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Job 41
Bible Annotée (interlinéaire)

1 Nul n’est assez téméraire pour l’exciter ; Qui donc me résisterait en face !

Si l’on a un tel respect pour une créature, qui donc mépriserait impunément le Créateur ?

2 Qui m’a prévenu, pour que je doive m’acquitter envers lui ? Ce qui est sous tous les cieux, est à moi !

Tout est à Dieu, rien à l’homme, point de droits à faire valoir contre lui !

Après cette courte pause, le poète revient à son sujet, mais en parle d’une manière plus objective.

3 Je veux encore parler de ses membres, Louer sa force et la beauté de sa structure.
3 à 25 Description du crocodile
4 Qui a soulevé le dessus de son vêtement ? Qui pénétrera entre ses deux mâchoires ?

Le dessus de son vêtement : sa carapace, considérée comme une cuirasse reposant sur son corps. Personne n’oserait tenter de soulever cette cuirasse pour pouvoir le transpercer.

5 Qui ouvrira les portes de sa face ? Autour de ses dents habite la terreur.

Les portes de sa face sont les mâchoires, mentionnées verset 4.

6 Magnifiques sont les rangées de ses boucliers, Étroitement unis comme par un sceau :

Les rangées de ses boucliers. Les boucliers sont les écailles, toutes quadrangulaires, mais de grandeur différente, qui recouvrent, au nombre de dix-sept par série, le dos du monstre.

Le mot hébreu que nous avons rendu par rangées signifie canaux, rigoles, et désigne probablement les intervalles qui séparent les rangées.

Ces intervalles, voilà ce qu’admire le poète, ne laissent cependant pas de vides. C’est une cuirasse à laquelle on ne peut trouver de défauts.

7 L’un touche à l’autre, Et l’air ne pénètre pas entre eux. 8 Ils sont soudés ensemble, Ils se tiennent et ne se laissent point séparer. 9 Ses éternuements produisent un jet de lumière, Et ses yeux sont comme les paupières de l’aurore.

Le crocodile aime à se tourner vers le soleil, la gueule grande ouverte ; cette posture et l’action de la lumière et de la chaleur provoquent l’éternuement ; les matières liquides qui se dégagent sont éclairées par les rayons du soleil.

Et ses yeux… Dans l’écriture hiéroglyphique, l’aurore est représentée par des yeux de crocodile ; cela tient, dit un auteur ancien, à ce que l’on aperçoit une lueur rougeâtre provenant des yeux du crocodile, avant même que sa tête ait émergé de l’eau.

10 Des brandons sortent de sa gueule ; Des étincelles de feu s’en échappent.
10 à 12

Plusieurs voyageurs ont observé que le crocodile, sortant de l’eau, respire bruyamment ; il sort de ses narines une colonne de vapeur.

11 De ses naseaux sort de la fumée, Comme d’un pot bouillonnant et d’une chaudière. 12 Son souffle allumerait des charbons, Et une flamme part de sa gueule. 13 Dans son cou réside la force, Et devant lui bondit la frayeur.

Après la tête (versets 9 à 12), le cou, presque aussi gros que le corps (versets 14 et 15). La force a dans ce cou une demeure assurée, tandis que le malheureux qui se trouve devant le monstre fuit par bonds précipités.

14 Les fanons de sa chair sont fermes ; Coulés sur lui, ils ne branlent pas.

Les fanons de sa chair. Chez d’autres animaux, les parties charnues du corps n’ont pas de consistance ; chez le crocodile, elles sont fermes comme de la fonte.

15 Son cœur est dur comme la pierre, Dur comme la meule de dessous.

Dur comme la meule de dessous. Pour moudre le blé, on se servait de deux pierres superposées, dont la supérieure était mobile. La pierre inférieure, exposée au frottement produit par le mouvement de celle de dessus, devait naturellement être fort résistante.

16 Quand il se lève, les forts ont peur ; Ils s’enfuient éperdus. 17 Quand on l’atteint de l’épée, elle n’a aucun effet, Non plus que la lance, le dard et la cuirasse.

Et la cuirasse. Cette arme défensive étonne ici. Le sens est (verset 18) qu’en face d’un pareil adversaire, nulle arme d’aucune sorte n’est efficace.

18 Il estime le fer comme de la paille, L’airain comme du bois pourri. 19 La fille de l’arc ne le met pas en fuite ; Les pierres de la fronde se changent pour lui en chaume.

La fille de l’arc : la flèche. Comparez Lamentations 3.13.

20 Il ne fait pas plus de cas de la hache d’armes que du chaume Et il se rit du frémissement du javelot.

Et il se rit du frémissement du javelot, qui rebondit en vibrant sans l’avoir blessé.

21 Son ventre est garni de tessons pointus ; Il laisse sur le limon l’empreinte d’une herse.

Il laisse sur le limon… : quand il s’étend au bord de la rivière.

22 Il fait bouillonner le gouffre comme une chaudière ; Il rend la mer semblable à un vase de parfumeur.
22 et 23

Quand il se lance de nouveau dans l’eau et qu’il y prend ses ébats, il l’agite de façon à donner lieu aux images employées dans ces versets.

Un vase de parfumeur : qu’on secoue, comme nous le faisons de certaines fioles médicinales.

23 Il laisse après lui un sillage lumineux ; On prendrait l’abîme pour une chevelure blanche. 24 Il n’a pas son semblable sur la terre ; Il a été fait pour être sans peur.
24 et 25 conclusion
25 Il regarde en face tout ce qui est élevé ; Il est le roi de tous les fauves orgueilleux.

Tout ce qui est élevé : tout ce qui commande le respect aux autres créatures.

Fauves orgueilleux : Job 28.8.