaumes 121.3), mais un geôlier sévère, un surveillant mal intentionné !

Job, dans ce dernier morceau, s’est compromis comme il ne l’avait pas fait jusqu’ici. Il a pris Dieu directement à partie, et sur un ton tel qu’il est évident que son cœur aigri, privé de toute vraie consolation, n’est plus maître de lui et, dans un moment d’oubli, attribue à Dieu injustice et dureté.

21 Pourquoi ne pardonnes-tu pas mon offense, Et n’effaces-tu pas ma faute ? Car bientôt je me coucherai dans la poussière ; Tu me chercheras, et je ne serai plus.